‹ Sermons et discours inédits (volume 2)Chapitre 7 sur 51 · SCR LA PROVIDENCE · texte numérisé non relu

SCR LA PROVIDENCE

plaisirs^ et il ne faudrait ici, pour l'apologie de la Providence, que cette seule observation prouvée par l'expérience , que presque tous ses ennemis naissent au sein du luxe et de la volupté , comme presque tous ses vrais adorateurs au sein de la médiocrité et des privations.

Supposons néanmoins tous vos malheurs réels j la Providence en est-elle plus responsable? Devoitelle bénir ce lien mal assorti qu'a formé la passion , vous préserver de la misère où vous a plongé l'oisiveté , sauver votre fortune d'une ruine que le jeu a précipitée, vous épargner les cruelles douleurs que vous ont attirées vos voluptés criminelles? Quel est donc ce chagrin aussi injuste qu'opiniâtre, qui fait sans cesse retomber sur la Providence tous les malheurs de nos excès , toutes les suites de nos inconséquences ^ toutes les amertumes de notre repentir? O vous tous qui fatiguez sans cesse le ciel de vos plaintes et de vos murmures, rentrez en vous-mêmes, et bientôt vous y trouverez le grand principe de vos peines : vous y verrez bientôt que la Providence nous aime encore plus que nous ne nous aimons nous-mêmes j vous y verrez que les maux néciessaires auxquels nous sommes assujettis ne seroient presque rien, sans ceux que nous y ajoutons par notre faute j qu'en nous contentant de ses dons , nous avons tous plus d'occasions de bénir ses bienfaits que de prétextes de suspecter sa bonté paternelle; qu'en nous tenant dans l'ordre où elle nous veut, il nous reste plus de douceurs capables de nous consoler que

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