‹ Sermons et discours inéditsChapitre 16 sur 63 · SUA LA · texte numérisé non relu

SUA LA

Diciiefiliœ Sion: Ecce Rex tuus venit tihi mansUetus. Dites à la fille de Sion : Voici que votre Roi vient à vous plein de douceur. Matth. xxi, 5.

xS ODS VOUS avons tenu , il n'y a pas long-temps , nos très-chers Frères , un langage bien différent (i) : nous avons fait briller sur vos têtes ce glaive redoutable qui blesse et rien ne l'é mousse , qui frappe et rien ne l'arrête; nous vous avons montré le Dieu qui dit dans sa fureur : La vengeance est à moi (deut, XXXII, 35.); nous vous avons prouvé que nul ne peut mesurer la puissance de sa colère (ps. Lxxxix, II.), que le péché de Juda est écrit avec un burin de fer , et que l'espérance du pécheur périra avec lui. Et voici qu'aujourd'hui , pour entrer

(i) Ce sermon fut prêché le dimanche des Rameaux. L'orateur avoit parlé le dimanche de la Passion , sur la justice divine. {Edii»)

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dans Tesprît de notre Évangile , d'autres pensées nous occupent : nous venons vous prêcher le roi pacifique , ce roi plein de douceur , qui n'ose pas niéme casser le roseau à demi-brisé j ce roi, ou plutôt ce père plus jaloux d'avoir des enfans que des sujets , de toucher par sa bonté que d'effrayer par sa justice; enfin ce maître tendre et généreux , sous l'empire duquel la première loi est l'amour, et le premier hommage la confiance.

Mais viens-je donc ici me contredire, Chrétiens, et renverser d'une naain ce que j'ai établi de l'autre? Non , sans doute ; si je parois ici vous présenter un autre Dieu, c'est que je m'adresse aujourd'hui à des personnes bien différentes. Nous avons annoncé le Dieu terrible aux pécheurs endurcis, et nous allons offrir le Dieu de toute consolation à ceux qui pèchent par désespoir , aux consciences timides faussement alarmées : nous avons effrayé ces âmes tristement courageuses qui se réjouissent quand elles ont fait le mal, et nous allons dire aux pusillanimes de se fortifier : enfin , nous avons parlé aux impénitens de Samarie, et aujourd'hui nous nous adressons à la fille trop craintive de Sion ; dicite Jîliœ S ion. O Dieu! c'est ainsi que peu d'hommes connoissent votre justice ; toujours enhardis par la présomption , ou glacés par la défiance , sans cesse partagés entre les attentats dé la révolte ou les perplexités du découragement, lâches s'ils ne sont téméraires, ils ne vous laissent que la triste alternative , ou de punir des audacieux qui se servent de votre bonté contre vous-même , ou de prodiguer en vain votre tendresse

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à dea cceurs abattus que vous oe pouvez point ras- 2iurer à force de bienfaits.

C'est contre ces derniers, ou plutôt c'est en faveur des âmes injustement découragées, que je viens élever ma voix. Soins consolans de notre ministère! il est doue vrai que nous parlerons aujourd'hui le langage de la dilectlon, il est donc vrai que nous chanterons, avec le prophète (ps. lxxxviii, i.), les divines miséricordes, et que nous déploierons ici les richesses du coeur immense qui noils aima jusqu'à la fin. Hélas! serions-nous donc toujours forcés de tonner dans les chaires chrétiennes? ne pourrions- no us jamais nous reposer sur des objets plus doux? Mes Frères, serions-nous donc toujours vos juges , et jamais vos amis^ toujours les ministres des vengeances du ciel, et jamais les organes de sa clémence? Ah! s'il est un art dans l'éloquence chrétienne, c'est sans doute celui de consoler et d'attendrir: c'est là le vrai génie de la persuasioB. Tel 'qui voit sans pâlir les éclats de la fcnidce , se rend, pour l'ordinaire, aux douces émotions d'un ministère consolateur] et le même qui resistoit à l'effrayant tableau de nos menaces, cède sans peine aux effusions de notre charité, et court baigné de larmes se précipiter dans nos bras.

HâtoHs-nous donc, mes Frères, de célébrer la sfiinte espérance en exposant la certitude de ses , motifs , et de confondre la fausse crainte en découvrant la vanité de ses prétextes. Tout nous invite à espérer en la miséricorde de Dieu : rien ne ^eut j dans uae aïoe chrétienae , autoriser le

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découragement et la défiance , deux réflexîons qui y ont faire tout le partagé de ce discours^ jà^e. Maria.

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