PREMIÈRE PARTIE
La principale cause de notre erreur en cette matière , c'est que nous ne remontons jamais à la vraie source de nos biens ; transmis par nos ancêtres ou acquis par nos soins , nous ne nous en croyons redevables qu'à la naissance ou à l'industrie. Frap« pés de l'appareil de tant de lois qui nous en garantissent la possession et eu punissent les ravisseurs , nous ne soupçonnons pas qu'il y ait des pauvres sur la terre à qui nous devions en faire part. Nous con^ templons nos vastes domaines , nous les parcourons avec complaisance ^ et à la vue de tant de riches
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possessions, nous nous écrions dans la joie de notre cœur : Tout ceci est à moij et dans le temps que nous prononçons ces mots , des milliers d'iiomnxes zneurent de faim. Nous le savons j hélas! pourrionsnous l'ignorer? et néanmoins, ou cette idée tou- 'Chante ne réveille point nos remords*, ou la cupidité les étouflfe : étrange aveuglement , qu'on ne sauroit trop déplorer , puisqu'il nous rend également injustes , et envers Dieu , et envers les pauvres!
Qui, Chrétiens, Dieu sans doute auroitpu, sans le secours des riches , pourvoir à la subsistance de tous les malheureux. Pourquoi donc ne l'à-t-il pas fait? Mes Frères , quand cette question ne seroit pas présomptueuse , elle seroit au moins inutile. Les desseins du Très-Haut, dans le partage des riches-* ses, ne furent jamais une énigme; nous le sentons, le but est visible , et on ne sauroit s'y méprendre : il a voulu que l'homme fût utile à l'homme j que le pauvre et le riche se rencontrassent; que le plus opulent fût aussi le plus miséricordieux , qu'il sup- ' pléâtà la Providence j qu'il fît , par son son superflu, ce qu elle ne croyoit pas devoir faire par elle-même; que cette diversité de biens et de richesses fût à peu près comme la différence des lumières et des talens ; qu'elle fît naître le besoin de l'union, des rapports et des secours mutuels ; qu'une harmonie réellç résultât d'un désordre apparent; que ce <lésordre même devînt un moyen de salut j qu'il éprouvât, et la fidélité des uns, et la patience des autres; qu'il y eût parn^i les hommes un commerce de bienfaisance qui fit germer les plus nobles vertus,
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qui produisit dans les uns la générosité , dans les les autres la reconnoissance ; dans les uns le plaisir de donner, dans les autres celur de recevoir; dans ceux-là une tendre compassion, dans ceux-ci la confiance , dans tous le respect et l'amour de leur père commun ; et en associant ainsi à ses opérations les riches de la terre*, il a rendu , et sa providence plus visible , et sa sagesse plus palpable.
Heconnoissez donc ici votre crime , riches insensibles; vous renversez toute l'économie des desseins de Dieu, et tout le plan de sa sagesse. Il a voulu donner en vos personnes des consolateurs à la terre, et vous en devenez les iléaux. Du théâtre de ses bienfaits vous faites un séjour de souffrances et de larmes; il a trouvé bon d'ôter aux uns le superflu, et vous le privez du nécessaire; il a permis que le partage des biens fut inégal, et vous le rendez monstrueux ; cette inégalité étoit sans doute le chef- -d'œuvre de sa providence, et, par votre dureté, elle en devient le scandale ; elle ne devoit faire que des pauvres , et vous faites des malheureux ; elle ne devoit produire que des vertus , et votre dureté n'enfante que des crimes. Dans le plan de la Providence , je vois régner partout l'ordre , la proportion et l'harmonie ; tous les extrêmes disparoissent , les montagnes sont abaissées et les vallées sont comblées ;* chaque pauvre a son protecteur, chaque opprimé son soutien , chaque captif son libérateur. Dans le système de votre cupidité , je n'apperçois que le trouble, la confusion et le chaos. Je vois dans les uns toutes les privations, dans les autres toutes
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les jouissances ; ici tous les plaisirs , là tous les be-» soins ; d'un côte c'est la joie dans toute son ivresse , de l'autre le désespoir dans toute sa fureur; dans ceux-là c'est la prospérité qui insulte , dans ceux-ci la pauvreté qui rougit; d'une part ce sont des victimes, de l'autre des tyrans j plus de travail, ni pour le riche par dédain , ni pour le pauvre par impuissance ; plus de patrie , ni pour le riche qui lui est inutile , ni pour le pauvre qui n'en attend rien j plus de vraie grandeur , ni pour le ricl>e que rapetisse la vanité , ni pour le pauvre que le mallieur dégrade; plus de mœurs, ni pour le riche que l'ahondance corrompt, ni pour le pauvre que la détresse décourage; enfin, plus de Dieu, ni pour le riche qui l'oublie 9 ni pour le pauvre qui le blasphème.
Ecoutez donc. Chrétiens, ce que vous dit ici le Maître suprême : C'est par vous, riches injustes, que mon nom est blasphémé , et qu'il est outragé de la manière la plus sanglante et la plus cruelle ; propter n)os nomen Dei bldsphematur (rom. n, 240* Rappelez dans vos esprits, et les égaremens de rincrédule, et les fureurs de l'hérétique, et les scandales du mauvais chrétien : tous ces crimes divers vous font horreur sans doute ; le vôtre cependant m'est encore plus odieux, et &e& blasphèmes que vous attirez à mon nom me sont infinement plus durs et plus sensibles ; propter vos nomen Dei blcLsphematur. Du sein de ma splendeur je me ris de ces insensés qui osent méconnoître ma grandeur ou mon existence; le spectacle des deux me
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TC^Dgç assez hautement, et je cherche moins maintenant à les perdre dans ma colère qu'à les opprimer de ma gloire. Mais les outrages qui percent mon cœur et déchirent mes entrailles paternelles, ce sont ces plaintes et ces murmures sacrilèges qu'ar* rache aux malheureux votre barhare insensibilité, parce que c'est alors qu'on attaque ma miséricorde , le premier de mes attributs, lame de mes desseins, le fond de mon essence. Aussi je dissimule tous les autres crimes, je les supporte avec patience, j'at* tends dans un long calme Tinévitable éternité; mais votre inflexible dureté allume à chaque instant mon indignation, et ne donne, pour ainsi parler, aucun repos à ma justice. A tout moment, les cris des pauvres montent jusqu'à mon trône, arment mon bras, et précipitent ma vengeance ; je compte à chaque instant leurs soupirs et -leurs larmes , j'exauce contre vous leurs imprécations , et j'accumule sur vos têtes autant d'anathèmes qu'ils pous* sent de gémissemens : P ropter gemitum pauperum nunc exsurgam (psalm. xi, 6. ).
Ce n^est pas , Clu'étiens , que les pauvre3 ne soient également coupables dans leurs plaintes contre la Providence ; ils peuvent aisément sentir qu'elles manquent de fondement légitime „ et que , quelque triste que soit leur état , ils ne sauroient en accuser le ciel : mais le riche insensible t^eiï, e^t pas moins injuste envers Dieu en autorisant leurs murmures , et en fournissant des prétextes à leurs blasphèmes. Sans doute que les pauvres doivent Bans peine reconnoitre que Dieu est bon , qu'il est
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le père de la veuve et de l'orphelin : et voilà pre^ cisément ce qui aigrit leurs maux et ce qui rend leurs larmes plus amères ; voilà Tidée fatale qui envenime le trait dont ils sont atteints; c'est parce que Dieu est bon , que leur misère est à son comble : il semble que leur sort seroit plus doux , s^ils étoient moins convaincus de cette vérité. Les biens que leur promet dans l'avenir une religion consolante, ne sont pas toujours assez forts pour tromper la douleur du moment: en vain le cri de leur raison voudroit se faire entendre ; trop foible voix parmi tant de soucis, de pleurs et de misères; tandis qu'elle condamne leurs murmures , un sentiment irrésistible les arrache , je dirai presque les justifie; et lorsqu'à la vue des riches le pauvre fait un retour sur lui-même, il ne peut s'empêcher, dans l'excès <le son amertume , de pousser un grand cri vers le ciel , et de se dire en pleurant : Infortuné , quelle est ma destinée? souffrir et mourir; hélas! sous un Dieu bon , voilà donc ici-bas les deux grands termes de ma carrière.
Dieu vous assiste, disons-nous froidement au pauvre qui nous importune!. Mais je le demande ici , mes Frères , ces paroles sont elles bien intelligibles et pour vous et pour lui ? Dieu vous assiste ! c'est-à-dire , attendez que Dieu fasse un miracle en votre faveur, et qu'il renverse , pour vous secourir, toutes les lois de la nature et toutes les règles de sa providence. Quelle affreuse ressource! quelle horrible consolation! Dieu vous assiste! mais quoi! faudra-t-U donc que ce Dieu renouvelle à chaque
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instant les merveilles du désert, qu'il change les pierres en pain, et qu^il envoie ses anges aux pauvres, comme autrefois à plusieurs des prophètes? peut-il donc, dans le plan ordinaire de sa sagesse, les assister autrement que par votre secours? Ses dons sont vos richesses, tous ses bienfaits sont dans vos mains. Y pensez-vous, mes Frères? c'est Dieu qui vous envoie les pauvres , et vous les renvoyez à Dieu : tibi derelictus est pauper ( ps. ix , i40> 1® pauvre vous est confié, il n'a point d'autre ressource, il ne connoit point d'autre père , il n'a point d'autre Dieu que vous. Dieu vous assiste! ces mots, que nous suggère Thahitude bien plus que la réflexion , sont une chimère dans notre bouche , un sujet de désespoir pour le pauvre , une ironie contre Dieu» Mais si le refus de Taumône est une injustice envers Dieu , ce n'est pas moins une injustice envers les pauvres. Riches , grands , puissansdu siècle , de quelque nom qu'on vous appelle , voilà vos frères. Multipliez les barrières, créez des distinctions, imaginez sans cesse de nouvelles distances , voilà vos frères 3 parlez-nous de vos titres , de vos honneurs , de vos esclaves , voilà vos frères. U sera toujours vrai que les pauvres sont l'os de vos os , la chair de votre chair j que toute prééminence qui ne tend pas à leur soulagement n'est qu'un titre barbare , une chimère monstrueuse 3 que Dieu même ne seroit pas digne de uos hommages , si Dieu n'étoitque grand; que la nature ayant donné à tous les hommes les mêmes sens, les mêmes facultés. et les mêmes besoins , elle a dû fournir à tous les moyens de les
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satisfaire, sans quoi elle se seroit trompée en les formant; que par conséquent les pauvres ont sur nos biens des droits imprescriptibles ; que tout ce que nous possédons au-delà du nécessaire devient leur patrimoine j que leur faire Taumône , c'est moins leur donner de notre propre bien que leur rendre une partie du leur ; et qu'on ne peut , sans étouffer tout sentiment et renverser tous les principes, voir de sang-froid une poignée de superbes oisifs envahir l'univers , et déshériter sans pudeur la plus grande partie des hommes, des biens que la nature leur a laissés.
Sentez-vous tout le poids de ce raisonnement, 6 vous qui jouissez tranquillement de vos trésors immenses? Non, sans doute; la voix de la nature, si puissante et si forte , ne l'est jamais assez pour se faire entendre parmi tous ce fracas de l'opulence. Ah ! s'il étoit possible qu'elle perçât à travers ces ' vastes palais , où la volupté , comme Fennui , entre par tous les sens ; si vous pouviez oublier un instant vos décorations empruntées , vous dépouiller enfin de tout ce qui n'est pas vous , et qu'à la vue des pauvres , vous vous disiez à vous-mêmes : Nous sommes donc enfans d'une mère commune ; ils sont, ainsi que nous, destinés à recevoir ses dons et à jouir de ises bienfaits: cependant ils manquent de tout, et nous regorgeons de biens; c'est donc leur pauvreté qui fait notre abondance. Nous n'habitons sous des lambris dorés que parce qu'ib n'ont pas où reposer leur tête. Toutes nos jouissances sont destructives: nous ne vivons que de ravages,
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notre luxe dévore leur substance; les malheureux ^ ils expient , par la privation de tout , nos prodigalités ; ils paient nos plaisirs de toutes leurs souffrances; ils manquent eux-mêmes du pain qu'ils ont arraché à la terre ; ils sèment dans les pleurs , sans recueillir dans la joie ; iU ont même donné le prix des dignités qui nous décorent et dont nous nous servons pour les opprimer. Ils sont , pour ainsi dire , notre proie , et nous les dévorons , dit l'Esprit saint, comme feroit une bête sauvage ; pascua di^ çfitum sunt pauperes (eccli. xm, 23.). Il me semble, Chrétiens, qu'à cette idée, bien loin de vous enorgueillir du faste qui vous environne , vous en rougiriez comme d'un crime , vous vous le reprocheriez comme une injustice horrible enver^ les pauvres , vous baisseriez les yeux en leur présence, vous auriez honte de votre prétendue félicité.
Que faites-vous donc sur la terre, riches injustes qui m'écoutez? Vous ne vivez que pour l'embarrasser ; tout ce Vain cortège de votre apulence ne sert qu'à la surcharger , qu'à la fatiguer à pure perte : semblables à ces rochers arides dont la hauteur ne sert qu'à donner aux campagnes une ombre dangereuse , ou à ces nuées sans eau qui ne servent qu'à former la foudre. Mais , si vous n'êtes pour la terre qu'un poids meurtrier et inutile, pourquoi l'occupez-vous? Plante stérile et vorace , il faut donc vous arracher du milieu de nos champs. Mille bras fi'épuisent pour combler vos désirs, et vous n'avez jamais assisté un seul homme 3 vous jouissez de tout ^
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et VOUS ne donnez rîen. Tout être raisonnable doit remplir sa tâche ici-bas , quelle est la vôtre ? flatter vos goûts fantasques, mettre sans cesse la nature en travail , et tous les arts à la torture pour satisfaire vos caprices. Ah! si vous vous croyez en ce monde pour une fin si friVole , quelle idée avez-voûs de Dieu? ou si vous pensez que vous n'êtes sur la terre que pour être utiles à vos frères, quelle idée avezvous de vous-mêmes?
Mais pourquoi vous prouver par de longues discussions une injustice condamnée par le seul cri de la nature? Ici il est plus question de sentir que de raisonner : la réflexion seroit trop froide et trop lente. Dieu, par un trait digne de sa sagesse, a remis , si je puis m'exprimer ainsi , les intérêts des pauvres entre les mains du sentiment, dont la lu« mière vive et prompte nous dispense de discuter les droits qu'ils ont sur nous. En vain notre cupidité feint de les méconnoître , le sentiment les réclame sans cesse ; c'est là que la cause du pauvre est toujours triomphante. Nous avons beau nous faire illusion, notre injustice à leur égard est toujours présenté à nos yeux. De là vient que le pauvre est pour nous un objet affligeant dont nous nous hâtons de nous débarrasser 3 nous cherchons à nous en défaire comme d'un ennemi 5 son aspect nous importune et nous chagrine ; le refus que nous faisons de le soulager nous humilie en secret presque autant que lui-même , et il nous en punit par sa seule présence.
Aussi je ne suis plus surpris que l'obligation de
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faire Taumône soit sortie comme victorieuse des débris de toutes nos vertus. Nos mœurs ont varié comme nos modes , elles ont pris la trempe de notre caractère ; la vérité n'est plus pour nous que l'opiinion } nous avons abusé de l'esprit pour nous corrompre. On est venu à bout de nous &ire regarder la fidélité dans le mariage comme une vertu bonne pour le peuple , l'amour impur comme une passion noble, l'irréligion comme la preuve du mérite, et la décence comme un ridicule ; mais parmi ces éternelles variations et ce renversement de toutes les idées, le devoir de Taumône n'a jamais souffert aucune atteinte. Nous l!avons négligé dans la pratique, nous en avons éludé l'application par des sophismes, sans oser cependant en ébranler les fondemens. Nos fronts qui rougissent de tous les devoirs se parent encore avec orgueil des dehors àe la charité : c'est la vertu qui fait le plus d'hypocrites. On voit des libertins qui auroient honte de rendre à Dieu ce qui lui est dû , se faire une gloire de s'acquitter envers les pauvres: tant toutes les idées sont d'accord sur ce point ^ tant ce même devoir, toujours si' peu respecté parmi nous, est toujours cependant celui qui nous paroît le plus sacré et le plus juste! Que nous démontre cet accord de toutes les idées , sinon que ce devoir n'a été le plus respecté , que parce qu'il est le plus conforme à toutes les notions de la religion , de la raison et de la nature?
Je pourrois ici , mes Frères , réfuter les prétextes que fait valoir la cupidité pour se soustraire au
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devoir de raumône* Je sais quel est le plus spécieux et le plus universel ; et il me semble qu'impatient de soulager son amour-propre , chacun de vous voudrait ici m'interrompre pour m'opposer cette réponse triomphante : Nous n'avons pas de superflu. Vous n'avez pas de superflu! ah! mes Frères, vous dites plus vrai que vous ne pensez; et comment en auriez vous? Votre jeu dissipe tout, votre train consume tout, votre table absorbe tout , votre luxe engloutit tout» Vous n'avez pas de superflu l dites plutôt que vous manquez du nécessaire ; et pour nous le prouver , vous nous ferez ici valoir le nombre de vo^ créanciers, vos domestiques, vos ouvriers sans salaire , vos enfai^s mêmes sans entretien et sans éducation. Nous Ta vouons avec vçus; vos revenus, tout immenses qu'ils sont, ne peuvent point en effet fiufiire à vos caprices, nous savons qu'à mesure que vos biens augmentent, vos désirs se multiplient, et par conséquent vos besoins : mais nous savons aussi que ce qui fait ici votre prétexte fait aussi votre crime. Vous n'avez pas de superflu! mais voudriez-vous bien nous expliquer par quel admirable secret tant de personnes placées, ainsi que vous, dans un rang distingué, mais avec une fortune plus médiocre , trouvent néanmoins le moyen d'honorer de leur substance le Seigneur en la personne des pauvres; par quel prodige, ou si vous voulez , par quelle magie , tant de simples artisans puisent uniquement dans leur travail ces secours qu'ils offrent à l'indigence? Interrogez ces âmes compatissantes , et elles vous apprendront que la