S^^^ L^ RESSEMBLANCE
préjugés qui se détruisent et s'effacent tour à tour! N'avoir jamais une raison à soi , la livrer au premier sophiste qui veut la subjuguer et la séduire , la rendre indécise et changeante comme le caractère, acquiescer aujourd'hui à ce qu'on rejetera demain j ne donner à la vérité qu'une existence locale et momentanée , la voir naître et mourir comme nous , en marquer les progrès, lui fixer des époques, lui donner l'orgueil humain pour maître et pour censeur, la regarder comme un vain jeu de l'opinion, la respecter par caprice ou s'y soumettre par intérêt } courir sans cesse après des nouveautés ambitieuses , prononcer hardiment que l'erreur n'est pas un crime, et sur ce principe admettre ou rejeter indifféremment un dogme, suivant qu'il est plus ou moins analogue à nos. goûts ou favorable à notre vanité : tel est , mes Frères , le mobile tableau et l'instabilité bizarre d'une raison qui joint à la foiblesse des lumières Tinquiétude et l'indépendance. Le chrétien ne connoît point ces variations perpétuelles. Les sectes se divisent, l'opinion sème ses doutes, les esprits prennent ^ns cesse une nouvelle' forme, tout change autour de nous, le chrétien seul ne change point: appuyé sur la base immuable de sa foi , ses lumières ne sauroient souffrir aucune altération j toujours constant, toujours inébranlable, lui seul rend à la vérité un hommage qui soit digne d'elle. Et comment pourroit-il changer? Il n'embrasse aucun parti , il n'est d'aucune secte , il n'appartient ni à Paul, ni à Apollon, ni à Céphas; il n'est guidé ni par son propre esprit, ni par celui