‹ Sermons et discours inéditsChapitre 29 sur 63 · DU CHRETIEN AVEC DIEU · texte numérisé non relu

DU CHRETIEN AVEC DIEU

des autres ; il n'écoute que Dieu dont les paroles ne passent point, il ne connoît d'autre maître et d'autre docteur que la raison souveraine , il regarde toutes ses lumières comme des ruisseaux échappés de ce vaste océan. Bien plus, il se rend à lui-même cet honorable témoignage, que ses pensées sont celles de Dieu même, et qu'il accomplit déjà, dans un sens très- vrai , ces paroles du prophète : Nous verrons la lumière dans votre lumière ; in lumine tuo n)idebimus lumen (ps. xxxv, lo.).

Aussi n'attendez pas qu'il se laisse emporter à tout vent de doctrine , qu'il descende de la hauteur ou l'élève sa foi , dans les vaines écoles des philosophes pour y mendier honteusement des lumières , et se plier au gré de leurs caprices : il n'est qu'une vérité , cette vérité est en Dieu, ce Dieu s'est manifesté , il a parlé , Dominus locutus est (ib. xlix, i •)• Sa vans présomptueux, esprits superbes, pauvres humains! vainement voudriez- vous entraîner le chrétien , le rendre esclave de vos idées flottantes, l'enchaîner aux pieds de cette idole j la raison qui le guide est celle de Dieu, le Seigneur a parlé, Dominus locutus est. Embellissez tous' vos sophismes , semez de fleurs la route du mensonge ; inutiles efforts! sa constance augmentera avec vos subtilités : vous feriez même des miracles , qu'il n'en seroit pas moins fidèle j le Seigneur a parlé , Dominus lo^ cutus est. Que dis-je? un ange viendroit du ciel lui annoncer qu'il se trompe, il verroit défaillir la foi de toutes parts ; la sienne , bien loin de chanceler, ne feroit que s'affermir. Tel qu'un rocher inébraa-

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lable, qui, parmi la tempête et les désastres du naufrage , semble se jouer des flots et s'enorgueillir des débris qui l'entourent j tel qu'une colonne antique, qui, après avoir résisté aux outrages du temps, paroit encore défier l'univers de Tabattre et de l'ensevelir sous ses ruines , le chrétien verroit sans se troubler la chute de tous les foiblesj il triompheroit même parmi cette défection si générale î il se glorifieroit , comme Élie , d être presque seul du parti de l'Éternel; et redoublant alors et sa constance et ses hommages , il leveroit la tête avec plus de confiance , il feroit retentir sa voix avec plus de force , et s'écrieroit mille fois plus haut , dans son héroïquç transport : Le Seigneur a parlé : Dominus locutus est.

De |à cette intrépidité plus qu'humaine des martyrs, qui, dans les premiers siècles de l'Église, faisoit des enfans de la.fqji un peuple de héros j de là ce sentiment sublime du grand Ignace d'Antioche, sentiment que partagèrent les vrais chrétiens de tous les temps : Il vaut mieux mourir pour l'honneur de la vérité que de régner sur l'univers j me/^wj est mori propter Christum , quhm imperare fini-bus terrœ. Les tyrans , il est vrai , ont disparu de dessus la terre j mais le chrétien n'en est pas moins disposé, dans ces jours de paix, à voler au-devant de la mort au premier signal de la persécution j il livrera , s'il le faut , son corps aux flammes , il bravera la rage des bourreaux , et parmi les horreur» des supplices, ses lèvres expirantes répéteront constamment ces paroles : Le Seigneur a parlé , Dominus locutus est.

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