‹ Sermons et discours inéditsChapitre 34 sur 63 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

C'est sans doute, Chrétiens, un grand et beau spectacle , que de voir la vertu victorieuse des passions et des erreurs de tous les siècles, s'élevant avec majesté à travers cet amas d'opinions qui se. succèdent tour à tour , et se détruisent les unes par les autres ; tous les peuples se réunissant pour adorer sa céleste beauté, malgré les préjugés qui les divisent et les distances qui les séparent j le vice , son éternel fléau , toujours difforme et hideux, sous quelque forme qu'il se présente , et quelque couleur qu'il emprunte , ne pouvant pas plus s'allier avec elle que la plus sombre nuit avec l'éclat du jour; et par cet immuable empire contre lequel rien ne prescrit, montrant à l'univers qu'il est en elle je ne sais quoi d'auguste et de divin , plus fort que les révolutions, et supérieur à la nature entière. Mais combien notre surprise égale notre indignation, quand nous considérons cette même vertu si triomphante tant qu'elle se montre en idée , et néanmoins si décriée dès que nous la voyons dans la réalité ; si adorée universellement dans son divin original , et presque toujours méprisée dès qu'elle vit et se rend sensible dans la personne des gens de bien 5 enfin si grande dans cet unanime concert qui reconnoît ses règles immortelles, et presque toujours avilie

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