svK i/àmour des plaisirs
ses sens ce qui est permis , pour les dompter plus sûrement quand ils demanderont ce qui n'eât pas légitime; il en est peu pour tout chrétien, qui ne doit jamais oublier que Jes plaisirs les plus raisonnables cesseroient de rêtre par leur continuité, et qu'une vie entière d'amusemens et de plaisirs, quelque simples, quelque sobres qu'ils soient, ne peut jamais être innocente. Oui sans doute, il y a des plaisirs innocens, et ce sont tous ceux qui peuvent s'allier avec la violence qui doit ravir le ciel, tous ceux qui ne nous empêchent point de mourir à nous-mêmes, tous ceux dont on use comme n'en usant pas, tous ceux dont l'homme ne fait pas sa fin, mais un moyen pour remplir les vues de la Providence ; tous ceux qu'il prend par besoin et non par attachement, pour conserver le corps et non pour le satisfaire, pour réparer ses forces affoiblies et non pour alimenter ses passions; tous ceux enfin qu'il peut prendre en la présence du Seigneur : car c'est ainsi , dit le prophète , que le juste se Téyoxxil -y justi exultent in eonspectu Dei (ps. Lxvii, 40« E^ nous aussi, s'écrioit Tertullien , nous avons .nos spectacles , et ce sont ceux que nous offrent les merveilles de la nature. Et nous aussi nous avons notre joie, et c'est celle que nous trouvons à consoler un malheureux, à rendre un cœur content, à verser nos bienfaits dans une famille indigente; et nous aussi nous avons nos' plaisirs, et le plus grand de tous, c'est le mépris des plaisirs mêmes , c'est le contentement de soi et la paix d'une bonne conscience ^ c'est la simplicité