PREMIÈRE PARTIE
Lorsque nous parcourons l'histoire des souflfrances et de la mort de l'Homme-Dieu , nous demandons avec étonnement pourquoi il a voulu beaucoup plus . endurer que n'exîgeoit la rédemption du genre humain , et comment il a daigné multiplier si fort jBes peines et ses tourmens, lorsqu'il pouvoit racheter mille mondes par l'efficace dignité d'un seul de sts soupirs. Mais, pour peu que nous réfLéchissions sur sa qualité de Sauveur, nous concevons facile* ment cette suite de douleurs et d'opprobres auxquels, par amour, il a voulu se soumettre. Nous
«entoDs qu'il ne devoit rien oublier pour remplir dans toute sa magnificence un titre si glorieux , et pour nous manifester, par toute sorte de moyens ^ combien tout l'homme étoît cher à son cœur. Or, c'est ce qu'il fait dans sa passion d'une manière si admirable* Chaque état douloureux où il se place n'est pour nous qaun bienfait de plus, chaque humiliation qu'une grâce nouvelle, et ce même homme qu'il a créé tout entier s'y trouve sauvé tout entier. Nous Talions voir sonder miséricordieusement toute la profondeur de nos misères , de nos souffrances sans consolation , de nos passions sans remède, de nos iniquités sans expiation : c'est-à-dire, Chrétiens, qu'il va montrer en lui un Dieu consolateur qui soutient nos foiblesses par les siennes , un Dieu ré-> formateur qui guérit nos passions par ses exemples , un Dieu réparateur qui agrandit et qui relève nos espérances par sa mort, Jésus Nùzarenus.
L'heure de la puissance des ténèbres est arrivée; il est rempli ce désir d'un amour immense , et le divin repas est achevé. Nous voici parvenus à la consommation de ce grand sacrifice, dont toute la vie de Jésus-Christ n'a été que le prélude et une longue préparation. Qu'attendons-nous de lui? que nous annoncent et son empressement à passer le torrent de Cédron, et cette sainte hauteur avec laquelle il prédit aux disciples leur défection honteuse, et cette imperturbable tranquillité en mettant 50US leurs yeux le tableau de ses ignominies, pour les préparer au plus grand des scandales, et la résolution qu'il prend de se séparer d'eux dans le
4l4 5^'R '^^ PASSION
temps où il paroît avoir le plus Besoin de consolation et d'assistance? Sans doute qu^en un tel moment il n'attend rien que de lui-même. Avec quelle ardeur il va se plonger dans ce baptême de sang si long-temps désiré! avec quelle ardeur il va se livrer lui-même ! Mais non , ô Dieu , et dans quel état vois-je ici votre Fils adorable? La langueur et l'ennui , l'épouvante et TeAFroi s'emparent tour à tour de son ame j.elle est troublée , elle est triste jusqu'à la mort, et son affliction, pour parler avec le prophète (thren. ii, i3«), est grande comme rOcéan. La terre est humectée d'une sueur sanglante qui ruisselle de tout son corps; il pleure, il soupire, il implore le ciel , que dis-je? il implore la terre : \e ne vois plus qu'un homme ; et , s'efForçant en vain d'éloigner le calice amer qui lui est présenté, il tombe à terre de tout le poids de sa frayeur et de sa honte* Quel mystère I quel abîme ! celui qui a commandé aux flots et à la tempête est ici brisé dans l'infirmité , et le même qui dans peu bravera toutes les puissances de l'enfer est ici moins fort que lui-même. Quoi doue! Jésus manqueroit-il en ce moment ou de tendresse ou de coiu'age ? S'il manque de courage, où est le Dieu de la nature? et s'il manque de tendresse, où est mon Sauveur? O homme, que tes pensées sont vaines! c'est parce qu'il est sauveur qu'il se réduit lui-même dans un pareil état. Sur la croix, nous le verrons consoler tous les siens, et rendre enfin son bienheureux esprit j encore plus tra nquillement que nous n'entrons dans le plus paisible sommeil; c'est qu'alors il est
dans l'action même de son auguste sacrifice, qu'il est placé sur son autel, et qu'aucun trouble ne doit déshonorer cette grande fonction de son sacerdoce. Maintenant il a besoin qu'un ange le fortifie : il est fi*oissé par les plus mortelles angoisses ; c'est qu'il Veut nous consoler en s attristant lui-même j il veut nous prouver sa tendresse en montrant le désir de nous ressembler, d'épouser nos infirmités, et de passer par toutes nos épreuves, afin de les sanctifier. Il veut nous assurer , par cette admirable condescendance , qu'il sera désormais plein de compassion pour les afiligés , puisqu'il partage leur sort 3 attentif à leurs larmes , puisqu'il en verse j intéressé à leur patience , puisque leur état est le sien j occupé de leurs maux , puisqu'il en éprouve l'amertume , et qu'il en est encore mieux instruit par sa propre expérience que par ses divines lumières. Mystère de bonté et de miséricorde si grandement célébré par l'apôtre. Il a fallu, dit-il, que, quoique Fils de Dieu , il devint en tout semblable à sei^ frères , pour être à leur égard tendre et compatissant, et pour apprendre , par ce qu il souffre , à avoir pitié de ceux qui souffrent î ut misericors fieret (hebr. ii, i']*)* Que veut donc diï*e l'apôtre ? et quel est ce nouveau mystère? que peut servir à notre foiblesse que notre médecin devienne infirme , et que notre libérateur prenne la forme de notre servitude? Comment un Dieu baigné de larmes tarira-t-il les miennes? quel asile offrita-t-il aux malheureux ce Dieu qui vient en augmenter le nombre ? n'est-ce pas plutôt accroître nos misères , que de vouloir, pour les guérir,
^i6 svK hk PÀâsioïc
nous eD tracer l'affligeant spectacle ? Vain jugement de la sagesse humaine! c^est parce qu'il est Dieu, qu'il n'a pou|* nous jamais plus de puissance que lorsqu'il nous paroi t plus foiblej c'est parce qu'il est Dieu, qu'en chancelant il nous soutient, qu'en tombant il nous relève, et qu'en paroissant succomber sous le poids qu'il porte, il veut nous mériter notre courage et notre force j c'est parce qu'il est tenté et éprouvé , qu^il est puissant, dit l'apôtre, pour secourir ceux qui sont tentés et mis à l'épreuve (hebr. II, i8.). Ah! comment en efiet aurions-nous pu le suivre , s'il eût toujours marché à pas de géant? Quel découragement pour les membres, s'il n'y avoit rien d'humain dans le chef! Qu'auroient fait les infirmes, s'il n'eût agi que pour les forts? qui nous auroit rassurés dans nos craintes, s'il n'eût jamais été troublé? qui nous auroit soutenus dans notre agonie, s'il n'eût jamais eu horreur de la mort? et de quelle ressource auroit été pour nous un courage toujours divin , qui n'eût fait qu'accabler notre foiblesse et desespérer notre néant?
Ainsi tout est pour mon salut et ma consolation dans les foiblesses de Jésus. Je ne vois point dans le jardin le Tout-Puissant, Tlmmortel, l'Invincible; mais j'y vois quelque chose de plus encore, mon libérateur, mon soutien, mon asile et l'ami de mon cœur. O qu'il m'est doux de me pencher vers lui quand il daigne s'abaisser jusqu'à moi, de lui offrir mes maux quand il les éprouve, ma sensibilité quand il la justifie par son exemple, de lui adresser mes soupirs lorsque j'entends les sienSj et de verser
DE JÊSUS-CHRlST. 4^7
mes larmes dans son sein lorsque je vois, couler les siennes! Un Dieu pleurant et affligé! ah! -voilà celui qui est mon Dieu, c'est celui dont j'ai besoin dans mon exil, c'est celui que mon cœur réclame; ecce Deus noster iste* Ce n'est, point dans le ciel , c'est dans le lieu de ses foiblesses que je veux le chercher. 11 y a trop loin des collines éternelles à cette vallée de larmes 3 tant de splendeurs ne sont point faites pour les malheureux , tant de distance les accable; il mè faut un Dieu plus prés de moi ^ plus avec moi , plus semblable à moi 5 il me faut mon Jésus, et mon Jésus sachant et connoissant mes infirmités et mes peines , scientem injirmita^ tem (isAÏ. LUI, 3*). Grand et admirable secret qu'un Dieu sauveur a révélé au monde. Jusqu'à lui que pouvoit pour les malheureux une sagesse imaginaire? que pouvoit la raison avec ses beaux discours et sa froide arrogance? Hélas! prenant toujours l'enflure pour la force , et se croyant haute parce qu'elle étoit dure , elle invitoit les affligés à la divine impassibilité , et dans son désespoir elle nioit nos maux , ne pouvant les guérir. Jésus souffrant et affligé parut; et voici que la croix, dans sa sublime et sainte extravangance , nous apprend, non que l'homme doit être invulnérable et impassible comme Dieu , mais que c'est Dieu qui a voula s'attrister et pleurer comme lliomme, et tous les malheureux se tournèrent aussitôt vers lui, en l'invoquant comme leur sauveur et leur père. Le sage ne s'honora plus de son insensibilité, mais de sa patience; bien loin de rougir de st& pleurs, il s'en
Tom. 2. 27
4l8 SLR LA PASSION
glorifia. Les afflictions devinrent des faveurs, les larmes des privilèges , et la raison humaine déconcertée se] prosterna devant ce mystère ineffable qui consacre les tristes attributs de notre mortalité, qui nous rapproche de Dieu par nos misères mêmes, et fait de nos infirmités , ces grands témoignages de notre néant, qui jusqu'à Jésus-Christ sembloient mettre entre Dieu et Phomme une éternelle séparation, en fait, dis-je, autant de traits précieux de leur commune ressemblance.
Et voilà ce qui rend le christianisme si animé, . éî intéressant et si aimable. C'est la religion des pauvres , c'est la loi des malheureux , c'est le culte des âmes tendres et sensibles. N'eût-il en sa faveur que cette seule preuve , c'en seroit assez pour adorer une doctrine, qui, si elle n'étoit vraiment du ciel, n'auroit jamais pu même entrer dans la pensée d'aucun homme. JN'eût-il que ce seul avantage , c'en seroit assez pour déplorer l'aveuglement de tous ces insensés qui voudroient remplacer sa touchante morale par leur doctrine désolante. Futiles discoureurs , TOUS m'ofirez des systèmes , et je demande des consolations. Que m'importe tout ce Yerbiage pompeux dont vous fatiguez ma raison? il me faut des secours qui soulagent mon cœur. C'est lui qui souffre , c'est lui surtout qui est malade 3 et vous le laissez en proie à son aridité , et vous lui arrachez sa plus douce espérance 3 et , pour soulager ma misère, vous ne songez qu'à nourrir mon orgueil. Ah! si vous pouviez compter tous les mallieureux que vous faites! Vous ayez séduit les riches ^ les grands
du monde} je n'en suis pas surpris , r'abondance corrompt et les grandeurs aveuglent : mais votre triomphe est encore imparfait j portez maintenant votre aride morale dans les tristes chaumières , allez endoctriner ce pauvre que la faim dévore, celte mère désolée dont le tendre nourrisson suce biea moins le lait que les larmes , ce malheureux couché ' sur une paille humide 3 allez lui dire qu'il est victime de sa crédulité , qu'en serrant dans ses bras l'effigie d un Dieu souflFrant , il n'embrasse qu'un vain fantôme , qu'il n'est point de Jésus pour lui , que sa seule raiaon doit être son sauveur, son seul courage toute sa consolation..... Barbares, vous n'osez pas; vous croiriez insulter à son état et outrager son in-> fortune j lui-même pourroit-îl vous entendre ? Vous disserteriez , et il pleure j vous raisonneriez , et il souffre 9 et quand on pleure et quand on souffre , il faut des remèdes et non pas des maximes , des sentimens et non pas des discours. Ah! le Dieu affligé que j'adore les lui apporte ces remèdes, ces sen timens de force et de patience , de paix et de résignation , dont son exemple est une source inépuisable. Ahl laissez-nous notre Évangile avec sa simplicité , notre Dieu avec ses foiblessés , notre croix et sa sainte folie î laissez aux pauvres leur ami, aux infirmes leur soutien , aux mourans leur consolation , à tous les malheureux affligés leur Sauveur et leur père; laissez-nous Jésus de Nazareth; Jésus Nazaretius. Mais c'est peu pour le Sauveur du mondeide prendre nos foiblessés pour nous soutenir, nos mauit pour nous consoler : un plus grand ouvrage lui est
430 aVU LA PASSION
réservé , celui de réformer l'homme tout entier, de dissiper ses folles opinions, de le désabuser de ses fausses idées sur les biens et sur les maux de la vie, de faire tomber enfin ce masque éblouissant par lequel le monde impose aux yeux du vulgaire, de le sauver de ses vices, d'arracher de son cœur ses penchans corrompus, de faire mourir jusqu'à la deroière racine ses injustes passions , et de dompter ces monstres furieux , qui jusqu'alors exerçoieot sur le genre humain une si longue et si cruelle tyrannie. Grande et divine entreprise! Mais quel moyen pour y réussir? Tout a été trop fuible jusqu'ici contre de si grands mausj la nature, la loi, la conscience, la philosophie, ont parlé, mais en vain. Que va donc faire un Dieu sauveur? Il n'a pu nous rendre attentifs par la parole , il va nous fixer par ses exemples , qui seront tout à la fois si puissans et si palpables , que l'homme ne pourra pas plus y résister que s'y méprendre. Le pontife de l'ancien Testament portoit sur sa poitrine , dans des figures mystérieuses, ces mots sacrés: doctrine et •vérité; le pontife de la loi nouvelle les portera gravés sur son corps adorable , et empreints sur sa chair virginale. Il montrera la doctrine en autant de caractères qu'il soufire de douleurs^ il prêchera la vérité par autant de bouches qu'il a de plaies et de blessures, par autant de voix qu'il pousse de soupirs et qu'il verse de larmes: de sorte que toute sa personne n'offrira plus qu'un grand livre également frappant ri li.sible pour tous, dont toutes les lettres, ditsaint Léon , seront de sang pour frapper la vue avec plus
de force , et toutes les maximes seront tracées par le fer avec violence , pour être aussi invariablement fixées que profondément inculquées.
N'attendez pas , Messieurs , que nous'découvrions à vos yeux tout le théâtre de sa passion , que nous vous montrions tout entier l'homme de douleurs , que nous parcourions là vaste carrière de ses opprobres ) que nous comptions tous les coups sacrilèges dont a été meurtrie sa chair vénérable : nos discours doivent avoir des bornés, ses souffrances n'en ont point eu. Contentons-nous, pour votre instruction, de vous produire le Sauveur dans l'état déplorable où Pilate le montre aux Juifs dans le prétoire, et de vous dire ici : Voilà l'homme , Ecce homo. O Dieu! quel spectacle pour notre foi! celui sous qui tremblent les colonnes du ciel, attaché à un poteau infâme ; celui qui a la lumière pour vêtement , honteusement dépouillé ; un vil roseau entre les mains dû Dieu qui lance le tonnerre ; une couronne déchirante sur la tête divine qui porte le monde ; enfin celui qui fait la joie des anges, succombant sous les coups redoublés d'une flagellation sanglante! Quoi donc ! est-ce là ce même homme qui guérissoit les mnLides , qui ressuscitoit les morts , éclairoit les aveugles, et commandoit en maître aux flots irrités? Silence, esprits superbes, et gardez-vous de rougir pour votre Sauveur. Vous voudriez ici des miracles de puissance , et il ne s'agît que de miracles d'instruction ; vous voudriez un spectacle de force et d'autorité , et il ne faut qu'un spectacle de sainteté et de perfection. N'est- il donc pas plus grand et mille
4^3 fiUa LA PASSION
fois plus glorieux de guérir nos vices que nos mala-^ dies, et nos désirs injustes que nos infirmités? B'est-il pas plus grand de nous rappeler victorieusement à nos devoirs que de nous rappeler à la vie , et de calmer les orages des passions humaines que les tempêtes dune mer en courroux? Or, quoi de plus propre à opérer ce3 prodiges nouveaux que l'état ou il est réduit? quelle chaire plus éloquente que cette funeste colonne où il est attaché? quelles bouches plus persuasives que ces blessures ouvertes? quelle instruction plus pénétrante que ces épines douloureuses? quel glaive plus aiguisé, pour me servir de l'expression de saint Léon , que ce roseau ignominieux pour retrancher nos folles convoitises? quel remède plus souverain pour amortir le feu im-;' pur qui nous dévore , que le torrent de ce sang ado« râhle dont le prétoire est inondé? Qu'il est fort inaintenant pour réprimer ces désordres honteux qui faisoient à la fois nos malheurs et notre crime! JjCs cœurs ont résisté au Dieu de gloire et de puis* sance, il faut qu'ils cèdent au Dieu d'opprobres et de douleurs. Tristes esclaves des passions , ouvrez donc les yeux»
Voilà l'homme , Ecce homo. La voluptp vous aéduisoit, voyez ici combien elle est hideuse; la fertune vous enchantoit, voyez ici combien elle est injuste et méprisable , la vanité vous enivroit , voye? ici combien elle est coupable et ipsensée ;. les souL frances vous faisoient horreur, voye^ ici combieri elles sont saintes et précieuses} le mépris des inju^ rçs vous sembloit hooteux , voyesî ici combien il Ç3{
DE JÉSU6-CHRI8T. 4^3
grand et sublime ; Eccehomo. Ainsi , par unsimplei coup-d'œil jeté sur Jésus souffrant , nous est apprise toute la morale ; ainsi , dans ce divin original , aussi palpable qu'infaillible, nous est développée toute la science du bien et du mal. Tout ce qu'il dit est une leçon? tout ce qu'il fait est un exemple; tout ce quil souffre un remède. Accourez donc , Chrétiens ; venez connoitre votre Sauveur , Ecce homo» A son aspect l'orgueil frémit , la raison se déconcerte et se révolte j mais, s'il se montroit ici dans cet état où le désire notre orgueil , iLeût nourri mes injustes désirs, il m'eût tenté, il eût aigri mes maux, loia de les guérir j et le Dieu qui devbit être mon médecin et mon sauveur n'eût été que le complice de ma corruption , et un piège de plus pour ma perversités S'il est méprisé , s'il est abject , s'il est souffrant , dit Tertullien, c'est le Sauveur que je cherche. Il m^en faut un que le monde ne puisse goûter , et que la sagesse humaine ne puisse comprendre , qui dé« masque tout ce qui ncie trompe, et qui dégrade tout ce qui m'éblouit , qui rejette tout ce que je désire , et qui prenne pour lui ce que je crains le plus; un Sauveur qui commande, non aux vents et à la tempête } mais à tous mes sens révoltés : plus il est loin des pensées du monde , plus il est vil , plus |e l'adore. Il en faut un à l'univers qui &sse honte aux sensuels, qui désespère les voluptueux, qui fasse trembler les superbes , qui impose par de grands coups à la rébellion de la chair, et qui tire
ain;si tout l'homme de .son long et mortel assou-*