EXHORTATION
@v!& m ifiDsasttiasDa*
Nec est alla natio tam grandis y quœ habeat deos appro^ pinquantes sibi.
Il n'est point de nation si favorisée, qui ait des dieux qui l'approchent de si près. Deut. iv, 7.
Vj'étoit donc là , mes Frères , le privilège glorieux qui distinguoit les enfaos d'Abraham de tous les autres peuples de la terre. Un Dieu qui les rendoit dépositaires de ses oracles et de ses promesses, et qui fixoit sur eux setf regards de prédilection 5 un Dieu qui devenoit lui-même leur roi , leur législateur et leur guide ; et qui se plaisoit sans cesse à réveiller leur foi par des prodiges , et leur amoiir par des bienfaits : voilà , mes Frères , la précieuse union dont s'hohoroît le peuple circoncis , et qu'il regardoit tout à la fois comme le plus sûr garant de sa félicité et le plus ferme appui de sa gloire. Quelle idée, mes Frères, n'auroit-il donc pas conçue de sa prééminence et de son bonheur, s'il eût joui de tous les privilèges de la nation évangélique! Ce ne sont plus maintenant des nuages
fiCR LA COMMUNION. /^Q3
krillaDS qui descendent du ciel pour couvrir le sanctuaire} c'est Dieu lui-même qui riiabite et.qui le couvre de sa propre gloire. Ce n'est plus l'ange du Seigneur , qui , du fond du propitiatoire , annonce les oracles célestes; c'est le Seigneur en personne qui nous y dicte ses volontés. Ce n'est plus ce Très- Haut redoutable qui ne se montre qu'à un seul favori , parmi les éclairs et les foudres , à travers des emblèmes terribles j c'est cet Emmanuel doux et humble de cœur , qui fait ses plus clieres délices d'habiter avec les enfans des hommes. Plus de montagne inaccessible , plus de voile entre le vestibule et l'autel , plus de mur de séparation entre le peuple et le Saint dès saints. C'est le firmament qui descend sur la terre , dit le prophète j c'est l'homme et Dieu qui confondent leur être et leur substance; c'est la communication la plus intime et lefFusion la plus entière de tous les dons célestes ; c'est Dieu enfin qui devient non-seulement notre espérance , mais notre possession; non-seulement notre médecin , mais notre remède , et , puisqu'il faut le dire , notre nourriture et notre breuvage. Témoins de tant de merveilles , favorisés d'une si grande alliance, ah! c'est à nous, bien mieux qu'aux enfans d'Israël , qu'il appartient dé faire retentir ces accens de notre joie et de notre tendresse: JYon^ il n^est point de nation si fas^orisée y qui ait des dieux qui V approchent de si près^ Mais quoi! seroit-îl vrai , Chrétiens , que Dieu n'est descendu si près de nous que pour nous voir plus éloignés de lui? OserionS'Uous croire que la profusion de ses bienfaits
eucharistiques les a , jpour ainsi dire , avilis à nos propres yeux; qu'il nous est devenu moins cher en se rendant plus accessible , ou moins grand eu se communiquant davantage? Et ce grand Dieu n'auroit-il donc anéanti toute distance que pour nous rendre à son égard ou plus indifférens ou plus téméraires? ^
Hélas! mes Frères, nous voudrions bien nous le dissimuler ; mais le scandale est trop public , et la douleur de TÉglise trop profonde. Sans cesse elle se plaint de voir la participation des saints mystères ou si rare ou si imparfaite; san3 cesse elle gémit de n'avoir à la table sainte que des intrus ou des mercenaires , que des Judas perfides qui la souillent, ou de lâches disciples qui s'en éloignent. Entrons donc aujourd'hui dans les vues de cette mère tendre. Eflforçons-nous ici de confondre tout à la fois et ceux qui s'abstiennent de TEucharistie sans motif, et ceux qui s'en approchent sans respect; et, pour cela, établissons premièrement quelles sont les dispositions qu'exige de nous la communion : montrons, en second lieu, les avantages qu'elle procure, -^^e. Maria.