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tacré , et l'avait si bien changé en sa propre substance , qu'il ne sait plus parler que ce langage dans ses écrits : les expressions de l'Écriture y sont semées à pleines mains ; elles paraissent son style naturel. Saints et pieux monuments de son amour pour les Écritures, fruits précieux de ses lumières et de sa piété, vous êtes encore entre nos mains; et c'est assez pour son éloge.
Mais la lecture des divines Écritures , qui faisait autrefois les plus chères délices des premiers fidèles, cède aujourd'hui, parmi les chrétiens, à des ouvrages de mensonge et de péché, pernicieux à Tesprit, qu'ils remplissent de mille images profanes et funestes au cttiur, où ils jettent des semences de crimes, qui toujours dans leur temps produisent des fruits de mort. Hélas ! ne portons-nous pas déjà dans notre fonds des dispositions assez favorables à l'iniquité, sans y en ajouter d'étrangères? Ce levain de corruption qui croît avec notre cœur ne suffit-il pas pour exercer notre innocence , sans aider sa malignité? et faut-il le secours de l'art à des passions sur lesquelles nous ne naissons que trop instruits ? ( Panég, de saint Bernard, )
LECTURE DE l'hISTOIRE SAIHTE.
Voilà la grande science que nous apprennent nos divines Écritures. Dans les autres histoires que les hommes nous ont laissées , on n'y voit agir que les hommes : ce sont les hommes qui remportent des victoires , qui prennent des villes, qui subjuguent des empires , qui détrônent des souverains , qui s'élèvent eux-mêmes à la suprême puissance : Dieu n'y parait nulle part ; les hommes en sont les seuls acteurs. Mais dans l'histoire des livres saints, c'est Dieu seul qui fait tout , Dieu seul qui fait régner les rqis , qui les place sur le trône , ou qui les en dégrade ; Dieu seul qui combat les ennemis» qui renverse les villes, qui dispose des États et des empires > qui donne la paix ou qui suscite les guerres : Dieu seul parait dans cette histoire divine ; il en est , si je l'ose dire , le seul héros ; les rois et les conquérants n'y paraissent que comme les ministres de ses volontés saintes : «nfin ces livres divins tirent le voile de la Providence. Dieu , qui se cache dans les autres événements rapportés dans nos histou*es, parait à découvert dans ceux-ci; et c'est dans ce livre seul, que l'esprit de Dieu a laissé à la terre,
DB HASSILIiON. J^79
que nous devons apprendre à lire les histoire» que les hommes nous ont laissées ; à suppléer par la foi ce que Tesprit humain a omis ; et à ne regarder les différentes révolutions qui ont agité Tunivers que comme l'histoire des desseins et des volontés du Seigneur sur les hommes. ( Mystères. )
La mort finit toute la gloire de Thomme qui a oublié Dieu peu dant sa vie; elle lui ravit tout, elle le dépouille de tout, elle Tanéanlit dans tout ce qu'il était de grand aux yeux des hommes ; elle le laisse seul, sans force, sans appui, sans ressource, entre les mains d'un Dieu terrible. Ce nombre d'amis , de flatteurs , d'esclaves, de sujets, au milieu desquels il se croyait immortel , ne peuvent plus rien pour lui : semblables à ceux qui voient périr de loin un homme au milieu des flots , ils peuvent tout au plus accorder des larmes à son malheur, ou faire des vœux inutiles pour sa dé< iivranoe. Ainsi , seul aux prises avec la mort , il (énd en vain les mains à toutes les créatures qui lui échappent. Le passé ne lui pa rait plus qu'un instant fugitif, qui n'a fait que briller et disparaître; l'avenir est un abime immense où il ne voit ni fin , ni issue , et où il va se perdre et s'engloutir pour toujours , incertain de sa destinée. Le monde , qu'ili^royait étemel , n'est plus qu'un fantôme qui se dissipe; l'étci'uité , qu'il regardait comme une chimère , est un objet affreux qu'il a sous les yeux , et qu'il touche déjà de ses mains. Tout ce qu'il avait cru réel et solide s'évanouit : tout ce qui lui avait paru frivole et chimérique se montre et se réalise ; et son malheur lui donne de nouvelles lumières , mais ne lui donne pas de nouveaux penchants et un nouveau cœur : il meurt détrompé, sans mourir changé; il meurt désespéré, et ne meurt pas pénitent.
Mais l'âme juste, ah ! elle voit alors le monde et l'éternité des mêmes yeux qu'elle les avait toujours vus : rien ne change, rien ne finit pour elle dans ce dernier moment , que ses humiliations et ses souffrances. Ainsi, libre de tous les attachements du monde et de la vanité, pleine de bonnes œuvres, soutenue de la foi des promesses , mûre pour le ciel , elle ferme les yeux sans regret à tous les vains objets qu'elle n'avait jamais vus qu'avec peine ; elle
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S'envole dans le sein de Dieu , d'où elle était sortie , et où elle avait toujours habité par ses désirs , et rentre avec paix et avec confiance dans la bienheureuse éternité. (Mystères,)