AFFABILITE DE SAINT LOUIS
Ainsi la piété et l'humanité du saint roi faisaient la félicité de son peuple. Accessible à tous , il ne disputait pas même au dernier de ses sujets le plaisir de voir son souverain : leur montrant toujours un visage riant ; tempérant par l'affabilité la majesté du. trône ; je-
tant , comme Mpîse , ud voile de douceur et de tempérament sur rédatde sa personne et de sa dignité, pour rassurer les regards de ceux qui l'approchaient ; et se dépouillant si fort de tout le faste qui environne la grandeur , qu'en Fabordant on ne s'apercevait presque qu'il était le maître que lorsqu'il accordait des grâces. L'affabilité et l'humanité seraient les vertus naturelles des grands , s'ils se souvenaient qu'ils sont les pères de leurs peuples : le dédain et la fierté, loin d'être les prérogatives de leur rang , en sont l'abus et l'opprobre ; et ils ne méritent plus d'être maîtres de leurs sujets dès qu'ils oublient qu'ils en sont les pères ; cette leçon regarde tous ceux que leurs dignités établissent sur les peuples. Hélas ! souvent on laisse à l'autorité un front si sévère et un abord si difficile , que les affligés comptent pour leur plus grand malheur la nécessité d^aborder celui duquel ils en attendent la délivrance. Cependant les places qui nous élèvent sur les peuples ne sont établies que pour eux : ce sont les besoins publics qui ont formé les dignités publiques ; et si l'autorité doit être un joug accablant, elle doit l'être pour ceux qui l'eXercent et qui en sont revêtus , et non pour ceux qui l'implorent , et qui viennent y chercher un asile.
-^ ( Panég, de saint Louis.)