SUR L*ÉPISCOPAT
Qu'est-ce que Thonneur de Tépiscopat , si Ton s'en tient à ce que la chair et le sang nous révèlent là-dessus, et si l'on en juge par la corruption et le relâchement de ces derniers temps? C'est un poste éminent qu'il est permis de souhaiter , auquel il est glorieux d'atteindre, et ()ont il est doux de jouir : c'est un titre poaipeux, mais vide , qui retient tous les honneurs du sacerdoce , «t qui en distribue aux autres les fatigues comme des faveurs : c'est une autorité tranquille qui, à l'ombre du faste qui l'environne, décide du travail de ceux qui porteat le poids du jour et de la chaleur. Mais si l'on consulte le Père des lumières , et si nous remontons à ces siècles de ferveur et de pureté, c'était un poids redoutable et saint, qu'on ne désirait jamais sans témérité , dont on ne pouvait se charger soi-même sans profanation, sens lequel on devait gémir avec cramte et tremblement : c'était une servitude pénible qui , nous établissant sur tous , qous rendait redevables à tous ; un ministère d'amour et d'humilité qui établissait le pasteur dépositaire et des miséricordes du Seigneur, et des misères du peuple.* Siècles si honorables à la foi, sainte antiquité si connue en nos jours, et si peu ioHtée, temps heureux, où étes-vous ?
( Orais, funèb, de Af . de ViUeroy, )
MODESTIE SACERPOTALE.
Nos délassements même doivent avoir je ne sais quoi de décent , de réservé , de sérieux, qui n'y donne aucune atteinte. Je sais que l'esprit et le corps ont besoin de relâche ; mais ces moments que nous donnons à la nature ne deviennent utiles et permis que lorsqu'ils nous disposent à nos devoirs, et nous en facilitent la pratique. Le repos n'est établi qu'afin de nous donner une nouvelle force
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pour continuer la carrière : tous les délassements qui nous en éloignent , qui nous reculent , qui nous découragent , qui nous inspirent dn dégoût pour nos fonctions , l'Église nous les interdit comme des indécences ou des crimes : la diasse , le jeu habituel , les sociétés de la table, les compagnies ou dangereuses ou suspectes : voilà ce que les règles de FÉglise sur la modestie cléricale nous ont rigoureusement interdit ; ce ne sont pas là des délassements accordés au travail , ce sont des occ^pations^ indécentes qui le déshonorent et le rendent inutile. Car , outre Timmodestie inséparable d*une occupation aussi indécente pour un prêtre que la chasse, est-ce là un exercice convenable à la douceur et à la gravité de notre caractère? un prêtre , les armes à la main , ne respirant que le sang et le carnage , représente-t-il le divin pasteur occupé à conduire paisiblement son troupeau, ou le loup préparé à le dévorer et à le détruire ? Les armes de notre milice , dit saint Paul , sont des armes spirituelles , destinées à combattre Torgueil , Tavarice , la volupté , et toute hauteur qui s'élève contre la science de Dieu : la foi est notre bouclier : le zèle du salut des âmes , notre glaive ; voilà les armes que TÉglise nous met en main en nous associant au sacerdoce. Or quelle indécence à un prêtre et à un pasteur, de déposer ces armes saintes, et de se revêtir des armes de la milice du sièclel n néglige son troupeau ; U ne daigne pas d'aller au secours de celles de ses brebis qui périssent ; et il court comme un insensé après des animaux : il s'attache à une proie vile , et il méprise la proie sainte d'une âme qu'il pourrait gagner à Jésus-Christ , et l'enlever à la puissance du démon. Mais, au sortir d'un exercice si tumultueux et sanguinaire , est-il plus en état de s'aller recueillir au pied des autels , d'aller immoler la victime de paix et de propitiation , d'offrir le sang mystique de l'Agneau , et de lever au ciel des mains pures , des mains qu'il vient de souiller tant de fois d'un sang profane? le recueillement, la gravité, le respect, la ferveur sainte, nécessaires aux fonctions, ne souffrent-elles pas de la dissipation bruyante qui les a précédées ? ne porte-t-il pas jusqu'à l'autel saint , jusqu'au calme respectable du sanctuaire , cet air militaire et guerrier dont il vient de déposer les marques ? Quelle vénération peuvent avoir les peuples pour un pasteur qu'on voit tenir en ses mains le signe et le gage de notre salut, le pain de vie, le sacrement de la paix et de la réconciliation, des mystères que les anges ne ro-
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gardent qa'eo treinblaBt , et que la piété la plus recueillie ne saurait toucher avec assez de révérence , après avoir vu , il n^y a qu'un moment, ces mains destinées à des usages si divins, employées à manier des armes meurtrières , et dressées à porter la mort et la' terreur à de vils animaux ? < Conférmees , II. )