SUR LA VÉRITÉ DE LA RELIGION
Les autres religions , qui se sont vantées d'une origine plus ancienne , ne nous ont donné pour garants de leur antiquité que des récits fabuleux , et qui tombaient d'eux-mêmes. Ils ont défiguré l'histoire du monde par un chaos de siècles innombrables et imaginaires dont il n'est resté aucun événement à la postérité , et que l'histoire du monde n'a jamais connus. Les auteurs de ces grossières fictions n'ont écrit que plusieurs siècles après les faits qu'ils nous racontent; et c'est tout dire d'ajouter que celte théologie fut le fruit de la poésie ; et les inventions de cet art , les plus solides foi>domenls de leur religion.
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lei c'est une suite de faits raisonnables, naturelle, d'accord avec elle-même. C'est l'histoire d'une famille continuée depuis sou premier chef jusqu'à celui qui l'écrit , et justifiée dans toutes ses circonstances. C'est une généalogie où chaque chef est marqué par ses propres caractères , par des événements qui subsistaient encore aJors , par des traits qu'on reconnaissait encore dans les lieux qu'ils avaient habités. C'est une tradition vivante , la plus sûre qu'il y eût alors sur la terre, puisque Moïse n'a écrit que ce qu'il avait oui dire aux enfants des patriarches, et que les enfants des patriarches ne rapportaient que ce que leurs pères avaient euxmêmes vu . Tout s'y soutient , tout s'y suit , tout s'y éclaircit de soiménie. Les traits n'en sont pas imités, ui les aventures puisées ailleurs , et accommodées au sujet. Avant Moïse , le peuple de Dieu n'avait rien d'écrit. Il n'a laissé à la postérité que ce qu'il avait recueilli de vive voix de ses ancêtres, c'est-à-dire toute la tradition du genre humain ; et le premier, il a rédigé en un volume l'histoire des merveilles de Dieu et de ses manifestations aux bomiÀes, dont le souvenir avait fait jusque-là toute la religion, toute la science et toute la consolation de la famille d'Abraham. La bonne foi de cet auteur parait dans la naïveté de son histoire. Il ne prend point de précaution pour être cru , parce qu'il suppose que ceux pour qui il écrit n'en ont pas besoin pour croire , et qu'il ne raconte que des faits publics parmi eux , plutôt pour en conserver la mémoire à leurs descendants que pour les en instruire eux-mêmes.
Voilà, mes frères, par où la religion chrétienne commence à s'acquérir du crédit sur l'esprit des hommesi^ Tournez-vous de tous les cotés , lisez l'histoire des peuples et des nations , vous ne trouverez rien de mieux établi sur la terre ; que dis-je ? rien même qui mérite les attentions d'un esprit sensé. Si les hommes sont nés pour une religion, ils ne sont nés que pour celle-ci. S'il y a un Être souverain qui ait montré la vérité aux hommes , il n'y a que celle-ci qui soit digne des hommes et de lui. Partout ailleurs l'origine est fabuleuse : ici elle est aussi sûre que tout le reste; et les derniers âges, qu'on ne peut contester, ne sont pourtant que les preuves de la certitude du premier. Donc, s'il y a une autorité dans le monde à laquelle la raison doive céder, c'est à celle de la religion chrétienne.
Au caractère de son ancienneté, il faut ajouter celui de sa pcr-
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p^tuilé. Représentez-vous iei celle variété infinie de religions et de sectes , qui ont régné tour à tour sur la terre; suivez l'histoire des superstitions de chaque peuple et de chaque pays : elles ont duré un certain nombre d'années, et tombé ensuite avec la puissance de leurs sectateurs. Où sont les dieux d'Émath, d'Arphad et de Sepharvaîm ? Rappelez l'histoire de ces premiers conquérants : ils vainquaient les dieux des peuples en vainquant les peuples euxmêmes, et abolissaient leurs cultes en renversant leur domination. Qu'il est beau , mes frères , de voir la religion de nos pères toute seule se maintenir dès le commencement , survivre à toutes les sectes, et , malgré les diverses fortunes de ceui qui en ont fait profession , passer toujours des pères aux enfants , et ne pouvoir jamais être effacée du cœur des hommes ! Ce n'est pas un bras de chair qui l'a conservée. Ah ! le peuple fidèle a presque toujours été faible, opprimé , persécuté. Non, ce n'est pas par le glaive, comme dit le Prophète , que nos pères possédèrent la terre : JV€c enim in gladio suo possederttnt terram. ( Ps. xliii , 4. ) Tantôt esclaves , tantôt fugitifs, tantôt tributaires des nations , ils virent mille fois la Chaldée , l'Assyrie , Rabylone , les puissances les plus formidables de la terre , tout l'univers conjurer leur ruine et Textinction entière de leur culte ; mais ce peuple si faible , opprime en Egypte , errant dans un désert , transporté depuis captif dans des provinces étrangères , n'a jamais pu être exterminé , tandis que tant d'autres plus puissants ont suivi la destinée des choses humaines ; et son culte a toujours subsisté avec lui , malgré tous les efforts que chaque siècle presque a faits pour le détruire.
Or, d'où vient , mes frères , qu'un culte si contredit , si pénible par ses observances , si rigoureux par les châtiments dont il punissait les transgresseurs , si aisé même à s'établir et à tomber, par l'inconstance et la grossièreté toute seule du peuple qui en fut d'abord dépositaire , d'où vient qu'il s'est seul perpétué dans le monde au milieu de tant de révolutions, tandis que les superstitions, soutenues de la puissance des empires et des royaumes, sont retombées dans le néant d'où elles étaient sorties ? Eh ! n'est-ce pas Dieu , et non l'homme , qui a fait toutes ces choses? N'est-co pas le bras du Tout-Puissant qui a conservé son ouvrage? Et puisque tout ce que l'esprit humain avait inventé a péri , ne faut-il pas conclure que ce qui a toujours demeuré était seul l'ouvrage de
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la sagesse divine? Nonne Deus fecit Jkœc «m»ia, et n^nhom»? Enfin, si à son aoMâeiiiieté et à sa perpétuité vous ajoalez son uniformité , il ne restera plus de prétexte à la raison pour se défendre. Car, mes frères, tout change sur la terre, parce que tout suit la mutabilité de son origine. Les occasions , les différences des siècles, les diverses humeurs des climats, la nécessité des temps , ont introduit mille changements à toutes les lois humaines. La foi seule n'a jamais changé. Telle que nos pères la reçurent, telle Tavons-nous aujourd'hui , telle nos descendants la recevront uu jour. Elle s'est développée par la suite des siècles , et. par la nécessité de la garantir des erreurs qu'on voulait y mêler , je l'avoue ; mais ce qui une fois a paru lui appartenir, a toujours paru teL II est aisé de durer, quand on s'accommode aux temps et aux conjonctures , et qu'on peut ajouter ou diminuer , selon le goût des siècles et de ceux qui gouvernent : mais ne jamais rien relâcher , malgré le changement des mœurs et des temps ; voir tout changer autour de soi , et être toujours la même , c*est le grand privilège (le la religion chrétienne. Et par ces trois caractères d'ancienneté , de perpétuité et d'uniformité qui lui^nt propres , son autorité se trouve la seule sur la terre capable de déterminer un esprit sage. Mais si la soumission du fidèle est raisonnable du côté de l'autorité qui l'exige, elle ne l'est pas moins du eôté des choses qu'on lui propose de croire. Et ici , mes frères , entrons dans le fonds du culte des chrétiens. Il ne craint pas d'être vu de près, comme ces mystères abominables de l'idolâtrie dont les ténèbres cachaient la honte et l'horreur. Une religion , dit TertuUien , qui n'aimerait pas d'être approfondie , et qui craindrait l'examen , serait suspecte : Cœterum suspecta est lex quœproharinon vult. Plus vous approfon* dissez le culte des chrétiens , plus vous y trouvez de beautés et de merveilles cachées. L'idolâtrie inspirait à l'homme des sentiments insensés de la Divinité ; la philosophie , des sentiments peu raisonnables de lui-même ; la cupidité, des sentiments injustes envers les autres hommes. Or , admirez la sagesse'de la religion, qui remédie à ces trois plaies, que la raison de tous les siècles n'avait jamais pu ni guérir , ni même connaître.
Et premièrement , quel, autre législateur a parlé de la Divinité comme celui des chrétiens ? Trouvez ailleurs , si vous le pouvez , des idées plus sublimes de sa puissance , de son immensité , de sa
sagesse, de sa bonté, de sa jostice, que celles que nous eu donnent nos Écritures. S*il y a au-dessus de nous un Être suprême et étemel , en qui toutes choses vivent , il faut qu'il soit tel que la religion chrétienne le représente. Nous seuls ne le comparons pas à la ressemblance de l'homme. Nous seuls l'adorons assis sur les chérubins, remplissant tout par sa présence , réglant tout par sa sagesse, créant la lumière et les ténèbres, auteur du bien, vengeur du vice. Nous seuls l'honorons comme il veut être honoré , c'està-dire, nous ne faisons pas consister le culte qui lui est du, en la multitude des victimes , ni dans l'appareil extérieur de nos hommages ; mais dansl'adoration, dans l'amour , dans la louange , dans l'action de grâces. Nous lui rapportons le bien qui est en nous , comme à son principe; et nous nous attribuons toujours le vice, qui n'a sa source que dans notre corruption. Nous espérons de trouver en lui la récompense d'une fidélité qui est le don de sa grâce , et la peine des transgressions , qui sont toujours la suite du mauvais usage que nous faisons de notre liberté. Or , quoi de plus digne de l'Être souverain que toutes ces idées?
En second lieu, une vaine philosophie, ou avait dégradé l'homme jusqu'au rang des bêtes , en lui faisant chercher sa félicité dans les sens ; ou l'avait follement élevé jusqu'à la ressemblance de Dieu, en lui persuadant qu'il pouvait trouver son bonheur dans sa propre sagesse. Or , la morale des chrétiens évite ces deux excès : elle retire l'homme des plaisirs charnels , en lui découvrant l'excellence de sa nature et la sainteté de sa destination ; elle corrige son orgueil en lui faisant sentir sa misère et sa bassesse.
Enfin , la cupidité rendait l'homme injuste envers les autres hommes. Or, quelle autre doctrine que celle des chrétiens a jamais mieux réglé nos devoirs à cet égard? Elle nous apprend à obéir aux puissances « comme établies de Dieu , non-seulement par la crainte de l'autorité, mais par ime obligation de conscience ; à respecter nos maîtres , souffrir nos égaux , être affables envers nos inférieurs, aimer tous les hommes comme nous-mêmes. Elle seule sait former (ie bons citoyens, des sujets fidèles , des serviteurs patients, des maîtres humbles , des magistrats incorruptibles , des princes cléments , des amis véritables. Elle seule rend inviolable la bonne foi des mariages , assure la paix des familles, maintient la tranquillité des États. Non-seulement elle arrête les usurpations ,
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mais elle interdit ju$qu*au désir d'un bien étranger : non-seulement elle ne veut pas qu'on regarde d'un œil d'envie la prospérité de son frère , mais elle ordonne qu'on partage avec lui son propre bien lorsqu'il en a besoin : non-seulement elle nous défend d'attenter à sa vie , mais elle veut que nous fassions du bien à ceux même qui nous font du mal ; que nous bénissions ceux qui nous maudissent » et que nous n'ayons tous qu'un cœur et qu'une àme. Donnez-moi , disait autrefois saint Augustin aux païens de son temps , un royaume tout composé de gens de cette sorte : bon Dieu! queUe paixl quelle félicité! quelle image du ciel sur la terre! Toutes les idées de la philosophie ont-elles jamais approché du plan de cette république céleste? et n'est-il pas vrai que si un Dieu a parlé aux hommes pour leur montrer les voies du salut , il n'a pu leur tenir un autre langage ?
il est vrai qu'à toutes ces maximes sL dignes de la raison , la religion ajoute des mystères qui nous passent. .Mais outre que le bon sens voulait qu'on se soumit là-dessus à une religion si vénérable dans son antiquité, si divine dans sa morale , si supérieure à tout ce qui est sur la terre dans son autorité, et la seule digne d'être crue , les motifs dont elle se sert pour nous persuader achèvent de forcer l'incrédulité.
Premièrement. Ces mystères ont été prédits plusieurs siècles avant leur accomplissement , et prédits avec toutes les circonstances des temps, des lieux et des moindres événements ; et ce ne sont pas ici de ces prophéties vagues ^ renvoyées à la crédulité du simple vulgaire , qu'on débite dans un coin de la terre, qui sont toujours du même âge que les événements, et qu'on ignore dans le reste de l'univers. Ce ,sont des prophéties qui ont fait , depuis la naissance du monde , toute la religion d'un peuple entier ; que les pères transmettaient à leurs enfants comme leur plus précieux héritage; qui étaient conservées dans le temple saint comme le gage le plus àacré des promesses divines ; et enfin , dont la nation la plus ennemie de Jésus-Christ, qui en a été la première dépositaire , atteste encore aujourd'hui la vérité à la face de l'univers : des prophéties qu'on ne cachait point mystérieusement au peuple , do peur qu'il n'en découvrit la fausseté , comme ces vains oracles des sibylles resserré^ avec soin dans le Capitole , fabriqués pour soutenir l'orgueil des Romains , exposés aux yeux des seuls pontifes,
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et produits de temps en temps par morceaiuS) pour autOfHer dan^: Fesprit du peuple, ou une entreprise périlleuse , ou une guerre injuste. Ici , nos livres prophétiques étaient la lecture journalière de tout un peuple. Les jeunes et les vieillards , les femmes et les enfants , les prêtres et les hommes du commun , les rois et les sujets , devaient les avoir sans cesse entre les mains ; chacun avait droit d'y étudier ses devoirs, et d'y découvrir ses espérances. Loin de flatter leur orgueil, ils ne leur parlaient que de l'ingratitude de leurs pères : ils leur annonçaient à chaque page des malheurs , comme le juste châtiment de leurs crimes; ils reprochaient aux rois leur dissolution , aux pontifes leurs injustices ; aux grands leur profusion , au peuple son inconstance et son incrédulité ; et cependant ces livres saints leur étaieni chers ; et, par les oracles qu'ils y voyaient s'accomplir tous les jours , ils attendaient avec confiance l'accomplissement de ceux dont tout l'univers est aujourd'hui témoin. Or, la connaissance de l'avenir est le caractère le moins suspect de la Divinité.
Secondement. Ces mystères sont fondés sur des faits miraculeux si éclatants , si publics dans la Judée , si convenus alors même par ceux qui avaient intérêt de les nier , si marqués par des événements qui intéressaient toute la nation , si répétés dans les villes , dans les campagnes, dans le temple, dans les places publiques, qu il faut fermer les yeux à la lumière pour les révoquer en doute. Les apôtres les ont prêches , les ont écrits dans la Judée même peu de temps après leur accomplissement, c'est-à-dire, dans un temps où les pontifes qui avaient condamné Jésus-Christ, encore vivants, auraient pu les confondre et crier à l'imposture , s'ils avaient imposé au genre humain. Jésus-Christ , en ressuscitant selon sa promesse , confirma son Évangile. Et l'on ne peut supposer ni que les apôtres se soient trompés sur ce fait si décisif, si essentiel pour eux ; sur ce fait tant de fois, prédit , attendu comme le point principal où tout le restese rapportait; ce fait tant de fois confirmé, et devant des témoins si nombreux; ni qu'ils aient voulu nous tromper eux-mêmes, et aller prêcher aux hommes un mensonge aux dépens de leur repos, <!e leur honneur et de leur vie , le seul prix qu'ils attendaient de leur imposture. Ces hommes , qui ne nous ont laissé que des enseignements si sages et si pieux , auraient donc donné à la terre un exemple d'extravagances inconnu jusqu'à eux à tous les peuples,
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et se seraieQt , de sang-froid , sans vœ , sans intérêt, sans motif, dévoués aux tourments les plus affreux , et à une mort soufferte avec une piété héroïque , seulement pour aller .soutenir la vérité d'un fait dont ils connaissaient eux-mêmes la fausseté ? Ces hommes seraient tous morts tranquillement pour un autre homme qui les aurait trompés , et qui , n*ayant pas ressuscité, comme il l'avait promis , se serait joué pendant sa vie de leur crédulité et de leur faiblesse? Que rimpie ne nous reproche plus, comme une crédulité, les mystères incompréhensibles de la foi. Il faut qu'il soit bien crédule lui-même , pour pouvoir se persuader des suppositions si incroyables.
Enfin la foi de ces mystères a trouvé tout l'univers dodle : les Césars, qu'elle dégradait du rang des dieux ; les philosophes , qu'elle convainquait d'ignorance et de vanité ; les voluptueux , à qui elle ne prêchait que des croix et des souffrances; les riches, qu'elle obligeait à la pauvreté et au dépouillement ; les pauvres , à qui elle ordonnait d'aimer leur abjection et leur indigence; tous les hommes , dont elle combattait toutes les passions. Cette foi , préchée par douze pauvres sans science , sans talent , sans appui , a soumis les empereurs , les savants , les ignorants , les villes , les empires. Des mystères si insensés en apparence ont renversé toutes les sectes et tous les monuments d'une orgueilleuse raison; et la folie de la croix a été plus sage que toute la sagesse du siècle. Que dis-je? tout l'univers a conspiré contre elle , et les efforts de ses ennemis l'ont affermie. Être fidèle, et être destiné à la mort, étaient deux choses inséparables ; et cependant le danger était un nouvel attrait : plus les persécutions étaient violentes , plus la foi faisait de progrès ; et le sang des martyrs était la semence des fidèles. O Dieu ! qui ne sentirait ici votre doigt? qui ne reconnaîtrait à ces traits le caractère de votre ouvrage? Où est la raison qui ne sente tomber ici la vanité de ses doutes , et qui rougisse encore de se soumettre aune doctrine qui a soumis tout l'univers? Mais non-seulement cette soumission est raisonnable, elleestencore glorieuse à l'homme.
L'orgueil est la source secrète de l'incréduKté. Il y a dans cette ostentatimi de raison , qui fait mépriser à l'incrédule la croyance commune , une déplorable singularité qui le flatte , et fait qu'il suppose en lui plus de lumière que dans le reste des hommes.
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parce qu'il a osé secouer un joug qui les assujettit tous , et contredire témérairement ce que les autres jusqu'à lui s'étaient contentés d'adorer.
Or , pour ôter à l'incrédule une si affreuse consolation , il n'y a qu'à déoiontrer d'abord qu'il n'est rien de plus glorieux à la raison que la foi : glorieux du côté des promesses qu'elle renferme pour l'avenir, glorieux par la situation où elle met le fidèle pour le présent; glorieux enfin du côté des grands modèles qu'elle lui propose à imiter.
Glorieux du côté des promesses qu'elle renferme. Quelles sont les promesses de la foi, mes frères? L'adoption de Dieu, une société immortelle avec lui , la rédemption parfaite de nos corps , rétemelle félicité de nos âmes , la délivrance des passions , nos cœurs fixés par la possession du bien véritable , nos esprits pénétrés de la lumière ineffable de la raison souveraine , et heureux par la vue claire et toujours durable de la vérité. Telles sont les promesses de la foi : elle nous apprend que notre origine est divine, et nos espérances étemelles.
Or, je vous demande , est-il honteux à la raison de croire des vérités qui font tant d'honneur à l'immortalité de sa nature? Ëh quoi, mes Irères* serait-il donc plus glorieux à l'homme de se croire de la même nature que les bétes , et d'attendre la même fin ? Quoi ! l'incrédule croirait se faire plus d'honneur en se persuadant qu'il n'est qu'une vile boue que le hatord a assemblée , et (|ue le hasard dissoudra, sans fin, sans destination , sans espérance , sans aucun autre usage de sa raison et de son corps , que celui de se plonger brutalement , comme les animaux , dans les voluptés chamelles î Quoi I il aurait meilleure opinion de lui-même, en se regardant comme un infortuné que le hasard a placé sur la terre ,qui n'attend rien au delà de la vie , dont la plus douce espérance est de retomber bientôt dans le néant ; qui ne tient à aucun être hors de lui ; qui est réduit à trouver en lui-même sa félicité, quoiqu'il n'y trouve que des inquiétudes et des terreurs secrètes ! Est-ce donc là cette affreuse distinction qui flatte tant l'orgueil de , l'incrédule ? Grand Dieu ! qu'il est glorieux à votre vérité de n'avoir pour ennemis que des hommes de ce caractère ! Pour moi , disait autrefois saint Ambroise (Ambr., Orat. de resurrectione) smx incrédules de son temps , je me fais honneur de croire des vérités si
honorables à Thomme : Juvai hoc credere; d'attendre des pro* messes si consolantes : Sperare délectai. C'est se punir bien tristement soi-même, que de refuser de les croire : Non credidme pœna e^t. Ah ! si je me trompe en aimant mieux attendre Téternelle société des justes dans le sein de Dieu , que me croire de la même nature que les bétes ; c'est une erreur que j'aime , qui m'est chère , et dont je ne veux jamais élre détrompé : Quod siinhoc erra, quod me angelis post mortem sociare nuUo quam bestiis ,' libenter in hoc erro , nec unquàm ab hoc opinione, dum vivo » fraudari paiiar, (AmbRm Orai. de resurreciione.)
Mais si la foi est glorieuse du côté des promesses qu'elle renferme pour TaveDir , elle ne Test pas moins du côté de la situation où elle met le fidèle pour le présent. Et ici, mes frères, représentezvous un véritable juste qui vit de la foi : vous avouerez qu'il n'est rien de si grand sur la terre. Maître de ses désirs , et de tous les mouvements de son cœur ; exerçant un empire glorieux sur luimême ; possédant son àme dans la patience et dans l'égalité , et régissant toutes ses passions par le frein de la tempérance ; humble dans la prospérité , constant dans la disgrâce ; joyeux dans les tribulations, paisible avec ceux qui haïssent la paix ; insensible aux injures, sensible aux afflictions de ceux qui l'outragent; fidèle dans ses promesses , religieux dans ses devoirs ; peu touché des richesses , qu'il méprise ; embarrassé des honneurs , qu'il craint ; plus grand que le monde entier, qu'il regarde comme un monceau de poussière : quelle élévation !
La philosophie ne détruisait les vices que par le vice. Elle n'ap< firenait avec faster à mépriser le m^nde , que pour s'attirer les applaudissements du monde : elle cherchait plus la ^oire de la sagesse, que la sagesse elle-même. En détruisant les autres passions , elle en élevait toujours une plus dangereuse sur leurs ruines ; je veux dire , l'orgueil : semblable à ce prince de Babylone , qui n'avait renvei*sé les autels des dieux des nations que pour élever sur leurs débris sa statue impie , et ce colosse monstrueux d'orgueil qu'il voulut faire adorer à toute la terre.
Mais la foi élève le juste au-dessus de sa vertu même. Elle le rend > encore plus grand dans le secret du cœur , et aux yeux de Dieu , que devant les hommes. Il pardonne sans orgueil ; il est désintéressé sans faste; il souffre sans vouloir qu'on s'en aperçoive ; il
modère ses passions sans s'en apercevoir lui-même ; lui seul ignore ' la gloire et le mérite de ses actions; loin de jeter des regards de complaisance sur lui-même , il a honte de ses vertus , plus que le pécheur n'en a de ses vices ; loin de chercher d'être applaudi , il c^che ses œuvres de Iumièi*e, comme si c'étaient des œuvres de ténèbres : il n'entre dans sa vertu que l'amour du devoir ; il n'agit que sous les yeux de Dieu seul , et comme s'il n'y avait plus d'hommes sur la terre : quelle élévation ! Trouvez, si vous le pouvez ) quelque chose de plus grand dans l'univers. Repassez sur tous les divers genres de gloire dont le monde honore la vanité des hommes ; et voyez si tous ensemble ils peuvent atteindre à ce degré de grandeur où la foi élève l'homme de bien.
Hélas ! mes frères , nous ne nous connaissons , ni nous-mêmes y ni tout ce qui est au dehors de nous. Nous ignorons comment nous avons été formés . par quels progrès imperceptibles notre 'corps a reçu Tarrangement et la vie , et quels sont les ressorts inGnis , et l'artifioe divin, qui en font mouvoir toute la machine. Je ne sais, disait autrefois cette illustre mère des Machabées à ses enfants, comment vous avez paru dans mon sein ; ce n'est pas moi qui vous ai donné 1 amc , l'esprit, et la vie que vous y avez reçue ; ce n'est pas moi qui ai disposé la structure merveilleuse de vos membres , et qui les ai mis chacun à leur place ; c'est la main invisible de l'Auteur de l'univers : Nescio qualiter in utero meo apparuistis ; neque enim ego spiritum et animam donavi v&biset vitam, et singulorum membra non ego ipsa compegi , sed mundi Creator qui fortnavit hominis nativitatem, (Macu., vu , 22, 23.) Notre corps seul est un mystère où l'esprit humain se perd et se confond , et dont on n'approfondira jamais tous les secrets ; et il n'est que celui qui a présidé à sa formation qui puisse les connaître.
Ce souflle de la Divinité qui nous anime , cette portion de nousmêmes qui nous rend capables d'aimer et de connaître , ne nous est pas moins inconnue : nous ne savons comment se forment ses désirs , ses craintes , ses espérances , ni comment elle peut se donner à elle-même ses idées et ses images. Personne jusqu'ici n'a pu comprendre comment cet être spirituel , si éloigné par sa nature de la matière , a pu lui être uni en nous par des liens si indissolubles, que ces deux substances ne forment plus que le même tout , • el que les biens et les maux de Tune deviennent ceux de l'autre.
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Nous aoniDios donc un mystère à nous-mêmes i comme disail saint Augustin ; et cette vaine curiosité même qui veat fout savoir, nous serions en [>eine de dire ce qu'elle est , et commeBt elle s'est formée dans notre âme.
Au dehors nous ne trouvons encore que des énigmes ; nous vivons comme étrangers sur la terre , et au milieu des objet» que nous ne connaissons pas. La nature est pour Thomme un livre fermé; et le Créateur, pour confondre , ce semble, Torgunt humain , s'est plu à répandre des ténèbres sur la face de cet abîme. *
Levez les yeux , ô homme ! considérez ces grands corps de lumière qui sont suspendus sur votre tète , et qui nagent pour ainsi dire dans ces espaces immenses où votre raison se confond. Qui a formé le soleil , dit Job , et donné le nom à la multitude infinie des étoiles ? Comprenez , si vous le pouvez, leur nature, leur usage, leurs propriétés , leur situation, leur distance, leurs apparitioDs, régalité ou l'inégalité de leurs mouvements. Notre siècle en a dé* couvert quelque chose , c'est-à-dire , il a un peu mieux conjecturé que les siècles qui nous ont précédés ; mais qu'est-ice qu'il nous en a appris , si nous le comparons à ce que nous ignorons encore?
Descendez sur la terre , et dites-nous , si vous le savez , qui tient les vents dans les lieux où ils sont enfermés ; qui règle le cours des foudres et des tempêtes ; quel est le point fatal qui met des bornes à l'impétuosité des flots de la mer, et comment se forme le prodige si régulier de ses mouvements ? Expliquez-nous les effets surprenants des plantes, des métaux, des cléments ? cherchez comment l'or se purifie dans les entrailles de la terre ; démêlez , si vous le pouvez , l'artifice inBni qui entre dans la formation des insectes qui rampent à nos yeux ; rendez-nous raison des différents instincts des animaux ; tournez- vous de tous les côtés ; la nature , de toutes parts, ne vous offre que des énigmes. O homme ! vous ne connaissez pas les objets que vous avez sous l'œil , et vous voulez voir clair dans les profondeurs éternelles de la foi? La nature est pour vous un mystère , et vous voudriez une religion qui n'en eût point ? Vous ignorez les secrets de l'homme , et vous voudriez connaître les secrets de Dieu ? Vous ne vous connaissez pas vousHsiéme , et vous voulez approfondir ce qui est si fort au-dessus de vous? L'univers, que Dieu a Hvré à votre curiosité et a vos disputes, est un
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abîme où vous vous perdez ; et vous voulez que les mystères de la foi f qu*il n*a exposés qu*à votre docilité et à votre respect , n'aient rien qui échappe à vos faibles lumières ! O égarement ! Si tout était clair, hors la religion, vous pourriez , avec quelque apparence de raison , vous défier de ses ténèbres ; mais puisqu'au dehors même tout est obscurité pour vous , le secret de Diçu , dit saint Augustin , doit vous rerulre plus respectueux et plus at* tentif , mais non pas plus incrédule : Secretum Dei intentos débet facere , non adverses. (Trac, xxviii , in Joann.)
La nécessité de la foi est donc fondée en premier lieu sur la faiblesse de la raison , mais elle est encore fondée sur sa profonde dépravation. El en effet , qu'y avait-il de plus naturel à l'homme que de connaître son Dieu , Fauteur de son être et de sa félicité, sa On et son principe ; que d'adorer sa sagesse , sa puissance , sa bonté, et toutes les divines perfections dont il a gravé des traits si profonds et si bien marqués dans son ouvrage ? Ces lumières étaient nées avec nous. Cependant repassez sur ces siècles de ténèbres et de superstitions qui précédèrent FÉvangile , et voyez jusqu'où l'homme avait dégradé son Créateur, et à qui il avait fait Dieu semblable. Il ne se trouva rien de si vil dans les créatures , dont son impiété ne se fit des dieux ; et l'homme fut la divinité la plus noble que l'homme adora.
Si de la religion vous passez à la morale , tous les principes de l'équité naturelle étaient effacés , et l'homme ne portait plus écrit dans son cœur l'ouvrage de cette loi que la nature y avait gravée. Platon , cet homme si sage , et qui, selon saint Augustin, avait si fort approché de la vérité, anéantit néanmoins la sainte situation du mariage ; et , permettant une brutale confusion parmi les hommes , il confond les noms et les droits paternels que la nature ellemême a toujours le plus respectés jusque parmi les animaux , et donne à la terre des hommes tous incertains de leur origine, tous venant au monde sans parents , pour ainsi dire , et par là , sans tendresse, sans affection , sans humanité ; tous en état de devenir incestueux ou parricides sans le savoir.
D'autres vinrent annoncer aux hommes que la volupté était le souverain bien ; et , quelle que pût être l'intention du premier auteur de celte secte , il est certain que ses disciples ne cherchèrent point d'autre féticité que celle des bctcs : les plus honteuses disso-
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lulioDS deviurent des maximes de philosophie. Rome, Alhènes» Corinthe , virent des excès où Ton cherche l'homme dans Thomme même. C'est peu ; les vices les plus abominables y furent consacrés : on leur dressa des temples et des autels : l'impudicité » l'inceste , la cruauté , la perfidie , et des crimes encore plus honteux , furent érigés en divinités : le culte devint une débauche et une prostitution publiques; et des dieux si criminels ne furent plus honorés que par des crimes : et l'apôtre qui nous les rapporte prend soin de nous avertir que ce n*était pas là seulement le déré- . glement des peuples , mais des sages et des philosophes qui s'étaient égarés dans la vanité de leurs pensées , et que Dieu avait livrés aux désirs corrompus de leur cœur. O Dieu ! en permettant que la sagesse humaine tombât dans des égarements si monstrueux , vous vouliez apprendre à l'homme que la raison toute seule , livrée à ses propres ténèbres, est capable de tout, et qu'elle ne saurait être à elle-même son guide , sans tomber dans les abîmes dont votre foi et votre lumière seules peuvent la tirer.
ËnQn , si la dépravation de la raison nous fait sentir le besoin que nous avons d'un remède qui la guérisse , ses inconstances et ses variations éternelles apprennent encore à l'homme qu'il ne peut se passer d'un frein et d'une règle qui la fixe.
Et ici, mes frères, si la brièveté d'un discours permettait de tout dire, que de vaines disputes, que de questions sans fin , que d'opinions différentes ont partagé autrefois les écoles de la philosophie païenne ! Et ne croyez pas que ce fût sur des matières que Dieu semble avoir livrées à la dispute des hommes ; c'était sur la nature de Dieu même, sur son existence, sur l'immortalité de l'àme , sur la véritable félicité.
Les uns doutaient de tout; les autres croyaient tout savoir. Les uns ne voulaient point de Dieu ; les autres nous en donnaient un de leur façon , c'est-à-dire , quelques-uns, oisif , spectateur indolent des choses humaines, et laissant tranquillement au hasard la conduite de son propre ouvrage , comme un soin indigne de sa grandeur, et incompatible avec son repos : quelques autres, esclave des destinées , et soumis à des lois qu'il ne s'était pas imposées lui-même : ceux-ci , incorporé avec tout l'univers , l'àme de ce vaste corps , et faisant comme une partie d'un mon^e qui lout entier est son ouvrage. Que sais-je? car je ne prétends pas tout
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dire ; aulatit d'écoles ^ autan^de sentimeots sur un pdtDt si essentiel. Autant de siècles , autant de nouvelles extravagances sur l'immortalité et la nature de l'âme : ici c'était un assemblage d'atomes ; là , un feu subtil ; ailleurs , un air délié ; dans une autre école , une portion de la Divinité. I^s uns la faisaient mourir avec le corps ; d'autres la faisaient vivre avant le corps : quelques autres la faisaient passer d'un corps à un autre corps ; de l'homme au cheval , de la condition d'une nature raisonnable à celle des animaux sans raison. Il s'en trouvait qui enseignaient que la véritable félicité de l'homme est dans les sens ; un plus grand nombre la mettaient dans la raison; d'autres ne la trouvaient que dans la réputation et dans la gloire ; plusieurs, dans la paresse et dans l'intlolence. Et ce qu'il y a ici de plus déplorable , c'est que l'existence de Dieu , sa nature , l'immortalité de l'âme , la fin et la félicité de l'homme, tous points si essentiels à sa destinée, si décisifs |K)ur son malheur ou pour son bonheur éternel , étaient pourtant devenus des problèmes , qui , départ et d'autre , n'étaient destinés qu'à amuser le loisir des écoles et la vanité des sophistes; des ifuestions oiseuses où l'on ne s'intéressait pas pour le fond de la vérité , mais seulement pour la gloire de l'avoir emporté. Grand' Dieu ! c'est ainsi que vous vous jouiez de la sagesse humaine.
Si de là nous entrions dans les siècles chrétiens , qui pourrait rapporter ici cette variété infinie de sectes , qui dans tous les temps ont rompu l'unité pour suivre des doctrines étrangères? Quelle» furent les abominations des gnostiques , les extravagances des valentiniens, le fanatisme de Montan, les contradictions des manichéens.' Suivez de siècle en siècle : comme il est nécessaire qu'il y ait des hérésies pour éprouver les justes , vous trouverez que chaque âge en a vu l'ÉgUse tristement déchirée.
Rappelez seulement les tristes dissensions du siècle passé. Depuis la séparation' de nos frères, quelle monstrueuse variété dans ^ur doctrine! que de sectes sont nées d'une secte i que d'assemblées particulières dans un même schisme ! Ce royaume illustre % que son voisinage, ses malheurs, et des gages sacrés et augustes '» nous rendent si cher, à combien de différents partis sur la religion
• L'Angiebenre.
^ .lac(|ues fl , roi d'Angleterre , et la reine sa femme , étaient alors à •Saint- Germain en Laye.
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esM)au)ourd'lfUi en proie? Cette Église si vénérable, si féconde autrefois en saints , par combien d'opimons et de sectes est-elle aujourd'hui déchirée ? Chacun y est à soi-même sa loi etson juge ; et la religion dominante est, pour ainsi dire , de n*en avoir plus. G foi ! ô don de Dieu 1 ô flambeau divin qui venez éclairer un lieu obscur, que vous êtes donc nécessaire à l'homme 1 O régie infaillible descendue du ciel ^ et donnée en dépôt à l'Épouse de Jésus- Christ, toujours la même dans tous les siècles , toujours indépendante des lieux , des temps, des nations, des intérêts, qu'il est donc nécessaire que vous serviez de frein aux variations étemelles de l'esprit humain! O colonne de feu, si obscure et si lumineuse en même temps» qu'il est important que vous conduisiez toujours le camp du Seigneur, le tabernacle et les tentes d'Israël , à travers les périls du désert^ les écueils, les tentations , et les voies ténébreuses et inconnues de cette vie l
Pour vous, mes frères, quelle instruction tirerions-nous de ce discours , et que pourrais-je vous dire en finissant? Vous dites que vous avez la foi ; montrez votre foi par vos oeuvres. Que vous aura-t-il servi de croire , si vos mœurs ont démenti votre croyance ? L'Évangile est encore plus la religion du cœur que de l'esprit. La foi, qui fait les chrétiens» n'est pas une simple soumission de la raison ; c'est une pieuse tendresse de l'âme ; c'est un désir continuel de devenir semblable à Jésus-Christ; c'est une application infatigable à détruire tout ce qui se trouve en nous d'opposé à la vie de la foi. 11 y a une incrédulité de cceur, aussi dangereuse pour le salut que celle de l'esprit.
(Sermon paur le jeudi après les Cendres.)