‹ SermonsChapitre 5 sur 7 · SA PRIÈRE. S · texte numérisé non relu

SA PRIÈRE. S

montagnes ; la terre avec ses barres était autoar de moi pour jamais ^ »

<€ Tu m'as jeté ao fond de la mer. » Jooas ne se souvient plus des hommes qui l'ont précipité dans la mer ; il ne r^;arde qu'à Dieu seul , et c'est à Diea seul qu'il attribue sou châtiment^ comme c'est de lui seul qu'il attend sa délivrance. Les flots de la mer en courroux ne sont à ses yeux que des messagers de la justice divine ; et il ne dit pas , « les flots et les vagues ont passé sur moi, » mais « tes flots et tes vagues ont passé sur moi. » Apprenons de son exemple , mes frères, à nous élever au-dessus des causes secondes , à rapporter à Dieu tous les événements de notre vie, à reconnaître en toutes choses sa main tour-à-tour sévère ou paternelle , et à voir dans tous les objets de la nature autant d'instruments dociles de sa volonté, souveraine à notre égard.

Il serait impossible d'imaginer une situation plus étrange et plus affreuse que celle de Jonas lorsqu'il fit cette prière. Emprisonné dans un étroit espace où l'air et la lumière lui manquaient à la fois, privé de la liberté de ses mouvements , n'ayant aucun indice pour discerner l'heure du jour ou même la succession du jour et de la nuit, porté d'abîme en abtme

< Jonàs veut dire éTidemment qu'il s'était cru exclus à jamais de la terre des vivants. On pourrait traduire ou paraphraser ainsi: « la terre avait fermé sur moi ses barrières pour jamais. »

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par les monvetûents de sa prison vivanle sans pouvoir connaître quelles régions il parcourait , n'entendant autour de lui que le bruit des vagues , et de cette immense végétation sous-marine qu'elles agitent perpétuellement comme le vent agite les arbres de nos forêts, ces trois jours et ces trois nuits durent lui sembler sans terme comme ils étaient pour lui sans mesure ; il n'est pas étonnant que le courage lui ait manqué par moments , et qu'il ait pu dire dans ces moments-là : u je suis rejeté de devant tes yeux ; la terre a fermé sur moi ses barrières pour jamais ! » Mais à ce découragement passager succède aussitôt la vive espérance de la foi. « Néanmoins, » s'écriet-il , « je verrai encore le temple de ta sainteté. To as ftiit remonter ma vie hors de la fosse , ô Eternel mon Dieu ! Quand mon âme se pftmait en moi je me suis souvenu de TEternel , et ma prière est parvenue à toi Jusqu'au palais de ta sainteté, »

(( Je verrai encore le temple de ta sainteté t » Voilà l'espoir qui soutient le prophète , \tAlh le premier désir de son cœur. Ce qu'il désire avant toutes choses , c'est dé se rendre encore dans la maispn que le Seigneur a o&tÉsacTée lui-même à son service , de s'y retrouver en communauté de prières, de vœux, d'actions de grâces avec l'assemblée de ses frères. Voilà cet amour de la maison de Dieu qui anima tant de saints hommes : un David dont tant de cantiques respirent lé bonbeor de se rendre dans oMte maison on

SA PMftRE. sas

la doolear d'en être éloigné ; qai , fuyant devant Absalon y obligé dé quitter précipitamment sa ftimiile et son palais y s'écrie : « si j'ai tronvé grflœ devant Dieu, il me donnera de revoir son tabernacle ; » un Ezéchias qui , dans une maladie qùll a crue mortelle et dont on lui annonce la guérison , ne demande que cette seule diose : « qui me donnera un signe que je monterai encore à la maison de l'Eternel ? » et surtout un Jésus qui pouvait dire avec vérité : a le zèle de ta maison m'a consumé. »

Et vous, mes frères, le connaissez^vous par expérience, du moins à un certain degré, cet amour de la maison de IMeu , qui n'est autre chose au fond que l'amour de Dieu lui-même? Supposez- voo^ pour un moment dans une épreuve semblable à celle de Jouas , et attendiant comme lut une délivrance prochaine : quelles eussent été vos premièt*es pensées? Vous auriez pensé avec transport au bonheur de revoir là lumière du jour , l'azur du ciel , la verdure des campagnes , le visage de vos semblables , d'entendre de notf^eatt la voix des hommes , de retrouvei* tfne patrie chère à votre cœur , votre foyer domestique, dés parents, des enfants, une épouse ou on ibrArl -^ et râns doute les pensées de celte nature n'étaient fias ^ns tenir une place dans te cœur de iéùéà : Éiàis Vbtre cœut* auràH*it aussi battu comme lé sien à TilSéé dé revoir la maison de Dieu ? est-ce pour vous une joie vériNitÂé dé vous trouver dans

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cette maison , et pouvez- vous dire avec le psalmiste : « Eternel des armées , que tes tabernacles sont aima-» blés 1 » « Eternel , j'aime la demeure de ta maison ^ et le lieu où est le pavillon de ta gloire 1 » Hélas ! que nous sommes loin, à cet égard, même d'un prophète rebelle et coupable comme Jonas !

Jouas peut encore nous servir de modèle pour rbumilité avec laquelle il confesse ses péchés. A la fin de sa prière, il fiait un retour sur sa conduite passée, et il reconnaît que c'est lui-même qui s'est privé volontairement de la faveur de l'Eternel : « ceux qui s'adonnent aux vanités trompeuses abandonnent leur grâce, » c'est-à-dire la grâce dont ils sont l'objet de la part du Seigneur. C'est là l'expérience qu'avait faite Jonas. Il avait désobéi aux ordres de l'Eternel pour suivre ses propres pensées, et il avait reconnu , par * une amère expérience, qu'il s'était adonné à des vanités fausses et trompeuses ; en même temps qu'il avait perdu la grâce , la faveur de spn Dieu , il n'était point parvenu au but de sa désobéissance^ il n'avait, pas recueilli le fruit qu'il attendait de âOn péché. C'est là aussi l'expérience que font chaque jour les enfants du monde, l'expérience qu'a feite plus ou moins chacun de nous. Quand nous nous écartons de la voie que le Seigneur nous trace par notre conscience et dans sa parole, quand nous demandons^ le bonheur. aux biens de la terre, de quelque nature qu'ils soient, richesses, plaisirs, gloire^ affections ,

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