‹ Sermons inedits (volume 2)Chapitre 23 sur 35 · LA FETE DE SAINT PIERRE · texte numérisé non relu

LA FETE DE SAINT PIERRE

Mes Frères

Je ne crois pas pouvoir mieux répondre au désir de votre cœur, qu'en vous entretenant quelque peu de la fête que nous célébrons aujourd'hui. Ce n'est pas que je puisse resserrer dans un court entretien la vie des glorieux apôtres saint Pierre et saint Paul. Le temps ne me permet pas davantage de m'occuper de la grande et divine institution qui s'y rattache, je veux dire la papauté. Permettezmoi seulement de saisir et de distinguer, dans le caractère de saint Pierre, un trait principal, qui me fournira, je l'espère, le sujet d'une application morale.

Ce qui me frappe dans le caractère de ce grand homme, c'est le zèle ardent et généreux qu'il témoigne pour

(i) Prononcée vers i852 ou i853.

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les intérêts de son Maître ; c'est la vivacité qu'il met à confesser sa foi, l'énergie qu'il déploie pour la soutenir et pour la propager. Depuis le moment où il jeta ses filets pour devenir pêcheur d'hommes, jusqu'à celui où il porta sa tête d'apôtre sur la croix du Janicule, sauf un instant de faiblesse, il a voué son âme et son corps au service de Jésus-Christ, en face de la synagogue, en face des Gentils, en face des Césars. C'est pourquoi je dis que Simon-Pierre a été grand par le caractère ; car ce qui fait la grandeur du caractère chrétien, c'est l'ardeur de la foi et la générosité de l'amour : eh bien, jamais foi n'a été plus ardente, ni amour plus généreux que l'amour et la foi de Simon-Pierre. Un mot, un regard suffisent pour l'attacher à Jésus-Christ ; il quitte tout, il renonce à tout, et c'est avec raison qu'il peut dire : « Maître, voici que nous avons abandonné toutes choses pour vous suivre (i). » Ce n'est point là une étincelle qui paraît et puis s'éteint, mais un feu qui dure. Quand le Christ, voyant plusieurs de ses disciples s'éloigner de lui, dit aux autres : « Et vous, ne voulez-vous pas me quitter aussi ? » Pierre lui répondit : « A qui irions-nous , Seigneur, vous avez les paroles de la vie éternelle ? (2). » Et lorsqu'aux environs deCésarée de Philippe le Christ adressa à ses apôtres cette solennelle question : « Et vous, que dites- vous de moi ? » Pierre, prenant la parole, lui fit cette mémorable réponse : « Vous êtes le Christ , Fils du Dieu vivant (3). » Voilà , M. T. C. F., une foi vivante et animée, qui éclate et se

(1) S. Matth., xix, 27.

(2) S. Jean, vi, 68-69.

(3) S. Matth., xvi, i5-i6.

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