‹ Sermons inedits (volume 2)Chapitre 3 sur 35 · L'INCARNATION DU VERBE PRODIGE DE PUISSANCE · texte numérisé non relu

L'INCARNATION DU VERBE PRODIGE DE PUISSANCE

les autres triomphent par une indomptable énergie : voilà des hommes de cœur. Ceux-là cachent beaucoup de mollesse sous une force apparente ; ceux-ci déploient toute leur virilité sous les dehors de la faiblesse. C'est pourquoi saint Paul, ce génie si puissant en œuvres et en paroles, qui néanmoins se déclarait « le moindre des apôtres », minimus apostolorum (i), le rebut et la balayure du monde, avait raison de s'écrier : « Lorsque je parais faible, c'est alors que je suis fort, » cum enim in/irmor, tanc potens sum (2); car « ce qui est divinement faible est plus fort que toutes les forces humaines, » quod infirmum est Dei,fortius est hominibus (3). Soyez forts, chrétiens, de cette force surhumaine et divine, qui foule d'un pied vainqueur tous les égoïsmes et toutes les complaisances de l'orgueil. Ah ! je vous en conjure, Mes bien chers Frères, au nom de ce Dieu anéanti dont je suis le ministre, je vous en conjure par cette étable et cette crèche de Bethléem, qui ont été les témoins de ses abaissements volontaires, tenez un peu moins à tout ce faux éclat, à ces vaines pompes, à cette figure du monde qui vous éblouit et vous fascine ; estimez plutôt, comme une marque d'une vraie noblesse, l'humilité de l'esprit et du cœur : c'est là tout l'Evangile, tout le christianisme, c'est votre avenir et votre salut. Ainsi, après vous être abaissés comme le Fils de Dieu, vous serez exaltés avec lui; après avoir participé à ses humiliations sur la terre, vous aurez part dans le ciel à son triomphe et à sa gloire. Ainsi-soit-il !

(1) i»e Ép. aux Corinth., xv, 9.

(2) 2e Ép. aux Corinth., xn, 10.

(3) ire Ép. aux Corinth., 1, 25.

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