‹ Sermons inedits (volume 2)Chapitre 33 sur 35 · AUX ASSOCIÉES W ROSAIRE · texte numérisé non relu

AUX ASSOCIÉES W ROSAIRE

ou à réclamer des réformes dont nous ne comprenons pas la portée (i). Voilà pourquoi l'esprit de sacrifice est la base de toute association ; et, chaque fois que des hommes se réunissent pour faire le bien, il faut que chacun se dépouille d'une partie de lui-même pour s'accommoder aux pensées et aux sentiments de tous.

Et c'est là, Mesdames, ce qui me conduit à faire une seconde remarque. Les choses matérielles ne sont ici-bas que le signe et l'image des réalités morales. Eh bien, quand j'examine de nouveau cet instrument de piété que saint Dominique a été chargé par Dieu de mettre entre les mains des chrétiens, je vois que toutes les roses de ce bouquet de Marie sont unies l'une à l'autre et se soutiennent entre elles par un lien commun qui en fait un seul et même tout. Voilà le symbole de votre association. Il faut que tous ses membres soient étroitement unis, comme les grains du Rosaire dont chacun se rattache à celui qui le précède et à celui qui le suit. Non, je ne concevrais pas une association du saint Rosaire , dont la charité ne formerait pas l'âme et la vie ; où, par suite de je ne sais quels malentendus, l'on verrait se produire des rivalités jalouses, des divisions regrettables, des méfiances mal fondées ; où les questions de personnes prendraient le dessus et domineraient les seuls intérêts qu'il vaille la peine de mettre en avant, ceux de la foi et de la piété. Encore moins concevrais-je une telle association,, si une malignité coupable s'exerçait sur quelques-uns de ses membres, si la médisance et la calomnie par-

(i) Allusion à certains tiraillements qui s'étaient produits dans l'Association.

venaient à y glisser leur venin. Dieu veuille que notre pieuse réunion ne soit jamais atteinte de ce fléau, et qu'elle présente constamment l'image de l'union la plus intime et de la charité la plus parfaite.

Je suis un peu long, Mesdames, et cependant je n'ai pas terminé. Après avoir développé les deux réflexions que je viens d'émettre , je voulais vous féliciter du zèle que vous avez déployé pendant mon absence, pour maintenir le bon esprit et élargir le cercle de votre association. Ces félicitations et ces remerciements, je les devrais tout d'abord au pieux et habile directeur que j'avais placé à votre tête. A son entrée en fonctions, quelques défections s'étaient produites dans vos rangs ; je les ai regrettées, parce qu'elles m'ont prouvé une fois de plus que, même parmi les personnes de piété, il s'en trouve quelques-unes sur lesquelles les considérations humaines ont trop de prise, et qui ne se préoccupent pas uniquement de la gloire de Dieu et du culte de la Sainte Vierge. Mais, en dépit de ces défections pour lesquelles je ne veux pas me montrer trop sévère, votre pieux directeur avait su en peu de temps reconstituer l'œuvre du Rosaire Vivant, de telle façon qu'elle n'a jamais été plus florissante qu'elle ne l'est actuellement. Pourquoi faut-il qu'au moment où je me plais à lui payer le tribut de ma reconnaissance, j'aie à vous annoncer sa retraite et sa séparation d'avec nous. Guidé par l'esprit de dévouement qu'il possède à un si haut degré , M. l'abbé Vallet vient d'accepter une fonction importante qui l'éloigné de nous, du moins pour quelque temps. Le premier mouvement de mon cœur,, ce fut de me charger moi-même de la direction du Rosaire. Mais mes occu-

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