‹ Sermons ineditsChapitre 12 sur 47 · DE L'ENFANCE · texte numérisé non relu

DE L'ENFANCE

de se croire à l'abri du besoin. Ni la santé, car il suffit d'un peu d'air vicié, pour jeter les plus vigoureuses natures dans les bras de la charité. Ni les richesses, parce que nous n'avons pas d'assurance contre les revers qui peuvent nous assaillir. Ni les honneurs, car tel brille aujourd'hui, qui, demain peut-être, disparaîtra sans laisser aucune trace. Ni la science, puisque souvent ses efforts restent stériles et son labeur sans récompense. Ni enfin la vertu : non, la vertu elle-même ne saurait se passer d'assistance; car, pour elle, la terre est un lieu d'épreuve et son triomphe n'est qu'au ciel. La société humaine n'est qu'une vaste Société de Secours mutuels, une réciprocité de services, un échange de bienfaits. C'est ce que vous avez parfaitement compris, Mes Frères, en établissant cette association qui nous rassemble en ce moment. A la fraternité qu'un même ministère établissait entre vous vous avez voulu joindre un lien à la fois plus doux et plus fort, « le lien de toute chose parfaite, la charité». Et en cela, Messieurs, vous vous conformez à l'exemple de votre premier pasteur, qui ne laisse échapper aucune occasion de faire ressentir à son troupeau les effets de sa bonté et de sa sollicitude. Oui, c'est là, Monseigneur, une des qualités qui distinguent le plus votre cœur de père, et qui rehaussent en vous l'éclat d'une éminente dignité. Aussi il m'a été bien doux de pouvoir parler de la charité devant vous qui l'enseignez si bien et qui la pratiquez encore mieux. Il ne me reste plus qu'à vous faire une prière, c'est de vouloir bien appeler sur cette pieuse assemblée les grâces et les bénédictions du ciel ! Ainsi soit-il.

PRONONCÉ

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