‹ Sermons ineditsChapitre 14 sur 47 · SERMON DE RETRAITE · texte numérisé non relu

SERMON DE RETRAITE

sommes là : il y a peu de foi dans le monde, parce que nous avons bégayé le premier mot de tout, sans pouvoir dire le dernier mot de rien. Ne vous étonnez donc pas que ce défaut de lumière ait eu pour conséquence d'ajouter au scepticisme de la génération présente. Eh ! mon Dieu, on a tout remis en question ; ce que trente générations paraissaient avoir résolu a été de nouveau discuté, examiné, pesé. On a ébranlé les fondements de Tordre religieux, de Tordre scientifique, de Tordre social. Rien n'est resté debout : le xvme siècle ne nous a légué que des ruines. Sans doute, Tédifîce même de la foi est immortel, mais la foi d'un peuple ne Test pas : la nôtre, Messieurs, a cruellement souffert des attaques de l'incrédulité. Gomme les Esdras et les Néhémie, nous sommes à rebâtir les murs du temple renversé par les mains des ennemis d'Israël ; et, de même qu'alors beaucoup de Juifs n'avaient qu'une demi-confiance dans la durée de leur ouvrage, ainsi le malheur des temps a laissé germer le doute chez beaucoup de nos contemporains. Hélas ! Messieurs, vous le savez comme nous : le nombre des croyants est relativement faible, et, parmi ceux-là, combien dont les convictions languissent et chancellent ! L'esprit de foi surtout devient rare : cet esprit qui rend présentes les réalités futures, qui évoque aux yeux de l'âme les invisibles vérités ; cet esprit qui, soulevant les voiles du monde, nous montre en toutes choses le doigt de la Providence, le signe de sa puissance , la trace de son passage ; qui faisait voir à Vincent de Paul Dieu dans les créatures, Jésus-Christ dans les pauvres, dans la souffrance le plaisir, dans Tadversité le bonheur. Le voilà bien, l'esprit de foi, cette fleur vivante du christianisme ! Oh ! Messieurs, que nous en

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