SOCIETE DE SAINT VINCENT DE PAUL
sommes loin ! La matière, qui nous envahit et nous enveloppe de toutes parts , pénètre jusque dans le domaine de la grâce. Je ne sais quel naturalisme étroit et subtil tend partout à substituer la raison à la foi, à dépouiller le pouvoir de son divin prestige, la science de son caractère sacré. A ses yeux, la Rédemption est un vain mot, Tordre surnaturel un mythe et une chimère. N'est-ce pas là le venin mortel qui circule dans les veines du corps social ? Il faudrait, pour réagir, qu'une sève vigoureuse remontât des racines aux branches desséchées. C'est-à-dire, Messieurs, qu'il nous faut des hommes d'une foi robuste et active, capables d'infuser aux autres cette vie chrétienne qui bouillonne en eux-mêmes. Donnez-nous, ô mon Dieu, de ces fortes natures d'apôtres, au contact desquelles le siècle sera forcé de s'avouer : Non, la foi n'est pas éteinte ; elle opère toujours avec une énergie que ni le temps ni la mort ne peuvent ralentir ; c'est donc qu'un souffle divin continue d'aviver cette flamme généreuse.
Or, Messieurs, s'il est un exemple qui puisse faire impression sur les plus indifférents, c'est bien le vôtre. Hommes du monde, vivant au milieu du monde, l'esprit de foi dont vous serez animés pourra devenir pour vos concitoyens un puissant attrait et une haute leçon. L'Ecriture ne dit pas que Jésus-Christ ait admiré la foi de saint Pierre, d'ailleurs si prompte et si ardente ; mais celle du centurion le ravit : miratus est, « il en fut dans l'admiration ». Qu'y a-t-il, en effet, d'étonnant que les prêtres aient la foi? Ne sommes-nous pas les familiers du Verbe fait chair, les ministres de sa promesse , les dispensateurs de ses mystères, les amis de l'Époux, les compagnons de ses travaux, ses frères d'armes ? C'est bien le moins que nous