SERMON DE RETRAITE
croyions en lui, et les impies se scandaliseraient qu'il en fût autrement.
Mais vous, Messieurs, qui, au milieu de la défection générale, avez su conserver la foi de vos pères ; vous qui, loin de fléchir le genou devant l'idole du rationalisme, gardez Un rang d'honneur parmi les fidèles adorateurs du Christ, n'êtes-vous pas, pour vos contemporains, une prédication vivante ? A la vue d'un pieux et fervent laïque, qui réalise dans sa conduite la foi qu'il professe, l'incrédulité se surprend à s'étonner elle-même ; de l'étonnement elle passe à l'admiration, de l'admiration à l'amour. Voilà comment, Messieurs, vous l'amènerez peu à peu à apprécier une doctrine que le sophisme lui avait fait méconnaître, et à chérir une religion pour laquelle elle se laissait aller de l'indifférence à la haine. Il n'y a pas de préjugés qui tiennent devant la force d'un tel exemple et l'éloquence d'une telle vie. Vous le savez, Messieurs, on ne cesse de nous redire: Le christianisme s'en va; on n'écoute pi us votre parole ; à peine avez- vous réussi à garder, autour de vos chaires et dans vos églises, quelques bonnes âmes à la conscience étroite et timorée; mais la science vous fuit, les penseurs vous échappent; votre action n'atteint plus ni le peuple, ni les lettrés, ni les classes dirigeantes; en un mot, vous ne pouvez plus rien, ni sur la tête, ni sur le cœur de la société. Ah ! Mes Frères, je proteste : le cœur et la tête de la société, c'est vous-mêmes, et je ne veux pas chercher ailleurs d'autre démenti à ce propos de l'incrédulité. En paraissant assidûment au pied de nos autels, en affirmant aux regards de tous la piété qui vous anime, vous êtes la preuve qu'aujourd'hui comme toujours la science sait courber le front devant la foi. Quelle belle et