‹ Sermons inédits de Bergier. --Chapitre 12 sur 17 · DE SAINT DONAT · texte numérisé non relu

DE SAINT DONAT

d'une espèce, mais c'est le môme Dieu qui les commande. Celui qui mérite davantage n'est donc pas, j'ose le dire, celui qui occupe l'emploi le plus saint ou le rang le plus élevé, mais celui qui remplit le mieux ses obligations. Ce n'est pas le serviteur à qui le père de famille a confié la plus grande administration, qui recevra la plus grande récompense, mais celui qui a été le plus fidèle et qui a le mieux fait la volonté de son maître.

Ranimez donc votre foi, M. F., et en quelque état que la Providence vous ait placés, quelque vils que vous paraissent les devoirs qui y sont attachés, vous comprendrez que l'esprit de religion peut les ennoblir et les sanctifier ; que vous glorifiez le Seigneur dès que vous faites ce qu'il commande ; que vous servez Dieu dès que vous servez le prochain ou la société. Ranimez votre foi et vous sentirez qu'étant spécialement consacrés au Seigneur par le Raptême, vous exercez en qualité de chrétiens une espèce de sacerdoce ; que vous pouvez imiter en quelque manière tous les actes de religion dont ses ministres sont chargés. Vous ne pouvez pas, comme saint Donat, offrir le redoutable sacrifice de l'Agneau sans tache, mais vous devez offrir sans cesse à Dieu des victimes spirituelles, comme parle saint Pierre, le sacrifice d'un cœur contrit et humilié, l'encens de vos vœux et de vos prières. Vous n'êtes pas chargés comme ce saint prélat de consacrer des temples et des autels au Seigneur; mais vous devez lui con-

sacrer voire ànie par la pureté, en faire le temple du Saint-Esprit, l'orner de toutes les vertus chrétiennes. Vous n'êtes pas destiné comme lui à maintenir la sainteté de la religion et. à régler le culte qu'on doit rendre au Seigneur ; mais vous devez veiller à la pureté de votre cœur, à la mortification de vos sens, à la régularité de votre vie. Ce n'est donc pas ses actions en elles-mêmes que vous devez imiter, mais l'esprit intérieur qui les animait, et l'intention sainte qui en faisait tout le prix.

Que dirons-nous maintenant de son zèle pour le salut des âmes, du soin infatigable avec lequel il a travaillé pour la sanctification de son troupeau ? Deux monastères établis au milieu de la ville épis— copale seront à jamais les monuments de sa pieuse libéralité et de son zèle pour la pureté des mœurs. C'est dans ces saints asiles qu'elle se conserve ; c'est dans l'une de ces pieuses retraites que la mère de saint Donat et sa sœur consacrèrent leurs jours au Seigneur; elles firent paraître dans l'obscurité du cloître les mêmes vertus que le saint évêque faisait briller dans l'éclat du sanctuaire. Si l'histoire ne nous a pas conservé dans un plus grand détail les travaux et les actions de notre saint, ne nous plaignons pas de son silence, M. F.; sa mémoire est en bénédiction dans tout ce diocèse, ses cendres précieuses honorées d'un culte religieux. La dévotion constante et la confiance des peuples en son inter-

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