‹ Sermons inédits de Bergier. --Chapitre 13 sur 17 · DK SAINT DON AT · texte numérisé non relu

DK SAINT DON AT

cession nous en disent assez pour nous édifier et nous instruire.

Et ne vous persuadez pas, M. F., que ce sont encore ici des vertus impraticables à voire égard : vous n'êtes pas appelés, j'en conviens, à travailler au salut des âmes, comme ceux que Dieu a chargés du soin de paître son troupeau; mais n'y a-t-il donc qu'une seule manière de travailler dans le champ du souverain père de famille? Celui qui attire par ses prières la rosée du ciel sur la moisson, ne mérite-t-il pas d'avoir part aux fruits comme celui qui sème et qui plante ? Celui qui, par ses conseils salutaires, ses discours insinuants, empêche la brebis de s'égarer, ne fait-il pas la fonction de bon pasteur comme celui qui la cherche dans le désert et qui la ramène au bercail ? Celui dont les vertus honorent la religion, ne la sert-il pas aussi bien que celui qui travaille à l'étendre? Tous ne sont pas chargés de prêcher par leurs discours, mais tous ne doivent-ils pas prêcher d'exemple ? Tous n'ont pas des peuples à gouverner, mais tous ont ou des enfants à élever et à instruire, ou des domestiques à conduire, une famille à sanctifier, ou du moins des amis et des voisins à édifier. Et qu'est-ce qu'un pasteur, M. F., et un saint pasteur? Un homme qui travaille à son salut et qui tache de procurer celui des autres ; tout chrétien ne doit-il pas être pasteur en ce sens ? Et n'est-ce pas là la plus excellente manière de pratiquer cette charité chrétienne qui nous est si fort

recommandée dans l'Evangile? Devenons saints, M. F., et bientôt nous ne le serons pas seuls ; devenons saints et bientôt, même sans le vouloir, nous contribuerons à sanctifier les autres. En répandant partout, comme dit saint Paul, la bonne odeur de Jésus - Christ , nous lui attirerons des disciples et des adorateurs : pour faire aimer la vertu il ne faut que la montrer aux hommes ; elle gagnerait tous les cœurs, si elle était pratiquée dans toute sa perfection.

Que l'exemple de votre saint patron vous y engage, M. F.; que la gloire dont il jouit vous y invite. Pouvez-vous l'envisager sans la désirer en môme temps ? ne vaut-elle pas bien la peine d'être achetée au même prix que saint Donat l'a obtenue ? Du haut du ciel où il règne aujourd'hui, il nous montre les couronnes qui nous sont préparées ; il nous enseigne la voie pour y parvenir ; il demande des grâces pour nous; il nous tend les bras, pour ainsi dire : élevons-nous donc comme lui au-dessus des choses de la terre; que toutes nos pensées, que tous nos soins, que tous nos désirs tendent vers le ciel ; c'est l'unique moyen de nous en assurer la possession pour toute l'éternité. Ainsi soit-il.

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