‹ SermonsChapitre 14 sur 29 · SU» L AMOUR DE D«U · texte numérisé non relu

SU» L AMOUR DE D«U

que vous êtes grand, que tous êtes riche, que vous êtes admirable ! Seigneur , vos perfections et vos beautés sont au-dessus de tous nos sentimens et de toutes nos pensées, Àh ! jugez-en , chrétiens , puisqu'il ne fallut qu'un rayon de cette suprême beauté pour transformer Moïse en un homme tout divin, et pour jeter une sainte et douce terreur parmi tous les Israélites , quand ce Dieu souverainement parfait descendit sur lft mon* tagne tout éclatant de gloire , quoiqu'ils ne la vissent que dans de courts et rapides moyens. Jugez-en, puisque la seule vue de la beauté extérieure de Jésus-Christ sut telle»

ment charmer et ravir les Disciples , qu'ils tombèrent dans la défaillance, et que transportés hors d'eux-mêmes , ils s'écrièrent : Ah ! Seigneur , que nous sommes heureux d'être ici ! établissons-y iiotre demeure. Jugez-en enfin , taies frères , puisque du moment que ce divin objet se fut montré à sainte Thérèse, dès lors , ainsi qu'elle nous le rapporte dans l'histoire de sa vie qu'elle a composée ellemême par l'ordre de son Confesseur ; dès lors , dis-je , les personnes les mieux faites et les plus accomplies ne lui parurent que des squelettes vivans ; les beautés les plus éclatantes, que des fleurs sèches et arides;

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les plaisirs les plus doux , que tristesse et qu'amertume ; le soleil , en un mot , et tous les astres les plus brillans , ne versoient plus à son gré sur la terre que de tristes et pâles ombres. Encore un coup , chrétiens , qu'il faut que cet Être divin renferme en luimême d amabilités et de charmes , puisqu'il tient attachés , collés et abîmés tous les entendemens des Anges et des hommes durant une éternité tout entière , sans qu'ils se lassent de le voir , de le contempler , de y adorer et de l'aimer! Ah ! mes frères , comprenez donc quel est l'excès de votre impiété et de votre folie , de vous laisser ensorceler par le charmé de tant de beautés périssables , tandis que vous refusez votre amour à ce grand Dieu , à ce Dieu souverainement parfait , qui seul mérite toutes les ardeurs et toutes les tendresses de votre cœur.

Mais ce n'est pas assez : non-seulement Dieu mérite d'être aimé par les perfections infinies qu'il renferme : Diliges Dominant Beiun ; nous devons l'aimer encore , parce qu'il £st tout à nous , et qu'il nous y engage par ses bienfaits continuels : Diliges Dominum Deum tuum. C'est ma troisième ré* flexion.

300 SUE L ÂMOUk DE DUftJ.

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