TROISIEME POINT
C'est dans l'Evangile même que nous trouvons une solide preuve de cette vérité, lorsque Jésus -Christ enseigne qu'on ne peut donner un plus grand témoignage ni une plus forte preuve de spn amour , que lorsqu'on souffre et qu'on endure la mort pour
sua l'amour DX dibu. 34i
la personne qu'on aime : Majorent kâc dilectiionem nemohabet, ut .'animant suant portât quispro amicis suis„(i). Et n'est-ce pas là ce que le divin Sauveur a voulu nous faire* entendre , lorsqu après avoir .exigé de saint Pierre un triple témoignage de son amour f il ajouta , que les ignominies , les oppro- : bres , les prisons , les contradictions , les exils , les souffrances et la mort , seraient 1 un jour son partage , et comme les merveilleux effets de Tainour ardent qu'il venoit de lui ténjpigner. Quand vous . étiez phw jeune ,.lui dit Jésus-Qhrisjk , vous vocsuoew» gniez vous-même ,' ét.i*ou» alliez où tbvbusJ nlaisoit j ina^s lorsque Tqus secezr devenu plus viçnx^uji autre you* oein^ra , *t vous inènera où vous ne voudrez pas ; Cunt esses junior ^ , cingebas .£*.., et. ambulaàas ubi voletas.; cum autewvsenueris^ alius>tâ\ cinget , et ducet;qub tu noji>i<vis. (aJwiQr^* J^sus Jui parla de la «sorte , remarque L'E^i vangile ,. pour lui fajj?e .entendre , ce q^fildevoit souffrir pour ï glorifier le, Seigneur ^ et .lui donner des. marques^e l'ardente cha-^ rite qu il ayoit pour. \in\,JEn effet ^ qu'estai ce que cpt amour divin ivest pasieapabtç,dea faire souffrir à une.an^.;qu^ en .est^fiain/,I> i (1) foan. xv. i3. (»)./g«*j|. s», ifc;; iA pv{ 3. i5
34a *u* i/amoue m doit*
mec ? Ah ! vous êtes quelquefois étonnés de voir tout ce que les Apôtres ont souffert et enduré pour la gloire de Jésus - Christ ; veilles, jeûnes , fatigues , pénibles voyages, naufrages dangereux, mauvais traitement, persécutions sanglantes , prisons , ehaînes , tourmens, croix et supplices. Pour moi, je ne suis point 'surpris qu'ils souffrent tout cela courageusement et avec joie , parce que' je sais que l'amour de Dieu les anime , les ravit , les transporte , et qu'ils sont con* vaincus eux-mêmes qu'ils ne peuvent jouir de ce «aint amour , qu'autant qu'ils sont trouvés dignes de souffrir l'ignominie et le méprisa Votas- tremblez , mes frères , vous frémisse* nième et vous êtes saisis d une sainte horreur , chaque fois que nous vous racontons les glorieux combats des Martyrs, de tant de saints vieillards chargés d'années, de tant déjeunes enfans , de tant de filles et de Vierges tendres et délicates : on les saisit i on les lie , on les charge de fers , on les déchire de ooups , on les enferme dans des cachots 7 on les livre à des lions affaraés r on les jette dans des brasiers ardens, on les ffttitëhe à des croix , on les étend sur des roues , on les fait périr par la faim et par la sotf , par le glaive et par le feu ; que
sirs l'amouh de dieu. 343
dfe-je ?- ce sont eux-mêmes qui , la paix dans le cœur , la sérénité sur le visage , et des cantiques de louange dans la bouche , se présentent aux supplices, affrontent leurs' tyrans , montent sur les échafauds , et don* nent leur tête à couper et leur sang à répandre. Ah ! mes frères , ce détail vous fait frémir sans doute ; pour moi rien de tout cela ne m'étonne , parce que je sais que l'amour divin les pénètre , les enflamme y les embrase , et qu'ils sont eux-mêmes persuadés qu'ils né peuvent donnera leur Dieu une marque plus éclatante de leur charité, qu'en donnant leur sang et leur vie pour' son amour. Enfin vous ne pouvez soutenir tout ce qu'on vous dit des faits héroïques des Saints , et de tout ce qu'ils ont souffert dans leur vie , de peine , d'affliction et d'amertume , des pièges qu'on leur a tendus 9 des persécutions qu'on leur a suscitées , des calomnies , des fausses accusations dont on les a chargés , des mépris , des railleries f <]fs outrages dont on les a accablés , des adversités , des maladies , des douleurs aiguës qu'ils ont essuyées , des jeûnes , des soupirs , des larmes , des mortifications , des sécheresses d'esprit , des pénitences , des ' retraites affreuses auxquelles ils se sont eux-
3144 sbr i/ucora hb dieu.
mêmes condamnés : tout cela , dis -je, vous effraie et tous décourage. Pour moi , je.ne trouve rien dans tout cela qui nie surprenne; parce que je sais que ces Saints aimoient Dieu de tout leur cœur , et qu'ils savoient fort bien eux-mêmes que ce nétoit que par les souffrances et les croix qu'ils pouvoient lui prouver solidement leur attachement et leur amour. C'est ainsi , chrétiens , que les apôtres ,' les Martyrs > et tous Jes Saints ont aimé Dieu , jusqu'à tout souffrir et tout en* durer pour lui ; mais c'est ainsi que vous ne l)aimez pas vous-mêmes , puisque vous ne voulez ni rien endurer, ni rien souffrir pour son amour. Ah ! vous voulez bien aûner Dieu , dites- vous? eh! quel est le mondain, le libertin 9 l'impie, qui ne voudrait pas l'aimer ? ce sentiment d'amour n'est-il pas généralement gravé dans tous les . cœurs ?
Vous voulez aimer Dieu ? mais comment , et à quelle condition ? à condition que vous ne ferez que ce que vous voudrez , que vous ne trouverez point de contradiction ni de peine dans tout ce que vous entreprendrez pour lu» ; à condition qu'il n'y aura ni austérités , ni mortifications , ni pénitence à pratiquer , ni railleries , ni mépris , ni persécutions à supporter , ni médisance , ni