S 68 SUR LA RESTITUTION
rez-vous pas condamnés , vous qui vous été* nourris du bien et de la substance des pauvres P-i/enfer, injustes , l'enfer, voilà votre partage; le Ciel, vous n'y entrerez jamais :
Neque fures , neque avari y neque rapaces regnum Dei possidebunt. (i) L'enfer ! l'enfer ! C'est là que le Seigneur vousfera ces reproches amers et désolans dont nous parle saint Jacques : Agite mine , divites ; (2) Allez maintenant, riches, avares , pleurez , poussez les hauts cris , et reconnoissez l'affreuse misère où vous êtes tombés. Que sont devenus ces trésors dont vous étiez si avides ? la mort vous les a enlevés ces biens périssables, et les a mis entre les mains d'hommes ingrats.
Vous les avez préférés à mon amour , et en les accumulant les uns sur les autres , vous vous êtes fait un trésor de colère pour éprouver mes vengeances éternelles. C'est là que vous maudirez mille fois les biens qui auront été la cause de votre perte , la femmç et les enfans pour qui vous les avez amassés. En un mot, grincement de dents , rage ,
. désespoir, fureur, feu , flammes , faim , soif, nudité, misère éternelle , voilà ce qui vous attend en l'autre monde.
•j- Ah ! mes frères , ne différez donc pas un
* (1) L Cw % vu 10. (a) Jacob, v. i f
srm là fessiroimoir» i&jf
fau&ient de restituer le bien qui n'est pas à vous. Ouvrez , ouvrez donc ce6 greniers »
si vous ne voulez pas que le Giel se ferme»
Ouvrez , ouvrez vos bourses et vos coffres, si vous ne voulez pas que l'abîme éternel s'ouvre sous vos pieds pour vous engloutir»
Et n'entendez-vous pas les cris lamentables de ceux à qui vous avez fait tort, qui s'élèvent au trône du Seigneur pour demande^ vengeance contre vous à cause de vos un justices? les cris de ce domestique à qui vous avez refusé un juste salaire? les cris de ces marchands que vous n'avez pas satisfaits , dé ces ouvriers que vous n'avez pas payés ? les cris de ces créanciers dont vous vous êtes toujours moqués ? les cris de ces orphelins , de ces pupilles , de ces familles entières que vous avez ruinées ? Et si Une prompte et parfaite restitution n'apaise pas ces cris , qui vous défendra de la justice de Dieu ex des foudres dont son bras est armé pour vous accabler ? Ecce merces opéra* riorum clamaU (i) Cœurs de pierre, laissez vous toucher aux cris de tant de- misérables. Quoi ! vous voulez donc vous damner pour un peu de bien ? brûler éternellement pour xles héritiers , des enfans , des ingrats qui
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tie se souviendront pas même de vous aprè* vptre mort -, qui dissiperont avec profusion «ce que vous aurez ramassé avec tant de peine^ qui perdront en un coup de carte ce que vous aurez dérobé en plusieurs années , et qui se rempliront de vin pendant que vous brûlerez de soif dans les flammes dévorantes dont vous serez environnés ! Et Vous , mes enfans, voudriez*vous que vos pè-
ses Dites-leur donc qu'ils restituent ^
dès que vous serez chez vous ; que vous
aimez mieux être pauvres» que si..
Eh ! de quoi vous servira d'avoir possédé "beaucoup de richesses , si avec toutes ces richesses vous vous damnez pour toujours ?
Ah ! mes chers frères, encore un coup 7 rendez cet argent qui ne vous appartient pas : Redde pecuniam. Pourquoi ? afin de ne pas perdre votre ame , cette ame si pré* cieuse , qui a coûté le sang d'un Dieu. Il faut perdre l'un ou l'autre ; Ne perdas earn* Or, entre l'un et l'antre , y a-t-il à balancer ? Dites donc à présent, mais de tout votre cœur: Allez , biens mal acquis, je ne veux pas que vous couchiez dans ma maison $ saliez, richesses cruelles, qui m'avez enlevé mon Dieu , afin que je retrouve celui que j'avois perdu. Allez..*.. Pour un peu
80* LA: MMTITtJfïOff.- TJt*
&e biens que je restitue , le Roi du Ciel tn'est rendu. C'est vous v mon Dieu , qui serez tout mon trésor ^ et si je vous possédé , je suis assez riche , je n'ai rien à dési- Ter , puisque je possède celui qui fait toutes les richesses- de l'éternité bienheureuse , *jue je vous souhaite * Au nom du Père, etc»
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