‹ SermonsChapitre 12 sur 88 · DEVANT L^ANGE DE L^ÉTERNEL · texte numérisé non relu

DEVANT L^ANGE DE L^ÉTERNEL

mais enfin ces'sévères châtimens avaient eu quelqu'effet. — Les adorateurs de Baal y prévalaient encore, il ^t vrai^ mais il y avait déjà dans les villes et dans les campagnes, bien des âmes cachées qui revenaient à la Sainte-Écriture , qui s'humiliaient devant le Dieu des promesses , et qui faisaient monter vers son trône l'ardeur de leurs prières.

Quand il en est ainsi , la délivrance approche. Pour opérer celle de son peuple, l'Éternel avait fait choix de Gédéon; car il se plaît dans la faiblesse des moyens , afin qu'en voyant ce qu'il leur fait accomplir , on reconnaisse que si l'instrument est si chétif, il faut que le bras qui le remue soit celui du Tout-Puissant.

Gédéon, en effet, était le plus petit des enfans de Joas , et son district le plus pauvre qui fût en Manassé. Hais Gédéon était riche dans^a foi; et tandis qu'il y avait encore un autel consacré à Baal dans la maison de son père , il cherchait Dieu dans sa Parole et l'adorait dans ses voies.

Les jours de la moisson commençaient, et l'on venait d'apprendre que les armées des Orientaux, nombreuses comme le sable qui est au bord de la mer, traversaient le Jourdain et se dirigeaient vers la vallée de Jizrehel. Gédéon, caché dans ses pressoirs, se hâtait de recueillir son froment et de le séparer de sa paille pour le sauver du pillage, lorsque tout-à-coup ayant levé les yeux , il aperçut sous un chêne , devant la maison de son père, un étranger qui s'y était assis, et dont le regard imposant et doux commandait le respect. Aussitôt, ce personnage l'appelle et lui dit avec autorité: « Très-fort et vaillant homme, l'Éternel est avec toi ! » — Troublé, et sentant déjà qu'il y avait dans l'aspect , dans le regard et dans le ton de cet étranger, quelque chose d'eatraînant et de surnaturel, Gédéon se hâta de répondre:

(( L*Éternel est avec nous! Ah! n*est-il pas vrai plutôt que » tous ces maux ne nous accablent, que parce que l'Éternel a cessé d'être avec nous? »

Avez-vous fait attention , Mes Frères , aux expressions de Celui qui parlait avec Gédéon? Avez-vous remarqué comment on voit grandir son langage à mesure qu'il répond? Avez-vous pris garde aussi que le texte, après l'avoir appelé « l'Ange de rÉternel , » lui donne ensuite le nom même de JEHOVA? « Alors, » nous est-il dit, «rÉternel arrêta ses » regards sur Gédéon, et lui dit, va avec cette force que » tu as ; » ( c'est-à-dire, va avec cette foi que ta réponse manifeste et qui fera ta force; ) a va , et tu délivreras Israël! » Ne t'ai-je pas envoyé? » Gédéon s'excusa sur son impuissance, et rÉternel lui dit enfin: « Parce que moi je serai ));avec toi, tu frapperas les Madianites, comme s'ils » n'étaient qu'un seul homme ! »

C'est là. Mes Frères, que la méditation de jeudi dernier avait laissé le récîf de ce grand événement.

Maintenant, essayez de vous mettre à la place de ce pieux Israélite. Essayez de comprendre les émotions profondes qui durent ébranler son ame.

Mon Dieu , devait-il penser , quel est donc cet Être dont la présence me pénètre de respect, et qui me tient devant ta face un pareil langage? Je sens au fond de mon ame l'irrésistible autorité de sa voix , et une indéfinissable impression de ce regard qu'il vient d'arrêter sur moi !..•• Est-ce un homme?.... « Mais jamais homme parla-t-il comme cet

» homme (1)?» Serait-ce donc un Ange des cieux?

Mais son langage n'est pas même celui d'un Ange

(1) Jwn VII,4«.

DEVANT l'ange DE l'ÉTERNEL. 53

Ne in*a-t-il pas dit : « L'Éteenel est avec toi! » — et bientât après : « Parce que uoi je suis avec toi , tu vaincras les » Madianites; ne t'ai-je pas envoyé ! » Quoi , mon Dieu I oh pardonne à la témérité de cette pensée ! quoi donc , serait-ce Toi , Toi-même, mon Seigneur et mon Dieu, qui te révélerais à ma bassesse , et qui daignerais m'apparaitre , comme tu fis autrefois à notre père Abraham sous les chênes de Mamré? Quoi ! serait-il possible que Gédéon eût devant ses yeux cet Ange de l'Éternel qui apparut à Moïse sur la montagne d'Horeby et qui conduisait nos pères dans le chemia du désert?

Que Ton juge à de pareilles pensées si toute Tame de Gédéon devait être ébranlée, et si son cœur battait avec violence.

Que va-t-il donc faire? — Il va supplier Celui qui lui parle de lui manifester ce qu'il est ; il va lui demander un signe* — Ah ! s'il était vrai que c'est Toi qui m'appelles, ô mon Dieu , Toi , mon consolateur et mon éternel partage , « me voici pour faire , ô Dieu , ta volonté (1 ) ; » me voici pour la vie et pour la mort ; — je m'abandonne à Toi , je te livre Gédéon ! — si (c c'est Toi , parle, ô mon Dieu , parle | » ton serviteur écoute (2) ! »

Alor^ dit notre texte, Gédéon répondu à VEUrueli « S*il » eêt vrai que j'aie trouvé grdee devant te$ yeux, je te suppKê » de tn accorder un êigne qui m'atteste que c^est bien Toi qui )) parles avec moi. Je te prie donc, ne fen va point de ce lieu, » jusqu^d ce que je revienne y que je rapporte mon offrande et » que je la dépose devant toi? — Et il lui répondit: f^a, je » detneurerai dans ce lieu jusqu'à ce que tu reviennes, n .

(1) H4br. X , -r. Pi, XL, 6-8. (8) 1 Sam. ÏH, lOj

GédéoD part aussitôt ému des plus grandes pensées, et plein déjà du sentiment de la haute mission qui semble se préparer pour lui ; il rentre dans la maison de son père ; il ne dira rien encore à personne de ce qu'il vient d'entendre : c'est une affaire entre son ame et son Dieu» D'ailleurs, hélas! le comprendrait-on dans la famille de Joas? on n'y sert plus le Dieu d'Israël ! — Il va se hâter de préparer son offrande, telle qu'on la présentait alors dans le tabernacle : ce sera un jeune chevreau d'entre les chèvres; ce seront des gâteaux sans levain , en aussi grande abondance que le per-» mettra la détresse de sa maison; et ils seront sans levain ^ parce que la loi du Lévitique défendait d'en présenter d'autres sur les autels. — Il lui tardera de pouvoir revenir vers le chêne, attendre le signe miraculeux qu'il vient de demander, et qu'on a semblé lui promettre.

Eh bien, nous-mêmes aussi, pendant que cet élu de Dieu> dans l'inexprimable émotion de ses pensées, s'occupe de s'assurer quel est cet Être miraculeux qui vient de lui appa* raitre, consacrons de notre côté quelques instans à l'examen d'une question qui devait si puissamment agiter son ame^ et qu'il nous importe tant à nous aussi y d'avoir suffisamment éclaircie.

Quel était donc ce personnage? Était-ce un homme? Était-ce un ange créé?... Était-ce Dieu lui-même?

L'Écriture, dans les versets 1t« et 12«, l'appelle VAng^ ou renvoyé de f Éternel; puis, aux versets qui suivent, elle n'hésite plus à lui donner le nom de l'éternel, — jéhovaÏ C'est l'éternel qui regarde Gédéon ; c'est l'éternel qui lui dit : « Ne f air je pas envoyé f^»

Peut-être que si ce fait était isolé dans nos Écritures^ i\ pourrait nous causer quelque surprise ^ mais nous retrou-

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vons dans Tun et dans l'autre Testament y tant de scènes toutes pareilles et de témoignages du même genre ^ qu'il BOUS deviendra facile^ en rappelant brièvement ici quelque» principes fort simples, de fixer d'une manière aussi précise que certaine notre opinion sur cet important sujet.

Le premier de ces principes n'est autre chose qu'un fait; — le voici : c'est que , toutes les fois que dans la Sainte Bible il est question des apparitions de cet Ange mystérieux ^ que l'Esprit Saint appelle « l'Ange de la Face (1), » « l'Ange de » l'alliance (2), » ou « l'Ange de l'Éternel (3), » vous l'entendrez s'attribuer constamment tous les noms les plus incommunicables du Dieu Tout- Puissant; —et non-seuIe« ment ses noms , mais aussi ses attributs et ses œuvres; — et non-seulement ses attributs , ses noms et ses œuvres , mais encore le culte que partout ailleurs Dieu réclame pour Lui seul.

C'est ainsi que^ pour ne citer ici qu'un très-petit nombre d'exemples entre tant d'autres , vous verrez que l'Ange de l'Éternel qui apparut au Patriarche Abraham sous les chênes de Mamré (4) , et qui vint lui déclarer que Sara aurait un fils', est constamment appelé du nom de l'éternel, et qu'il ne cesse de parler lui-même comme le Dieu Tout-Puissant.

Vous entendrez TAnge de l'Éternel qui apparut à Jacob»

(i) Es. LXm, 9. 0) Mal. III, t.

(3) Plasieors iradaisent VAnge Jéhova , voyez GeaT XXII « 15 ; XXXI, 11,13; XXXII, 8430 ; XVIII , XIX , XVI, 7-13. Exod. III , 8-6; IV, 6; XIII îlj XIX, 19, 24; (XII, 12 )j XIX, 9; XXIII, 20-23 ; XXXIII, 9-11. Jos. V, 1315; VI, 1.3.Lev. XVI, 2. Jag. VI, 11, 14- 33 ; II, 1 » XIII, 18. Es. LXIII, 9 10, 11 , 14. Mal. III, 1. Daa. III^ 95; X, 6, 6. Ezéch. I, 96, 98, 1-6. (Apoc. I, 12-15.)

(4) Gea. XVIU.

56 CÉDÉON

en Mésopotamie , dire à ce Patriarche : u Je sois le Diea » Fort de Béthel. Je sois TÉterDel , le Dieu d'Abraham to» » père y et le Dieu d'Isaac (1). »

Vous entendrez TAnge de l'Éternel qui apparut à Moïse sur la montagne d'Uoreb (2) lui crier : a Je suis le Dieu de » tes pères y Je suis Celui qui s'appelle Je suis. — Va vers » tes frères, et qu'ils sachent que l'Éternel t'est apparu. » — Et Moïse cacha son visage ^ car il craignait de regarder Dieu.

Vous verrez que l'Ange de l'Éternel qui conduisait le peuple d'Israël dans le voyage du désert, est appelé du grand nom de Jehova ; et vous entendrez l'Ange ou l'Envoyé de Dieu qui» sur Sinal, parlait à Moïse (3), prononcer ces paroles: (( Écoute, Israël, je suis le Seigneur ton Dieu, qui t'ai )i retiré du pays de servitude : tu n'auras point d'autre Dieu » devant ma face (4) ! »

Et si vous désiriez rassembler de plus nombreux témoignages, vous entendriez encore un langage tout semblable, lorsque ce même Ange de la Face se fait voir à Agar au désert (5) , à Josué sur les rives du Jourdain (6) , aux parens de Samson dans les campagnes de Tsorah (7),

(i) Comparez Gen. XXXI, 11-13; XXVIII, 11-22; XXXV, 7-15 j XLXIII, 15, 16, et aussi XXXII, 24, 28, 30. Osée XII, 4, 5.

(2) Exod. m. (3) Act. VII, 30. (4) Exod. XIX; XX ^ 1-3.

(5) Geo. XVI, 13, aussi rappelait-elle « lb dmu fort de tisiov. » (6) Jos. V,13-15.

(7) Juges VIII. — Ici , L^ANGB DE L^BTERNBL qui apparaît à Manoah et que TËcriture appelle Jehota , prend Lui-même le nom que l'Esprit- Saint( dans £saîe), assigne au fils civique de dieu, lorsquUl annonce «c qu^une TÎerge sera enceinte, qu'elle enfantera l'emmanubl , et qu'on » appellera son nom L'ADMiaABLS; le Dieu fort et puissant, le Père d^é- V ternitéj le Prince de la paix. » (£s. VII 1 14 ; IX ; 5.) Pourquoi mo

DEYANT l'ange DE l'ÉTERIVEL. 57

et à toat le peuple d'Israël dans la plaine de Bokim (1).

Yolci maintenant notre second principe.

S'il est une vérité dont rAncien Testament se montre jaloux par-dessus toute autre, c'est le principe de Tunilé divine. C'est par ce grand dogme qu'Israël , pendant près de deux mille ans, a différé de tous les peuples du monde. Ailleurs, on adorait tout excepté Dieu: dans Israël, on n'adorait rien excepté Dieu. Et s'il était jamais permis de parler de Moïse comme on le ferait d'un législateur tout humain, nous dirions que c'est là sa pensée dominante et la pierre angulaire de tout son système religieux. Il y revient constamment; il en est «jaloux d'une sainte jalousie.»

fit C'est moi, dit l'Éternel , c'est moi-môme ; il n'y a point » d'autre Dieu que Moi ! — Il n'y a point d'autre Dieu » juste et Sauveur que Moi. — Ainsi a dit l'Éternel, le » Dieu d'Israël et son Rédempteur: Je suis le premier, et » je suis le dernier: il n'y a point d'autre Dieu! Certes, il » n'y a point d'autre Rocher : je n'en connais point d'au- )) tre ! Vous tous les bouts de la terre , regardez donc vers }) Moi, et vous serez sauvés ! car je suis le Dieu Fort et il » n'y en a point d'autre (2) ! »

» demandes-ta mon nom; dît PAo^e de PÉterncl à Manoah ! il est i^kn-' K.uifiABLB. £t quand PAnge fat monté aax deux ayecla fiumme de » Tautel, Manoah connut que c^était PAnge de PËternel; il se pros^ » terna le visage contre terre, et s^ëcrîa: Certainement nous mourrons, » parce que nous ayons to niKu*

(1 j Jug. 11^ 1-5. « Car dans toutes les angoisses de son peuple PË- » ternel a été en angoisse, m dît Esale, « et l'ange de sa face les a dé- » livrés , Lt7i - MEME les a rachetés par son amour et par sa clémence. » C Es. LXIIf , 9. )

(9) Esaïe XLIV, 8 j XLV, 6; 19, 21, 22, XLVI , 9. Deut. XXXII , 39i IV, 35, 39.

Maintenant, notre troisième principe ne sera qu'une as* sertion qui découle immédiatement des deux premiers , et qui se confond presqu'avec eux. Le voici :

L'Être qui dans la Bible s'attribue les noms, les œuvres, les caractères et jusqu'au culte du Dieu Tout-puissant, ne peut être une créature.

« Il n'y en a point comme l'Éternel, » est-il souvent répété. — « L'Étemel ! c'est là mon nom , et je ne donne » point ma gloire à un autre (1), Il est le Dieu fort et » jaloux (2). » — Les Anges cachent leur face et tremblent devant Lui: s'en pourrait-il donc trouver un seul, dans le ciel et sur la terre, qui osât usurper un langage semblable à celui qu'entendit Gédéon! Toutes les fois qu'on a voulu les honorer du moindre culte, ils s'y sont vivement opposés^

Si le temps n*eût dû circonscrire les citations appelées en témoignage' de ces deux premiers principes, nous j aurions ajouté, sans doute^. les passages si nombreux où la Sainte-Écriture semble indiquer une pluralité mystérieuse dans TUnité divine ; — comme lorsque Dieu dit: « Faisons Phomme à notre image; » — comme lorsque PËter^ nel Dieu dit : <( L^homme est devenu comme l'un db nous; — comme- » lorsque le Dieu trois fois saint, que vit Ësaîe, s^écrie : « Qui enver- » rai-je, et qui ira pour nous ; — (Voyez Gen. 1 , 26 ; III , 22. Esaîe VI , comparé avec Jean XII , 39-41 , et arec Actes XXVIII, 26 , 26.) Le nom d'ELoniH est un nom pluriel , dont le Saint-Esprit s^est presque toujours servi pour désigner Dibu; et le nom de Jbbova signifie Essence , ce PEssence de Celui qui est y» o^est pourquoi il était ordonné à tout Israël de répéter souvent cette parole remarquable : a Ecoute Israël, et mets bien cette parole dans ton cœur : Jehova no- » tre Elohih est un seul Jehova; c'est-à-dire , PEssence de notre » Elobim est une seule Essence. » ( pt« «(rta. — vùi^toç h\kô^tnoç ) Deuter. VI, 4.

(1) Es. XLII, 8. (2) Exod. XX; 5.

DEVANT l'ange DE l'ÉTEBNEL. 59

(( Garde-toi de le faire ! se sont-ils écriés : je ne suis que ton » compagnon de service! Adore Dieu (1)! »

Après ces trois assertions , en voici maintenant une quatrième qui n'est pas moins irréfragable.

Cet ANGE DE LA FACE, qui apparut si souvent aux élus de Dieu sous l'Ancien Testament , ne pouvait être Dieu le Père»

La personne du Père , dans tout le cours des révélations divines, a toujours conservé le caractère « de Dieu invi- » sible » comme l'appelle plusieurs fois St. Paul (2). Il ne s*est jamais manifesté aux hommes qu'en son Fils. — « Il » habite, dit l'Apôtre, une lumière inaccessible que nul » homme n'a vu , ni ne peut voir (3). » «c Personne ne peut » voir ma face et vivre, » dit rÉtemel lui-même (4). « Jamais vous n'ouites sa voix, ni ne vîteâ sa face, » a dit notre Seigneur {h).

Ce ne fut donc jamais la personne du Père qui se manifesta sous l'Ancien Testament.

Et quel était donc cet Ange mystérieux? C'est ici. Mes Frères ^ notre cinquième principe et notre dernière assertion.

Cet Ange de l'Éternel , chrétiens , c'était ce même Sauveur, ce même Maître, ce même Consolateur que nous sommes chargés de vous annoncer dans cette chaire; et c'était ainsi déjà qu'il préludait à son incarnation, et à eette carrière incompréhensible d'abaissement, où^il devait descendre plus tard pour nous sauver. C'était Celui qui est

(t) Apoc. XXn, 9 ; XIX , 10 , comme Act. X , 26 ; XIV, 14 , t&. Col. U , 18. Mat. VI , 10. Hébr. I , 5 , 7, 13 , 14. (2) 1 Tîm. I, il, Hébr. XI, 27. Col. I, 15. (3) 1 Tim. VI, l6. (4) Exod. XXXIU, 20. (6) Jean V, 37.-1 Jean VI, 12. 20,

appelé « l'iMAGE DU DIEU invisible! la splendeur de sa » gloire, Timage empreinte de sa personne (1 ). » C'était Celui dont St. Paul nous dit que tous les « Anges de Dieu » Tadorent (2), » — C'était Celui qu'il appelle « notre » grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ (3). »

Et remarquez bien , Mes Frères , que ce n'est point ici une simple présomption de notre part, ni une interprétation d'homme. C'est un principe scripturaire sur lequel le Saint-Esprit n'a voulu nous laisser aucune espèce de doute.

Écoutez, en effet, comment St. Paul nous déclare que Jésus-Christ était cet Ange de l'Éternel qui conduisait les Israélites dans le chemin du désert : ((Ne tentez pas Christ,» nous dit-il, (( comme les Israélites le tentèrent au désert « (( lorsqu'ils furent détruits par des serpens brûlans. Car le )) rocher qui les suivait dans le désert, c'était Christ; et » Moïse, en se mettant à leur tète, préférait l'opprobre de )> Christ à tous les trésors de l'Egypte. »

Écoutez St. Pierre qui nous atteste que c'était Christ qni animait tous les anciens Prophètes (4).

Écoutez St. Jean nous déclarer que lorsque Ésaîe, à la mort du roi Hosias, vit l'Éternel siégeant sur .son trône, les Anges cachant devant lui leurs faces de leurs ailes ^ et l'Éternel criant à son Prophète: a Va, et dis à ce peuple : )) Vous entendrez et vous ne comprendrez point, vous » verrez et vous n'apercevrez point; » écoutez St. Jean nous déclarer en son chapitre douzième , « qu'Ésaîe dit ces

(1) Col. 1,16. Hébr. 1 , 3. (8) Hébr. I , «.

(3) Tite II , 13, (Voyez à la fin da yolume , à Tindicatioa des passages de la Saiote Écriture , allégués dans la lettre , la note qui suit le numéro d'ordre 64.)

(4) 1 Pierre 1,11.

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» choses quand il vit la gloire de Jésus-Christ et qu*il parla » de lui (1). »

Et si vous vous étonniez d'entendre l'Éternel parler, tantôt comme celui qui envoie et tantôt comme celui qui est envoyé , écoutez ces paroles de l'Éternel au second cha* pitre de Zacharie : « Réjouis-toi avec chant de triomphe , » ô fille de Sion ; car voici , je viens , et j'habiterai au mi* » Heu de toi , dit l'éternel ; alors plusieurs nations devien- » dront mon peuple , et tu sauras que l'Éternel des armées » m'a envoyé vers toi. »

Mais enfin , écoutez plutôt Jésus-Christ lui-même. Écoutez-le disant aux Juifs : « Avant qu'Abraham fût , je suis ! » Abraham a désiré de voir mon jour; il l'a vu, et il en a » tressailli de joie (2). »

]^outez-le répondant à Philippe qui lui disait: « Seigneur, » fais-moi voir le Père : » « Quoi , Philippe! il y a si long- » temps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu ! » Philippe ! celui qui m'a vu , a vu le Père: comment donc » dis-tu, fais nous voir le Père (3)? Moi et mon Père, » nous sommes un (4). »

En efiet « personne ne vit jamais Dieu y » dit St. Jean , (5) (( mais le Fils unique qui est dans le sein du Père est n Celui qui nous Ta manifesté. Le Père agit continuelle- » ment , et le Fils, le fait aussi (6). Car la parole était au » commencement; elle était avec Dieu, elle était Dieu. » Toutes choses ont été faites par elle ; et cette Parole a » été faite chair, et elle a habité parmi nous (7). »

(1) Ésaïe VL Jean XII, 39-41. (2) Jean Vlll, 66-58. (3) Jean XIV, 8,9. (4) Jean X, 30. (5) Jean 1,18, comparé avec Nombr. XII, 8. (6] JeanV, 17. W JeanI, 1,2, 14.

Ainsi donc y Mes Frères, vous voyez que nous pouvons abondamment conclure que celui qui apparaissaU à Gédéon sous le chêne de Hophra , et qui lui disait : « Ne crains » point! parce que je suis^vec toi, tu vaincras les Madia* » niteSy » c'est Celui-là même qui treize cents ans après Gédéon 9 et vingt ans après Gléopas, apparaissait encore à Paul dans la ville de Corinlhe^ et lui disait: « Ne crains » point , Paul y parce que je suis avec toi ; mais parle et » ne te tais point (1); » — c'est Celui qui, soixante ans après Cléopas, apparaissait à Jean dans l'île de Patmos et lui disait: « Ne crains point! Je suis le premier et le der* » nier. Je suis Celui qui vit au siècle des siècles ; mais j^ai » été mort; et toutes les églises connaîtront que je suis » Celui qui sonde les cœurs et les reins (2); » c'est Celui qui nous déclare encore aujourd'hui que a là où deu^ ou » trois s'assemblent en son nom , il s'y trouve au milieu » d'eux (3), » En un mot » c'est le Dieu Sauveur manifesté dans l'un et dans l'autre Testament. « Il était au monde , » et le monde a été fait par Lui » » dit St. Jean, a mais le » monde ne l'a point connu. Il est venu chez soi; mais les » siens ne l'ont point reçu» C'est Lui qui est le vrai Dieu et » la vie étemelle (4). n

Cette pensée, Mes Frères« cette grande pensée est comme le soleil de l'Ancien Testament; elle Téclaire tout entier; elle y répand une lumière bienheureuse; elle y manifeste aux regards des croyans , la grandeur et l'harmonie impo-

(1) Act.XVIII, 9,10. (3) Apoc.1 , 17, 18; II, 23.

(3) Matth. XVIII , 30. Remarquez bien qu'il faisait drja cette dé • claration pendant qu'il était en la chair , et qu*il allait de lien en lieu s'en savoir ou reposer sa tête.

(4) Jean I, 10, U, et 4 Epît. V, 20.

DEVANT l'ange DE L*ÉTERNEL. 03

«ante de loates les révélations divines; elle en fait pour eux une lettre vivante, en leur y révélant un Sauveur toujours vivant et toujours le même. — Avec la connaissance de cette vérité, tout l'Ancien Testament s'explique, tout le livre s'ouvre : -^ sans la connaissance de cette vérité , il est inexplicable; il étonne; il semble contredire; il est fermé : et pour parler avec Ésaîe , « c'est alors un livre cacheté , )) qu'on donnerait à un homme en lui disant, nous te prions, » lis ceci! et il répondrait: il est cacheté, comment le » pourrais-je ? ;>

Hais, qu'elle est puissante, au contraire, qu'elle est puissante, cette pensée de la Divinité de son Sauveur pour le fidèle, qui tenant dans ses mains le livre de l'Ancien et du Nouveau Testament , élève ses yeux vers le ciel , et se dit : Il est donc toujours le même ! il est donc avec moi dans cette chambre où je le cherche , Celui qui « s'est donné » lui-même pour mes péchés (1)^ » Celui qui m'a dit dans sa parole: a Viens à moi, ame travaillée et chargée^ et je » te donnerai du repos (2) ! » Qu'elle est puissante sur le cœur du fidèle , cette simple pensée contenue dans la réponse de Jésus à Nathanaël : « Nathanaël , avant que Phi- » lippe t'appelât, quand tu étais sous le. figuier, je le » voyais (3) ! »

Nalhanael s'était approché de Jésus pour la première fois ; et le Seigneur arrêtant sur lui des regards d'affection , avait dit en le montrant à ses disciples : « Voilà un vrai Israélite, dans le cœur duquel il n'y a point de fraude. » — « Et d'où » me connais-tu. Seigneur? » avait-il répondu. — Nathanael ! quand tu jetais sous cet arbre de Bethsaîda , et que là,

(t) Gai. 1,4 (3) Mallh. XI, 28. (3) Jean I, 47-49.

64 GÊDÉON

tn répandais ton ame devant ton Dieu , tu étais seul , tu te croyais seul; mais j'ai tout vu, j'ai tout entendu ! Je te voyais sous le figuier, Nathanael! — Et Nathanael transporté s'écria: a Tu es le Fils de Dieu, Seigneur! Tu es le Roi » d'Israël ! >i

Je te voyais aussi dans cette chambre de prière > jeune chrétien , lorsqu'après avoir lu dans ma Sainte-Écriture ce que Je suis pour les pécheurs, attendri dans la pensée du Sauveur qui mourut pour ton ame et qui t'a tant aimé, tu te mis à pleurer à la fois de repentir -et de joie , et tu me fis à genoux la consécration de ta jeunesse. Tu pleurais de m'avoir si mal aimé , et tu pleurais aussi de te savoir tant aimé. Je te voyais alors; j'étais plus près de toi que cette Bible même que tu tenais devant toi ; et je connaissais tous les mouvemens de ton cœur attendri. Va donc, jeune Gédéon , avec cette force que tu as, et tu délivreras ton ame, parce que je suis avec toi.

Je te voyais aussi dans cette chambre de deuil, femme chrétienne , lorsque j'eus endormi du dernier sommeil cette Tabitha que tu aimais comme ton ame , ou cet époux qui , comme Elkana pour la mère de Samuel , a te valait mieux » que dix fil»(1); » je te voyais près de ce lit funèbre, lorsque dans l'angoisse de tes pensées, portant vers moi tes premiers regards, tu me crias au milieu de tes larmes: Eh bien. Seigneur, tu as justement affligé ta trop indigne et trop idolâtre créature ! J'allais à travers champs ; je ne te priais plus, je ne t'écoutais plus, je ne te désirais plus, mais maintenant , 6 mon Dieu , mon seul refuge et mon consolateur, je ne te demande qu'une seule chose; prends

(1) 1 Sam. 1 , 8.

DEVANT l'ange de l'ëTEBNEL. 65

à Toi tout mon cœur, qu*il soit à Toi pour toujours , et que cette affliction porte ses fruits ! — Je te voyais alors , ma fille ; j'ai compté tes soupirs ; j'ai entendu le cri de ton cœur dans le deuil : « aie bon courage , je Teiaucerai ; et » c'est moi qui essuierai toute larme de tes yeux. »

O Divinité de mon Sauveur, je t'adore; mais je ne t'explique pas ! « Tous les anges de Dieu t'adorent , » a dit St. Paul ; ils t'adorent dans le ciel ; je t'adore dans la poussière ; mais je ne t'explique pas, et Dieu me garde de t'expliquer, moi, vermisseau de trois jours, qui ne sais même ni ce que je suis , ni comment je suis, ni pourquoi je suis ! Je ne t'explique pas, et je m'écrie au contraire avec St. Paul : « Cer- » tes il Faut l'avouer > c'élst un grand mystère que le myV y> tére de piété : Dieu manifesté en chair, vu des Anges, cru I) dans le monde , et reçu dans la gloire (1 ) ! »

Divinité de mon Sauveur ! tu me prouves que la Bible est descendue du ciel; car tu m'y montres mon Dieu, tel dans sa bontés que la création me l'avait déjà montré dans sa grandeur, je veux dire infini^ — infini quand II crée, et infini quand H aime; — infini quand II règne, et infini quand il sauve ; — infini dans tous les sens où sa pauvre créature le voudrait mesurer , soit qu'elle le suive dans le ciel par son génie, soit qu'elle prétende le mesurer dans Ja rédemption, par les conceptions de son cœur.

Je m'arme de ces instrumens inoUIs que la providence de Dieu vient de mettre entre les mains de l'homme pour lui feire contempler un peu plus loin les bords de ses voies. De ce grain de poudre que j'habite, je porte mes regards jusqu'à ces amas innombrables de mondes et de systèmes de

(1) i Tim.UI, 16. xal ôfAo^oy^^^vu;.

moades, dont la lumière n'a pu parvenir à nous qu'aprèsdes milliers et des milliers d'années; ma pensée même est trop Taible pour parcourir ces profondeurs incommensurables; mon esprit est trop petit devant de telles immensi tés> et je m*y trou* ve bientôt réduite lamesuredu néant. Je m*arréte confondu. — Alors y je laisse mes instrumens et mes calculs pour ouvrir ma sainte Bible , — et aussitôt , ô mon Dieu ! la divinité de mon Sauveur vient m'y révéler un autre inflni. Ce n'est plus mon esprit seulement , c'est mon cœur qui se trouve trop petit devant tant d'amour; et c'est par le cœur maintenant que je me vois encore une fois reporté dans ce même néant où toute créature doit se tenir devant son Dieu. Alors je reconnais , et je sens abondamment que le Dieu de la Bible et le Dieu du ciel y c'est le même Dieu , le Dieu incompréhensible à ma faiblesse par trop de grandeur, et incompréhensible à mon égoîsme par trop de miser!-corde; mais le grand Dieu, le vrai Dieu! et je m'écrie avec David : «Seigneur, ta gratuité est grande encore par-des- » sus les ciéux , et tu as élevé tes tendres compassions au- » dessus de toutes tes œuvres ; car autant les cieux sont » élevés pa»-dessus la terre , autant tes voies sont par- » dessus nos voies, et tes pensées par-dessus nos pen- » sées (1).»

Mais je reviens à Gédéon , et je redescends de l'Ange de rÉteruel à l'humble Israélite qu'il voulait employer pour délivrer son peuple.

La conduite loyale de cet homme de Dieu pourra nous donner d'utiles leçons.

Nous l'avons laissé courant à la maison de son père pour

fl) Ps. LVIl, 10 j CXLV, 9 ; CIII , 11. Esaïc LV , 8, 9.

DEVANT L*ANGB DE l'eTERNEL. 67

y préparer son offrande. — Une voix intérieure, une émotion y qu'il sentait venir non de la terre mais du ciel , lut disait déjà que le Seigneur l'avait choisi et qu*il avait aN faire à son Dieu. Cette ame née pour de grandes chos( s était sans doute déjà fort ébranlée. Dieu ne dédaignait pas son néant; Dieu ne se souvenait plus de son indignité! Dieu semblait l'avoir mis à part pour la délivrance d'Israël!

C'est dans Tébranlement de ces pensées que Gédéon vint receyoïT le signe qu'il avait demandé. Il avait préparé un jeane chevreau^ il l'avait mis dans un paâier d'osier ^ il avait pris tout un Epha de farine de froment , et chargé seul de ce pesant fardeau , il était enfin sorti de sa demeure pour aller en déposer l'offrande aux pieds de l'Être mystérieux qui daignait se tenir encore sous le chêne de son père. Avec quelle anxiété n'altendait-il pas le signe qui lui avait été promis? Cette heure allait décider de tout son avenir et du bonheur d'Israël.

Alors, est-il écrit dans notre texte, l'Ange de Dieu lui dit : a Prends cette chair et ces gâteaux sans levain; et de- » pose-les sur le rocher. » Gédéon se hâta de le faire , et bientôt il vit l'Ange de l'Éternel étendre sur ces objets consacrés y le bâton qu'il portait en sa main ; une flamme ardente sortit du rocher ; elle s'éleva vers le ciel , elle enveloppa l'offrande , elle la consuma tout entière ; et ce fut dans ce moment solennel que l'Ange disparut à ses yeux. Mais que devenait ce fidèle Israélite? Il était pénétré d'effroi ; il se sentait saisi de cette profonde terreur que la créature, et surtout qu'une créature rebelle et souillée comme l'enfant des hommes, éprouvera toujourssousl'impressionde la présence divine. — Dans son angoisse mortelle, il s'écria :

X)8 fiÉDÉON

ft Hélas! Seigneur Eternel! earfaivu V Ange de t Etemel face » à face ! Mais F Eternel, dit notre texte^ lui répondit du ciel : » Paix te soit! Que la paix soit avec toi, que la paix te soit » donnée (1)! ne crains point, tu ne mourras pas ! n

Vous pouvez comprendre comment ces douces paroles , sorties de la bouche de Dieu même , retentirent dans le cœur de l'heureux Gédéon. -* Vous pouvez comprendre son bonheur.

Pénétré de cette paix qui vient du ciel et que la terre ne peut donner^ Gédéon se sent prêt à tout faire pour Celui qui rappelle; il voudrait lui témoigner sa reconnaissance; il ne peut s'éloigner de ce lieu , théâtre de son bonheur, et il se hÂte d'y construire sous le chêne un autel à l'ÉterneL Ce sera le monument de cette paix inexprimable que Dieu vient d'ordonner pour lui ; et il y écrira ces mots : «Jehovah Schalom, » c'est-à-dire, «l'Éternel est ma paix] »

Heureux Israélite! ame sans fraude devant ton Dieu, oui ! serre-la dans ton cœur cette paix qui v4ent de Lui, car elle vaut mieux que la vie (2)! Bientôt ton. souffle ira s'éteindre dans le tombeau de tes pères ; bientôt ta poudre ira se joindre, à la poudre de Joas dans la terre de Hophra; mais la paix de ton Dieu est pour toujours! Dieu n'est pas le Dieu des morts; Il est le Dieu des vivans; et cette paix « gardera ton cœur et ton esprit » jusqu'au jour bienheureux de l'éternelle paix (3)!

Maintenant , Mes Frères , hâtons-nous de reporter nos regards sur nous-mêmes ; car cette scène nous tient un langage édiGant qu*4l nous importe d'écouter.

(1) Proprement, Paix pour totl et c'est en rappelant cette parol<9 ^e Dieu même dans son cœur que Gëdéon s*ëcrîa : Jéhova paix \

(2) Ps. LXIII, 3. (3) Phil. IV, 7. Marc XII, 27.

DEVANT l'ange DE L^ÉTERNEL. 69

Dès que Dieu l'appelle , Gédéon ne perd pas un instant ; il ne demande qu'une chose^ mais il la demande avec ins* tance ; c'est un signe qui l'assure que cette voix est bien celle de son Dieu. — Telle est la conduite loyale d'un vrai Israélite sans obliquité devant son Dieu. — Je voudrais maintenant ta présenter à votre imitation; et c'était, vous te savez, le dernier objet de ce discours.

Pour entrer dans ces réflexions avec plus de simplicité-, qu'il me soit permis de faire sur ce récit une supposition, qui bientôt me rapprochera de vous».

Qu'eussiez-vous dit de Gédéon , si , au lieu de demander avec tant de droiture et de ferveur un signe à TÉternel , il eût laissé sous le chêne Celui qui lui parlait avec une au-> torité toute divine, et fût allé reprendre, en alléguant l'insuffisance de cette première révélation , les soins qui l'avaient absorbé jusque-là dans les pressoirs de Hophra et dans la maison de son père? — s'il eût dit qu'il n'était pas encore suffisamment convaincu, et que, sans oser cependant affirmer que ce premier message ne venait pas du ciel, il attendait quelque chose de plus entraînant , et croyait pouvoir espérer que son Dieu viendrait encore lui faire entendre tôt ou tard un»langage plus clait et plus irrésistible?

Ne pensez-vous pas que cette dédaigneuse indififérence et ce mépris sacrilège ^ eussent attiré sur lui les chàtimens les plus sévères?

Eh bien , cependant, il n'est que trop vrai que parmi ceux qui m'écoutent , il en est beaucoup qui réalisent envers le même Seigneur , et dans des circonstances toutes

semblables, la conduite incoacevable que je viens de supposer.

Oo voit eo eux ce même méiauge de respect et de né^ gUgence , — d'incertitude et cependant d'indifférence. — Le Seigneur a daigné les appeler plus d'une fais , comme il appela Gédéon : il l'a fait par sa Parole et par son Saint- Esprit* Gomme Gédéon , ils ont cru que ce pourrait bien être là la voix de Dieu même; mais il y a pour eux, hélas! cette grande différence : Gédéon demandait avec instance un signe où s'appuyât sa foi : ils ne demandent rien. -^ Gédéon était sincère devant son Dieu : ils ne le sont pas. — Ils renvoient d'un jour à l'autre de s'occuper sérieusement des choses éternelles, et de s'assurer si réellement leur Créateur et le Juge de toute la terre ne leur aurait point parlée la Parole de Dieu les ennuie; la prière les fatigue et leur répugne ; et cependant ils ne font rien de. ce qui leur serait nécessaire , pour sortir de cet état de demi-doute ^ dirai-je? ou de demi-foi , si j'ose mnsi parler y avec lequel ils vont au devant des réalités éternelles , et pour faire cesser cette froideur et cet assoupissement déplorable qui en fut toujours l'inévitable suite l

O vous qui vous reconnaissez à ces traits , âmes immortelles [ 6 que je voudrais que les réflexions que je vais vous présenter pussent vous être utiles ^ et que mon Dieu daignât les bénir !

Dieu, vous disais-je, vous a souvent parlé. Ce n'était pas peut-être sous un chêne de la campagne ; ce n'était pas sans doute sous des traits sensibles > comme à notre frère Gédéon f mais c'était pendant cette lecture où vous fûtes profondément ému ; •— dans ce jour de communion , où vous sentîtes qu'il arrêtait ses. regards sur vous , et qu'il vous disait : Ton Seigneur est ici, donne-lui ton cœur! — dans ce gourde deuil; où vous conduisîtes au tombeau quel-

DEVANT l'ange DE L*ÉTERNEL. 71

qu^un de vos contemporains ou de vos proches ; — dans cette maladie , où pensant que votre ame allait vous être redemandée, vous lûtes la Sainte-Ecriture , et vous y entendîtes ces mots : « Viens à moi qui pardonne tant et » plus! — Celui qui a le Fils, a la vie, — celui qui n'a pas » le Fils y n'a point la vie ; mais la colère de Dieu reste sur » lui!... »

Voilà ce qu'a fait plus d'une fois pour vous le Seigneur des seigneurs. -r- Mais vous , qu'avez-vous fait? — Hélas, rien? — Voas êtes retournés à vos pressoirs (comme le faux Gédéon que nous avions voulu pour un instant supposer), à vos soucis , à vos vaines curiosités^ aux nouvelles du jour , à vos lectures oiseuses , à vos longs projets , à ce que vous appelez vos affaires, oubliant toujours cependant la plus grande de vos aQaires, celle d'un être immortel et responsable !

Et maintenant, je vais vous tracer votre histoire^ et je vais vous décrire ce qui se passe en vous.

Vous êtes bien éloignés de dire que la sainte Bible n'est pas la parole de Dieu ; et vous vous efforcez au contraire de vous persuader à vous-mêmes que vous la croyez telle ; — mais en réalité vous ne croyez pas. — Non ! vous ne croyez pas! — Ah! si c'était réellement à vos yeux la parole de Dieu , ne Técouteriez-vous pas? ne la chéririez-vous pas 7 ne l'étudieriez-vous pas? — U vous reste des doutes secrets ; — vous ne croyez qu'à demi , comme Gédéon sous le chêne, que c'est le Seigneur qui vous parle , — mais il y a , je vous l'ai dit , cette grande différence entre vous et Gédéon : il mit sincèrement en usage ses premières convictions et ce commencement de foi ; il ne se donna point de repos qu'il n'eut assuré le chemin de son ame^ mais pour vous ,

VOUS y pensez à peine > et c'est la deroière de vos inquîétd-* des , en sorte que ce que vous croyez avoir de foi , ce n'est pas celle d'un enfant de Dieu qui embrasse les promesses de la vie éternelle; c'est une foi qui ne saurait servir qu'à vous rendre plus coupables, et qu'à vous perdre si vous en restiez là. ^— Hélas ! Baal possède encore un autel dans votre cœur , comme il en avait un dans la maison de Joas ; et « vous dochez des deux côtés entre Dieu et Baal (1). » Vous ne voulez prendre encore dans lia Bible qu'une moitié de ses doctrines , et qu'une moitié de ses préceptes* — Vous^ avez des doutes secrets ; et vous ne faites rien pour les résoudre. — Vous voudriez, dites-vous, avoir plus de foi ; et vous ne faites rieu pour l'obtenir. — Vous croyez à moitié que Jésus est sous le cbéne de Hophra , et que c'est peutêtre Lui qui vous a parlé dans la Bible, et qui a plus d'une fois ébranlé toute votre ame ; vous le croyez, dites- vous,, et vous vous retirez^ vous vous en allez; vous le laissez là ; vous ne l'interrogez plus! — et vos semaines, vosmois^ vos années sont remplies de tout autres soucis , et de tout autres soins que celui de l'écouter»

Après ces premières convictions , où est votre Bible? pu est l'étude que vous e& faites ? Quaod vous voit-on rechercher le commerce des personnes qui pourraient vous éclairer^ vous encourager , vous parler de Jésus et ,vous reconduire auprès de Lui?

Et remarquez-le bien : vous ne voudriez pas mourir dana l'état où vous êtes ; vous espérez , mais toujours languissamment^ qu'avant ce terme fatal, quelque signe vous sera donné; vous attendez toujours vaguement dans l'ayenir que.

(ijiaowXYin, 21.

DEVANT L*AN6E DB l'ÉTERNBL: 73

sa Providence emploiera quelque moyen nouveau , quelque lumière extraordinaire y quelque circonstance entraînante, que sais* je? un événement tragique, une dernière maladie, pour vous amener à Lui*

Et pendant que vous attendez ainsi, qu'arrive-t-il? yous vieillissez ; vous vous en allez ; vos amis à vos côtés descendent dans le tombeau ; vos semaines s'envolent ; les jours s'éteignent pour vous les uns après les autres ; les nuits se succèdent et se précipitent , pour amener bientôt votre derrière nuit; et vous attendez toujours!

Et cependant , il n'en est pas un seul d'entre vous dans ce temple à qui Dieu n'ait donné , sur la vérité de sa Parole et des témoignages , même extérieurs , des signes qui parlent à tous les yeux , et qui déjà suffiraient seuls pour vous rendre inexcusables, si vous demeuriez inattentifs.

Voyez la race des Juifs, ces prophètes involontaires , qui se promènent depuis 18 cents années d'un bout du monde à l'autre , errans et dispersés , pour aller porter un témoignage à tous les peuples de la terre. — Voyez Jérusalem foulée aux pieds des nations , pour accomplir , l'une après l'autre, toutes les déclarations de Jésus-Christ. — Voyez l'Évangile se répandant en tous lieux par la seule puissance de sa Parole. — Voyez le réveil de la piété , de la pureté , de la charité , dé tout ce qui est bon , de tout ce qui est beau, de tout ce qui honore l'humanité, de tout ce qui est aimable et digne de louange , partout où la sainte Bible revient en honneur. — Voyez les nations idolâtres encore de nos jours , brûler les idoles qu'elles adoraient depuis des siècles. — Voyez des hommes cannibales passer en quelques mois de l'extrême barbarie à tous les fruits de l'Évangile , parce qu'ils ont entendu la yoix de quelques

pauvres missionoaires qui ne leur apportaient que leur Bible. — Et sans aller chercher si loin de pareils témoignages , allez dans la cabane d'un villageois qui connaît Jésus-Christ » et vous y verrez ce que peut l'Évangile. — Allez voir sur son grabat ce pauvre malade qui lit sa Bible et qui la croit; allez , et vous y verrez une philosophie pratique devant laquelle les Platon et les Socrate seraient demeurés muets d'admiration*

Et cependant > vous n'y .pensez pas! et vous ne Tétudiez pas ! et vous ne vous en inquiétez pas !

Ah ! ce que vous croyez donc avoir de foi (je dois le répéter encore y et vous le voyez), c'est une foi outrageuse dans sa dédaigneuse indifférence ; c'est une foi qui vous laisserait sans excuse , et qui signalerait avec plus d'éclat et plus de ruine l'endurcissement de votre cœur ^ si vous en restiez là.

Prenez-y donc garde , je vous en supplie de la part de Dieu ; a on ne se moque pas de Dieu ; » dit l'Apôtre St. Paul(1), «ce que l'homme aura semé, il le moisson- » nera. » «Celui qui méprise la parole (est-il écrit) (2) pét> rira à cause d'elle. — Méprises-tu donc , ô homme , les n trésors de la patience et de la longue attente de ton Dieu, » ne considérant pas que sa bonté te convie à te repentir ; «— » tandis que par ton endurcissement et ton cœur sans re- » pentance tu t'amasses la colère pour le jour de la co- » 1ère (3)! » Craignons donc, Mes Frères^ que quelqu'un » d'entre nous , négligeant la promesse d'entrer dans son » repos, ne b'en trouve privé (4). »

(1) Gai. VI, 7. (9) ProY, XIU. 13. (3) Rom. II, 1. (4) Hébr. IX, 4, 5.

DEVANT l'ange DE l'ÉTEBNEL. 75

Mais qu'avons-Doos donc à faire? diront peat-étre quelques-uns de ceux qui m'entendent. Voulez-yous que je vou» le dise? Faites ce que fit Gédéon.

Dès qu'il a soupçonné que ce peut être Dieu qui lui parle, voyez sa marche loyale et son ardente sincérité. — Il fait trois choses ; — d'abord , il s'approche du Seigneur par la prière : et Si j'ai trouvé grâce devant tes yeux , je te » supplie de me donner un signe que c'est bien Toi qui me » parles. » — Secondement y dès qu'il a fait sa prière , il court se disposer à présenter l'offrande de ce qu'il peut.— Enfln , quand il a fait et sa prière et son offrande y il s'ap- ^proche encore du Seigneur pour le contempler et pour l'entendre. — Voilà votre modèle. — Oui! Âmes immortelles» pauvres pécheurs , vous aussi , faites ces trois choses , et Dieu vous donnera la force , le zèle y la chaleur qui vous manquent; et Dieu vous bénira.

Commencez donc par prier ^vec instance ; et si vous ne savez pas encore y mettre de la ferveur , mettez-y du moins de la persévérance , et la ferveur viendra. Peut-être que jusqu'ici vous n'avez encore jamais su vous approcher du trône de la grâce avec l'assurance que Jésus-Christ est VIVANT y qu'il est dans la chambre où vous priez ; qu'il est puissant pour sauver, et « qu'on ne vient au Père que par Lui(l). »

Eh bien, aujourd'hui^ en rentrant dans vos maisons, « allez dans votre cabinet , fermez-en la porte (2), » et là dites-lui comme Gédéon : « Seigneur ^ si j'ai trouvé grâce » devant tes yeux, » oh! daigne prendre pitié de mon âme,

(1) Apoc. 1 , 17, 18. - 2 Tim. 1 , 12. - licbr. Vil , 85. - Jeai» XIV, G. (2)MaUh.VI,6.

et lui donner , je ne dis pas des signes ( ils sont donné? te» signes ! ) (1 ) mais un cœur droit pour les reconnaître , mais* une assurance efficace y une conviction profonde que c'est

(1) Prenons y bien garde, en effet. C'est on pëché qaelqaefois, c'est tenter Dlea qae de demander nn signe, qaand déjà le signe est donné (Matth, XVI, 4 ; XII , 38 , 39. Marc YIII , 11 }, comme aussi quelqnefois c'est an péché de n'en pas demander , et d'imiter ainsi la coupable indifférence de l'impie Achaz ( Esaîe VU, 1 ). — Poar nous , à qui les signes abondent, il s'agit donc, non plus de les reccToir ni de les demander, mais de les étadîer, de les reconnaître et de nous j soumettre. N'ayons^nous pas le signe de Jonas ? « Une race méchante a> et adultère redemande de nouveaux signes , » disait notre Seigneur; et U ajoutait encore: a Hypocrites; ne saurez-yons donc pas distinguer » les signes dn temps ou yous êtes ? » •— Voilà ponr les signes extérieurs.

Mais il est des personnes qui pèchent contre Dien par un antre côté; Ce sont des signes intérieurs qu'elles demandent , ayant de consentir à croire. — Je sais, vous diront-elles , que la Bible est la Parole de Dieu, et je ne craindrais pas d'engager dix fois ma yie sur cette persuasion; mais je ne sais pas encore si je peux m'appliquer les promesses faites st ceux qui croient, et je voudrais quelque signe qui vînt me l'attester.-^ Groyez-yons, leur répondrai-je, que le Fils de Dien soit mort réellement à la place de ses élus , qu'il ait expié toutes leurs iniquités , et qu'il soit pour eux un Sauveur suffisant et parfait ? — Oui ! — Et n'avez-yous pas lu qu'il est encore écrit que celui qui croit ainsi dans son cœur a la vie éternelle et qu'il est un élu ? — S'il est vrai qne vous croyiez que Dieu a parlé, croyez donc aussi ce qne Dieu a dit, quand il a parlé. — Croyez de grandes choses , et de grandes choses vous seront faites. — N'attendez pas d'avoir vu chez yous les fruits de la foi, ponr prendre de la foi. — « Bienheureux celui qui a cru avant d'avoir vu et » avant d'avoir senti. >»•!—« Bienheureusç aussi celle qui a cru , »• dit l'Esprit saint , u car les grandes choses qui lui ont été dites par le )» Seigneur auront leur accomplissement. » ( Jean XX. 99. Luc I , 46.)

Lisez attentivement ce qui nous est dit de la foi d'Abraham , au IV* chapitre de PEpître aux Romain» (ver? 18-25.)

DEVANT l'an:6r db l'étbrnel. 77

bien Toi qui me parles de récoDciliation dans la Bible , et par-là même , ô mon Dieu y que tu in*as sauvé , que ma dette est payée y et que fna paix est faite avec Toi ! — « Oui , » montre-moi les signes de ta faveur ; tourne-Toi vers T>} moif donne ta force à ton serviteur; et que les ennemis » de mon âme soient rendus confus, parce que tu m'auras » aidé, 6 Éternel, et que tu m'auras consolé (1)! »

Mais , en second lieu , si vous voulez la trouver cette paix qui vient de Dieu, occupez- vous sans retard, comme Gédéon, de lui présenter votre offrande; oui , l'offrande sincère d'un cœur qui veut se donner à Lui, l'offrande d'une parfaife bonne foi , l'abjuration de toute apathie, de toute intention qu'il réprouve, de toute fausse sécurité; l'abandon du cœur , et en un mot la vérité , l'aimable vérité. —

Oui ! allez à Lui en vrai Nathanael : «Seigneur, je veux tV)béir au moins déjà selon la mesure de ce que je crois ! Seigneur , je te présente au moins l'offrande du peu que j'ai ! Y a-t-il maintenant de ma part une démarche qui te fût agréable? y a-t-il une société que je doive éviter, une autre qu'il faille rechercher? y a-t-il un sacriflce à faire? Mon Dieu, que veux-tu de moi?» — C'est ainsi qu'on s'ap* proche de Lui^ Mes Frères : on lui porte son offrande, non pas sans doute pour acheter la faveur qu'on réclame, (nous savons qui nous l'a méritée ! ) mais pour lui témoigner , et aussi pour s'assurer à soi-même qu'on vient bien à Lui comme « un Israélite sans fraude (2), » avec une ame sincère, avec un cœur plein d'abandon.

Enfin ^ Mes Frères, (et c'est ici notre dernier conseil), approchez-vous du Seigneur , comme Gédéon , pour le con-

(1) Ps, LXXXVI, 17. («) Jcaal; 47.

templer et pour Tentendre ; je veux dire en d'autres termes y prenez sa sainte Parole , et lisez-la comme à genoux , avec la pensée que c'est Lui qui vous y parle , qu'elle est a toute inspirée (1) , qu'elle est toute écrite pour votre » instruction , afin (comme il est écrit) (2) que par la con-p n solation des Écritures vous trouviez l'espérance. » Alors y si vous faites ces choses', je puis vous l'attester par l'expérience de tous les siècles , ou pour parler beaucoup mieux encore , je puis vous l'attester par la parole du Dieu qui ne peut mentir , vous serez exaucé. Alors, comme Gédéon , vous recevrez les convictions et vous reconnaîtrez les signes dont votre ame a besoin pour trouver la paix et pour avoir la vie.

Et voici le double signe qui vous sera donné de Dieu. Premièrement, il exaucera pleinement pour vous cette prière de Gédéon : « Montre-moi, Seigneur, que c'est bien » Toi qui me parles ! » Il vous donnera le sentiment de sa présence , et vous pénétrera de la douce pensée •que c'est Lui-même qui vous parle dans la Sainte Ecriture; et s'il vous reste des perplexités et des doutes, vous les verrez successivement disparaître , comme au lever du soleil les vapeurs de la nuit ! Et quand vous aurez obtenu cette première conviction , il vous en fera recevoir une seconde encore par cette Écriture même , et il vous dira comme à l'heureux Gédéon : « Que la paix soit avec toi» flme travaillée et chargée , « ne crains point , tu ne mourras pas ! « Il vous donnera de comprendre avec évidence que cet Evangilequi vient de lui contient , non pas d'abord une loi, mais un fait ; et quel fait? — une bonne nouvelle , — la

(1) 2 Tim.IlI, te. (9) Rom. XV; 4.

DEVANT l'aNGB DE L*ÉTEBNEL. 79

bonne nouvelle d'un pardon tout gratuit , d'un pardon complet, d*un pardon proclamé de Dieu même. Il vous donnera le sentiment de votre part en ses promesses , et la joie de son salut. — Alors, « son Esprit rendra témoignage à votre » esprit que vous êtes devenu son enfant (1); » et le feu de sa grâce descendant pour vous, sur le sacrifice «d'un cœur » honnête et bon (2), » vous entendrez, comme Gédéon, votre invisible Maître vous dire au fond de votre Ame : « Mon fils y que la paix te soit donnée ! Ma fille , tes péchés » te sont pardonnes (3), va-t-enen paix, ne crains point, tu » ne mourras pas. »

Alors, vous l'aurez pour toujours cet te paix de Dieu qui vaut mieux que la vie; ajors vous élèverez à l'Éternel , dès ici-bas , à côté de votre demeure d'argile et de votre tombeau , et bientôt après dans la maison paternelle des cieux, un monument sur lequel vous aussi vous graverez pour toujours ces mots de Gédéon : l'éternel est ma paix; — ma paix dans la vie , ma paix dans la mort, et ma paix encore dans l'éternité !

Mes Frères , « que le Dieu d^espérance vous remplisse de » toute joie et de toute paix par le moyen de la foi , afin » que fous abondiez en espérance par la puissance du Saint- » Esprit (4).»

Je finis en vous disant comme St. Pierre : (5) « Croissez » dans la grâce et dans la connaissance de Notre Seigneur » Jésus-Christ, à qui soit la gloire, dès maintenant et jus- » qu'au jour d'éternité! » Amen.

(I) Rom. VIII, 16. (9) Luc VIII, 15. (3) Loc VU, 60. Mallb. IX , 2. (1) Rom, XV, 13. (9) 8 Epît. lïl, 18.

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