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OK L

MQUE CHRÉTIENNE.

SUR LUC XXn, 7-13.

^ Ôr^ le jour, des pnins mns levain, auquel il fallait tmmo- /er la Pique i arriva} -r- ^ JÉSUS envoya Pierre et Jean en leur disant: /filez et préparez la Pdque, afin que nous la mangions ; '^ et fis lui dirent: Ou veux-tu que nous la préparions? Ei il leur dit : Voici: lorsque vous serez entrés dans la ville y vous renûonfrérez un homme portant une cruche ■d'eau ; suivez-le dans la maison où il entrer c^, — ei dites au maître de la maison : Le MAITRE f envoie dire : a Où esP le logis où je mangerai la Pdqueavee mes disciples?^ Et il vous mQntrera une grande chafii^brè haute et parée; préparez^y la

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Pdque. — S'en étant donc allés, ils trouvèrent tout comme II 4e leur avait dit, et ils préparèrent la Pdque.

II est daus Thistoire (1 ) un trait émouvant et sublime » dont on a fait souvent usage pour montrer ce que peut sur un cœur fidèle la doctrine de la Croix» et qui nous semble bien propre à vous faire mieux comprendre l'éloquent langage de la Sainte-Gène , lorsqu'elle nous représente comme Taliment d'une ame chrétienne, comme son pain et sou vin, la pensée habituelle de JÉSUS mourant à notre, place dans les angoisses de la mort seconde.

On rapporte qu'un Roi^ le père de son peuple , bien convaincu que le désordre des mœurs y produisait des maux plus funestes encore que la rapide et que le meurtre , fit publier une loi qui condamnait les adultères, comme indignes de voir la lumière du jour , à perdre les deux yeux par la main de la justice* — Mais quelles ne durent pas être les violentes émotions de sa douleur, et les convulsions de son cœur paternel, lorsqu'on vint lui dire qu'un malheureux avait été surpris dans son crime , et que ce malheureux, c'était son propre fils! — Que va-l-il devenir? — Faudra-t-il donc qu'on exécute la terrible sentence sur son fils unique, sur son bien-aimé , l'espoir de ses jours, l'héritier de sa <;ouronne? ^ — A chaque retour de cette pensée son ame tout entière se déchire, et tout son être bouleversé semble prêt à s'anéantir dans la douleur. -— Gepeiidant, Tépargnera-t-il? N'est-il pas le père de ses sujets ? Violerat-il en faveur d'un coupable l'inviolable sainteté des lois,

<1) Voye* Valer. Mwiq. I. 6, titre De jnstit.

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et les intérêts de tout un peuple? — « Non ! s'écrie-t*il , plu* tôt mille fois déposer mon sceptre et descendre de mon trône ! Non ! il faut cesser d'être Roi avant de cesser d'être juste !» — Il ordonne donc que tout plie devant Tinflexible sévérité des loiS| et qu'on apprête le supplice qu'elles ordonnent. — Le jonr fatal arrive ; le Roi , devant tout son peuple , monte sur son trône. Son fils bien-aimé s'avance ; les bourreaux s'en emparent à ses ordres ; Texécution commence ; le sang royal coule, et le peuple consterné frissonne dans le silence de l'épouvante. *- « Arrêtez , s'écrie alors » le monarque et le père, l'un de ses yeux arraché s'est » éteint pour toujours !... je suis so» père : qu'on m'arra- » che l'autre !... que la loi soit saiisfaite, que la justice » éternelle ait son cours ! Moi et mon fils nous ne sommes » qu'un ! »

Qui pourrait dire l'attendrissement , la sainte terreur et les émotions sublimes qui s'emparèrent alors de tout un peuple^ à la vue de ce vénérable vieillard descendant de son trône comme un coupable, et se livrant anx mains des bourreaux! — Oh! qu'à la lueur de ce jour émouvant et terrible, la loi dut paraître sainte et redoutable! Oh! qu'en même temps l'amour paternel dut faire couler de larmes! — Mais quand il serait possible de décrire les émotions du peuple qui contemplait de loin ce spectacle sublime, qui pourrait dire ce qui se passa dans l'ame du coupable! — Ne vous semble-t-il pas qu'il devait moutir de douleur , de reconnaissance , de repentir , de honte ? — L'amour de son père n'a ttendrira-t-il pas tout son cœur? et la sainteté de son père ne pénétrera-t-elle pas alors de toutes parts ce cœur attendri? — Et toutes les fois que des pensées du mal reviendront parler à son ame , ne suffira-t-il pas qu'il re*

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porle quelque regard sur le visage vénérable et malilé dô son père , pour les élouOer aussitôt dans leur germe , et pour lui donner mille fois plus l'horreur de son crime que ne Poussent pu faire jamais les supplices les plus longs et les plus cruels?

O mon ame ! voilà ton image. — mon ame ! regarde à JÉSUS; car ce n'est pas autrement que tu as été sauvée! — Oui, voilà ce qu*a pu faire pour te sauver le. Roi des Rois, ton Créateur et ton Juge! mon ame! regarde à JÉSUS 9 expirant à ta place sur une croix ; et tu verras un spectacle dont celui-ci n'offre encore qu'une image incomplète et sans vie. — Oui , Mes Frères , le Roi , c'est TÉter- NEL votre Dieu, elle coupable , c'e$t vous! — ^ Ce que vous avez mérité, c'est la mort étemelle. — Celui , qui vous a sauvés 9 c'est le Seigneur des Seigneurs, «qui ne tient pas le coupable pour innocent » (1 ), et qui cesserait d^étre Dieu avant de cesser d'être juste. — Et comment vous a-t-ilsau- ' vés? — Tandis que l'homme ici-bas se rit du péché ; tandis qu'il met souvent en (question si « Dieu prend gardé aux iniquités (2), on a vu le Seigneur descendre comme an çou-. pable du trône de la gloire, s^anéantir jusqu'à prendre la forme d'une créature , et venir souffrir à la place des pécheurs les angoisses de la mort étemelle! -^ Le' Père «a tant aimé le nionde qu'il a donné son Fils unique au monde » (3), et que, lorsque son Fils a paru devant lui chargé de nos péchés, « il ne Ta pas épargné» ; il ne s*est pas épargné soi-même : il a « fait venir sur lui l'iniquité ^e nous tous » (4), et c'est ainsi qu'il s'est montré sur la

(t) Nomb. XIV. 18. (î) Pg. CXXX, 3, (3) Jean lïl, 16. (4), Es. LU, 6.

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