‹ SermonsChapitre 5 sur 88 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

Qu'£ST-GB QVE SE CONVERTIR? Une réponsc complète à cette grande question nous entraînerait sans doute fort au-delà des bornes que nous devons nous prescrire aujour^ d'hui ; c'est pourquoi > sans prétendre vous exposer la nature et tous les traits d'une conversion véritable , nous nous contenterons de vous présenter, sur ses principaux caractères , un certain nombre de questions, qui pourront vous mettre à même , si vous voulez être sincères , de connaître Tétat réel de votre âme en la présence de Dieu.

Cependant , avant de vous les adresser, il est indispensable ici de vous rappeler un principe fondamental , que trop de gens parmi nous oublient ou méconnaissent. — C'est que 1^ bien qu'on doive sans doute reconnaître à leurs fruits les véritables enfans de Dieu ) la conversion n'est point proprement une œuvre extérieure. — C'est au cœur que Dieu regarde ; c'est le cœur qui doit changer. — Et comme le père le plus tendre repousserait avec dégoût les égards les plus empressés et les soins les plus assidus de son fils 9 s'il savait que ce fils, s'ennuyant de sa présence et n'ayant point d'amour pour lui, ne le sert qu'avec contrainte , pour ne pas encourir ses chfttimens , ou pour s'assurer une meilleure part dans l'héritage paternel : à bien plus forte raison, notre Dieu, qui réclame tout amour, qui (( sonde les reins et les cœurs (1 ), « et qui connaît ce (^ui

(1) Apoc, II, ».

lA NATURE. 21

» est en rhomme (1 ), » notre Diea ne saurait agréer un calte d'esclave, ni les vains efforts d'an cœur sans amonr , ou la créature à son trône , ou le créateur est détrôné.

(( Mon enfant, » nous dit-il > « donne-moi ton cœur ; (2) — » tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton g(»ur (3); — » je n'ai point égard à ce à quoi l'bomme a égard : l'homme » regarde à ce qui est devant ses yeux , mais moi , l'Étemel , y^ JE REGARDE AU COEUR (4) ^ » et quaud vous « donneriez » tout votre bien pour la nourriture des pauvres , quand )» vous livreriez votre corps pour être brûlé , si vous n'avez » pas la charité , » c'est-à-dire , l'amour dans le cœur , « vous n'êtes rien (5). » — C'est l'amour que Dieu demande à sa créature ; c'est par l'amour qu'il veut être servi; c'est l'amour qui fait la vie des cieux ; c'est a l'amour n qui (( ne périra jamais. »^

La conversion , je le répète^ est don« une œuvre inté« rieure; et, pour me servir des déOnitions même de l'Ecriture , c'est <c le rétablissement de l'image de Dieu » dans le cœur de Ihomme décbu ; c'est « te changement du cœur, » c'est « la circoncision du cœur, » c'est « le dépouillement » du cœur de pierre , » c'est a l'obéissance du cœur, » c'est « la purification du cœur , » c'est « Pamouc de son Dieu » dans le cœur. » ^

II pourrait sembler superflu , peut-être , de rappeler dans un temple chrétien des principes si clairs, et en appa« rence si généralement admis : — mais au nom de tout ce que vous avez de plus précieux, au nom de votre ame et de son éternité, prenez-y garde ! — Sondez-vous attentive-

(1) Jean, II, 56. (2) Pror., XXIIÏ, 56. (3) Marc, XII, 30.(4) 1^ Sam., XIV, 1. (S) 1, Cor., Xlil, S.

ment ; et irimitez pas tant de malheureux qui, se laissant décevoir aux vaines apparences d'une réforme tout exté** rieure , se persuadent n'avoir point eux-mêmes à se con<» vertir, parce qu'ils ont reçu les eaux.du baptême , parce qu'ils fréquentent les assemblées chrétiennes , parce qu'ils font des auuiônes et des prières , parce que leur conduite est décente, régulière, austère même peut-être aux regards des hommes , tandis cependant que leur cœur est encore secrètement éloigné de Dieu $ tandis que l'amour du monde y tient encore la place qu'y devrait occuper l'amour du Seigneur; tandis que les maximes du monde, l'approbation du monde , les faveurs du monde y font encore et la règle de leur vie^ et leur premier but, et leur plus chère ré* compense..

Examinez- vous donc bien , Mes Frères , nous vous ea conjurons. — Pensez que ces terribles piaroles : Si vous ne vous CONVERTISSEZ, VOUS PÉRIREZ » , Sortirent de la bouche même de Celui qui n'avait quitté la gloire des cieux, que pour descendre dans l'abime de nos misères, et que pour nous a délivrer dé la colère ^ venir » par les prodiges d'une miséricorde plus haute que les cieux et plus profonde que les abîmes. — Penseâ: que toutes les études,, tous les soins, toutes les gloi^s de cette vie passagère ne soat, après tout,, que de pompeuses puérilités, auprès d'une question , d'où dépend cette éternité devant laquelle miUe vies oeseraienl encore que comme un jour 4 a Suis-je converti ? — f Serai- « je mis à la droite ou à la gauche ? — Suis-je en ^Christ « ou hors de Christ ? ».

Prêtez donc une oreille attentive aux questions que Je vais vous adresser :

Aimez-vous votre Dieu? — Votre première ambition^

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