‹ SermonsChapitre 73 sur 88 · EX CANAAN · texte numérisé non relu

EX CANAAN

Alors, le vieillard , d'un toD solennel et presque suppliant y arrêtant sur son fils des regards où se peignent des pensées d'éternité| lui fait entendre ces paroles : « Mon » fils y je ieprie y si j* ai trouvé grâce devant tes yeux, mets » présentement ta main sôus ma hanche , et jure^^moi que tu » useras envers moi de gratuité et de vérité. »

Où va tendre ce début? Pourquoi cette humble prière? Pourquoi tant d'instances > et que vient-il demander?

Mes Frères, Ton ne saurait comprendre cette scène funèbre entre un prophète qui va quitter la terre et l'homme de Dieu qui vient l'assister dans son Ut de mort, si Ton ne s'élève pas aveceux aux sentimens de foi dont leur ame était remplie y et si Ton ne sait pas voir que la terre était soua leurs pieds, et que les promesses « du Dieu qui ne peut mentir » étaient alors la lumière et la vie de leur ame.

Mais, pour qu'on ne pense pas qu'au gré de nos interprétations nous prêtions aux Patriarches des sentimens qui leur étaient étrangers y nous sommes heureux de pouvoir citer ici un commentateur infaillible , je veux dire l'Apôtre Saint Paul , dans son épître aux Hébreux* Ecoutez-le luimême :

Il nous dit que ce fut u par la foi que lacob mourant » bénit ses fils ; » que « ce fut par la foi qu'il se prosterna » sur le chevet de son lit (ou comme le traduit TApôtre^^ » appuyé sur le bout de son bâton); que ce fut par la foi » que^ comme Jacob, Joseph ordonna que ses os fussent » transportés au pays de Canaan.» Il nous dit que « ce » fut par la foi qu'ils demeurèrent comme étrangers dans )) le pays qui leur avait été promis, habitant sous des ten- » tes, comme leurs pères qui étaient héritiers avec eux >) de la même promesse ; car ils attendaient , comme Abra«

» bain, la cité qui a dés fondemens et de laquelle Dieu » lui-même est rarchitecte et le fondateur.

Il nous dit : « quMls moururent dans la foi , et que, s*ils » moururent ainsi , sans avoir reçu les choses qui leur )) avaient été promises , cependant j ils les avaient vues de » loin 9 ils les avaient crues , ils les avaient saluées ; et ils » avaient fait profession d'être étrangers et voyageurs sur » \% terre. » Il nous dit que « ceux qui tenaient ce lan- » gage montraient clairement qu'ils cherchaient encore une » patrie 9 non pas, sans doute celle dont ils étaient sortis» ( ajoute TApôtre), « car ils avaient du temps, s'ils eussent » voul^^ pour y retourner; mais ils en* désiraient une » meilleure , à savoir celle du ciel ; c'est pourquoi Dieu » n'a point pris à honte d'être appelé leur Dieu ; car il leur » avait préparé une cité. »

Vous l'entendez, Mes Frères , voilà ce que la Sainte Bible elle-même nous a dit de ces Patriarches. C'est dans la foi c< qu'en mourant ils donnaient des ordres touchant leurs os; » c'est aux promesses éternelles qu'ils regardaient : ils les (c saluaient » de leur lit de mort.

Et si vous désiriez de nouveaux témoignages sur cette foi dont l'ame de Jacob mourant était remplie , écoutez-le luimême à la suite de notre texte. Voyez-le > pendant que rempli du Saint-Esprit, il distribue entre ses enfans, dans ses bénédictions prophétiques, la possession delà Palestine.

Profondément attendri dans la pensée des miséricordes de Dieu son Sauveur, et dans l'attente prochaine des réalités qu'il va contempler , il ne peut bientôt plus contenir tant d'émotions ; et pendant qu'il parle encore à Dieu des destinées futures de sa postérité, il est obligé de s'interrompre tout d'un coup, et d'éclater, en s'écriant dans le ravisse-

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