‹ SermonsChapitre 75 sur 88 · EN CANAAN. S · texte numérisé non relu

EN CANAAN. S

le tribunal de Dieu , comme on y passait alors ^ « il faut être » né de nouveau par le Saint-Esprit pour pouvoir entrer » dans le Royaume de Dieu », comme il le fallait alors.

C'est donc un devoir aux pères de Famille de mourir comme Jacob; et c'est un devoir aux membres de la famille^ témoins d'une pareille mort^ d'en profiter comme Joseph.

Eh bien , je vous en conjure , qu'aucun de vous ne quitte ce lit de mort où nous venons d'assister ensemble, sans faire sur lui-même des retours sérieux, et sans entrer dans la réalité de cette pensée si simple et si frappante : Et moi aussi , je dois à mon tour arriver bientôt au jour où l'on veillera près de mon chevet , où l'on attendra mon dernier soupir^ où l'on recueillera mes dernières paroles, et où l'on dira de moi : Il est malade^ il est très mal; il est mort...» mon Dieu , suis-je prél ! Jésus est-il en moi ? La bonne nouvelle du pardon de tous mes péchés est-elle le trésor et la vie de mon ame? Ai-je pris possession des promesses : vivent-elles dans mon cœur! Ai-je une foi réelle, sincère, vivante > que les œuvres accompagnent? Et quand je dis que j'ai la foi, ai-je bien cette foi qui met véritablement la paix dans une ame, qui la pénètre de l'esprit d'adoption, qui tourne ses pensées habituelles vers les choses d'en-haut, et qui lui fait chercher la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur? n

Croyez-vous, 6 vous qui m'écoutez, que, si Dieu vous retire cette année, votre mort soit chrétienne, et qu'elle puisse servir à l'édification de votre famille, de votre époux, de vosenfans, de vos domestiques? Vous verrait-on partir dans la foi des enfans de Dieu?

Vous pouvez déjà le pressentir ici : avez-vous dans le cœur ce témoîgnage secret mais sensible que Dieu donne à

SQS enfans? Son Esprit rend-il témoignage dans votre esprit que vous êtes enfant de Dieu , pour parler avec Saint Paul? Avez-vous reçu cet esprit par lequel une ame, s'approchant de lui avec une confiance^ un abandon filial , peut dire : Jbba, Ahha^ mon Père» mon Père? Avez-vous^ par la foi dans les promesses du Dieu qui ne peut mentir ^ le sentiment de votre réconciliation y l'assurance de votre falut^ Avez-vous la paix des enfaos de Dieu ?

Ah ! pensez-y» je vous en supplie : Cest le moment d'y penser. Etes-vous bien sur le chemin de la vie? « Jésus est » le chemin! » Nul ne vient au père que par Lui. Avez-^ vous pris la porte? Il est la porte : « Celui qui entrera par )» lui sera sauvé » ; il n*y a point d'autre entrée. Hors de lui» vous seriez perdu, perdu pour jamais.

Il est temps d'y penser. Plus tard, ce serait trop tard. Plus tard, il n'y a plus de temps. Plus tard » on entend tout à coup et comme à l'heure de minuit ce cri terrible , a Voici » l'Epoux qui vient, sortez au-devant de lui!» Et malheur alors aux vierges folles dont la lampe va s'éteindre , parce qu'elles n'ont pas encore de Thùlle dans leur vase ! — Plust tard, il serait trop tard !

Vous dirai-je que » si vgus avez même une faible mesure de foi en Dieu , et une faible mesure d'amour pour vos proches , vous devez regarder coïSime un de vos premiers devoirs A leur égard de leur laisser le souvenir d'une mort chrétienne? Vous dirai-je que vous ne sauriez leur assurer un héritage plus précieux que> les souvenirs pénétrans du départ d'un bon père , d'une bonne mère, qui saisit les promesses de ses mains affaiblies» qui les sert contre son cœur, qui appelle Jésus à son lit dcl mort, et qui ne craint * plus aucun mal, parce que son Berger, l'Éternel, le boa

BN CANAAN. 381

Pasteur est avec lui , parce que son bâton et sa houlette sont ce qui le console? — Ah ! je vous dirai plus encore* Il y va pour vous de la mort éternelle ou de la vie éternelle. Il faut être prêt pour le dernier jour; il faut entrer par les portes dans la vie. La première chose qui vous concerne, c'est de sauver votre ame; c'est d*être trouvé rece- ?al)le9 c'est de n'avoir pas, lorsqu'au dernier jour vous crierez à la porte ^ « Seigneur, Seigneur ouvre-moi! » c'est de n'avoir pas à recevoir cette affreuse réponse i « Retire-toi de moi y je ne te connais pas ; tu ne m'as ja« » mais connu , » tu n'es pas de mes brebis !

Il est temps d'y penser, je le r^ète. Mes Frères ; c'est la seule chose nécessaire. — ^ Eh bien , disposez-vous-y dès aujourd'hui. — La manière la plus sûre de mourir de la mort des justes , c'est de vivre aussi de la vie des justes !

Devenez donc sérieux sur Téternité; cherchez dès aujourd'hui dans la sainte Bible le Sauveur des pécheurs; cherchez-le dans la prière; et quand vous l'aurez trouvé, suivezle, quelque part qu'il aille.

Fuyez les convoitises du mal; soyez sincères^ soyez sincères, c'est là le tout. ^*- Voulez-vous avancer dans les œuvres , avancez dans la foi ; croyez la bonne nouvelle , la bonne nouvelle d'un pardon tout gratuit, sans aucun mérite de Thomme , d'un salut complet que Dieu vous a fait annoncer en Jésus-Christ; serrez-le fermement dans Totre cœur, c'est ce qui le fera changer en nouveauté de vie. — Et voulez-vous avancer dans la foi? avancez dans les œuvres; faites usage de la première mesure de foi que vous avez reçue; et n'eussiez- vous qu'un talent, dès aujourd'hui faites-le valoir, trafiquez-en, gagnez-en d'autres; soyez fidèle en peu de choses , et Dieu vous établira sur beaucoup !

A celai qui prend garde à ses voies, je lui montrerai la délivrance, dit l'EterneK Veuillez, veuillez, avec un vrai cœur, comme Ta dit un Apôtre^ « faire la volonté de Dieu ^ » et vous connaîtrez sa vérité , et sa vérité vous rendra » libres.»

Mais il faut qn^avant de terminer, je me tourne vers vous , jeunes Joseph , et vous tous , cœurs , aimans et centristes qui avez eu aussi le privilège de voir partir dans le triomphe, ou du moins dans les consolations et les espérances de la foi, un père, une mère, un époux ^ que vous aimiez comme Joseph aimait Jacob, et comme Jacob aimait Bachel. — Ah! prQ0tez-en, n'en laissez pas effacer l'impression religieuse et sanctifiante; car, je vous le déclare ici de la part du Seigneur , quelle qu'ait été l'ardeur de vos larmes et la profondeur de votre deuil, c'est une grande faveur qui vous a été faite ; c^est le moment de toute votre carrière terrestre où Dieu peut-être vous a le plus aimés.

Hélas ! nous sommes des êtres à la fois si durs à s'émou* voir et si prompts à tout oublier ! Nous sommes si disposés à nous rêver immortels ici bas ! — Quel endurcissement n'eût donc pas été le nôtre, si nous n'eussions dû quitter la terre^que tous ensemble en un même jour; ou si même la mort n'eût pas eu ces traitssévères , qui viennentpour un temps du moins rendre sérieuses les âmes les plus légères, humilier les cœurs les plus altiers, et recueillirdevant Dieu les plus insoucians et les plus distraits?

Ah ! nous ne sommes que trop prompts à nous laisser consoler ! Nous ne perdons que trop vite l'impression salutaire de ces jours funèbres, de ces grands soulèvement du voile , de ces appels de Dieu , de ces voix solennelles et pénétraates !

Page 1