EN CANAAN
Comprenez donc Tamour de Dieu! Go n'est pas Yolontiers qu'il afflige les enfans des hommes ; mais voyez son amour : il voulait, avant que vous quittassiez ce monde, vous supplier de penser à votp^ ame> de renoncer aux convoitises du mal , de fuir les sentiers de la mort , et d'entrer au chemin de la vie , en recourant au seul nom donné aux hommes pour être sauvé ; il voulait que vous eussiez honte de votre longue et coupable indifférence , que vous connussiez votre misère, que vous craignissiez la colère à venir, que vous apprissiez à prier, et que vous soupirassiez après la paix des enfans de Dieu.
Eh bien, quVt-il fait pour cela? Dans sa miséricorde/ il a voulu mettre les invitations de son évangile, les sommations de son amour , dans la bouche qui vous était la plus chère > au moment où cet ami de votre cœur passait derrière le voile ^ disparaissait à vos regards et entrait dans les scènes éternelles. Il a voulu que vous les entendissiez dans cette heure solennelle du départ, sous Tinfluence sanctiflante de TafOiction , pendant que votre ame, enveloppée des ombres de la douleur, s'humiliait sous un grand deuil «^ et que la mort démasquait à vos yeux le monde et ses prestiges.
Joseph , Joseph ! ouUierais-tu ces appels de ton Dieu ! oublierais-tu ton père mourant ! oublierais-tu ta mère mourante! oublierais-tu ses dernières paroles, ses dernières tsommations, ses derniers regards ! Oublierais-tu que le Dieu qui soutenait si visiblement sa créature défaillante dans un lit de mort , et qui la remplissait des lumières de son Esprit éternel , se tenait là près de toi , qu'il t'appelait dans cette chambre de deuil, qu'il t'invitait à venir verser, toutes tes peines dans son sein, et qu'il te disait : A présent
à présent^ à présent, tu me donneras ton cœur! Joseph , ne veux-tu pas recourir au Sauveur de ton père? Voudraistu n^avoir aucune part dans la Canaan des cieux? Ce n'est pas l'Egypte qui est ta patrie , c'est Canaan^ c'est la terre promise.
Oui, Chrétiens > la Canaan des cièux, voilà notre patrie, notre vraie patrie. — La patrie , c'est le pays de nos pères ; c'est le pays où nous trouverons , non pas leurs ois et leurs cendres, mais leur ame.et leur vie; c'est le pays où ils vivent, et non pas celui où ils meurent; c'est le pays d'où nous attendons le Seigneur Jésus-Christ qui transformera leur corps vil , essuiera toute larme de leurs yeux, et les revêtira de lumière et de joie. Hais ce n'est pas cette terre des tombeaux , où m)us avons dû déposer leurs os avec tant de larmes, en attendant qu'on nous y descende aussi nousmêmes dans quelques heures ! — Que je meure de la mort des justes, et que ma fin soit'semblable à la leur!