‹ SermonsChapitre 77 sur 88 · SUR MARC, IV · texte numérisé non relu

SUR MARC, IV

Ainsi y par plusieurs paraboles semblables, il leur annon" fait la parole y selon quHls pouvaient Centendre; et il ne leur parlait point sans parabole ; mais à part, il eapliquait tout d ses disciples.

Quelles scènes magnifiques que celles du printemps ! Quel spectacle ravissant que celui des semaines qui viennent de s'écouler! de ces jours où la nature renaît , où la vie, succédant à la mort y pénètre partout , où le souffle de Dieu qui vivifie toutes choses vient se faire sentir en même temps dans les champs, sur les coteaux^ dans les retraites des forêts , dans le fond des vallées, et jusque sur le sommet des

montagnes, où des millions d'êtres vivans éclosent à chaque instant dans les airs, sur la terre , et dans les eauxplui bat^ ses que la terre-, oxi, de toutes parts, des plantes délicates, enrichies des brillantes couleurs delà vie, et sortant d'une terre auparavant glacée, semblent Tentr'ouvrir par le seul attrait de leur fraîcheur et de leur beauté! Quel privilège que le vôtre, heureux habitans de ces campagnes (1 ), qui vivez, qui vous promenez^ qui travaillez sous cette belle voûte des cieux , sur ces tapis de fleurs, au milieu de ces champs et de ces coteaux , de ces feuillages , de ces vergers , où se déployent avec tant de grâce et de magnificence la sagesse, la puissance et la bonté d'un Dieu créateur !

Oh! quelle ame intelligente, quelle imagination parmi les hommes pourrait n'être pas émue d'un spectacle si beau , et ne pas s'élever à Celuiqui tm/îe toutee choses ^ et devant qui ^e prosterne toute Varmëe deseieuxl n Voyant tes œuvres sans pareilles », « les peuples étonnés » « admirent tes hautes merveilles^ » «même aux lieux éloignés. » (c Des bords où le soleil se lève, » « ramenant la clarté » « aux bords où sa course s'achève », « tout chante ta bonté. » « On voit jusqu'aux plaines désertes, » « les bergers en jouir. » « Les coteaux et leurs croupes vertes » « semblent s'en réjouir ».

Oui, sans doute, les hommes sont émus de ces grandes scènes de la création ; mais elles ont , pour une ame chrétienne, un langage tout particulier ; elles portent, pour le fidèle, un sens que lui seul peut saisir ; elles lui donnent des leçons, elles lui révèlent des consolations^ elles lui procurent des joies que lui seul peut connaître.

(i) €e8 derniers sermons ont ëlë faits pour la ^paroisse rurale de Satigny.

TrtJ TBINTEHPS. 38T

le spectacle de la création » s'il n'est pas expliqué par la parole de Christ , peut émouvoir^ sanâ doute ; il peut toucher jusqu'aux larmes; mais il ne change pas les cœurs ; il n'y tue pas les convoitises, il ne les unit pas à Dieu. 11 n'y a ^ue la Bonne-Nouvelle de Christ qui puisse opérer de tels miracles; et m le monde, par la sagesse, n'a jamais connu Dieu y ^) disait Paul (1). G'^st pour le chrétien seul que les scènes de la nature et que le langage des saisons^ au lieu de n'être qu'une belle poésie et de ne causer que des émotions vagues , deviennent un livre instructif, et , pour ainsi dire^ une voii de Dieu, qui Tédifie, qui l'instruit^ qui le console et qui l'élève aux espérances éternelles. — Le croyant, sachant que ce beau monde est sorti de la même main qui nous a donné la Bible , et qu'il a été créé par Christ et pour Christ (2) , y cherche , y découvre chaque jour des rapports nouveaux entre le Dieu de la Nature et le Dieu de l'Evangile; il y revoit, comme en un brillant tableau, les vérités qui ont fait la joie de son cœur ; il le contemple comme un livre divin , mais mystérieux , dont le livre de i'Evangilelui a révélé les secrets et fait comprendre le langage.

C'est ce que je me propose de vous rappeler aujourd'hui, Mes Frères. Je désire vous montrer , par un petit nombre ^'exemples, comment l'homme des champs, lorsqu'il est vraiment chrétien, doit faire servir tour-à-tour toutes les scènes de la Nature à lui rappeler son Sauveur et ses espérances; et comment ce monde devient à ses yeux un magnifique recueil de paraboles sur les choses invisibles qui sont éternelles. — En un mot, j'aî l'intention de vous rappeler au-

(5) 1, Cor., I, 2!. («3 Col., I, 16.

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jourd'hui quelques-unes des paraboles du printemps , si j*ose ainsi parler; et c*est dans celte pensée que jai pris pour texte ces paroles, où •Saint Mare indique la manière dont le Seigneur donnait ses instructions , pendant qu'il était encore sur la terre. Je les appliqua aui leçons qu'il ne cesse de nous donner dans la Nature. «- « Il leur enseignait beaucoup 4e choses par des paraboles »; « il ne leur parlait point sans » paraboles; mais^ d part y il expliquait h tout d ses Disciples.}} Oui ! je voudrais vous montrer que, si le livre de la Nature est ouvert à tous les hommes, le vrai disciple seul , à qui son Maître explique d part toutes ces choses , sait en recueillir les divines leçons. — Les autres n'y découvrent que des tableaux magnifiques*— Et de la même manière qu'un homme sensible, qui aurait été témoin du retour de l'enfant prodigue ^ansla maison de son père , aurait pu verser des larmes > i^la vue de ce vieillard et de son fils, sans avoir cependant le moins du monde compris que cette scène touchante était destinée à nous présenter l'image des miséricordes plus que paternelles avec lesquelles Dieu Notre Sauveur reçoit dans ses bras le pécheur qui l'implore; de même aussi, les hommes qui contemplent le spectacle de la campagne et du printemps, sans avoir encore vivante en leur cœur la doctrine de Jésus-Christ, peuvent y admirer avec émotion la richesse, la magnificence et la bonté du Dieu de la Nature ; mais ils ne savent aller au-delà , pour saisir dans ce spectacle les paraboles et les sens mystérieux que le Dieu de la grâce y a voulu cacher.

puissé-je donc, par mes réflexions de ce jour , vous apprendre à retrouver la Bible dans les scènes admirables de la Création ! puissé-je vous disposer à vous approcher continuellement de Dieu par des pensées évangéliques, au mi-

lieu de ces belles campagnes où sa bouté vous a fait vivre» et dans le cours même de ces travaux qui en éloignent tant d'autres de la paix et du Sauveur! oui ! puissent ces magnificences de la Nature et leur touchant langage, parler à tous vos cœurs! Et veuille Celui qui donne Tintelligence spirituelle vous apprendre tous les jours mieux à le recon' naUre partout, h h voir partout ^ h Ventendre partoiit.

Et d'abord, il devient important de se rappeler ici que cTest dans tous les temps et dès les premiers jours du monde que le Dieu des révéfations a jugé convenable de nous instruire par des figures , par des types , par des paraboles ; et cela pour des raisons qu'il est facile de concevoir, et qu'il neutre pasdaiis mon but de vous exposer aujourd'hui.

Si vous parcourez de vos souvenirs ses dispensations divines dans l'Ancien Testament, vous y trouverez partout cette manière figurée de nous exposer les vérités saintes. Vous rencontrerez des types et des paraboles dans toutes les ordonnances du culte lévi tique , dans toutes- les parties du temple, de l'arche sainte et du propitiatoire; dans la distinction des choses pures et impures, dans l'institution des sacrifices sanglans , dans celle de la Pàque et de la Circoncision» dans celle des expiations et des villes de refuge; vous en trouverez même dans les événemens réels et dans les diverses circonstances du peuple de Dieu : dans la vie des patriarches et des prophètes, dans l'histoire de Joseph, dans la captivité d'Egypte , dans le passage de la Mer-Rouge» dans le voyage du désert ^ dans la conquête et la possession de Canaan , dans le naufrage et la délivrance de Jonas, dans la guérisondu peuple par le serpent d'airain, a J'ai proposé des paraboles par le moyen de mes prophètes » , dit l'Eternel en Osée (XII ^ 4 1 ). Et quand « la Parole faite ahair » pa«

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rut sur la terre ; quand le Seigoeur lui-môme descendit au milieu des hommes pour les instruire , il ouvrii encore sa bouche en paraboles j suivant les prédictions du prophète Âsaph (Ps. LXXVIU, 2). « // ne leur parlait point sans pa^ )) raboleSf » dit Saint Marc; « mak dpart U expliquaii le ioui! D 4 ses 4i$c%ple8, »

Eh bien! Mes Frères» c'est de la mém& manière encore que ce divin Maître a voulu que tous les objets de la Création^ et que toutes les scènes de la campagne ^ servissent à vous ramener aux vérités de sa parole de vie et aux choses qui appartiennent à notre éternelle paix«

Si je voulais seulement ici vous signaler toutes les paraboles que Notre Seigneur, dans rËvangile, a tirées d^ objets et des travaux de la campagne , que n'aurais*je pa^ à vous dire? Un figuier^ qui ne porte point de fruits i et que ls(f malédiction du Seigneur fait séc)ier jusqu'à! la racine; ua ettiirey qui depuis long-temps n'a point donné de fruit, et que son maître épargne encore pour une année , à la re^ quête du cultivateur ; une vigne , tendrement soignée , et pour laquelle il n'j a rien que son maître n'ait fait; uit sarment, qui ne peut porter du fruit sll ne demeure attaché

au cep f une brebis, qui sort de la bergerie , qui s'égare^ qu^ s'est perdue^ et que le bon berger va chercher jusqu'à ce q,u'il Tait trouvée; ce bon berger, qui donne sa vie pQur sea brebis , et dont les brebis entendent la voix chérie { un hçpi* me qui a mis la main à la charrue, mais qui regarde derrière lui ; un semeur , dont le précieux froment \ovQbe sur uq che-* min, sur un rocher recouvert de terre^ parmi 4eç épines^ et sur une bonqe terre ; des moissonneurs , qui f eprésentent les an^es à la fin du monde, et qui ramassent l'ivraie au jour de la moisson ^ pour la jeter dans la fournaise du feu!. ..^

Mais je laisse , pour le pi*ésent > ces iostructions si ridies et si frappantes, et \e ne me propose ici que de vous rappeler les deux grandes doctrines des paraboles du priiltenips , je veux dire la régénération de Came dans celte vie et la r^* génération du eorpt au dernier jour. — Le temps né me permet pour aujourd^buique de. traiter lapremière; et je devrai réserver la seconde paur une autre méditation , s'il platt an Seigneur*

Quel spectacfe lugubre ne présentait pas ta campagne il y a quelques semaines I Un voile épais de neige était étendu sur la contrée , et n'offrait pins à nos regards qu'une scàoe monotone de stérilité et de mort; toutes lés couleurs de la vie avaient disparu ; les chants des babitaâs de Tair ne se faisaient plus entendre ; leur voix s'élèlt glacée; nos montagnes ne nous présentaient qu'un raste cercle de frimats 9 qui semblait devoir éterniser Tbivêr de la nature ; la terre j engourdie et glacée, était de pierre; et quand la bècbe du laboureur aurait pu la briser , quand on l'aurait couverte des semences les plus pures, elle serait demeurée insensible , comme un cadavre à la voix émue de l'ami qui l'appelle par son nom et qui loi crie en vain: Lève-toi, lèvé-toi ! Un silence mélancolique régnait sur les plaines; on n'entendait plus , dans nos forêts dépouillées, que le froissement des branches, que le bruissement de quelques feuilles desséchées , et que les efforts lugubres des vents* Sur c^te scène de détresse, le soufDe du nord se promenait avec violence y poursuivait l'homme jusque dans sa retraite, le glaçait au bord de son foyer, et semblait vouloir éteindre jusqu'à ces restes de chaleur et de vie qu'il avait conservés. Autour de nous , tout était immobile , tout semblait frappé de mort; et l'homme seul semblait, pour

aiDsi dire, n'être vivant au milieu de toutes ces glaces^ que pour assister à la mort de la Création»

Cependant, au milieu de cette détresse de la Nature^ au-dessus de ce fracas des vents, dont le souffle glaçant et les gémissemens paraissaient à la fois plaindre et nfenacer la terre , un objet ^ un seul objet , conservait encore à nos yeux sa première beauté : au-dessus de nos tètes, au-dessus de nos frimats et de nos orages , le ciel avait conservé son éclat et sa pureté , les astres continuaient leur course avec le même ordre , dans la même majesté; et l'on voyait que la terre seule avait souffert. Mais le soleil était allé viviier un autre bémisphèrepl ne nous jetait plus que desrayons obliques, souvent interceptés , et presque sans cbaleur ; il ne brillait pour nous qu'après de longues nuits; et Ton eik dit que, s'il répandait encore sur nous ses dartés^ c'était bien moins pour nous réchauffer et nous rendre la vie, que pour nous révéler la mort de la Nature , et qu6 pour nous apprendre quel hiver avait pris , autour de nous, la place deTéternel printemps qui, avant la révolte, réjouissait Eden*

O Mes Frères! qneHe image fidète de l'état de nos âmes depuis notre chute! Quelle peinture frappante de la misère où le péché lésa réduites^ de leur désolation, de leur stériUté, de leur froideur pour Dieu, et de leur éloignement du soleil de justice !

Oui! l'hiver est naturellement dans le coaur de l'homm^ quant aux choses de Dieu ; l'hiver est entré dans dos âmes: la parole deDieu nous le déclare dans toutes ses pages. En effet, Mes Frères ( et remarquez le bien), je ne prétendrai jamais établir auprès de vous les vérités de notre foi par de simples comparaisons ; et jamais )e n'en appdlerai

pour cela qu'à la sainte BiUe. Si donc je vous parle des paraboles de la nature, ce n'est pas pour vous convaincre;

^ce n'est pas pour y trouver des vérités nouvelles : c'est pour vous rendre plus habituelles et plus frappantes celles que Dieu y notre Sauveur , vous a directement et Ôlairement révélées dans sa parole de vie j c'est pour vous disposer à réfléchir souvent au milieu de vos champs et devant les scènes de la campagne , sur les besoins de vos âmes, et sur les choses invisibles qui sont éternelles. — Je voudrais vous, apprendre à rélire, pour ainsi dire, votre Bible dans les tableaux de la création. — Eh bien, oui, il n'est que trop vrail l'Ecriture nous le déclare, l'hiver est venu dans nos âmes. « Par un seul homnie , dit Saint Paul , le péché est entré » dans le monde , et par le péché la mort* Nous étions » autrefois, dit-il encore (en parlant des vrais chrétiens), » nous étions morts dans nos fautes et dans nos péchés; » nous^étions sans force ; nous étions ennemis de Dieu ; » éloignés de lui par nos pensées et par nos mauvaises œu- » vres, nous étions,^ par nature, enfans de colère comme les » autres, » incapables de toute bonne œuvre, parce que nous n'aimions pas Dieu , et que , devant ce Dieu qui sonde les reins et les consciences, « sans l'amour nous ne sommes rien. »

Eh , dites-ie-moi plutôt vous-mêmes, Mes chers Frères: ne vousest-il pas souvent arrivé, en y reportant vos regards,

. de vous écrier : Mon Dieu , nton Dieu ! pourquoi me trouvé-je si frbid et si languissanl^dans ton service ? pourquoi n'est-ce pas toujours mon plus grand plaisir que de parler de toi , que: de m'occuper de toi, ô mon Créateur, mon maître, mon conservateur. Dieu de toute bonté! pourquoi sjuis-je si tôt fatigué d'élever mon cœur à toi , d'écou-

39k LES PARABOLES

ter ta parole, de chanter tes louanges? pourquoi suis-je si souvent tout de feu pour les choses de la terre , et tout de glace pour celles du ciel ? Est-ce donc ainsi que mon ame sortit des mains d'un Dieu qui est tout amour? est-ce dont là le cœur qu'il m'avait d'abord fait ? me Tavai t-it donné sensible pour qu'il l'oubliât si facilement, ce Dieu de toute miséricorde, source unique de tout bonheur» auteur de tout don parfait? Mon ame était-elle donc sortie de se3 mains couverte de neiges et de glaces! Non , non ! je le vois, je le sens, l'hiver est entré dans mon ame ; un souffle de mort y a pénétré !

Pauvre cœur de l'homme ! voilà donc ce que tu es dans ta nature: éloigné du soleil de justice; sans chaleur vitale; semblable au sol que les frimats qnt durci ; froid et stérile , quant aux véritables fins de ton existence , quant à tes relations avec ton Dieu ; tourmenté par les tempêtes des pas- 9ions ; sans véritable paix dans la vie ; sans espérance fondée dans la mort ; — et tarop souvent semblable à ces volcans couverts de neiges du côté du ciel , et remplis de feu du côté de la terre.

Qui peut donc être sauvé? demandaient les Apôtres i leur Maître. — A cela , Mes Frères , je vous répondrai moimême ce que leur répliqua Notre Seigneur : Il promena solennellement ses regards tout autour de lui sur chacun d'eux, et leur dit : « Quant aux hommes, impossible! Mais » quant à Dieu » rien n'est impossible (1 ) ! »

« Quant aux hommes^ impossible! » — Lorsque la terre était encore ensevelie sous les neiges ; quand un froid pénétrant aVUt gelé les profondeurs du sol; quand les ar-

(1) Marc, X, 27. Luc, WIII , 27.

DU ^BINTEfllPa. 395

bresy dépouillés, étaient aussi morts en apparence que le boi» que vous jetiez dans vos foyers; la terre (je vous le demande), la terre 9 abandonnée à ses propres forces , eûtelle pu rompre ses liens > fondre ses glaces et reprendre la vie? Laissée à elle-même, n'était-elle pas condamnée & demeurer captive dans les chaînes d'une stérilité toujours croissamte^

Ne fallait-il pas la toute puissance de Dieu, pour la sortir de cet état de mort? ne fallait-il pas que le soleil de ce monde, se rapprochant de notre hémisphère , dardAt sur elle tous ses feux , et vint répandre de nouveau sur la rïatura des effusions de chaleur et de vie ?

Eh bien , tel est aussi l'hiver de vos âmes. Il ne peut finir par vos propres forces. Laissés à vous-mêmes » vou» vous refroidiriez tous les jours davantage; et vous ne sauriez ramener en vous les mouvemens de la vie, ni la fécondité de i'ame : « cela est impossible aux hommes » a dit Notre Seigneur. Mais vous savez qu'il a dit aussi ,. Mes Frères , que « rien n'est impossible à Dieu ! » — Non> non! il n'y a que le lever de « ce Soleil de justice (1 ) * » lequel « porte la santé ^ la cbateur et la vie dans ses rayons, il n'y a que la vue et la connaissance de lHomme^Dieu cruciGé pour nous , qui puisse faite eesaer en nous l'empire des ténèbres et des^ glaces. H fatjt,, suivant les expressions de Zacharie, «que le » .soleil d'en^haut vienne visiter notre ame; il faut qu'il re- » luise à ceux qui demeurent dans l'ombre delà n)ort, pour » conduire leurs pas dans les sentiers delà paix (2). »

Non , Mes Frères , il faut, pour qu'une ame sorte de cet état de mort> qu'elle reçoive, comme Ta dit un Apôtre, « la.

(ty iMftUch., IV, 2, (9) Luc, I, 78, 79.

396 LES PABABOLBS

» lumière de la connaissance de la grâce d^Dieu^dans la péril sonne de Jésus-Christ. » Il faut qu'elle se tourne vers ce Jésus, qui est à son Eglise ce que le soleil est au monde ^ il faut que, dans ce Fils de Dieu mourant pour elle, elle puisse contempler toutes les perfections divines ; qu-'elle y voie sa misère; et qu'elle y reconnaisse en même temps I» sainteté, la pureté, la justice de Dieu, et surtout, surtout, cette immense miséricorde par laquelle « il a tant aimé le » monde, que de donner son Fils unique au monde. Car » celui qui cootemple le Fils^ » (a dit notre Seigneur, ) (( celili qui contemple le Fils et qui croit en lui , a la vie » éternelle^ il est passé de la mort à la vie. » — Il faut en un mot que l'ame se rendes à cet appel: uYous tous les » bouts de la terre, regardez à moi , et soyez sauvés. »

C'est alors seulement , c'est alors qu'elle « poussera com- » me la palme > et qu'elle croîtra comme le cèdre du Liban, » étant plantée dans la maison de rEternel et fleurissant » dans les parvis de notre Dieu. » — « C'est alors que les » déserts et le lieu aride se réjouiront, que la solitude sera » dans l'allégresse , et qu'elle fleurira comme la rose. »

Ah! Mes Frères , quelle frappante parabole, quelle image brillante > aimable et majestueuse , tout à la fois, de cette nouvelle naissance du fidèle ne viennent pas de nous offrir ces premiers jours du printemps ! QueHes ont été belles, ces dernières semaines ; et combien le mois qui vient de s^écou* 1er a fait voir de prodiges à nos yeux trop souvent distraie !

Vous avez vu le soleil remonter vers nous, et nous rendre avec sa lumière une chaleur vivifiante. Dès les jours d'avril , un souffle de vie a paru se mouvoir sur la surface de notre hémisphère^ comme autrefois l'Esprit créateur sur les eaux du chaos. La terre a semblé s'entrou*

vrir , et comme éclore. Au liea de ces neiges qui la couvraient, quelques semaines auparavant, nous en avons vu sortir de toutes parts un tapis de verdure , comme pour reposer nos regards, et les préparer par degrés à contempler les éblouissans objets que le printemps allait faire briller tour à tour à nos yeux ! Oh ! comme la face de la terre a changé dans Tespace de quelques jours ! comme ce cadavre immobile et pâle s'est coloré > s'est animé ! comme il s'embellit ! comme il devient éclatant ! On dirait qu'Ëden va renaître; on dirait que le jardin de notre premier père va reparaître dans toute sa pompe ! on dirait qu'une ame est entrée dans tous les objets qui nous entourent, et qu'une émotion de bonheur les a pénétrés , qu'ils Tont sentie, qu'ils s'animent 9 qu'ils respirent, qu'ils se meuvent! — Voyez comme la moindre fleur qui émaille par millions le tapis de vos prairies, est plus magnifiquement vêtue que Salomon dans sa gloire. Ecoutez comme les oiseaux de l'air* ont repris, avec leur bonheur, leurs accens joyeux, et comme ils chantent au-dessus de nous les mélodieux concerts du printemps ; voyez comme toutes les races vivantes, réveillées en nouveauté de vie , rendent hommage toutes ensemble par leurs mouvemens et par leurs cris , à la bonté, à la puissance, à la sagesse de ce Dieu créateur « à qui s'attendent tous les êtres, et qui remplit leur cœur de joie.)i Tout est pénétré de vie; tout semble renouvelé; et l'air même que l'on respire, rafraîchi par les premières rosées, embaumé par les plus doux parfums , semble un breuvage et comme un élixir envoyé des cieux.

O quel riche sujet d'étonnement, d'admiration, d'actions de grâces , pour tout ce qui peut penser, tout ce qui peut sentir. Mais vous surtout, vous, disciples de Jésus,

398 LES PARABOLBS

que ne devez- vous pas éprouyer, et que ne devez-toxis pas témoigner à votre Dieu? vous qui savez que Celui qui a fait toutes ces choses « vous a aimés dès le commencement;» vous qui savez que , « lorsque vous étiez morts dans vos fautes et dans vospéchéâ, il vous adonné la vie par son bien-aîmé ! » vous qui savez que « vous êtes réconciliés » avec l'Etre puissant qui vivifle toutes choses^ qui voit tout et qui peut tout en tous les lieux du monde ! Vous qui ^avez qu'il vous accompagne partout , qu'il s'occupe de vous, et qu'il prend soin dé vous dans les moindres cir« constances de votre vie !

O disciple de Christ > contemple ce touchant spectade qiïi t'environne , et pense à ce que Jésus a fait pour ton ame ! La Bible est plus belle encore que toutes ces cho^ : Par elle , il f est donné de lire dans les beautés de la création des caractères sacrés et mystérieux, qui échappent aux regards de Thorome naturel , quoiqu'ils soient tracés de la main de Dieu même sur chaque plante y sur chaque feuille y sur chaque fleur. Contemple donc ces divins caractères , écoute avec respect ces leçons d'en-^haut, et comme la silencieuse et sainte Htirie , recueille-les , serre*les dans ton cœur ! « béni soit le Seigneur de ce qu'il a visité son » peuple. Les entrailles de la miséricorde de mon Dieu » s^étant émues, le soleil levant est venu d'en-haut nous n visiter. » L^hiver était dans mon cœur; mais il y a fait nattre l'aurore du printemps éternel ; et il a voulu ic me » rendre capable d'avoir une part à l'héritage des saints vt dans la lumière. »

Voyez encore, Mes Frères, que le printemps est une image fidèle, autant que charmante, de cette opération de là grâce dans le cœur d'un disciple de Christ. Voyez que cette

Tenaissance de la Nature nous représente avec vérité cette renaissance de Tame que la Sainte Ecriture appelle la régénération y le baptême de la nouvelle naissance , et le renouvellement du Saint-Esprit.

De même que la Nature, au retour du soleil , vient d'être affranchie des glaces qui la retenaient dans les liens de la stérilité et de la mort; de même qu'elle est, en quelque ^rte^ relevée du tombeau, ainsi Tame d'un fidèle qui a connu Jésus, « le soleil de justice, » est passée des ténèbres é la lumière , de la puissance de Satan à Dieu, et de la mort à la vie (suivant les expressions du Seigneur) : elle est ressu9citée avec Christ, régénérée en espérances vives , et relevée comme du tombeau. — Une lumière nouvelle l'éclaire ; des espérances éternelles la réjouissent ; le feu de l'amour de Dieu s'y développe ; les glaces précédentes s'y fondent chaque jour, et disparaîtront enfin ; les orages des passions se calment ; et la paix de Dieu , le sentiment inexprimable de la paix de Dieu , s^y fait profondément sentir, pour y produire en leur saison a des fruits de justice, qui (ainsi que Ta dit un Apôtre) sont par Jésus-Christ à la gloire et i la louange de Dieu ; » des fruits, comme il le dit ailleurs, qui sont a l'amour, la joie, la paix, l'esprit patient, i> la bénignité, la bonté, la fidélité, la douceur, la tem- » pérance. »

Oui , en vérité , en vérité, Mes Frères, je vous le dis après le Seigneur (et je voudrais vous le répéter dans toutes mes prédications, parce que cette vérité est le premier élément de*la doctriire chrétienne), oui , en vérité , il faut être engendré de nouveau , il fout changer de cœur, il faut renaître par le Saint-Esprit, pour pouvoir entrer dans le royaume de Dieu ; et ce réengendrement , cette résurrec*

400 ISS PARABOLES

tion de l'ame dans cette vie, est une chose aussi positive, aussi réelle , que peut Tétre au printemps le réveil de la Nature» et que doit Tétre au dernier jour le changement et la résurrection de notre corps mortel.

Ne venez donc pas nous dire, comme le faisait Nicodéme à Jésus-Christ : Je ne puis comprendre ces^ choses ; comment un homme peut-il naître de nouveau , quand il est vieui? « Ne t'étonne pas, répondit le Seigneur, de ce que je » t'ai dit, il vous faut naître de nouveau. Le vent souffle » où il veut, tu en entends le son, tu en ressens les puis- » sans effets, sans savoir cependant ni d'où il vient, ni où » il va. >) Eh bien , il en est de même de tout homme qui est né du Saint-Esprit.

Et pouvez-vous comprendre mieux ,. je vous le demande, les miracles du printemps? Pouvez-vous expliquer comment le soleil, depuis des milliers d'années, verse sans interruption, la nuit et le jour, dans tous les sens, et dans une sphère de plus de soixante millions de lieues, des torrens de lumière et de chaleur , sans avoir rien perdu de son éclat et de sa grandeur? Pouvez-vous comprendre comment, à son approche, la terre s'est. réveillée de la mort, les plantes ont repris la vie, les insectes ailés sont sortis de leurs^ chrysalides comme d'un tombeau , le bois qui semblait niort a semblé respirer et s'est couvert de feuilles, de fleurs et de fruits , comme autrefois au désert la verge d' Aaron à la voix de l'Eternel? — Pouvez-vous comprendre la naissance et l'acroissement d'un seul insecte, d'une.seule fleur, d'un seul fruit, d'un seul brin d'herbe? Non, Mes Frères, non! yous les eroyezy ces prodiges, tout incompréhensibles qu'ils sont , et vous les croyez , parce que vous les voyez de vos yeux dans le livre de la Nature. Eh bien, croyez aus^i ceux

DU PRINTEMPS* iOl

de la grâce, qui soot d*uQ ordre bien supérieur eticore » croyez ceux de la grâce (tout incompréhensibles qu'ils sont) , et croyez^les , parce que vous les lisez de vos yeux dans le livre de la Bible. Vous croyez au retour du printemps > au milieu môme des neiges et des frimattmie 1 hiver, quoique vous ne puissiez comprendre comment la vie pourra succédera la mort. Eh bien, trayez ^ croyez aussi parce que Dieu Ta dit, lors même que vou3 ne le comprendriez pas, croyez que « celui qui contemple Jésus et qui croit en lui , reçoit dans son ame le principe d'une vie nouvelle et les arrhes de l'éternilé. »

Mais, Mes Frères, quelqu'un de vous dirait-il maintenant qu'il ne sait comment « naître de nouveau? d Demauderait-on comment une ame qui sent sa faiblesse, sa stérilité , sa froideur pour le service de Dieu , et les orages des passions qui la tourmentent, peut dissiper cet hiver de son être i fondre ses glaces , et reprendre une vie nouvelle ?

Eh bien , écoutez , ame sincère et travaillée , qui désirez et qui recherchez la communion de votre Dieu ; Y,oici comment vous pourrez trouver votre repos, et reprendre une chaleur de vie. Ecoutez: il faut cesser de chercher en vousmême , dans vos propres efforts et loin du soleil de justice, une chaleur et une force vitale qui n'y est pas, et qui ne peut vous venir que d'en-haut. Il faut exposer votre être attristé aux rayons de sa grâce; car, ainsi que l'a dit un prophète, « il porte 1^ santé dans ses rayons. » Présentezlui donc ce pauvre cœur, pour qu'il fe vivifie. Portez chaque jour vos regards vers celui-là seul qui peut opérer en vous ce changement bienheureux, et vous donner une nouvelle vie. Rappelez-vous qu'il crie du haut des cieux': «Vous

^ tous les bouts de la terre , regardez à moi , et soyez sau-

» yés. » Regardez donc à Lui; regardez aux choses d*en-> haut, où il est vivant pour intercéder pour vous. Représentez-vous souvent le plus grand, le plus parfait, le meilleur des Etres^ le Fils Eternel du Père, portant sur vous, du haut du ciel , ses regards , avec une tendresse inexprimable, vous tendant les bras de son amour , et vous adressant ces paroles si touchantes , si encourageantes : « Vous tous » qui êtes travaillés et chargés » par les glaces de votre ame, et par le sentiment accablant de votre misère, venez à mot, regardez dmoij et je vous donnerai la paix! — Alors, Mes Frères, si vous faites ces choses, je vous le déclare par Tinfaillible parole du Dieu « qui ne peut mentir, » certainement vous serez sauvés !

Mais, voulez-vous recevoir une dernière leçon? Voulezvous voir , sur la vérité que je vous prêche, une nouvelle parabole du printemps plus frappante encore, s'il est possible.

C'est à peu près dans ce moment de Tannée , que Fhomme des champs ente sur les ari)res sauvages le précieux rameau d'un arbre franc, pour leur communiquer une seconde nature, pour les changer en des arbres nouveaux, remplis d'une sève plus pure et donnant des fruits exquis, au lieu des grappes amères, sauvages et mal saines qu% portèrent jusques-là I

Voilà , Mes Frères, ce qui se passe en toute ame devenue chrétienne.

Nous sommes' tous , hélas ! par iiotre nature , des arbres sauvages portant de mauvais fruits ; l'Ecriture nous l'enseigne , et notre propre cœur nous en convainc. II faut , pour que nous puissions rentrer dans l'Eden céleste, que le Père de toute grâce daigne, dans sa miséricorde, nous ouvrir le cœur par sa parole, qui est un « instrument à

»> deux tranehansp) il faut , qifaprôs l'avoir ouvert, il y insère , comme un rameau précieux le principe d'une nature nouvelle, la greffe divine de sa grâce; il faut qu'ensuite^ il prenue de nous un soin particulier» et qu^il nous défende contre tant de dangers qui pourraient faire périr ce nouvel homme ainsi régénéré qu'il a fait naître dans nos âmes.

O mon ame , as-tu donc reçu cette grâce de ton Dieu ? ^s-tu Jésus-Christ habitant en toi par la foi ? es-tu entée sur Tolivier franc , toi qui de ta nature étais sauvage (pour parler avec l'apôtre Paul)? peux-tu dire comme lui: « Ce n'est plus moi qui vis» c'est Christ qui vit en moi? » Peux-tu dîre^ comme il récrivait aux Romains , « que tu marches dans une vie nouvelle , et que tu es devenue une même plante avec Christ par la ressemblance de sa résurrection?» Sens-tu chez toi de nouveaux principes, une nouvelle vie , de nouvelles affections : de l'amour poup les biens du ciel , et du -dégoût pour les plaisirs du siècle ; de l'amour pour la parole de ton Dieu ^ et du dégoût pour les conversations qui t'en distraient; de l'amour pour la sainteté, et du dégoût pour les péchés où tu te livrais dans les jours de ton ignorance; de l'amour pour la prière, au lieu du dégoût que tu y trouvais naguère; de l'amour pour Jésus, de Tamour pour les âmes que Jésus est venu racheter^ de Pamour pour tous les hommes, en retour de cet amour tout gratuit que ton Dieu a eu pour toi?...

O Mes Frères » qui que vous soyez » qui pouvez , en rentrant dans votre cœur, vous rendre ce témoignage précieux, prenez bon courage : vous êtes entés en Jésus-Christ f vous Taimez; vous lui appartenez; il vous a promis d'être avec vous jusqu'à la fin des siècles. Prenez bon courage; c'est à vous qu'il a dit : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi;

Mk LES PARABOLES

» tnals c'est moi qui vous ai choisis et qui vous ai entés» » aGu que vous poussiez et que vous portiez beaucoup de » fruit, et que votre fruit soit de durée; demeurez en lui » et lui en vous,» demeurez-lui unis, comme « le eep l'est au » sarment»; et alors ne. craignez rietf^ il ne vous abandonnera plus*

Mais aussi, imitez le cultivateur industrieux et diligent, qui s'applique avec soin, après avoir enté l'arbre sauvage^ « à retrancher » tous les rejetons d'une sève amère que t( les branches naturelles » Voudraient encore produire , pour que le rameau précieux » qui donne à l'arbre une vie nouvelle , reçoive sans partage les sucs nourriciers, qu'il grandisse, qu'il se fortifie , et « qu'enfin lui seul » pousse des jets vigoureux , et donne en sa saison des fruits qui réjouissent son maitre.

(( Prenez donc garde , » nous dit l'Apôtre Paul, pour faire sans doute allusion à cette parabole du printemps, <c prenez donc garde, en recherchant avec soin la sanctifica- » tion^ sans laquelle personne ne verra le Seigneur, prenez D garde qu'aucun de vous ne se prive de la grôce de Dieu , » et que quelque racine d'amertume bourgeonnant en haut )» n'y apporte de l'obstacle, et que plusieurs ne soient souil- » lés par elle (1). » Retranchez avec soin chaque jour ces branches naturelles , qui pourraient étouffer la grâce entée en vous; « faites mourir en vous chaque jour les » membres du vieil homme ; dépouillez-vous du vieil hom- » me et de ses œuvres; et ayant revêtu le nouvel homme, » qui se renouvelle en connaissance selon l'image de celui >) qui l'a formé, soyez, comme les élus de Dieu, revêtus des^

(i) Hebr., XII, 15.

mi PRINTEMPS. 406

» entrailles de miséricorde^ de bonté ,■ d'humilité » de douce ceur et de patience. »

Oui, Mes Frères, soyez humiliés, mais ne vous laissez pas décourager par ces restes d'une vieille nature , par ces branchesd'une sèveamère, qui viennent porter, hélas! encore en vous trop de mauvais fruits. Soyez humiliés profondément^ mais ne vous laissez pas décourager, élus du Seigneur, « plante sur laquelle il a continuellement les yeux. )) Et toutes Jes fois qu'à la vue de (c cette loi de péché qui com- » bat encore en vous contre la loi de votre entendement,» ce profond soupir d'une ame chrétienne oppressera votre cœur: « misérable que je suis, qui me délivrera de ce corps » de mort !» répondez comme l'Apôtre : « Je rends grâtfe à » mon Dieu par Jésus-Christ Notre Seigneur. Il n'y a plus » de condamnation pour ceui qui sont en Jésus-Christ , » qui ne cheminedt plus selon la chair,, mais selon Tes» » prit. »

Fortifiez-vous donc au Seigneur, combattez vaillamment, €t prenez courage! Encore quelques orages, encore quelques tempêtes, encore quelques retours de frimats, encore quelques misères , quelques efforts, quelques résistances; et la vieille nature sera complètement soumise 5 et vous verrez se lever ce beau jour « où le Père de famille viendra » visiter ses champs.» Alors, tandis qu'en cette terrible . journée « tout arbre qui ne porte point de bon fruit » sera ^ rejeté, vous serez par sa grâce transplanté dans la gloire ; et là, dans l'éternel printemps de l'Eden d'en-haut , « toute larme sera essuyée, » tous les orages auront cessé ; on >erra, on entendra, on sentira ce que l'œil n'a jamais vu, ce que l'oreille n'a jamais entendu, ce que le cœur n'a Jamais senti !

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