CHÉS
Oui, Seigneur, Tu es vivant ! — Oui, Seigneur, Tu l'as dit dans ta Parole: « Tu es le même, hier, aujourd'hui et » aux siècles des siècles ; » et dans ce moment où nous sommes plus de (( deux ou trois assemblés en ton Nom, )> dans ce moment où nous écoutons ta Parole en ton Nom ; nous le savons, nous le croyons. Tu es^ présent au milieu de nous, et Tu es « puissant pour sauver parfaitement ceux » qui s'approchent de Dieu par toi (2). »
Oui, oui, Chrétiens, vous avez un Sauveur!
C'est donc en son Nom, ô vous tous qui m'écoutez , c'est en son Nom , c'est la Bible à la main, que je vous conjure de venir à ce puissant Sauveur, que vous ne voyez pas, sans doute, mais qui vous appelle tous aujourd'hui par ma bou-
(1) La conversion est un miracle, c*esUa-dîre , un don libre et gratait,une œuyredela puissance de Dieu dans le cœur du pécheur. Voyez la preuve scripturaire de celte assertion , dans une note que son étendue nous oblige de renvoyer à la fin de ce discours.
(8) Héb.,VII,S5.
l'unique voie pour l^cco.mplir. 33
che, qui vous tend les bras, et qui vous crie: Et ici! ne « veux-tu pas venir à moi pour avoir la vie (1)? » Oui, nous sommes « Ambassadeurs pour Christ (2)^ » et « c'est I) en son Nom m que nous vous appelons tous à vous convertir, — TOCS sans exception. — Vous le devez tous, nous vous l'avons niontré: — mais encore, nous vous déclarons
que, si vous le voulez, vous le pouvez tous»
Allez donc à Christ, « âmes travaillées et chargées, »qui soupirez après la conversion de votre cc^r , allez à Christ pour avoir la vie ; — mais allez-y sans retard , sans réeerve, sans défiance; — je le répète, sans retard et dès aujourdliui, sincèrement et sans réserve, librement et sans défiance (3).
I** Oh oui! allez-y sans retard et dès aujourd'hui. Ne différez plus d'un jour à l'autre. Pensez avec quelle rapidité s'enfuient et« la figure de ce monde, net ces ombres de joie, « où même en riant le cœur est triste, » Pensez que vous quitterez peut-être la vie non moins inopinément que les
(1) Jean . \, 40. (2) 8, Cor,. V, 20.
(3) Allez a Christ. — Après toat ce qui vient de yoas ètro dit, 6 ▼oas qai lisez ces lignes, nous osods croire que cette expression, bien loÎQ de vous présenter une idée vague , ne doit pins même tous paratire une expression figurée. — «Jésus-Christ est vivant! Il est toujours » le même »(IIéb,, XIII , 8) ; etdans les maux de vos âmes, vous devez, à la lettre, aller à Lui qnoiqne invisible, aussi rcellemeot que vous y fussiez accourus pour des misères corporelles , si vous eussiez vécu *^QS ces heureux jours , où la Judée le vit revêtu de notre humble nature , « allant de lien en lieu pour faire du bien, et guérissant toutes » sortes de maladies et d'infirmités parmi le peuple » (Matth., IV, 33j. — Vous trouverez à la fin de ce sermon (Note 3) quelques citations scripturaîres sur la toutb-pkésbnce du Seigneur Jésus ; et sur son action dans nos cœurs.
"34 XA C0T9VEESI0X.
^aliléens du temple, OU que les dix-huit de Siloé. Pensez qu'au sortir de cette maison sainte , où vous n'êtes occupés qu'à présenter à Dieu vos sacrifices de louanges, l'épée de la mort peut fondre sur vous. — Ah! ne différez donc plus, ^t rendez grâce au Seigneur de ce qu'il est temps encore.
2» Mais» nous vous disons aussi, allez-y sincèrement et sans réserve^ avec le désir sérieux d'obéir à ses paroles et « de ne point contrister son Esprit (4 ). ^ Allez-y comme ne POUVANT RIEN par vous-mêmes , sans doute ; mais aussi , allez-y comme « pouvant toutes choses en Christ qui vous » fortifie (2). »
Oui! vous dirai-je comme le Seigneur , « veux-tu » sincè-
rement « être guéri (3). » « Si tu crois , tu le peux ; tout est » possible à celui qui croit (4). » — Mais aussi, tu dois agir y si tu crois. — Gomme le paralytique , te confiant en la vertu de Celui qui lui criait : léve^ioi et marche! dès aujourd'hui tu dois marcher à la suite de ton Sauveur , et te dire : « Tant que je demeurerai les bras croisés dans ma coupable langueur , ce me sera la triste preuve que je n'ai point encore cru véritablement à sa Parole. La croyance qui n'agit point n'est pas sincère ; elle est fausse; « elle est morte; » elle n'est pas plus la^croyance ( ou la foi ) ^ qu'un corps sans ame n'est un homme. — Si j'avais cru véritablement à sa Parole , nu lieu de rester couché sur mon lit de paralysie ou dans mon tombeau , je me serais levé à cette voix qui me crie: ce Réveille-toi, toi qui dors, et te relève d'entre les » morts» et Christ t'éclairera !» — Si j'avais cru véritablement à sa Parole , je serais sorti pour combattre , et j'aurais dit y comme David , comme Jonatham , comme Josué :
(1) Eph., IV, 30. (4) Phil., IV, 13. (3} Jean V, 6. (4) Marc IX, 23.
L^uNiQUE vom POUR l'accompljr. 35
te Je ne me confie point en mon arc, ni en mon épée; ce » combat est à TÉternel^ le Seigneur est avec moi : fortifie* )) toi donc y )) ô mon cœur, et « porte-toi vaillamment à la » bataille. » — Allons donc en avant, toujours en avant dans la route du devoir. — Allons en avant dans celte carrière où il nous appelle, ce ayant les yeux sur le Chef et le » Consommateur de la foi. » — Allons avec ardeur comme les dix lépreux de TÉvangile, (1) dans le chemin qu*il nous montre des cieux , et soyons persuadés comme eux , que nous y trouverons par sa grâce, ]a>guérison qui nous fut promise.
Eh bien, mon Dieu, oui! dès aujourd'hui , je veux faire ta volonté; — dès aujourd'hui , je veux t'écouter dans ta Parole , puisque c^est par ta Parole que ton Esprit agira sur mon cœurj — je veux t'invoquer dans la prière , puisque je ne peux rien sans toi ; — mais aussi je veux te suivre dans le combat , puisque Tu m'ordonnes de combattre. Mon Dieu , que veux-Tu de moi? En quoi faut-il. que dès aujourd'hui je réforme mes habitudes, ma vie publique, ma vie domestique , ma vie secrète? — Mon Dieu , quel commerce ai-je à rompre, quel danger ai-je à fuir, quelles pensées à repousser, quel mal à réparer , quelle réconciliation, quels aveux, quel sacrifice à faire? — Mon Dieu, «si j*ai fait » tort à quelqu'un, » dès aujourd'hui « je lui en rends » quatre fois autant (2). » — Mon Dieu , que veux-Tu de moi?
3o Mais aussi, Mes Frères, mais surtout, allez à Christ librement et sans défiance. — Ah ! c'est id surtout, que je voudrais que sa Parole fût bien comprise de vous; c'est ici que je voudrais que ma faible voix devint éclatante comme
(1) Luc XVII, 14. (2) Luc, XIX, 8.
la trompette du jugement; c'est ici que je voudrais qu'elle pénétrât comme une épée à deux tranchans, dans vos jointures et dans vos moelles. — Il vous appelle; Il vous invite; Il a tout souffert; Il a tout mérité pour vous; « Il a tout » accompli : » pourquoi donc hésiteriez-vous encore? Pourquoi n'iriez- vous pas librement et sans défiance?
J'entends d'ici vos scrupules et vos craintes. (Et quelle est l'ame sincère qui ait cherché son Sauveur > sans les avoir éprouvées comme vous?) Vous attendez, pour aller à Lui» de trouver dans votre vie des souvenirs qui vous enhardissent, et dans vos cœurs des dispositions qui viennent justifier une confiance sans cela téméraire. « Mon Dieu ! » dites-vous, « je crois aux invitations de TÉvangile, et je crois à la puis- )» sance de mon Sauveur; mais je voudrais trouver en moi » plus d'amour, plus de désirs > plus de pureté ! mais je me >i sens si peu digne encore d'oser m'attendre à ce que s'ac- » complissent pour moi ces promesses magnifiques de misé- » ricorde, de pardon, de secours, de gloire, et d'un amour » éternel !»
O mes chers Frères 1 laissez y laissez enfin de côté ces scrupules d'une orgueilleuse humilité, ces recherches secrètes , mais toujours fatales, de votre propre justice. — Eh ! quand iriez- vous à Christ , si vous attendiez pour cela d'en être dignes? — Quand iriez-vous au grand Médecin des âmes, au Rédempteur des pécheurs, «au Sauveur de ce qui estper- » du , » si vous attendiez pour cela de n'être ni malade, ni pécheur, ni perdu? Est-ce pour les justes qu'c( il a mis son » ame en oblation? » Est-ce pour les légitimes possesseurs du ciel, qu'il est descendu dans Tabime, et qu'il a souffert ce que nul être fini ne souffrit jamais?
Sans doute, il nous l'a déclaré, « il faut être né de nou-