‹ Sermons [microform]Chapitre 10 sur 13 · LE PASSÉ ET LE PRESENT · texte numérisé non relu

LE PASSÉ ET LE PRESENT

Sermon prononcé à l'inauguration du Temple

de Vesoul.

Le mois de Tisri dans lequel nous allons entrer fut témoin autrefois de la consécration du magnifique temple que Salomon avait élevé à la gloire du Dieu unique.

De tous les coins de la Palestine le peuple était accouru à Jérusalem pour assister à cette splendide cérémonie. Il inondait en foule les saints portiques ; il contemplait avec ravissement les merveilles d'architecture qui s'étaient accomplies sur les ordres du roi ; il écoutait avec délices les sons harmonieux des nombreux instruments et les mélodieux chants des lévites, et quand Salomon eut béni l'assemblée, et quand il eut prononcé la magnifique prière que je vous ai lue tout à l'heure, Israël ému, ravi, transporté se jeta à genoux, et dans un élan de reconnaissance passionnée il s'é-

cria : L'Eternel est bon; sa bonté dure à jamais! [hj ■ -

Cette sainte allégresse qu'Israël fit éclater dans l'imposante solennité qui fut célébrée à Jérusalem, ne l'éprouvez-vous pas aujourd'hui, frères et soeurs bien-aimés?

Depuis qu'existe votre communauté, vous n'étiez point parvenus à avoir un sanctuaire. Les rouleaux de la loi, témoignage de vos croyances. Vous les faisiez errer d'une maison à l'autre, et quand vous pûtes enfin les abriter dans une demeure qui fût à vous, le modeste oratoire que vous aviez acquis ne répondait point à sa destination ; son aspect n'imposait pas ce respect , n'inspirait pas cette vénération dont on doit être frappé quand on entre dans la maison de l'Eternel.

Et quand eut été résolue la construction du temple que nous inaugurons, la triste situation des anciens jours reparut. De nouveau vous dûtes transporter en divers endroits les emblèmes de votre foi, et vos femmes et vos enfants ne pouvaient joindre leurs prières aux vôtres, et leur âme fut sevrée d'émotions religieuses, et ils furent réduits à dire comme autrefois David : Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant ; quand pourrai-je paraître devant la face de Dieu ? (2)

(1) Vayisclitacbvou vehodot ladonay ki tob ki leolam chasdo.

{Chroniques, livre II, chap, 7, v, 3.)

(2) Zameah Naftchi ledohim Leel chaï Mathaï abo veereb Pêne Elobim. — Psaame 42, v. S.)

Aussi avec quelle impatience vous attendiez ce jour, avec quelle ardeur vous auriez désiré hâter sa venue ! Et il est arrivé enfin ce moment fortuné après lequel vous soupiriez. Il est debout, fier et majestueux, le temple dans lequel vous adorerez le Dieu de vos pères, et à la place de votre modeste oratoire, vous possédez enfin, grâce aux sacrifices que vous vous êtes imposés et aux efforts dévoués de vos administrateurs , grâce à la bienveillance des autorités de la ville et du département et au généreux concours de l'Etat, grâce au talent et au goût éclairé de l'architecte que vous avez appelé à présider aux travaux, et aux connaissances artistiques de quelques-uns de ses collaborateurs , vous possédez enfin, dis-je, pour. la célébration de votre culte, un édifice qui sera un des ornements de votre cité. Oh î comme votre cœur doit battre joyeusement en cet instant ! comme il doit tressaillir d'allégresse ! quelles ardentes actions de grâce doivent s'élever du plus profond de votre âme vers Celui sans l'assistance duquel échouent toutes les entreprises humaines, vers Celui dont il a été dit : C'est en vain que les maçons travaillent si Dieu n'édifie point la maison I (1)

Ah ! je comprends votre bonheur, je m'y associe ; mon cœur aussi déborde de joie, mon âme aussi est dans le ravissement ; moi aussi je m'incline avec reconnaissance devant le Seigneur, et je ré-

(1) Im Adonay \o yl)ue haïtb Scbav amelou l)onaf bo« — (Psaume 127, v.d.)

pète avec une profonde et Yiye gratitude cette prière que nos pères avaient coutume de réciter chaque fois qu'ils prenaient possession d'un objet nouveau :

« Béni sois-tu, ô Eternel notre Dieu, roi de l'u- » nivers , qui nous a conservé la vie jusqu'à ce » jour et nous a fait la grâce d'atteindre cette épo- » que. » (1)

Et quand je prononce les paroles que vous venez d'entendre, je ne songe pas seulement à la joyeuse circonstance qui nous réunit en ce moment , je pense au temps même où nous vivons , et je remercie Dieu pour vous et pour moi de nous avoir fait naître en ce siècle plutôt que dans un de ceux qui l'ont précédé.

Quel contraste, mes Frères, entre le présent et le passé d'Israël! Le présent c'est la sécurité, la

liberté, l'égalité devant la loi, le droit de consacrer à notre pays toutes nos facultés, de travailler avec nos concitoyens des autres cultes à la grandeur, à la prospérité de la patrie ; le passé , c'est l'exclusion, c'est la persécution, c'est le martyre.

Israël, ô mon peuple, quelle existence agitée, tourmentée fut la tienne , depuis le jour où un vainqueur impitoyable t'arracha à ton sol, jusqu'à celui où la conscience fut affranchie !

Spoliations, bannissements, meurtres : voilà ton histoire pendant les sombres années du moyen

(1) Baruc6 atah adonay Elolienoa melech Haolam scliehecbayanon vekîmanon, vebigiadon laseman haséi >- (fiituelj*

âge; humiliations et vexations, outrages à la dignité d'homme : ce fut là ta destinée dans des temps plus rapprochés de nous, mais que n'avait pas encore éclairés le flambeau de la raison !

Jamais aucune nation n'a souffert une persécution aussi longue, aussi atroce, aussi universelle. Pour Israël il n'y eut point de répit, point de trêve. Rois et peuples s'entendaient pour le dépouiller, pour faire couler son sang à flots. Tu payais à prix d'or la protection des grands, pauvre voyageur pourchassé d'un pays à l'autre par la cupidité et Je fanatisme, et tes protecteurs te livraient à la fureur de tes ennemis. Tu t'enfermais dans tes temples, tu embrassais les rouleaux de cette loi que tes persécuteurs devaient vénérer comme tu la vénérais; tu cherchais auprès de Dieu le ^secours que te refusaient les puissants de la terre ; mais les foules ameutées contre toi brisaient les portes des sanctuaires, lacéraient tes hvrcs saints, et t' égorgeaient au nom de Dieu, dans des temples consacrés à Dieu.

Et quand enfin les persécutions sanglantes cessèrent, quand il fut permis à nos pères de vivre, leur existence fut encore bien misérable. On les reléguait dans des quartiers sombres et infects, on les fuyait comme des pestiférés, on leur imposait une marque infamante ; on ne leur permettait que le plus vil commerce. On les tolérait dans les contrées qu'ils habitaient, mais ils n'étaient pas citoyens. Ils n'avaient point de patrie ;

il ne leur était pas permis d'apporter aux pays dans lesquels ils séjournaient le concours de leur talent, de leur intelligence.

Si j'ai déroulé devant vous , mes Frères , ces pages lamentables de notre histoire, si j'ai troublé pour un instant la joie que vous éprouvez aujourd'hui, par le récit des souffrances que vos pères eurent à endurer, ce n'est pas pour le stérile plaisir de récriminer contre un passé à jamais évanoui, qui ne reviendra plus , et que le présent rachète amplement.

En évoquant devant vous les tristes souvenirs des temps anciens, je n'ai d'autre dessein que de vous rappeler ce que vous devez à Dieu, ce que vou devez à la France, ce que vous devez à ceux qui aujourd'hui encore souffrent comme nos ancêtres ont souffert autrefois.

Si, il y a un peu plus d'un demi-siècle, des jours meilleurs vinrent luire pour les descendants d'Israël; si ces malheureux parias furent conviés au banquet de la vie sociale, si les barrières qui les séparaient de leurs frères des autres cultes et que le fanatisme avait élevées furent brisées et tombèrent sous le souffle généreux des idées modernes, n'est-ce pas Dieu qui l'a voulu ainsi? Les progrès dont l'humanité se glorifie s'accomplissent par l'ordre de l'Eternel. C'est lui qui suscite les hommes de génie, les grands penseurs, les hardis pionniers de la science, et c'est avec son assistance que ceuxci accomplissent leur œuvre, que leurs idées se

répandent, se font accepter, entrent dans les lois et les mœurs.

Ah! vous n'oublierez pas, mes Frères, que Dieu fut votre protecteur, votre libérateur, et dans ce temple à l'érection duquel ont contribué la ville et l'Etat, à la consécration duquel assistent les mandataires de la cité et du département, les magistrats , et les représentants les plus élevés de l'autorité civile et militaire, où se confondent les adhérents de tous les cultes, où je vois avec une profonde satisfaction un ministre d'une autre religion, dans ce temple qui est ainsi un témoignage magnifique des progrès qui se sont réalisés parmi nous, du rapprochement des cœurs qui s'est opéré, dans ce temple vous laisserez monter vos hymnes d'actions de grâce vers Celui qui a amené le temps béni dans lequel nous vivons, et avec moi vous répéterez :

« Béni sois-tu , Eternel notre Dieu, qui nous a » conservé la vie jusqu'à ce jour, et nous a permis » d'atteindre cette époque. »

Mais la prière n'est pas le seul acte de reconnaissance que Dieu exige de nous ; ce n'est pas à la prière seulement que les temples sont destinés. Ici je me propose de vous enseigner que la reconnaissance envers Dieu doit se manifester par une vie pure, par l'amour de la vertu, par la pratique de la justice envers tous les hommes,, par la véritable charité , celle qui franchit le cercle étroit d'une seule communion et va se porter sur tous

ceux qui ont besoin d'être soutenus et secourus, devant laquelle il ne faut d'autre titre que celui d'être membre de l'humanité.

Après Dieu, mes Frères, la patrie française doit occuper une large, une immense place dans votre cœur, car c'est elle qui la première s'est levée pour réparer les iniquités des siècles passés ; c'est elle qui la première a secoué comme une vile poussière tous les anciens préjugés, et appelant à elle ceux qui ailleurs étaient honnis, méprisés, repoussés, leur a dit : Venez vous reposer à l'ombre de ma protection ; je veillerai sur vous, je vous défendrai, je vous aimerai. France ! ô bien-aimée patrie ! tu as été pour nous une mère tendre et dévouée, et nous aussi nous t'aimons comme on aime sa mère. Nous mettons à ton service toutes nos facultés, et dans toutes les carrières qui nous sont ouvertes, nous cherchons à coopérer à ta grandeur et à ta prospérité. Quand naguère l'étranger vint envahir ton sol , nos fils sont accourus pleins d'ardeur pour ta défense ; ils étaient heureux de s'enrôler sous ton glorieux drapeau; ils offraient joyeusement leur vie au pays qui avait brisé le joug sous lequel gémissaient leurs ancêtres, et parmi les victimes de cette terrible lutte, beaucoup appartiennent à notre culte.

Et quand malgré le dévouement de tous tes enfants tu dus plier sous le nombre, quand un ennemi implacable t'imposa un si douloureux sacrifice, te força à te séparer de deux de tes plus

belles et plus patriotiques provinces, notre cœur se brisa , nos yeux devinrent deux sources de pleurs, comme dit l'Ecriture, nos larmes coulèrent abondantes.

Ils se lamentèrent aussi nos pauvres coreligionnaires d'Alsace-Lorrairie qu'on arrachait à la patrie, auxquels on voulait ravir ce beau titre de Français dont ils aimaient à se parer, qui leur inspirait un si noble orgueil, et beaucoup d'entre eux refusèrent de subir la loi du vainqueur. Ils fuirent le toit paternel, la ville natale, le foyer où ils avaient reçu le jour, qu'ils tenaient de leurs ancêtres, qu'ils espéraient transmettre à leurs descendants. Ils partirent, laissant sur cette terre devenue étrangère pour eux les chers êtres qui y dormaient leur dernier sommeil, sans savoir si jamais ils pourraient revenir pleurer et prier sur les tombes qui étaient autrefois l'objet de leur vénération.

C'est en vain qu'on leur disait : Pauvres fous', la France est déchue; sa puissance a passé en nos mains ; c'est nous qui sommes la grande nation !

Ils répondaient : Une nation n'est pas seulement grande par les armes, elle l'est aussi par son goût éclairé pour les lettres et les arts, par la générosité de son caractère, et cette grandeur-là, ô Allemagne, les victimes de ton ambition savent bien que tu ne l'as pas ravie à la France !

Ils disaient aussi, ceux que la conquête chassait de leur pays, qu'une nation comme la nôtre ne se

résigne pas à l'humiliation, qu'elle cherche au contraire à se relever, et qu'elle y réussit.

Et lors même que la ruine de la France eût été certaine, ceux qui l'aimaient ne l'eussent pas abandonnée. Ils eussent préféré partager son infortune que la prospérité de ceux qui l'avaient vaincue. Ils n'eussent pas cessé de la considérer comme une mère, et on ne renonce pas à sa mère quand elle est affligée, désolée ; sa douleur ne fait que fortifier notre attachement.

Cet ardent amour pour la patrie dont nos frères d'Alsace et de Lorraine ont donné Un si magnifique témoignage, cette vive affection pour la France que vous avez ressentie vous-mêmes, efforcez-vous de les éprouver toujours. Que la sainte flamme du patriotisme embrase en tout temps vos âmes, qu'elle brûle toujours dans vos cœurs comme le feu sacré qui, dans le temple de Jérusalem, brûlait constamment sur l'autel et ne s'éteignait jamais. Que vos supplications s'élèvent souvent d'ici, pleines de ferveur, pour notre cher et malheureux pays. Demandez avec instance à Dieu de lui rendre son ancien rang, sa splendeur d'autrefois, mais efforcez-vous aussi de contribuer, chacun dans la mesure de ses forces, à ce résultat si désirable. Donnez à vos enfants une éducation sérieuse et sohde; guérissez-les de cette légèreté et de cette frivolité qu'on nous reproche ; apprenez-leur à pratiquer le sacrifice, le dévouement, l'abnégation. Que l'amour du pays s'allie chez eux à l'amour de

la religion; que Dieu et la patrie soient chez eux l'objet d'un même culte ; quand vous aurez fait cela, vous aurez travaillé à la prospérité et à la gloire de notre pays.

. Ce que je réclame de vous, mes Frères, ce que je réclamerais de tous mes compatriotes si j'avais le droit de m'adresser à tous , de leur dire ma pensée à tous , vous le devez non-seulement à la France, mais à ces deux malheureuses provinces qui gémissent sous l'oppression et qui attendent de nous leur délivrance.

Si l'on vous dit que l'Alsace et la Lorraine se résignent à leur sort, n'en croyez rien ; il peut y avoir quelques défaillances : elles sont peu nombreuses. La vie a des exigences avec lesquelles beaucoup ont dû compter. Tous ceux qui l'auraient voulu n'ont pas su se soustraire au joug; mais tous l'abhorrent, tous le maudissent, tous aspirent au moment où ce joug sera rompu.

Quand l'occasion se présente, on proteste contre la violation du droit qui a été accomplie, et quand la voix de la conscience indignée ne peut se faire entendre, on souffre et on espère en silence. Ah ! pauvres frères opprimés, on a pu vous enlever votre nationalité, on a pu vous imposer des lois nouvelles, on peut forcer vos enfants à étudier un idiome étranger, on peut proscrire la langue et les souvenirs de la patrie, mais on ne peut pas aller fouiller dans vos âmes pour y détruire l'espérance; on ne peut pas vous forcer à brûler ce

que vous avez âdoi?é, à aîmer ce que vous haïssez. J'ai visité récemment, mes Frères, les deux provinces si belles quand nous les appelions nôtres, aujourd'hui si désolées; et j'ai pu. me convaincre que les souvenirs de la patrie ne sont pas éteints, que son calte n'est pas détruit, que l'amour de la France vit dans tous les cœurs, que dans toutes les âmes demeure l'espérance de lui appartenir de nouveau.

Ah ! demandons à Dieu, mes Frères, demandons lui souvent dans ce temple que cette espérance ne soit pas vaine, qu'elle se réjalise promptement, qu'il arrive bientôt le jour heureux où nous presserons dans nos bras « les rachetés de l'Eternel, que l'Eternel aura délivrés de la main de l'adversaire. » (1)

Que hors de ce temple aussi votre mémoire se reporte vers la terre où sont nés la plupart d'entre vous. Que jamais l'oubli et l'indifférence ne viennent pour les victimes de cette grande iniquité qu'on appelle l'annexion.

Mes Frères, quand Jérusalem, après une défense héroïque, succomba sous les coups du colosse romain, ses enfants, qui furent. dispersés à tous les coins de l'univers , conservèrent le culte de la patrie perdue et le transmirent à leurs descendants de génération en génération. Après plusieurs siècles, on ne goûta aucune joie en Israël sans y mêler quelques regrets pour Jérusalem. Et c'est ainsi qu'à toutes vos joies doit être présent le souvenir

(i) Psaume 407, v. 2.

dé cenii pour qui il né sera pas de félicité véritable tant que pèsera sur eux la domination de l'étranger.

Quand pendant la sombre époque du moyen âge, la persécution sévissait contre les israélites dans un pays, quand l'oppression les chassait de leurs demeures et les forçait à chercher au loin une terre plus hospitalière, ceux de leurs frères qui jouissaient tranquillement d'une protection chèrement achetée, accueillaient les fugitifs, leur tendaient une main secourable, les consolaient par les témoignages d'une tendre sympathie. Que votre sympathie ne fasse pas défaut non plus à ceux que l'oppression ou le désir de revoir la patrie chassera encore de l'Alsace et de la Lorraine. Accueillez avec bonté ces fugitifs, ces exilés; rendez leur la vie dans la patrie douce et agréable, et qu'auprès de vous ils se consolent et soient heureux.

Il y a d'autres opprimés, mes Frères, pour lesquels je réclame votre bienveillance. Il existe des pays où la loi n'est pas la même pour tous, où elle n'entoure pas d'une protection égale tous les citoyens, où nos coreligionnaires sont encore exposés à d'injustes vexations , où , par suite de l'exclusion dont ils sont victimes , ils ne peuvent jouir des bienfaits de l'instruction. Et ce n'est pas seulement dans les régions lointaines de l'Asie encore fermées à la civilisation que se rencontrent ces pays. Il en est un qui est situé en Europe et dont l'intolérance cruelle a déjà soulevé plus d'une

fois la réprobation publique. Faites des vœux, mes Frères, pour que la justice triomphe bientôt partout où elle est encore méconnue et outragée, pour que la conscience soit partout affranchie, pour que nos frères deviennent partout heureux et libres comme nous le sommes.

Mais ne vous contentez pas de vœux stériles ; secondez énergiquement les efforts de ceux qui se sont donné pour mission de secourir nos coreligionnaires partout où ils souffrent à cause de leur qualité d'israélites , de travailler partout à leur émancipation, d'apporter les bienfaits de Tinstruction à ceux de nos frères qui en sont encore privés.

Ainsi, mes Frères, amour de Dieu, amour de la patrie, amour de l'humanité souffrante : voilà les sentiments que doit éveiller dans votre cœur la solennité d'aujourd'hui, et que ce temple doit entretenir et fortifier constamment en vous. Oh ! puisse cette maison que nous consacrons aujourd'hui au culte du Dieu unique remplir son but, et puissent les prières qui exprimeront les sentiments qu'elle fait naître en nous et qui d'ici monteront vers la demeure de l'Eternel être accueillies favorablement par notre divin Créateur et Père. ■ — Amen !

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