UNE PROFESSION RELIGIEUSE
Fedt mihi magna qui FoUns est.
Lé Tout- puissant a fait en moi de grandes choses, Xûc« c. I.
C*EST ainsi que la plus humble et la plus pure de^ Vierges célébroit les merveilles que Dieu aivoit opérées en sa faveur.
Comme elle , ma chère sœur » faites éclater les sentimens de la plus vive reconnoissance , et rendez gloire à Dieu de toutes les grâces dont il vous comble.
Déjà il a fait briller à vos yeux ses
1)lus vives . lumières ; il vous a fait sentir e néant de toutes les choses du monde et le prix du salut; déjà il vous a conduit dans cet heureux asile» comme dans iin port assuré et Iç séjoulr de la paix ; il vous a embrasé des plus pures flammés de soa amour , et vous a inspiré le désir detre entièrement à lui.
- Vos vœux seront remplis , la cérémonie sainte qui nous rassemble en est un heureux présage. Dieu lui-même veut s'unir à vous.
290 Sennofi
t)e nouvelles grâces vont succéder à sts premières, faveurs y et à la vue de sts miséricordes , vous vous écrierez , avec de nouveaux transpprts de joie : Mon Dieu a fait en moi de grandes choses t fccit niilii magna qui Potens est.
Pour bien comprendre retendue de $es bontés , considérez avec moi les avantages tie ce saint état auquel il vous appelle ; mais en même temps apprenez quels sont les 40voits qu il vous impose. Deux réflexions que je vais vous développer ea peu de mots.
N'attendez point ici de moi un discours étudié et préparé avec art. Je n'ai pu pro* mettre qu'une simple effusion de cœur , et pour obtenir que Dieu lui-même en dicte tout-à-la-fois les sentimens et les exprèsusions 9 implorons son secours par l'intercession de Marie. Aî^9 Maria.
PaXKIERE lniFLSXIOK.
Telle est 9 ma dière sœur > la bonté de Dieu à votre égard » que le sacrifice qu'il TOUS engage à lui faire est pour vous fat source des plus précieux avantages.
Vous embrassez un état qui vous sépare du monde > qui vous consacre à Dieu ; c'est ) en peu de mots j vous en faire sen« tir tout le prix.
L'état religieux vous sépare du monde »
pour une'Professicn Religieuse, agft et par celte séparation il vous met à 1 abri de ses dangers ) il vous dérobe à ses peines.^
Vous le savez , et un €oup«4œil sur le inonde a suffi pour vous en instruire ; tout y ""olïre un écueil à Finnocence » et qu'il est peu ^'ames^ fiçlèies qui 9 sur oettti mer orageuse 9 échappent au naufrage.
Les maximes dn monde 9 $es usages » ses pièges; tels soi^l les périls auxquels vôtre état va vous soustraire.
Et d'abord 9 quel est le langage des en** fans du siècle? Opposez-le aux maximes de J. G. et vous reconnottrez combien il leur est contraire 9 et combien dès-lors il tend à nous corrompre.
Ne vivre que pour le temps et sacrifier à quelques mom^ns rapides une éternité.-^ Acquérir des richesses périssables 9 qui nous font perdre le trésor qui nous étcHt préparé dans le^ Cieux. — Chercher à paroltre aux yeux des hommes 9 sans se mettre en peine si l'on plaît à son Dieu.
-— Saisir avec empressement toutes les oc* casions de plaisir 9 et ne pas craindre de souiller son ame. — se rendre heureux dans cette vie 9 et ne s'occuper que le moins qu'on peut du sort qui nous attend dans l'autre ; telles sont en substance les maxfanes du monde.
Est-il étonnant si J. G. a frappé si sou-
'irent le monde d'anathême9 lui dont les
maximes sont si différentes ? Que nous dit
^9^ Sermon
-3. Ç. î il ny a qu'une seule chose de nécessaire , c esl le salél. Que sert à l'homme
•de gagner tout le monde s'il vient à perdre son ame, et que donnera-t-il en échange pour elleJ Cherchez donc , avant toutes choses , le royaume de Diçu ; faites-vous violence pour loblenir , haissez votre ame , haissez-en les penchans déréglés ; perdêz-la selon le monde , pour la sauver. N appelez point heureux ceux qui jouissent des délices de celte vie et qui s y; attachent. Que
: celui d entre vous qui veut devenir le plus grand , s'abaisse et s'humilie davantsfge.
Apprenez que ce qui est grand devant, les hommes est eh abomination devant Dieu.
Heureux ceux qui pleurent , heureux ceux qui souffrent , heureux ceux qui mènent
- une vie obscure j inconnue , ignorée des hommes ; heureux ceux qui sont doux et pacifiques , heureux ceux dont le cœur
, préfère la pauvreté aux richesses , et qui .ne tiennent à aucun de ces biens que le
- monde estime. Heureux, et pourquoi l c'est ; qu'ils sont plus près dû Ciel que les graqds,
les riches , les puissans et les heureux de la terre ; tel est le langage de J. C.
Ah ! sans doute , instruite à son école , vous avez gémi plus d'une fois de l'aveuglement des mondains. Plus d une fois leur langage vous a fait frémir.
Cependant'si vot^s étiez restée au milieu du siècle } ah ! peut-être bientôt auriez-vous
pour une Profession Religieuse* 29$ écouté SCS discours trop.flattiajLirs à la nature^ corrompue : enuain V Evangile réclame % on s'accoutume aisément à des idées qu\ nous séduisent , qui s'accordent avec nos pem:hans9 et qui sont devenues communes^ à tous ceux qui nous environnent. .
Mais votre Dieu , pour voys mettre à l'abri de ce premier danger ne peut cesser de vous instruire lui-même. Ici 5 vous en-, tendrez sa voix ; ici > il se fera entendre à votlre cœur, il répandra sur vous les lumières de son esprit , et des clartés toutes célestes ; ici , on ne vous parlera que le langage de la piété la plus pure et la plus solide. O/2 vous apprendra à renoncer à vout5-même , à avancer dans les voies de la . perfection i à vaincre les moindres foiblesses, à vous occuper sans cesse des grandes idées de rélernilé , à tout faire pour, y arriver et à diriger foules vos œuvres vers la gloire de Dieu votre salut , le soulagé-ment et la sanctification de votre prochain- Mais votre état vous met à l'abri d'un autre danger plus pressant encore ; ce sont les usages du monde qui viennent à l'appui de sqs maximes.
Vous avez vécu au milieu de ce monde »
vous avez connu ses lois ^ sps usages et sts mœurs , quy avez-vous aperçu ?
Par une sagesse bien digne des tendres soins d'un père , et pour , mieux éprouver votre yocfition j^, on ycuis, .% f^it vivre quel-
^g4i Sermon
4|ue temps au milieu du siècle 9 on a voulu liae vous en connoissiez les lois et les inoBurs.Quy avez-vous aperçu ? des homjnès dont la conduite répond parfaitement à leurs maximes ; des hommes qui ne Ira* vaillent que pour se ménager une fortune temporelle 9 un bien -être d un moment ; qui ne songent qu'à s'enrichir , à s'agrandir^ à s'élever au-dessus de leur état ; qui ne de distinguent que par lé luxe , le faste el . de faux airs de grandeur ; qui n'interrompent leurs occupations que pour se livrer è des sociétés dangereuses i à des amusemens funestes 9 à des lectures pernicieuses»
à des entretiens frivoles , à des spectacles et à des jeux qu'ils croient toujours hmocens , dès qu'ils ne leur paroissent pas^abr solument des crimes ; qui ne donnent à la religion que le peu de momens qu'ils n'ont pu donner au plaisir , et qui se flat^ tent d'en avoir rempli tous les devoirs »
lorsqu'ils eti ont fait quelques actes extérieurs > qui n'en sont que la lettre et non pas l'esprit.
Âh i qu'il est difficile de ne pas se laisser séduire par les exemples ^ de ne pas suivre le torrent » de ne pas s'autoriser de la coutume , de ne pas faire comme les autres el de ne pas croire qu'on a raison quand on a fait comme tout le monde.
Ici 9 vous pourre^i^ suivre > sans péril »
pour une Profession Religieuse. ^9$ lexemple du grand nombre 9 parce qu'il n'a rien qui n'édifie » parce que Fusagi^ y est régie sur le devoir 9 parce qu'on ne doit y rougir que de ne pas faire comme les autres ; ici 9 vons serez sans cesse animée par le spectacle des plus hautes vertus } ici > des actes héroïques seront pour vous le . plan d'une vie commune 9 et ils vous reprocheroient votre foiblesse 9 si vous n'avies qu'une vertu médiocre ; ici 9 vous aurez toujours sous lès yeux de grands modèles t et tout ce que vous pouvez désirer de plus favorable 9 c'est la force de les imiter. ,
Enfin 9 votre état vous soustrait encore à d'autres périls 9 ce sont les mi^ges du monde ; ils sont innombrables. Tau tôt il attire par les charmes de la volupté 9 tantôt W contraint par la violence 9 tantôt il subjugue par la crainte et le respect humain. U emploie tour-à-tour > les vaines complaisances 9 les railleries et les censures ; il flatte 9 il promet 9 il menace 9 et toujours pour séduire.
Au milieu de tant d'écueils > que devient k salut ? Quoi ! douée d'un naturel heureux 9 d'un doux penchant pour la vertu 9 quoique formée par les soins d'une seconde mère qu'éclaire la sagesse 9 et que la piété anime ; ah ! auriez'vous été plus forte que le monde 9 et pourriez-vous vous flatter d'échapper à tous ses périls.
Mais ici tout écarte ses pièges 9 l'étal
59^ Sermon
religieux met entre lui et voius une barrière qu'il est difficile de franchir j un intervalle immense , et lopposilion la plus marquée.
Son histoire n*est plus la vôtre , elje ne doit plus vous inléresser. il ne vous reste d autres intérêts que ceux de. Téternité,
Par-là dçnc votre état vous, met à l'abri des dangers du monde , et par*là encore il vouç dérobe à ses peines.
Je le, sais i <:;haque. état a ses croix > et rétat religieux a les siennes. Il offre souvent des passions à combattre , des contradictions à essuyer , des sécheresses à éprouver , des dégoûts à vaincre , des antipathies à stjrinonler : et malheur à.vous et à moi , si î dans notre éiat , nous n'avions rien à souffrir, et s*il nous manquoit ce caractère de ressemblance avec J. C. Mais enfin , les croix de. la Religion sont des croix toutes saintes ,, qû que tout concourt à sanctifier, et qui .deviennent chères à quiconque est appelé à les porter ; bien différentes des croix du monde , qui , presque toujours, naissent des passions mêmes , et dès lors n'er> sont que. plus cruelles. . !
Vpyez , en effet , les inquiétudes de ces hommes qui .veulent amasser , s élever et jouir des faUx biens qui les enchantent.
Que de peines pour les acquérir , que de trouble et de soins pour les conserver, que de dégoûts quand ils les possèdent, ou que.
de regrets quand ils .viennent à les perdre.
pour une Profession Religieuse^ agy
• Voyez les touraiens de ces viclitnes infor*lunées des passions humaines. Leur agitajtion, leurs alarmes 9 leurs craintes et leurs remords , leurs jalousie^ , leurs déplaisirs v leurs disgrâces et leurs malheurs. Car ^ enfini que nous offre le monde ? des hommes quç leurs désirs mettent sans tesse à la tortUTa
Si quelquefois ils sont heureux diÀc yeux du monde ; hélas i deitiandez-leur rJt situation de leur cœur. Ah 1 s'ils sont ^sits* cères , vous ne les entendrez que mudhurer , se plaindre çt gémir. Et lou^lcv jours ddhs ces instans^ où. ils. s ouvrent librement sur leurs peines , on les voit désirer Votre état, envier votre sort , et ne te comparer au leur, que pour exalter^ vôtre bonheur et déplorer leur infortune. . V
Encore si leurs peines dévoient. ^e.hafc»ner à cette vie ; niais , hélas 1 -.le mauvaiB usage qu'ils en font ne sont poui* eux'i le plus' souvent > qu'un triste pi:^ude/et un affre'ux présage de peines ëternelle's. '- .j
Pour vous ,' ma chère s'œur ^ vos fxoît:
ne seront point de la natuvè>des leur&i.Sî elles naissent quelquefois; ;dcs céntradlcp* tions inséparables de laurm jhumaine^ la Religioi; suffira pour vouslcarjeiidre douces. Dieu répandra sut' elles rosùrtioiv jde sa gi âce , el elle suffira mème,pour vous lés rendre aimables. Une sôrie d^illrail vous* portera vers elle , et . vous-serez moibs.diar posée' à vous en pla^di^e. qu'à en^du^smr
dgS Sermon i
At plus grandes , si lobëissance et la sagesse ne modéroiént votre zèle.
Les conseils ëvangéliques , bien loin de 90US paroitre un fardeau , vous aideront ft mieux porter celui que Dieu nous impose par ses préceptes ; ils seront pour vous ce oue les ailes sont Ipour l'oiseau qui plane jwns les airs, elles le portent plut6t qu'elles lie te chargent ; par elles il se soutient , il a'élève , au lieu qu'il ramperoit sans elles».
Placée d'ailleurs , dans un ^tat tran* quiUe vous verrez tes peines des mondains % et nous n'aurez qu'à tes plaindre et les consoler. J^ous bénirez le Ciel de ce ^u'il ne vous a pas laissée au milieu d'eux ^t du rivage ; atirès les avoir vus battus 4es iftots et de la tçmpète , vous leur tenérn la maiq pour les sauver ou tes essayer s'iV ^se peut du naulrage.
jKon-sciiiitement votre état vous sépare du monde > mais il vous consacre à Dieu , et ;par-fà il vous unit & lui dune manière 4k>uie spéciale. Vous tenez un rang parmi iaon peuple choisi > vous formez une des plus belles portions de son héritage /vous devenez son amante, son épouse; vous ites à ses yeux ^ la plus chère de toutes les créatures qu'il a mises danc» ce jDonde pour sa gloire.
ÏHeu est te Dieu de tous tes hommes > piais il l'est spécialement de ceux qui ne feulent que lt4j qui ne s'attachent qu'à
pourune rrgfession Religieuse. 599 lui et qui lui disent comme le roi prophète : Seigneur je ne désire rien au Ciel î je ne demande rien sur la t^rre tjue vous seuL Fous êtes le Dieu de mon cœur et mon partage pour toujours.
En vous consacrant à lui ; Dieu a donc sur vous des vues d'élection 9 des vues de chois: 9 de préférence , tandis qu il eu laisse tant d autres errer dans des routes moins sures et qui 9 trop souvent même , les éloignent de lui.
Fourriez-vous regretter encore ce que le monde offre de plus ^and et de plus séduisant! Quel engagement eussiez-vous pu former dans le siècle qui eût valu , aux yeux de la foi 9 l'^allismce que Dieu veut bien contracter avec vous. Ici 9 c est un Dieu 9 le Maître de la nature , le Roi de tous les rois de la terre ; celui qui possède toutes les richesses 9 toutes les gr&ces et tous les charmes ; celui dont toutes les perfections sont saiis <Mbre 9 sans nuage et exemptes de tout changement; celui qui s unit à vous. Quel obje^eût pu satisfaire votre cœur , si celui-ci ne le remplit pas ?
£n s'unissant à vous $ Dieu vous a assuJt^ les plus précieuses faveurs.
Déjà, vous en avez goûté les prémices 9 déjà vous avez reconnu par votre propre expérience combien le Seigneur est doux 9 et combien son joug est yaimable ; déjà vous %yez dît plus aune fq& ; Seigneur que
5oo Sermon
'VOS ' Tabernacles me sont chers et quun joUr passé dans cette sainte maison ^aut bien mieux que des années entières passées dans les tentes des pécheurs. '
Mais ces douceurs ne sont rien encore comparées à celles que Dieu semble vous promettre aujourd'hui ; quelles délices ineffables; quels torr'etis de joies pures ne vat-il pas verser dans votre ame , si vous lui êtes fidèle ! Rien ne pourra désormais s'opposer à lonçilon de son esprit , aux effu- , sions de sa grâce , aux tendres communications qu'il veut avoir avec vous , rien ne pourra les interrompre , les arrêter- que
vons-même.
Ici j la tourterelle peut gémir à son aise > et tous seâf gémissemens sont doux , parce qu'ils sont formés par le plus pur amour ; ici , . on verse des larAies qu'on préfère de beaucoup à toutes les joies du siècle , parce que ce sont des larmes que l'amour fait répaiidre,; ici , rien ne trouble la paix que produisent le détachement 5 l'humilité , la charité et le témoignage d'une conscience* pure; ici, Dieu est tout en- tous : et' que Vous êtes aimable , ô inon^Dieu» dans ceux qui vous seryent.
Les douceurs dont vous allez jouir ne 4^nt cependant que le moindre avantage dé* l'état què^ vous embrasser en vous consacrant à Dieu ; il vous^ offre les moyens de* >salul les plus puissants; Dii^u votis place da^ns
pour une Prdfé^si^n Religieuse. 3ôi une terre de bénéaiclidn ; ef if vous destine* des recours abôndans. Toiit siervira dësor-T mais à voité* attacher à lui; les instrUClions / les exemples , là retraite j les sacremens dont il VOUS' est permis d approcher si souvent ,• les occupations de votre état qui sont si saintes par elles-mêmes; vos règles qui sont si parfaites et si pures s le souvenir du saint instituteur qui vous les â tracées ,. le souvenir de ses vertus, de sa douceur,* de son* humilité , de sa charité , de soih ^ aimable condescendance , qui le rendent,* après J. C. , son modèle , lun des plus grands Maints et "- le plus aimable dei»
hommes. L-habit même que voustalle»
porter , qui formera pour vous comme la livrée de J, C , et vous distinguera si avantageusement de ceux qui portent les livrées du monde et de la varrilé. Tout va vous rappeler à Dieu , vous faire marcher en sa* présence j vous rappeler à vous^mên^e eU hâter vos- progrès dans la science du saluÉet la pratique des vertus. *
Ah ! quelles actions de grâces ne devez-* vous pas à Dieu pour desi. grands bienfaits î en vous porta-nt à lui consacrer le reste de; vos plus beaux- jours jien exigeant le sacri-^ fîce iie toutes vos années , il assure vôtres repos dans le temps, et votre bonheur dans liiternité. • - .... ».
Voyez donc,, puisque vous êtes libre encore , ;si vous croyez^ devoir ' balancer
5o» Sermon
entre lui et le inonde. Choisissez entre un monde trompeur , votage 9 périssable , qui ne fait que des malheureux > et un Dieu ai digne de votre amour , si grand dans ses dons » si fidèle dans ses promesses , si magnifique dans .ses récompenses.
mais son choix est fait , Seigneur , elle TOUS a déjà dit avec le roi prophète : Sei* gneury mon cœur est prêt et ne se donne ifuà vous seul» Cest ici le lieu de mon wepos f celui que fai choisi pour m* unir m vous.
Puiiique tel est votre diCHx ^ considérez donc & quoi il vous engage. C'est encore le sii^t d'une courte réflexion.
DsDxiiMx RirLExioN.
Yjous venez de voir 9 ma chère sœur , quelle est la grandeur , quels sont les avantages de l'état auquel Dieu vous appelle.
le n'ai pu vous les exprimer que bien Joiblement , et je laisse à vos réflexions , je laisse aux sentimens de votre cœur à vous dire à cet égard tout ce que je n'ai pu me flatter de rendre aussi vivement que vous le concevez et que vous le sentez tous-même.
Mais si Dieu a fait en votre faveur de grandes choses > il exige que vous en fassiez de grandes à votre tour ; et h'est-il pas juste que vous reconnoissiez ainsi ses biei^ laiis et son amour*
pourune Profession Religieuse. 5o5
Il veut donc , en vous appelant à Vétat religieux y que vous renondez à tout pour lui ; et ce qui ne fait pas moins partie de votre engagement , il veut que vous soyez victime pour votre prochain.
Dieu veut que vous renonciez à toul pour lui ; cest-à-dire , premièrement que vous renonciez à tous les biens de la terre par le vœu de pauvreté.
Vous devenez Tépouse d*un Dieu qui > en entrant dans le monde, a pris Ir pauvreté pour son partage. II savoit combien le désir des richesses éloit fatal aux hem* mes y combien l'esprit de propriété nour* nssoit enjeux l'amour-propre > les altachoit à la terre ) les éloignoit du Ciel. Il a voulu leur inspirer le i^pns des faux biens en leur donnant l'exenipie d une indigence volontaire. Maître de là nature 9 & peine »
comme il le dit lui-mèmè » avoit-il où repor* ser sa tête.
Vous vous engagez par état & le suivre de la manière la plys parfaite dans la pra* tique de ce détachement qu*il vouf enseigne. Vous devez , dès cet instant vous I)réparer pour la suite 9 c'est-à-dire » pour e temps où vous coqimencerez votre en* gagement à ne plusj rien considérer sur la terre , comme étant à vous II faut que vous exécutiez à la lettre les paroles de S. Paul y que vous possédiez 9 même le joéce&saire ^ comme ne le ppssédant pas ;
So4^ Sermon
qiiie 'VOUS en usiez comme n'en usant pas > que* vous ne reteniez ce que loti daigne vous laisser que comme une chose commune qui 'ne vous appartient pas. Il faut que -vous n'employez ni sollicitations , ni crédit , ni artifices . pour obtenir ou pour garder quelque chose que ce puisse être; Quoique innocens que les' moyens puissent vous paroître , certainement ils vou> rendroient coupable un jour , ils seroient cbû" traires à cette pauvreté volontaire et parfaite que 'vous vous disposez à vouer au Seigneur, ils seroient un larcin à Tholocauste que' vous ne tarderez pas à Jui faire ; et c'est , dit TEcriture , ce que Dieu Q eh horreur; -
A« reste, ma chère scèur , par un tel sacrifice vous ne perdiez rifen ; au contraire i vous y gagnez tout; et d abord, à qupi renoncez-vous ? A des biens qu'il faudVoii quitter tôt ou tard. Ah! bien plus sage que les mondains • vous n'attendrez pas que la mort vous les enlève , qu'elle vous en dépouille malgré vous; vous pré»
venez le* sacrifice contraint et forcé , par un détachement libre et méritoire ; vous remettez' votre trésor entre les mains de Dieu, et il vous le gardera pour vous rendre heureuse dans réternité.
Et quel est-il ce trésor? des vertus , des grâces , daS' mérites. Voilà ce que vous substituent^ à des biens fragiles et mépiisa^^
pour une Profession Religieuse. 5o5 blés. Ne craignez pas que Dieu se laisse vaincre en générosité, il paye au centuple ce que Ton fak pour lui.
J'ajoute 5 ma chère sœur , que vous en serez plus libre. Moins vous désirerez de choses , moins vous tiendrez à tout ce qui .
vous environne , et moins, aussi vous aurez de liens, qui vous assujétissent , car nos désirs sont nos chaînes. Vous pourrez dire , avec S. Ignace , martyr : Je cornr, mence à être disciple de J. C. ne désirant rien des choses qui sont dans le monde. Vous éprouverez ce que disoit S.
Chrysostôme , que . de la même manière que ceux qui sont sur une haute montagne voient comme ilifmiment petit ce qui est î au-dessus d'eux ; de même lame vraiment religieuse , habitant déjà dans la ^Ciel, par sas désirs , voit comme un néant toutes, les choses de la terre. r
A ce premier ^renoncement votre état vous en fera ajouter un second , c'est celui qui vous fera renoncer à: vos SQXiS par le vœu dune chasteté^ perpétuelle. ,...
, iC est. \k proprenwBPt ce qui vous rendra l'épouse de J. C. > vous jouirez de ce^^ avantage précieux clont parle S. Pauï^ et qui consiste, à ne pas être obligé 4e parla-, ger ses ^soins > ses attentions et soi> amour entije Dijeu ti Ifit créature. , Nul autre lieq pour vouQ.que^ celui qui vous attacher!;^ au j$^^n(Çiu: > vou^. lai serez. : ^oiiéc i , cpqi* .
5o6 Sermon
sacrée de la manière la plus authentique) k plus solennelle. Plus de pensées , plus de retours vers le monde , plus de désirs de lui ptaire. Une vigilance , une attention , un recueillenient continuel 9 une haie de circonspection mise i tous vos sens ; des regards baissés. et modestes, un extérieur composé et édifiant ; un intérieur plus admirable encore , plus pur plus aimable aux yeux du Seiéneitr » des désirs conti* nuels de tout faire pour sa gloire , des transports d'un amour anknt pour I objet .que voys avez choisi. Danivos réflexions»
ne pensez qu'à lui ; dans vos enretîens 9 ne parlez que de lui ; dans votre solitude ne soupirez qu'après lui ; voilà comment vous devez répondre à rengagement que vous vous préparez à former un jour.
^ Et quelle douceur n'y trouverez -vous pas. La tranquillité) le calme» la paix d'une conscience pure et dégagée de tous soins bas et terrestres , 1 assurance de plaire ^ à celui auquel vous tous donnez, les chas* les délices qu'il vous fera goûter en l'aimatil , tel sera le prix du second sacrifice ^ue vous ferez au Seigneur.
Vous serez l'objet spécial de son amour, car vous n'ignorez pas l'amour de J. C.
pour les Vierges. C'est d'une Vierge qu'il a voulu naître , ce sont les Vierges qui , dans le Ciel , suivent par tout 1 agneau sans tache et participent le plus â sa glmre.
pour une Profession Religieuse. Soy
Miiis un troisième «ngagement > c'est celui qui > par le vœu d obéissance 9 vous fera renoncer à votre entendement et à votre volonté propre.
Sacrifice qui est > de tous » celui qui coûte davantage. Quitter ses biens ) dit S.
Augustin 9 sacrifier de Certains plaisirs 9 B est peut-être pas quelque chose de si difficile ; mais se quitter , se renoncer à chaque instant soi-même 9 c'est-là le véritable néroïsme et la pratique de la plus sublime v^rtu.
Sacrifice le plus méritoire 9 puisque parlà c est votre esprit , c est votre cœur , c'est vous tout entière que vous immolez au Seigneur.
Sacrifice le plus nécessaire > car hélas !
que deviendroit l'état saint t\\xe vous embrassez s'il étoit permiis à chaque membre de suivre sts idées 9 ses goûts 9 ses volontés propres ; et quelle paix 9 quel ordre pourroit régner au miheu de cette conlra*^ riété de sentimens et de volontés qu'entraineroit une pareille licence.
Sacrifice le plus avantageux 9 car enfin quel avantage n'est-ee pas de n'être point conduit par soi-inème 9 de pouvoir reconnoitre à chaque instant la volonté de Dieu . dans celle de ses supérieurs 9 de pouvoir se reposer tranquillement sur eux de la route qu'on doit tenir; et n'y a-t-il pas bien moins de sûreté alors à commander qu'à obéir!
So8 Sermon
Ah ! lobëissanee des ' mondains pour avancer leur fortune et pour plaire est aussi grande et na pas les mêmes avanta-* ges ; ils dépendent de tous ceux qui les environnent , ils sont soumis à ces maîtres capricieui et bizarres , ils ont souvent à concilier des volontés toutes» opposées , leur obéissance est une servitude , et la vôtre conduit à la liberté.
Et quel motif de soumission ne trouverez: vous pas . dans l'exemple de J. C. t même dans son obéissance à des créatures auxquelles il devoit commander ; dans son humilité , qui lui/faisoit dire qu'il éloit venu sur la terre, , non pour être servi, mais pour servir ; enfin dans cette résignation entière qui la rendu obéissant jusqu'à la mort , et à la mort de la croix. ^ .
Mais ce n'est là que la première partie de l'engagement que vous allez vous dis-, poser, à contracter. Il en est un autre qui n'exige pas moins toute votrcjfidéliié , c'est celle qui doit vous rendre victime pour votre prochain. Quoique l'on en puisse dire , et, quelque préjugé peut-être qu'on ait pu s'en former , prenez - y garde , ma, chère sœur , on n'est pas dans l'état religieux uniquement pour soi , on doit s'y souvenir toujours^ ^ que pour être vouée, à la religion, on ne cesse pas d'appartenir à l'humanité ; qu'avant de tenir à son ordre , on tient à l'univers , à sa patrie; et
pour une Profession Religieuse. 5o^ les mondains ont beau déclamer contre l'immobilité et loisiveté prétendue de letat que vous embrassez , i\ sera toujours ^rai
3ue daûs Tordre civib. et moral , comme ans^ le plus doux christianisme , il porte des fruits réels pour la société. Ah ! sansdoute la religion ne le consacf et^oit-pas , si » pour la société des chrétiens , il devoit «tre stérile.
^ Il s'en faudtia bien qu'à cet égard , on puisse vous faire aucun reproche , puisque vous ^Uez vous immoler pour vos frères.
Et d abord , un des actes les plus héroïques de votre sacrifice , c est celui par let|uel vous vous dévouez tout entière au *soin des malades et à tous les devoirs de l'hospitalité. Ici , M. Ç. S. , qu'il me soit permis <le rappeler un des plus beaux traits de votre institut ; votre sage fondateur l'a •distingua des afutres ordres d'une manière bien excellente ; et en quoi ? en ce qu'il ^a voulu que son ordre admît et renfermât des personnes de tout âge et de toute complexion; des infirmes, comme des person- ^nes' eh santé. Malheur à vous , si vous oubliez cet esprit de votre législateur; mais non ,' reçue vous-même dans un âge quU •dans tout autre ordre 9 v6us eût été moins favorable ^ vous serez la première iradmet- •tre dans les autres ce qu'on aura admis par rapport' à vous ; leiu's infirmités mêmes
5iô ' Sermott
ne vous air^eroiU^ pa$ ; au contraire!
TOUS vous esiimern hem^use.
Soin pénible , à chaque instant on voit rhumanué afRigée > la raison égarée et eomme annéahiie ; qn^l specude pour un i:œur. bien lait » pour une âme délicaile et sensible.
A chaque instant on apercfoit éei objets contre lesquels la nature se roidit 9 les sens se révoltent et le co^ùt se' soulève ; on éprouve même des danger^ qui augmentent avec le zèle , et Ton vient quelquefois à partaser les maux qu on vouloit soulager dans les autres*
Souvent a^ussi il faut essuyer des ca]>rices ) se plier à une humeur difficile ) ▼aih-' cre une volonté rebelle et qui s'oppose au bien qu'on veut lui faire ; surmonter 9t$ Irépugnances et ses dégoûts ; quels ménagemens et quels égards cesmn nexige-t-il pas?
Mais la charité vous le rendra faciloi Vous retrouverez dans ces infortunés les membres souffrans de votre époux. Vous verrez J. C. en eux » vous ferez pour eux ce que vous feriez pour J. G. même et par-là , vous mériterez qu'il vous dise uti jour : fétois malade et vous m avez sou^ lagé , venez donc et entrez dans mort royaume 9 et recevez la récompense qui vous est préparée.
Non-seulement vous soulagerez leurs infirmités corporelles » mais vous meurez>
pour une Professiofi Religieuse. 5* r en quelque sorte , te premier appareil Hux plaies > bien plus dangereuses et plus cruelles 9 que le péché fait & leur ame»
Vous profiterez de leur état de peines et de douleurs 9 pour leur apprendre , sll se peut) à soupirer après une meilleure patrie.
Vous pleurerez sur eux et avec eux; et 9 à la faveur de vo|i larmes ^ vos discours s'insinueront dans leur cœur > comme ia rosée du matin pénètre le sein d'une flem* 9 et que raniment Jes pleurs de laurore.
Ah ! pourquoi les mondains ne viennent* ils pas quelquefois partager ces soins avec V011S9 ann de partager vos mérites ? Que ne viennent-ils s'instruire à l'école de l'affliction et des souffrances ; et dans ces œuvres de mi^ séricorde 9 îts y apprendr oient ce que c'est que l'homme 9 eo;nbien sa nature est foible et son orgueil est insensé ; ce que c'est que la santés cette vapeur brillante et lé« ^re qu*un soufle détruit 9 et combien peu on doit compter sur elle ; ce que c'est encore que l'état de la maladie 9 par rapport au salut; combien il est rare que les conversions y soient . sincères 9 combien au contraire il est ordinaire de voir mourir 4K>mme on a vécu* D'après ces exemples si réitérés et si frappans 9 ils apprendrcnént à bien vivre 9 s'ils veulent obtenir un jour la grAce de bien mourir.
Lia seconde partie de votre sacrifice »
â L'égard du prochain > et qui n'est pas la
3i2 Sermon
moins, digne de votre atienlîon , c'est celle par laquelle vous vous consacrez à lëducation de la jeunesse.
Songez aue c'est ici l'ëtat qui se repose sur vous , "au soin le plus important , en vous confiant le dépôt le. plus précieux.
Vous avez. entre les mains lespérance des familles et celle itième de latreligion. L'Etat et r£glise ont les yeux sur vous f et se {>romettent tout de vos soins. Pour répondre à leur attente j préparez àa inonde des épouses chastes , vertueuses > humbles et soumise^ ; des mères de familles » tendres 9 vigilantes 9 économes > ennemies du faste et de la vanité ; des amies douces » social)les , modestes et circonspectes ; mais formez-les de manière quelles soient en même temps les mères des pauvres et les épouseg de J. C.
Souvenez-vous que les enfans que vous élevez lui sont cbers , qu'ils sont le prix de son sang et l'objet de son amour. Comme lui , traitez-Jes avec bonté , ménagez leur «foiblesse ) méritez qu'ils vous aiment 9 dès que vous les aimerez, vous en' serez bientôt aimée, et vous recueillerez sans peine le fruit de vos leçons et de vos exemples.
Heureuses leçons qui les formeront à la piété et à la vertu. Ah ! qu'il est douxde.lui consacrer de jeunes cœurs que l'esprit du monde n'a point, encore infectés de son poison. Heureux et saints exercices , de
quelque
Pour une profession Religieuse. 3 1 3 quelque côté qu'on les considère, ils font réloge de cette auguste maison et de toutes les âmes ferventes qui la composent.
Enfin , il est un dernier engagement que vous contractez en faveur du pro.
chain , c'est la prière , cette obligationpropre de votre état, et qui le rendroit toujours infiniment utile aux hommes pour lesquels vous priez , quand bien même il n'en résult^oit en leur faveur aucun autre avantage.
C'est proprement par elle que vous TOUS offrez vous-même toute entière , que vous vous mettei^ dans un état d'immolation et de sacrifice , que vous vous présentez à Dieu comme une victime pour les péchés des peuples ; victime cependant dont IWfrande et le sacrifice n ont de prix que par leur union avec lésa* crince de Jésus-Christ.
Priez donc en son nom* et an nom de toute l'Eglise, priez pour que Dieu fasse cesser tous Içs scandales que l'irréligion et la licence des mœurs multiplient chaque jour , et que vos prières servent à les réparer autant qu'il est en vous.
Priez pour que Dieu éloigne de nous
des fléaux que nous n'avons que trop
mérités ^ pour qu^il détourne la foudre
qu'il balance depuis si long-tem^ %\iaL^
Mystères. \V ^
3i4 Sermon
nos têtes ^ et que nos crimes auroîent
-déjà fait éclater^ si elle n^étoit comme PMispendue par les prières des Justes.
Priez pour la Patrie qui vous porte dans son sein, pour 6on Roi| pour tous ceux qui sont appelés à y faire régner Tordre ,
3a justice et la paix.
Priez pour Ffiglise qui est votre mère, pour ses Ministres , pour moi , qui , par mes désirs I vous ai déjà enfantée à J. C, et qui Corme encore des vœux si ardens
Eour votre sanctification et votre bon« eur. ^
Priez pour une famille à laquelle vous tiendrez toujours devant Dieu par les liens les plus étroits, pour une famille qui vous aime, qui ne vous perd qu^à regret, et qui imnxole dans cet instant sa joie et ses espérances au désir de vous voir heureuse et tranquille.
Mais priez surtout pour un bienfaiteur généreux auquel vous êtes redevable par tant d'endroits. Que de voix vont s'unir à la votre ! Toute cette auguste maison va former avec vous des vœux pour une famille illustre à laquelle elle doit , après Dieu ^ l'avantage de pouvoir être utile autant qu'elle désiroît de l'être. Les malades qui apprendront de vous les noms de ceux à qui ils doivent leur soulagement et leur guérison , lèveront les mains au Ciel et joindront en leur faveur leurs
Pour une profession Religieuse^ 3 1 5 Cantiques à vos bénédictions et à vos louanges. Plus redevables qu^eux tous»
formez encore', s'il se peut, des gémis-, semens plus tendres , des prières plu3 continuelles et plus ferventes». Demande2S que le même esprit qui anima les Père* se perpétue de race en race^ dans les e fans, que ceux-ci marchent toujours. si les traces de leurs aïeux , mettent tout^ leur gloire à augmenter celle de U «dation, et l^ur bonheur à -Ëaire des hcur reux ; qu ils tirent leur illustration moins encore du nom de leurs ancêtres que à^ la 'pratique constante de leurs vertus.»
et qu'après s'être rendu par l'humanité et la bienfaisance vraiment grands sur la terre , ils soient, par les sentimens d'une piété vraiment chrétienne^ grands surtout dans l'éternité* .
Priez, enfin , pour vous-même ; deman^ dez au Seignetnr qu'il conserve en vous l ferveur qui vous anime , et souvenez- vou3 que dans la Religion les croix ne sont qn<»
pour les lâches et les tièdes. Happele'z^ vous sans cesse la grandeur des loenfaits dont Dieu prend plaisir à vous combler ( fotgnez-y l'idée du jugement que vou$ devez subir un jour , et que subira tout^ ame religieuse sur le prix de sa vocation et sur sa fidélité h en remplir les devoirs ; jugement qui se fera par comparaison avec ces Religieuses farventes qui ont tou?
3i5 Sermon
Jours Ignoré les illusions et les ?âîns prétextes qui conduisent au relâchement , par comparaison de l'ame tiède avec ellemême dans de certains temps de sa vie où elle couroit sans peine dans les voies du âeigneur , par comparaison avec le gjSuste dans le monde où il s^en trouve qui *Tont de si grandes choses malgré de sî grands obstacles , par comparaison , enfin , av0C les mondains eux-mêmes qui souffrent tout ^, qui sacrifient tout pour ce inonde bizarre auquel ils se sont consacrés.
Mais comme ce ne sont point des motifs humains qui ont déterminé votre vocation , comme vous avez cherché à reconnoitre et à suivre uniquement les desseins de Dieu sur vous, j'ai cette douce confiance , M/C. S. , que son jugement ne servira qu'à manifester la droiture de vos intentions, la pureté de vos œuvres , et à mettre le comble à votre gloire.
Vous allez vivre pour le Seigneur , et votre mort sera douce et heureuse parce que vous aurez appris dans tout le cours de votre vie à mourir d'avance à vousmême par le sacrifice que vous vous disposerez à faire.
. Saints Autels soyez les témoins de cette généreuse immolation y c'est à vos pieds que cette $age et fidèle épouse va se
Pour une profession religieuse.
dépouiller de tout ce qui l'attachoît
encore au monde pour ne plus porter que la livrée de Jésus Christ.
Grand Dieu ! la victime est digne de vous. Elle a cette innocence , cette pureté que demande un pareil sacrince»
Achevez de la purifier encore ; que le*., feu de votre amour Fembrâse et la sano* tifie , et qu'elle vous soit étroitement unie sur la terre afin de vous Fètre pour to«h jours dana 1^ GeL