DE LA TRÈSSAIMTE VIERGE
fecit mihi magna qui potens est*
Le Tout- Poissant a fait eo moi de grande» choses*
Luc, 1.
L>/iBT7 pouvoît-il rien faire de plus grand pour une simple créature que ce qu'il a opéré en faveur de Marie?
Dès le moment où il la choisie pour donner à la terre son Sauveur, quels titres augustes , quels privilèges insignes ne lui a-t-il pas réservés ? Quelle abon« dance de grâces n'a-t-il pas répandue sur elle , et combien a-t-il rendu dès-lors sa conception sainte , glorieuse et avantageuse pour nous ? Ne soyons donc pas étonnés si l^Ëglise se porte avec tant de joie à en célébrer la mémoire ? Jour heureux , où a été conçue la plus pure des Vierges ! vous avez été pour nous Taurore du plus beau des jours , puisque vous avez préparé et comme annoncé la venue du Messie , après lequel nous soupirions.
Pour entrer dans l'esprit d^une fête
ïo4 Sermon
qui est en quelque sorte celle de tous les FicTèles , pour rendre à Marie la gloire et le tribut de louanges qui lui 6ont dûs, pour régler notre dévotion envers elle , et en retirer pour nousknémes les fruits les plus doux, arrêtonsnous aux titres qui la décorent ; ils renferment toute sa grandeur , et ils sont le fondement de tout ce que nous lui devons,
Marie est la fille du Très-Haut , fille prédestinée dans Tordre de la grâce la plus éminente. Cest le sujet de ma pre« luière Partie. Marie est , dans le sens le plus vrai et le plus précis , PEpouse du Saint-Esprit , et elle a mérité de Têtre par sa correspondance à la grâce , c'est le sujet de la seconde Partie.
Marie est proprement la Mère de J. C. , c'est-à-dire du Verbe incarné, d'un Dieu fait Homme ; et , en cette qualité , elle peut tout auprès de lui pour nous obtenir la grâce qui nous est nécessaire. Cest Te sujet d'une troisième et courte réflexion.
La plénitude de la grâce dont Dieu a favorisé Marie nous apprendra quel est le cas que nous devons faire d'un
fi si précieux , et no^s inspirera un®
rotion de respect et d'amour envers Q nui a été élevée au plus haut
Pour la fête de la Conception. îoS poînt de sainteté parmi toutes les créa* tures.
La correspondance que Marie a fait paroître à la grâce, et qui lui a faiï mériter d'être PÊpoase du Saint - Esprit ^ nous enseignera dans quelles dispositions nous devons être pour ne pas nou»
rendre entièrement indignes deises dons'^ et fera naître en nous^ à l'égard de la Vierge 5 ce culte d'imitation saris lequel toute dévotion ne devient que trop aisément illusoire et chimérique.
Enfin , le pouvoir de Marie , dans la dispensation de la grâce de J. C. , nous indfiquera un des moyens les plus sûrs de l'obtenir oade l'accroître sans cesse, et produira en nous une dévotion pleine de confiance envers celle de qui nous tenons l'Auteur' de la vie et du salutt
Tel est, M. F. le plan de ce discours, qui embrasse tout à-la- fois et ce qu'il y a de plus glorieux pour Marié, et ce qu'il y a dans un sujet si relevé de plus utile pour votre instruction.
Mais , pour le bien traiter , j'ai besoin de votre secours, ô Vierge sainte ! Comment pourroîs je entreprendre de parler dignement de vos grandeurs , si vousmême ne m'aidiez à le faire ?. Comment pourrois-je espérer de faire de salutaires impressions sur ceux qui m'écoutent, si vous ne vous intéressiez à ce qu'ils
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obtiennent quelque eifusion de cette grâce sans laquelle je ne serois qu'un airain sonnant, qu'une cymbale retenu tissante , sans laquelle nous parlons à Tesprit sans parler ^u cœur ? Cest donc
I>our que vous daigniez répondre à toute ^étendue de mes désirs que nous vous ^dressons la prière ordinaire. Aye , Maria.