LE JOUR DE LA FÊTE-DIEU
Sur le Sacrement des Autels.
Cum dilexisset suos y dilexit usque irifinem»
Ayant kimé les siens, il les aima |us4tt'à la fin. ,
Joan, 13. ^
Jésus-Christ nous l'avoit bien prouvé »
qu^il nous aimoit ; il a voit quitté le séjour de sa gloire pour venir habiter sur la terre. Egal en toutes choses à son Fère, il s'étoit abaissé jusqu'à devenir semblable à nous. Tous ses instans avoient été marqués par des opprobres et des souffrances.
Toute sa vie mortelle étoit un sacrifica qu'il faisoit à l'amour, et que pouvionsnous attendre de plus que la consommation de ce sacrifice sur la Croix ?
Cependant cet amour n'est pas satisfait. Epuisé en apparence par ce qu'il a déjà fait pour notre salut , il se reproduit sous une forme plus touchante encore ; il invente de nouvelles ressources , il perpétue ses grâces et ses faveurs ; J. G. devient l'aliment de nos âmes ^ et
a34 &ermon
nous offre , dans un seul Mystère , le souvenir et l'abrégé de toutes ses merveilles.
Un Dieu caché sous les plus simples apparences pour recevoir nos homnlages et demeurer parmi nous , un Dieu qui chaque jour s'immole sur nos Autels, et se rend une victime de propitiation pour le genre humain , un Dieu qui se donne à nous et notfs sert de nourriture , n'estce pas là le dernier excès , le comble et Fassemblage complet de toutes Tes inventions , de tous les chefs-d'œuvre de l'amour ?
Ah ! M. F. , la divine Eucharistie est âonc , par excellence , le Sacrement de l'amour , comme l'appeloit St. Augustin.
Sacra^entum pietatis ; elle est , comme lo disoit Saint Cyrille, le miracle de l'amour:
Miraculum amoris. Hé ! qu'il est juste
3ue nous en célébrions la mémoire par es fdtes solennelles , que not|s exprimions notre reconnoissance envers J. C.
par un hommage public » par des actions de grâces et des cantiques de louanges , et surtout que nous sachions lui rendre amour pour amour.
J^our embraser vos cœurs de la plus vive flamme , je vais m'attacher aujourd'hui à vous faire comprendre combien est grand cet amour que J. C. nous témoigne dans TEucharistie ; et c'est le
Pour le jour de la Fête-Dieu* s35 sujet de ma première Partie. Je vous apprendrai ensuite quels sont les senti* mens par lesquels nous devons répondre à cet amour ; et ce sera le sujet de la seconde. Ave , Maria.
PAEMièHB Partie.
Pour rassembler en peu de mots tous les témoignages que J. C. nous a laissés de la grandeur de son amour, dans le Sacrement de nos Autels , observez avec moi , M. F. , qu'il n'y a rien qu'il ne fasse y dans ce Sacrement auguste , pour habiter au milieu de nous , pour s unir à nous 9 qu'il n'y a rien, de si précieux, qu'il ne nous donne dans l'Eucharistie, et rien même qu'il ne souffre pôiir nous faire de tels dons.
Je pourrois déjà vous rappeler tout ce que J. C. a fait dans les anciens temps' pour préparer en quelque sorte l'adorable mystère qu'inventa son amour ; des figures sans nombre étoient destinées à l'annoncer aux hommes. Ici c'est un^ agneau pascal immolé dans le désert pour servir de nourriture au peuple de Dieu ; là c'est une manne céleste qui renferme toutes les délices que peuvent désirer et goûter les vrais Fidèles. Tantôt c'est un sacrifice offert par Me'chisédec sous la même forme que celui qui s^offre
a36 Sermon -
sur nos Autels , tantôt cW un pain mystérieux donné par un Ange à un Prophète pour ranimer son courage et soutenir ses forces.
Des oracles et des prdinesses annoncent ce mystère plus clairement encore.
Malachie voit en esprit cette hostie sainte immolée dans toutes les parties du monde; David s'écrie , dans un saint transport :
Le Seigneur renouvelle le souvenir de toutes ses merveilles en donnant une nourriture à ceux qui la craignent L'époux des cantiques invite ses amis les *plus chers à s'asseoir à sa table, à faire usage de l'aliment précieux qu'il leur offre , à s'enivrer à la coupe sacrée qu'il leur présente. Vene[, dit J. C. lui-même, sous l'emblème de la sagesse , manger le pain que je vous ai préparé ; buve\ le vin que j^ai mêlé pour vous. Partout ce tendre Epoux dé nos âmes nous apprend qu'il fait ses délices d'être avec les enfans des hommes , partout il se montre occupé du grand projet qu'il a conçu. 11 semble^ M. F. , que le moment où il doit contracter avec nous l'union la plus intime ne viendra jamais assez rôt au gré de ses
désirs Il arrive , enfin , ce moment
attendu et préparé par un Dieu ; et quel instant choisit-il 1 celui où il est prêt à mourir pour le genre humain. C'est alors gu'il prend du pain et qu'il dit : Mange^j
Pour le jour de la Fête- Dieu^ 2X7 ceci est mon Corps ^ qu'il prend du vin, et qu'il dit : Buve[ ; ceci est mon Sang qui sera versé pour vous. Toutes les fois que vous fere\ ces choses , faites- les en /n/moire de moi.
Mais ici , M. F. , que de merveilles J. C. opère en notre faveur ! Les lois les plus constantes de la nature ne Tarx^tent pas ; son amour les détruit , les renverse en un moment. Les substances sont changées; l'homme parle, et Dieu obéit à sa voix. J. C. glorieux et immortel se resserre dans l'étroit espace des symboles et des apparences* O Ciell est-ce donc là le Verbe divin , celui qui a tiré du néant ce vaste univers, qui d'un souffle de sa bouche a donné la -vie au monde y qui a étendu les Cieux et qui a tracé aux astres la route qu'ils doivent tenir ; qui ébranle la terre , et les nations tremblent ; qui lance ses foudres 9 et les méchans sont épouvantés?
Est-ce là ce Dieu immense , infini , le Dieu fort et le seul être véritablement grand?
Ici sa majesté est ensevelie . sous des ombres , il est caché ^ anéanti et ne. se découvre qu'à ma foi. Mais à travers ces voiles , je le reconnois à son amour, tl eût craint y M F. (réflexion bien tour^ chante pour des cœurs sensibles.) , il eût craint ce Dieu infini en bonté comme
24o Serrrîon
a*t-U de plus injuste que notre indifférence ? Ajoutez à tant de prodiges , ô mon Dieu , celui d^amollir la dureté de notre cœur et de nous mettre en état de profiter de vos dons.
Et quels dons, M. F, , J. C. ne nous fait il pas dans TEucharistie , tous les dons du Ciel , tous les trésors de la grâce , toutes les richesses de la divinité ? Il ne demande qu^à les répandre sur nous ; il possède tous les biens , et pour que nous puisions à la source de toute grâce excellente et de tout don parfait , il se donne lui-même. O le premier de tous les dons ! c^est un Dieu que je reçois, un Dieu^ le souverain Seigneur , le souverain Maître du Ciel et de la terre , le souverain arbitre de nos destinées, celui par qui j'existe, et devant qui je ne suis qu^un vil amas de cendre et de poussière. O Dieu ! quelle gloire pour moi de vous être uni si étroitement , et qu'est-ce que l'homme pour que vous daigniez ainsi vous souvenir de lui ? Vous vous donnez à moi , vous qui êtes si grand , si puissant , si admirable , à moi l'ouvrage de vos mains et qui suis autant au-dessous de vous que le néant est éloigné de l'être et le fini de l'infini ; vous qui réunissez tontes les grâces, toutes les vertus et tous les charmes , h moi ^ si imparfait et si borné y
vous ,
Pour le jour de la Tète- Dieu» z\ l vous/ Seigneur , le Dieu de toutes ri-, chesses , source de lumière , de force et de sainteté, moi, si pauvre, si aveugle, si foible et tout couvert des misérables restes du péché. Hélas ! les puissances célestes , ces intelligences pures qui vous contemplent, qui vpus aiment , tremblent en votre présence. Le Ciel retentit de vos louanges , tout l'univers est reinplî de votre gloire , et vous vous donnez à moi ! Après un tel don, que me reste-til à désirer, puisqu'il renferme tous les autres ? C'est là, M. F. , c'est dans la divine Eucharistie qu'est le salut de notre ame, et que lui sont appliqués les mérites de J. C. Là il la purifie , dit un grand Saint , il l'embellit , il l'embrase , il lui communique la lumière et la chaleur , la connoissance et l'amour ; il lui apprendra mépriser les fausses grandeurs de la terre, pour no plus se glorifier que dans, le Dieu qu'elle possède ; il la détache des folles joies du siècle pour lui faire goûter des délices plus pures et une paix inaltérable ; il la prémunit contre les assauts du -démon , de la chair et du monde ; il entretient en elle la vie de la grâce , et lui laisse la plus ferme assurance de la gloire à laquelle il la destine; il la nourrit du pain des forts, de la manne des vainqueurs , et lui donne ainsi comme un gage de sa vie- Mystères. \\
ft4îï Sermon
•foire et de son immortalité. Là il devient pour elle une victime qui expie ses péchés , un Pontife qui intercède en sa faveur , un médiateur qui la réconcilie avec son juge , un Sauveur qui n'épargne rien pour la conduire au salut; îl y devient , pour l'ame fidèle, un père, un époux , un ami. O mon Dieu ! ma gloijre , mon salut , ma force , dans ce Sacrement je trouve tout ce qui peut Ûatter mon cœur, puisque je vous trouve tout entier vous-même. O mon bienaimé ! les délices de mon ame , que le Ciel et la terre , avec toute leur magnificence y se taisent et se cachent devant
' vous , tout ce qu'ils ont de beauté n'est qu'une ombre de vos chatmes , et n'approchera jamais de ce que je trouve en vous lorsque vous daignez vous unir
à moi.
Mais ce qui augmente le prix du bienfait et ce qui nous rend l'amour de notre Dieu plus sensible encore , c'est tout ce qu'il souffre , c'est ce qu'il a bien voulu souffrir pour se donner à nous. 11 savoit , quand il a institué le Sacrement de son corps et de son sang , à quels outrages il s'exposoit lui-même , et tout ce qu'il devoit lui en coûter un jour.
Vous vous rappelez , M. F. , à quels attentats se sont portés contre lui des esprits fiers et indociles , des hommes
Pour h jour de la Fête- Dieu. 2t43 présomptueux que le démon de l'hérésie infecta de son poison. O triste souvenir!
quels, blasphèmes leurs bouches n'ontelles pas vomi contre le mystère ineffable de son amour 'i que n'ont-ils pas fait^ qu'ont- ils omis pour l'avilir et l'anéan- ' tir ? O Dieu ! mon esprit se trouble et frémit !... que d'affreuses images se retracent en foule à ma mémoire ! Les Temples profanés, les Autels renversés , les tabernacles brisés , les vases sacrés souillés par des mains impies y le Saint des Saints tiré de son repos auguste pour être en butte à de nouveaux opprobres , les ministres de ce Sacrement immolés par la rage , la robe du Seigneur déchirée , le troupeau dispersé , les Vierges.... ah ! ma langue se glace et n'achève qu'avec peine. Jetons un voile sur toutes ces horreurs , et qu'elles ne nous fassent pas oublier que ceux qui s'y sont livrés sont iios frères. O amour , amour d'un Dieu qui a voulu souffrir toutes ces choses pour se donner à nous ! Il savoit encore , et c'est ce qui l'affligeoît davantage ; il savoit que des enfans de son Eglise, indignes enfans d'une telle mère , seroient les premiers à lui faire violence ;* violence sourde et cachée , mais qui n'en est que plus sensible. 11 voyoit le peu de respect des uns en sa présence ^ le peu de prêpa*
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ration des autres pour s'unir à luî. Il les voyoit négligeant toute épreuve , bannissant toute crainte , étouffant tout remords, à la face du Dieu vivant ; sans égards pour son Fils ^ se montrer , s'approcher, lui donrter un baiser sacrilège > recevoir , ou plutôt ravir indignement l'aliment précieux qu'il n'a réservé qu'aux âmes pures , et le crucifier mille fois en le livrant à un cœur corrompu et au démon qui le possède. Quel état pour un Dieu ! Il voyoit tant de Chrétiens lâches , indifférens y insensibles à sa tendresse , négliger , sous de vains prétextes, son Temple , ses Autels , son sacrifice , la participation de son Corps y tous les témoignages de son amour , et prétendre encore l'honorer par leur faux respect et leur indifférence. Voilà tout ce que J. C. apercevoit , tout ce qu'il lisoit dans l'avenir, voilà à quoi il se condamnoit, en quelque sorte , lorsqu'il disposoit toutes choses pour demeurer au milieu de nous et s'unir à nous. Mais le véri" table amour , en faisant tout entreprendre , apprend à tout souffrir. J. C.
ne refusera pas d'être si cruellement outragé pourvu qu'il devienne la consolation , la nourriture et la force de l'ame vraiment fidèle , et l'amour des uns le dédommagera suffisamment de l'ingratitude des autres. Ah ! qu'il est donc vrai ,
• Pour le jour de la Fête-Dieu. a45 A mon Dieu , que votre amour est un feu dévorant dont rien n« peut modérer les ardeurs ? Hélas ! quW-ce qui sait aimer comme vous ? Qu'est-ce qui con-; sentira à se voir déshonoré pour ce qu'il aime.
Ah , M. F. ! pburrîons-nous bien »
comme tant d'autres , regarder d'un œil indifférent la charité de notre Dieu ?
Nous rougirions d'être ingrats envers les hommes. N'y aura*t-il que Dieu seul pour qui nous n'ayons pas honte de manques de reconnoissance ? donnons lui donc enfin des témoignages de la nôtre. Entrons dans tous les sentimens qu exigent de nous les marques si touchantes qu'il nous donne de son amour dans le Sa-> crement de nos Autels. Cest le sujet de ma seconde Partie.
Seconde partie.
Pour répondre , autant qu'il est en nous , à tout l'amour qu'un Dieu nous témoigne dans l'Eucharistie , nous devons être pénétrés d'une foi vive sur cet adorable mystère , d'un saint respect pour la présence réelle de J, C. dans ce Sacrement, et enfin, d'un tendre amour , d'un amour effectif qui nous engage à profiter avec soin du don qu'il renferme*
La foi doit être ici le principe et le fondement de toutes les auti:es dispositions, c'est par elle que nous connoîtrons tout le prix de ce que J. C. fait pour nous^ et que nous nous sentirons pprtés h lui rendre tous les hommages qui lui sont dus. Cette foi est appuyée sur l'évicl en ce du sens littéral les paroles de X C, lorsqu'il promit , lorsqu'il institua le Sacrement de nos Autels et qu'il invita si fortement ses Disciples et tous les Fidèles à y participer.
Telle est , en effet , la promesse : Le pain que je donnerai , c^est ma chair pour la vie du monde ^ car ma chair est une 'véritable nourriture et mon sang un véri^ table breuvage.
Telle est l'institution : Prene^ et manr gei^ ceci est mon corps qui sera livre* pour yous.
Telle est , enfin , Tinvitation qui répond à l'institution et à la promesse :
Celui qui se nourrit de ma chair vivra pour moi ; si vous ne mange[ la chair du Fils de Vhomme vous n^aure\ point la Vie en vous.
En est-ce assez, M. F. ? ces paroles feont assez précises , et ne faudroit-il pas résister à toute la force du lang«nge hii* main pour détourner , à un sens figuré , des expressions qui ne présentent à l'esprit que IsL réalité la plus parfaite ?
Pour le jour de la Féte^Dieul 247j Aussi n'est-ce pas dans un sens Bguré q^ue les ont entendu les Juifs , puisquUU.
en furent scandalisés., et toutefois J. C« si jaloux du salut des âmes ne leva point ce scandale. Ce n'est pas dans un sen9 figuré que les a entendues TÂpôtre dans sa première Epître au peuple de Corinthe j ce n'est pas dans ce sens que les ont entendu les Disciples des Disciples da Seigneur , tous les Saints Docteurs , tous les Pères de l'Eglise , un S. Ignace , dans le premier siècle ; un S. Justin , un S. IrénéQ dans le second ; les Origène , les Cyprien dans le troisième ; tous ceux qui leur ont succédé de siècle en siècle jusqu'à nos jours. Ce n.'est pas dans ce sens que les a entendu l'Eglise universelle sans cesse conduite , éclairée , animée par PEiprio' Saint et la seule règle suffisante de nôtres foi , puisque toute autre ne donne liei^ qu'à des contestations qu'on ne peut san^ elle terminer.
Hé ! quoi donc ? J. C. en s'expliquant sur un objet si important , aura donnai à tous tes Fidèles , par des expressions> impropres et figurées, l'occasion la plus prochaine d'une idolâtrie publique et perpétuelle ? Quoi ! personne, jusqu'aux Docteurs de nos jours , ne se sera aperça du véritable sens des paroles de J, C. , ou si jamais on les a entendues dans uji autre sens que nous , on aura laissé
^48 Sermon
s'introduire parmi toua les peuples un dogme tel que celui que nous croyons sans réclamer dans aucun temps contre l'erreur ? Mais ce dogme offre un mystère incompréhensible , direz yous , et si c'est une raison pour le rejeter , il faudra donc aussi rejeter tous les autres mystères de la Religion ? Ce ne sera donc plus qu'en figure que le Verbe s'est fait chair, qu'il a souffert, qu'il a été crucifié dans celte même chair qu'il a prise pour nous ? Ce dogme est incompréhensible , il est vrai , mais que de choses que nous ne comprenons pas dans la nature et que cependant la raison même nous démontre ? Et, où en serions- -nous , si nous ne devions croire que celles dont nous pouvons dire pourquoi et comment elles se font ? Mais quoi donc ! esprits finis , intelligences bornées que nous sommes , refuserons -nous à IJieu le pouvoir de faire plus que nous ne -pouvons comprendre ? £t , ne cesseroit il pas d'être Dieu ? ses merveilles ne cesseroient elles pas de mériter ce nom y si l'entendement humain devoit en être là mesure ? Je ne comprends pas ce Mystère , j'en conviens , mais n'est-ce pas assez que Dieu Tait révélé , que son Eglise me le propose, pour fixer ma raison à le croire. Je Técoute , je la 6Uis ) cette raison droite et pure , en
Pour le jour de la Féte-^Dieu. 249 m^assurant de la révélation divine , de renseignement de l'Eglise , et en cessant de raisonner dès qu'il est certain que Dieu a parlé. Et , quel autre motif , ô mon Dieu , dois-je chercher à ma soumission, que votre autorité même ? Mes conjectures , mes prétendus raisonneniens sur les choses qui sont si fort audessus de la portée de mon esprit^ mes sens peuvent me tromper , mais votre parole est infaillible. O vous qui vous -êtes si malheureusement égarés ! Disciples aveugles d'un maître fidèle, lorsque nous vous proposons ce dogme de notre foi, vous vous écriez, comme autrefois les Juifs : Ce discours nous paroît dur.
Durus est hic sermo. Hélas ! il ne vous paroît tel , répond Saint Augustin , que par un effet de la duF^té même de votre cœur. Durus est hic sermos^ durus sed duris.
Si ce cœur étoit plus sensible il comprendroit mieux ce que peuvent la charité immense de notre Dieu et la force inviolable de son pouvoir ; il pèseroit ses merveilles dans la balance de l'amour, et bien loin de s'en faire un sujet de scandale , il n'y trouveroit que des sujets de louanges et des motifs de reconnoîs'»
sance. O peuple infortuné ! n'opposez plus aux bontés de votre Dieu un cœur indifférent ; n'opposez plus à sa parole un esprit indocile , cessez d'errer autour
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delà ville sainte, comme les Israélites , sans Temple , sans Autel , sans sacriEce y et de vous repaître encore d'ombres et de figures.
Membres toujours chers, rentrez dans Tunité , incorporez- vous dans la vérité de la chair et du sang du Sauveur.
Mais vous, Chrétiens, enfans de l'Eglise y que vous êtes heureux si cependant votre foi est telle qu'elle devroit l'être !
Hélas ! nous croyons , mais le plus souvent c'est d'une fois languissante et stérile, plus injurieuse en quelque sorte ^ à Dieu qUiO l'incrédulité même. Nous croyons , mais c'est d'une foi volage et dissipée qu'accompagnent l'irrévérence , les profanations et les scandales ; ce n'est pas même de la foi des démons qui tremblent devant le Saint dés Saints , partout où il leur fait sentir sa présence.
Hé quoi , M. F. ! hous faisons profession de croire que dans le Sacrement de l'Eucharistie est renfermée toute la plénitude de la divinité unie à l'humanité ' sainte de J. C. ? Nous savons et nous croyons que sur les Autels réside la majesté suprême du Roi des Rois, que du fond de ce tabernacle il nous voit , il nous entend , il est le témoîh de toutes nos démarches, il démêle nos intentions les plus secrètes , que là il exige que nos pensées , nos désirs, nos actions , se rapportent directement à lui et que
Pour tejùUf Je là Fête*î)ieU. 25i rîen de profane n'interrompe Inattention , ou ne souille Phommage qui est dû à son auguste Sacrement ? Nous le croyons, cependant , le dirai je à la honte de tant de Chrétiens infidèles en présence et sous les yeux de J. C. même. Quelles pensées bizarres occupent leur esprit ! quels désirs vains ou déréglés remplissent leurs cœurs ! Quels discours frivoles , quels entretiens , peut-être , plus sacrilèges encore, détournent toute leur attention !
Quel air distrait , quels mouvemens de tête , légers ou arrogans ! Quelles contenances ^négligées et peu séantes ! Quel appareil de luxe , de faste et de mondanité se mêlent à leurs adorations !
Le foible s'en scandalise, te juste en est indigné, l'impie s'en prévaut contre la foi , l'hérétique en triomphe. Ah ! sont* ce donc là , en effet , pour le Dieu des Chrétiens des marques de respect et d'honneur ? N'est-ce pas un jeu , ne sontce pas des insultes , ô mon Dieu, plutôt que des. actes de Religion ? O Chrétiens indignes ! venez-vous dans son Temple et au pied de ses Autels rendre vos hom* mages à J. C. , ou lui ravir ceux qui lui sont offerts et le déshonorer ?
Transportez- vous dans les palais des Rois , de ces maîtres de la terre , qui sont sujets, comme les autres hommes, à la corruption et au temps , et qui n'ont
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qu'un règne passager ; ne voyez- vous pafi 9 dit Saint Ghrysostôme y avec quel respect on se trouve «n leur présence , comme on garde devant eux un profond silence y comme on est immobile et sans voix , par un effet ou saisissement de la crainte qu'ils inspirent ; passez cheï; les peuples idolâtres , ces adorateurs su- perstitieux des ouvrages de leurs mains ; considérez4es prosternés devant les idoles qu'ils se sont faites , et voyez comme ils tremblent devant elles. Hé quoi donc!
le vrai Dieu , parce qu'il daigne voiler à nos yeux , dans un mystère inefFable , tout Péclàt de sa gloire sera-t-il le seul qu'on ne respecte pas ; et n'^st-il pour nous un Dieu que lorsqu'il fait entendre son tonnerre ? Voulez- vous comprendre, disoit encore Saint Ghrysostôme, toute la dignité du Sacrement que vous pro- Iknez , ne vous arrêtez pas à le comparer avec ce qu'il y a de pJUis auguste sur la terïe ; vous ne trouveriez ici-bas, que des grandeurs vaines et fragiles ; mais que votre esprit s'élève jusqu'aux Gieux ; contemplez l'homme Dieu assis sur le trône de l'Eternel , environné d'un Océan de lumières , entouré de ses Anges qui l'adorenf , exalté sans cesse par une multitude innombrable de Saints qui publient ses louanges , glorifié par ce conceri admirable de tous les céU^tes
Pour le jour de U Fête-Dieu. ô53 corps , et du sein de son repos , d*uii seul acte de sa volonté , faisant taire ^ quand il le veut, toute la nature. Etonné, ravi de ce spectacle , abaissez maintenant vos regards, ramenez- les sur ces Autels, vous y retrouverez , sous les plus simples espèces , ce même Dieu que vous avez vu élevé au plus' haut des Gieux , vous y retrouverez le Ciel sur la terre.
Ah ! si le voile de chair qui nous cache les objets spirituels et célestes pouvoit tomber pour un moment, si nous pouvions apercevoir ce qui se passe sûr l'Autel , et surtout à l'instant où J. C. s'immole ; grand Dieu ! quelle impression cet aspect ne produiroit-il pas sur nous?
Les Archanges , les dominations et les trônes environnent le lieu saint , ils adorent TAgneau de Dieu et se prosternent devant lui; ces esprits bienheureux célèbrent sa bonté par des actions de grâces et ()ps chants d'alégresse. J. G.
glorieux intercède pour les hommes ; le Ciel s'ouvre à sa voix , et tout se tait pour l'entendre. Son père, du sein de sa grandeur , jette sur lui des regards de complaisance et d'amour. Touché de son sacrifice , de ses prières et de ses mérites , il verse sur les cœurs bien préparés des torrens de grâce , et leur applique lé prix du sang de son Fils.
Ce Fils adorable se communique tout
Îî54 Sermon
entier aux âmes fidèles ; il s'unil à^ elles ^ il s'incorpore avec elles , et quitte l'Autel où il s'est offert pour consommer son sacrifice dans leur cœur. Maintenant il dérobe ce spectacle à nos foibles regards, maintenant il est pour nous un Dieu caché ; il est comme anéanti par un effet de son amour ; mais il n'en est pas moins ce Dieu à qui toutç puissance a été donnée dvhL Cieux et sur la terre , qui fait le bonheur de ses Saints et qui viendra , à la fin des temps, au milieu des splendeurs de sa gloire, juger le monde qu'il a racheté. Alors et quand il paroîtra sur une nuée éclatante , les hommes sécheront de frayeur, et aujourdhui ces mêmes hommes y vils esclaves des sens , oublient votre grandeur, ô mon Dieu ! dès qu'elle ne se fait plus sentir. Vous semblez la perdre à leurs yeux lorsque vous daignez la voiler.
Hélas ! autrefois les Justes Ji qui Dieu ne se communiquoit que d'une manière imparfaite et ne donnoit que de foibles signes de sa puissance, s'humilioient , s'anéantissoient devant sa majesté, et recevoient, avec le plus profond respect, les témoignages de sa bonté. Nous-mêmes nous n'oserions approcher qu'avec un saint respect du bois sacré de la vraie Croix, parce qu'elle a été teinte du sang de J. G. , et nous ne respectons pas >
Tour le Jour de la Fête-Dieu. 255 dans FEucharistie > la présence de ce même corps qui y a été attaché. O funeste impression de l'habitude ! s'il n'y avoit qu un lieu dans Funivers où J. C. perpétuât son auguste Sacrement , qu'un seul Autel où il voulût encore s'immoler, qu'un seul jour dans l'année où il nous fût permis de lui présenter le tribut de nos louanges, je vous le demande, M. F., avec quel tremblement, quelle humilité ^ quel respect ne le lui offririons nous pas ? Ah y Seigneur ! parce que votre amour vous reproduit en plus de lieux , et dans tous les momens , en êtes vous donc moins grand et moins digne de nos hommages ?
O vous célestes intelligences , Anges protecteurs de nos Temples, suppléez, par vos adorations , à celles qu'on lui refuse. O mon Dieu ! que ne puis-je vous adorer moi-même d'une manière aussi parfaite que ces intelligences pures , que ces esprits bienheureux qui vous cont emplent sans nuage. Ah ! du moins , à ma foi , à mon respect pour vous , dans le Sacrement de nos Autels, je joindrai, encore le tribut de mon amour.
Hé , M. E. ! où J. G. doit-il s'en promettre davantage que dans le chef-d'œuvre de sa charité envers les hommes. Il s'y offre pour nous comme victime à son Père. Il y nourrit notre ame de l'aliment
nSS Se f mon
le plus précieux ; il y est toujours présent pour demeurer toujours au milieu de nous. Mârquofts-lui donc notre reconnoissance et notre auaour en nous unissant tous les jours à son sacrifice, en participant souvent à sa table sainte^ en le visitant dans son temple et en lui rendant les hommages les plus solennels* Quoi ! J. C. s^immole de nouveau pour les hommes ; non content de s'être offert sur la Croix , il a voulu , en renouvelant tous les jours cette oblation sainte, quoique d^une manière non sanglante , laisser à son peuple un sacrifice pernia* nent ; et nous , M. F. , nous serions assez ingrats , assez insensibles , pour ne tenir aucun compte à J. C. de ce monument éternel de ses souffrances et de sa tendresse ? Chrétiens lâches et indif* férens , nous refuserons-nous , sous mille vains prétextes , de prendre part à l'acte le plus grand , le plus important du Chrétien ? Mais n'est-ce pas dans le sa* Orifice de la Messe que nous trouvons de quoi glorifier Dieu d'une manière vraiment digne de lui, et que nous l'honorons de la manière la plus avantageuse pour nous ? N'est ce pas là que le Fils de Dieu nous applique ses mérites , qu'il nous ouvre tous ses trésors, qu'il nous unit à lui comme des membres à kur chef, et qu^ii nous apprend
Pour le jour de la Fête-Dieu. aS'jf à lui rendre , en son propre nom , des actions de grâces qui répondent à ses bienfaits 1 O Jésus ! étonné de vos merveilles , je ne savois comment les reconnoître dignement ; je vous donnois mon cœur , mais il est foible , il est fragile et împarfiait 1 Ah ! c^est en vous-même , c'est dans la victime qui s'immole sur Jes Autels que je trouve, ô mon Dieii, de quoi vous marquer ma reconnoissance et voiis payer de vos faveurs. Mais si j'en sens tout le prix , ce ne sera pas^ assez pour moi d'assister à son sacrifice, je dois aussi lui témoigner mon amour en m'empressant à participer à son corps.
Ah, M. F. ! J. C. nous appelle et nous nous éloignons de lui , il nous appelle pour se donner à nous , pour nous nourrir de sa chair, nous transformer en lui , nous rendre semblables à lui , et nous ne répondons pas à ses invitations les plus pressantes, et nous le négligeons , nous l'abandonnons ? Est-ce donc répondre à Tamour de Jésus dans l'Eucharistie , que de borner le nôtre à des communions de précepte sans le lui marquer par des commimions de choix, des communions ferventes et redoublées, telles que la véritable chanté les inspire?
Ah ! si nous aimions bien , nous languirions sans cesse après l'objet de notre amour. Tous nos désirs seroient de le
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posséder , nous mettrions tous nos soins à nous en rendre dignes. Conduits par Tespérance , nous approcherions souvent de la table sainte pour nous y unir à J. C. , nous Je recevrions dans nous et nous ne voudrions plus que nous perdre, nous oublier tout entiers dans lui. Alors nous donnerions h J* C. un saint baiser^ alors le Ciel s'ouvriroit sur nous pour répandre en notre faveur ses bénédictions et ses grâces , et nous trouverions tout en J. C. f pénétrés et comme enivrés du sentiment de notre bonheur. Dieu est tout en moi^ dirions-nous^ Dieu est tout pour moi , il remplit mon cœur , et que me reste-t-il à désirer , lorsque je vous possède ? Viles créatures qui ne pouvez contenter mon cœur , monde trompeur qui êtes assujëtis à la vanité , ou qui êtes la vanité même , que m'offririez- vous qui pût compenser les avantages dont je jouis ?
Mais je dis plus , si nous aimions véritablement J. C. nous chercherions à conserver des avantages si précieux , et h nous les rappeler chaque jour à l'ombre de ses ^utels; à l'assistance journalière à son sacrifice, à des communions fré* quentes et faites avec des dispositions saintes , n (fus joindrions encore des visites assidues. Chaque jour nous «aurions mettre à part quelques momens pour
Pour le jour de la Fête-Dieu. aSgJ venir dans le Temple nous entretenir seul à seul avec Jésus y lui parler d^ ^e& bienfaits , de ses charmes , de nos désirs , de nos besoins , de notre foiblesso et de notre amour. Ici un Dieu habite au milieu de nous , sans cesse il s'y rend présent pour écouter nos vœux ; à l'entrée de son palais point de barrières ^ point de gardes qui veillent pour en défendre l'approche et pour Fendre redoutable la majesté du Monarque qui y préside ; il n'y a point ici de distinctions de grands ni de petits , de riches ni de pauvres , tous , sans exception , sont admis ; et cependant presque tout le jour J. C. est seul. O hommes aveugles \ allez encore une fois dans la maison des Grands ^ et là considérez les assiduités ^ les hom* mages qu'on leur rend. Pourquoi ? pour en obtenir un regard , une parole , tout au plus des biens frivoles et passagers.
A-h ! ici vous êtes à la source des vérita« blés richesses , et vous ne voulez pas y puiser. Ici vous recevriez les grâces les plus abondantes , les biens les plus durables^ et vous les négligez. Ici, encore»
J. C. prendrdit part à vos maux , il vous soulageroît , il vous consoleroit , il se feroit entendre à votre cœur , il suspendroit vos inquiétudes , il charmeroit vos peines en vous inspirant la confiance la plus douce et les sentimens les plus
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tendres , vous trouveriez dans ces entretiens secrets une onction qui ne se rencontre point ailleurs ; plus vous seriez attentifs à l'écouter, plus vous seriez dociles à sa voix , et plus il vous feroit éprouver ces impressions vives et pénétrantes qui ravissoient les Saints , qui les transportoient hors d'eux mêmes , qui leur faisoient verser des larmes qu'ils n'auroient pas changées contre tous les plaisirs du siècle. C'eét alors que vous vous écrieriez avec le Roi Prophète : O mon Dieu qiie vos tabernacles sont aimables en votre présence ! Mon ame^ épuisée par ces tendres ilésirs^ brûle , languit et ne peut contenir ses transports et sa joie. O mon Dieu!
vos Autels seront toujours l'objet de mon empressement et le lieu de mon repos; ceux-là seuls sont heureux qui habitent dans votre maison. Mais à quoi bon vous peindre ces chastes délices, si vous refusez d'en faire l'épreuve, si la sécheresse, peut être , des premiers entretiens vous rebute, si vous ne vous donnez pas le temps d'apprendre à converser avec J. C.
Pour moi , ô Jésus ! puisque vous daignez me recevoir, me permettre de vous visiter, de m'entretenir avec vous , ah ! ^e ne serai point ingrat , je ne méconnoîtrai point votre amour, je ferai de cet exercice une des plus douces occupations de ma vie.
Je ne me bornerai pas cependant à ces
Pour le jour de, la Fête-Dieu. aCîtémoignages secrets de mon amour pour TOUS ; je rendrai mon hommage public et éclatant dans les jours de votre triomphe , je m'unirai à tout ce peuple fidèle , je l'inviterai à redoubler ses Canti(Ju©s, je mêlerai ma voix à ses concerts de louange, je contribuerai de tout mon pouvoir à la décoration de vos Autels, à la magnificence de votre culte. Inspirés par le même zèle nous n'épargnerons rien de ce qui peut servir à votre gloire. Ah , M. F. !
cette gloire de notre Dieu a été si souvent outragée dans son adorable Sacrement :
faisons-lui dans ces jours toute la réparation qui dépend de nous. Jésus-Christ lui-même s'abaisse , s'anéantit dans FEucharistie. Compensons du moins par nos adorations la profondeur de ses abaissemens. Que le peuple choisi s'assemble Autour de l'arche qui renferme le Saint des Saints ; (Qu'une nombreuse cour se forme autour de lui ; depuis le sujet jusqu'au Monarque que tout se prosterne en sa présence , qu'à l'aspect de la Divinité toute dignité disparoisse , et que chacun à lenvi ne pense à se distinguer que par ses hommages ; que nos places publiques soient jonchées de fleurs , qu'on les décore des ornemens les plus précieux ; élevons-lui de toute part des Autels ; que l'encens fume sur son passage, et du couchant à l'aurore que son triomphe s'étende sur toutes les
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nations éclairées par la foi. O Paîmable triomphe ! ô le beau spectacle , et qu'il a d'attraits , ô mon Dieu , pour un cœur qui vous aime!
Mais , Chrétiens , prenez-garde que ces saintes cérémonies ne dégénèrent en des cérémonies vaines où la curiosité seule attire, où la dissipation règne, où Ton r 8oit plus occupé de l'éclat qui s'y rencontre que de la présence de J. C- Ne démentons pas ces lionneurs que nous lui rendons pas de' nouveaux outrages ; que l'hérétique frappé des témoignages de notre foi y édifié des marques de respect qui les accompagne , convaincu du zèle de la charité tendre qui les anime , reconnoisse il cet air touché , pénétré, attendri , qui naît du sentiment y que c'est ici Pamour qui rend hommage à l'amour ; que saisi d'étonnement, enchanté par ce magnifique appareil et plus encore par toutes les preuves d'une piété sincère, il y trouve conlme un reproche à son obstination. Que des yeux l'impression se communique à son esprit et à son cœur, que le voile qui l'aveugloit tombe enfin , qu'il se déclare, qu'il se joigne à la multitude , qu'il se mette lui-même sans différer à la suite d'un Dieu vainqueur ,et qu'il apprenne à le glorifier avec nous sous les ombres de l'Eucharistie jusqu'à ce que nous puissions le glorifier tous ensemble sans ombre et sans nuage dans l'éternité que )e nous %\i\3Îcv^\\.^*