CE «D OK TROUVE DAMS L* BIBLE
but unique en la lisant est-il de devenir meilleurs? L'étudiez-vous avec assez do simplicité? Il est facile de le savoir. Vous n'avez qu'à vous demander si votre foi en la fiible est joyeuse , sereine, dégagée de toute crainte. Une affection ne rend heureux que si elle est accompagnée d'une conQance pleine et entière ; le jour où vous douteriez de votre ami , où vous auriez peur de le trouver en défaut, une douleur cuisante traverserait votre cœur et lui enlèverait toute énergie. Eh bien! ne craignez-vous jamais de voir se ternir la splendeur de l'Écriture? Quand les géologues fouillent la surface du globe, quand de hardis explorateurs vont déterrer les ruines de Ninive, quand les historiens, refont le calcul de toutes les dates , quand les érudits examinent à la loupe chaque page du volume sacré pour voir si toutes sont à leur place, si aucune n'a été arrachée, aucune ajoutée après coup , dites , mes Frères , ne suivezvous pas ces travaux avec une sorte d'inquiétude , comme s'ils pouvaient aboutir à des résultats fâcheux pour la Bible? — En ce cas, vo^e foi n'est pas la vraie foi , et , par votre faute, la Bible, loin de vous soutenir pendant le pèlerinage de cette vie, est pour vous un roseau qui se plie et se brise en vous perçant la main.
CE qu'on trouve duns la bible. 99
Pour moi , mes Frères , la parole de Dieu contenue dans la Bible est au-dessus de toute atleiiite. Quels que soient un jour les progrès des sciences , je sais que jusqu'à la fin des temps ce volume renfermera la source de la vie éternelle. Jamais on ne prouvera que l'esprit qui y coule à pleins bords n'est pas supérieur à ce que l'homme saurait se représenter de plus beau, de plus vrai , de plus divin. Partout ailleurs je me sens l'égal de l'autorité , de l'autorité intellectuelle, religieuse, sociale; ici je suis en présence de Dieu même : tant de sainteté m'humilie et m'écrase, tant d'amour me relève et m'humilie encore. divine parole, c'est par toi que je suis jugé , par toi que je suis conduit à mon Sauveur. Passe dans mon cœur, transforme ma conscience à ton image, à l'image de Christ.
Amen.
Marc VIII, 15.
Voyez, gardez-vous du levain des pharisiens.
Mes Frères ,
La supériorité du christianisme sur les autres religions ne consiste pas seulement en ce qu'il nous offre une révélation authentique , mais aussi en ce qu'il la présente sous nne forme vivante. Au lieu de préceptes, de dogmes, d'abstractions, il nous met sous les yeux une personne et une histoire. C'est dans les événements de la vie du Seigneur que se déroule peu à peu
l'image divine , principe de notre salut. Si donc vous voulez connaître ce qu'est Dieu , ce qu'est le devoir, étudiez l'univers , méditez en vousmêmes, mais surtout contemplez l'Homme-Dieu et le suivez depuis le jour où il commença à prêcher et à dire : « Convertissez-vous, car le royaume des cieux est proche, » jusqu'au jour où, penchant sa tête couronnée d'épines, il s'écria : a Tout est accompli. » Oui, la révélation n'est pas autre chose que les actes, les discours, la vie de Jésus , et, pour nous , elle est déposée dans les Évangiles.
Malheureusement nous abordons trop souvent cette histoire comme une sorte de récit merveilleux sans aucun lien avec la vie réelle. Imbus, dès nos premiers ans, d'un étrange amour delà légende , nous faisons de Christ un être qui n'a d'humain que les formes extérieures. Quand nous le voyons accablé par la fatigue, versant des larmes , ou même tenté , nous supposons qu'il était pourtant au-dessus des misères de ce monde et que, s'il y a pris part, c'est en apparence seulement. Qu'arrive-t-il ? Les traits les plus admirables de sa vie perdent leur signification. Nous Usons qu'il oubUait la faim , ayant pour nourriture de faire la volonté du Père ; nous lisons que, pardonnant les péchés del'àme, il savait guérir les maux du corps , qu'enflammé
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d'une pieuse indignation , il chassa les vendeurs du temple, que dans son courage héroïque il brava l'inimitié d'un Hérode et l'orgueil d'un Pilate , — et au lieu de comprendre que ces actes du Seigneur découlent d'une sainteté où nous aussi nous devons parvenir , nous les lisons froidement comme des faits peu étonnants de la part d'un être surnaturel. Par cette fatale habitude nous enlevons à l'histoire de Jésus-Christ son caractère de réalité, et nous nous privons de l'intelligence de la révélation divine. Si nous pouvions nous figurer, par exemple, que le Sauveur a vécu dans une société fort semblable à la nôtre , quels enseignements ne verrionsnous pas jaillir des Évangiles ! Comme Christ se rapprocherait de nous ! Avec quelle force nouvelle sa parole retentirait à nos oreilles !
Mais , ainsi que nous faisons de la sainteté du Seigneur un phénomène trop merveilleux pour nous toucher, nous défigurons ses adversaires d'une manière fantastique, au point deleurôter toute physionomie humaine. Nous craindrions, semble-t-il , de leur trouver quelque analogie avec nous et de voir dans leur conduite un exemple instructif. En un mot , nous imitons les j enfants , qui se représentent les « méchants * tout t autres que les gens ordinaires.
Ou bien , n'est-il pas vrai que les pharisiens
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passent généralement pour des êtres détestables , des hypocrites en qui ne se trouvait rien de bon et qui, pour exploiter le peuple à leur profit, inventaient des observances et des dîmes, des hommes enfin tels qu'il ne peut en exister parmi nous ? On n'est point surpris dès lors que Jésus les aitsouventtancés avec amertume. Mais de nos jours il n'y a plus de pharisiens, ou si peul-êire il se rencontre çà et là un misérable tartufe, c'est à lui que s'appliquent encore les brûlants reproches du Seigneur. Nous, nous sommes d'honnêtes gens ; nous avons sans doute nos défauts, de grands défauts, que Jésus reprendrait avec douceur ; mais il va sans dire que nous savons nous garder du levain du pharisaïsme.
Cependant, si les pharisiens n'étaient pas ces hommes méprisables , si au contraire ils nous égalaient, ou même nous surpassaient en moralité, ne serait-ce pas effrayant? Les menaces de Jésus ne retomberaient-elles pas sur nos têtes aussi? — Or, effectivement, quand, sortant de la légende'et de l'histoire convenue, je me place en présence des faits, j'aperçois avec stupeur que les pharisiens ont accompli des choses grandes et magnifiques ; je conçois pourquoi Paul , devenu l'apôtre des gentils , se glorifiait d'être non-seulement Hébreu né d'Hébreux,
mais aussi pharisien de relig;ion; je cherche en vain (le nos jours une classe de la société , dans n'importe quel rang et chez n'importe quel peuple , une classe qui , en fait de veriu , d'honnêteté, de dévouement surtout, puisse se mesurer avec les pharisiens.
Voici ce que raconte l'histoire. Quand la petite peuplade israéUte , de retour de la captivité de Babylone, eut relevé les murs de la ville et du lemple , elle se trouvait dans un isolement terrible. Entourés d'États païens, n'ayant d'alliés nulle part, habitant un pays ouvert de tous les côtés, ces quelques milliers d'hommes devaient défendre leur indépendance et leur religion contre les envahissements d'une civilisation ennemie. Cela semblait impossible, et pourtant cela se flt, grâce aux phai'isiens. Ils n'eurent pas recours à des moyens matériels, toujours impuissants à la longue , mais ils tirent l'éducation de la foule. Plus heureux que les prophètes, ils lui inspirèrent par leur enseignement un tel attachement pour le culte de Jéhovah , que jamais l'idolâtrie ne reparut dans Israël. Ils créèrent un nouveau peuple juif, le façonnant li'après les prescriptions de la loi mosaïque et lui donnant un type ineffaçable , un type qui subsiste aujourd'hui encore. Ce caractère national et religieux que les pharisiens lui imprimèrent ,
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Tut sa sauvegarde contre les dangers du dehors, contre les persécutions et les séductions , contre la conquête et la dispersion , contre tout ce qui transforme un peuple. D'ailleurs, quand le danger grandissait, quand on ne pouvait résister à ta violence que par la force, et qu'il fallait tirer le glaive , les docteurs quittaient soudain la synagogue pour l'armée. Nous vantons l'héroïsme d'un Léonidas ; mais il fut égalé maintes fois par ces scribes qui s'appellent les Maccabées, ou par ceux dont les noms sont restés inconnus et qui disputèrent à l'aigle romaine les murs croulants de Jérusalem. Les pharisiens, qui seuls dans l'antiquité employaient leur temps à la noble lâche d'instruire la foule , savaient donc aussi sacrifier leur repos , leur fortune , leur vie à la cause sacrée de l'indépendance nationale. Et vous dirai'je ce qui les soutenait? Ce n'était pas une ambition vulgaire, ce n'était pas même l'amour de la gloire ; c'était leur foi rel^ieuse , leur ferme confiance dans les promesses de Dieu, leur attente inébranlable du Messie. Plus les persécutions devenaient ardentes et plus Israël semblait près de succomber, plus les convictions des pharisiens croissaient en énergie et leur espoir se changeait en certitude ; car ils savaient que les temps qui précéderaient immédiatement la venue dn Messie seraient les plus
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durs. Que leur importait de mourir dans les tourments? Le Vengeur allait paraître et les ressusciter pour prendre part à son triomphe! Ne croyez pas d'ailleurs que ces hommes capables de choses si grandes se laissassent dominer dans la vie ordinaire par les passions et les mauvais penchants. Rien de plus vénérable qu'un pharisien! Partout on citait leurs mœurs et leur piété comme modèles , et ils se distinguaient de la multitude principalement par leur austérité.
Vous le voyez, mes Frères, les pharisiens ne sont pas les vils hypocrites qu'on s'imagine; bien des pays chrétiens, vous me l'accorderez, pourraient se féliciter si leurs conducteurs valaient les pharisiens.
Et cependant, notre Seigneur, la vérité faite chair , n'eut point d'adversaires plus irréconciliables que ces hommes dont la conduite commande le respect. Dés son premier discours, le sermon sur la montagne , Jésus se met en opposition directe avec eux ; il taxe leur culte d'hypocrisie , leur interprétation de la loi de relâchement ; il fait déjà cette déclaration solennelle : s Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des deux, b A partir de ce moment, il les attaque sans relâche, et il se
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voit constamment en butte à leur inimitié. Tout l'intérêt dramatique de sa vie est dans ce combat à outrance, qu'il regarde comme sa mission spéciale , la première application pratique de la bonne nouvelle. Les pharisiens, de leur côté, comprennent également qu'une trêve est impossible ; ils savent et ils disent qu'il faut choisir entre la mort de cet inconnu et la ruine de la nation qu'ils ont formée à leur image. Ce sont eux qui le saisissent , le mènent au prétoire et l'accusent devant Pilate ; et quand Jésus refuse de prendre le satellite de Tibère pour arbitre entre les pharisiens et lui , ce sont eux qui excitent le peuple à demander Barrabas, le meurtrier, plutôt que Jésus de Nazareth ; ce sont eux qui, le voyant attaché à lacroixetsentantqu'enfln ils ont remporté la victoire, ne peuvent, malgré leur gravité, comprimer les transports de la vengeance et insultent au vaincu : « 11 a sauvé les autres , qu'il se sauve lui-même ; si Dieu est pour lui, que Dieu le délivre maintenant, et nous croirons en lui ! »
D'où vient cet antagonisme entre Jésus, le vrai Messie, et les pharisiens, qui sacrifient cependant tout à l'attente du Messie? D'où vient que le Seigneur juge avec une sévérité impitoyable ces hommes si pieux, si soumis à la loi? Et d'où vient que ces adorateurs dévoués
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de l'Éternel ne savent pas reconnaître son Fils? C'est, mes Frères, qu'il existe «ne opposition radicale, absolue entre la tendance de l'Évangile et la tendance du pharisaïsme ; tes propriétés de l'eau et du feu ne sont pas plus incompatibles.
Les pharisiens voulaient le triomphe de la vérité, mais à condition que la vérité apparût , toujours sous la forme qu'ils lui avaient une fois ' reconnue. Us ne voyaient pas que , dans la vie du genre humain , comme dans la vie de chaque individu , Dieu se révèle peu à peu , et qu'il suit avec nous une éducation progressive. Ayant trouvé , dans les livres de l'Ancien Testament et dans les traditions des pères , des dogmes qui satisfaisaient tes besoins de leur cœurs, ils prétendaient que ces dogmes fussent éternellement suffisants. Ils s'attachaient avec un respect superstitieux à la lettre , qui peut se conserver intacte, plutôt qu'à l'esprit, qui en effet finit par briser les moules trop étroits. Pour mieux assurer la perpétuité de leur doctrine, ils surveillaient d'un œil inquiet les manifestations religieuses au sein du peuple , prêts à frapper tout ce qui sortait de l'ornière; car ils ignoraient, ou plutôt ils ne voulaient pas savoir , que l'Esprit divin souffle où il veut. Et quand cet Esprit souffla, quand, par l'intermédiaire de Jésus, il
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tIS LES FBtRISIEnS.
guérit les malades et proclama le pardon, les pharisiens , plutôt que de rompre avec leurs préjugés, préférèrent le blasphème, accusant l'Esprit saint d'être l'Esprit diabolique.
De même qu'ils pétrifiaient la religion pour l'empêcher de s'altérer, ils remplaçaient la conscience par un code de prescriptions bien nettes. Inévitablement, ces prescriptions devinrent de siècle en siècle plus précises à la fois et plus extérieures. Elles s'appliquaient d'abord aux actes , et non aux pensées et aux sentiments ; puis elles négligèrent les devoirs purement moraux pour s'occuper surtout des observances et des cérémonies. L'immoralité, le meurtre même parut moins inexcusable que la violation d'un rite. On était tombé dans la casuistique; de la casuistique on put glisser , et plusieurs glissèrent en effet dans l'hypocrisie. Il est facile de se figurer comment, avec une pareille morale, ils adoraient Dieu. Au lieu de se donner à lui , de s'humilier, d'immoler leur volonté, ils lui
i offraient le sang des victimes , ils lui adressaient des prières liturgiques , ils jeûnaient , ils faisaient des aumônes , et ne doutaient pas un instant qu'en échange de ces bonnes actions. Dieu ne leur accordât une place au ciel , dans le sein d'Abraham.
Exclusifs, ils mettaient donc leurs doctrines
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au-dessus de la vérité ; formalistes , ils recherchaient non la sainteté , mais la « justice * , ainsi qu'ils disaient , c'est-à-dire la conformité extérieure avec la loi. En outre, comme ils se persuadaient dans leur orgueil que la nation ne pouvait être sauvée que par eux, ils sacrifiaient tous les intérêts aux intérêts de leur parti, qui, en définitive , pensaienl-ils , étaient ceux de Dieu même. Ils ne reculaient devant aucun moyen de gouvernement, même le plus immoral, dés que le but le sanctifiait. Surtout , de crainte que le peuple ne vînt à leur échapper, ils le retenaient dans une complète servitude et le traitaient comme une masse inerte , pour son bien sans doute. Aussi finirent-ils par le mépriser. lis parlaient avec un suprême dédain de cette ■foule ignorante et grossière, c entièrement plongée dans le péché > : € Celte populace qui ne connaît point la loi est plus qu'exécrable ! »
Chose effrayante ! ce levain amer n'empêchait pas les pharisiens , je le répèle , d'être des hommes respectables , dont les œuvres excitent notre admiration. Oui, avec leurs principes, i qui ont pour dernier mot l'hypocrisie, ils se croyaient sincères, ils l'étaient jusqu'à un cer- ' tain point. L'homme est ainsi fait : une fois qu'il suit la voie du mensonge , il y persévère sans se souvenir comment i) y est entré; il s'imagine
qu'il n'est pas sorti du vrai ; il pratique ingénument la fausseté.
P Et Jésus, quel est le principe de sa vie? 11 met au-dessus de toute doctrine , de toute vérité , l'amour de la vérité ; avec une largeur qui nous parait excessive, il s'écrie: «Qui n'est pas contre moi est pour moi. » II va jusqu'à concevoir qu'on le repousse , pourvu qu'on soit sincère : « Si quelqu'un a parlé contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné, mais le péché contre l'Esprit ne sera point pardonné. » Bien loin de retenir le peuple dans l'esclavage religieux , c'est aux pauvres et aux petits qu'il révèle les mystères incompréhensibles aux sages et aux habiles. Bien loin de se faire une réputation de sainteté à force d'étroitesse , il fréquente les pécheurs et les hommes méprisés. Il n'hésite pas à violer les prescriptions de la loi et la plus sacrée de toutes, celle du sabbat, quand il s'agit de soulager et de guérir. Cependant Jésus ne méconnaît point l'importance des formes et des rites ; il les observe, autant qu'il lui est possible de le faire sans négliger des devoirs plus élevés ; il jeûne , il se fait baptiser par Jean , il assiste aux fêtes solennelles , il mange l'agneau pascal, il loue même les pharisiens de dépasser la loi en payant la dîme des moindres plantes. Jésus ne ressemble pas à ces caractères absolus, révo-
lutionnaires , qui veulent faire table rase de toute institution imparfaite. 11 est venu Don abolir la loi , mais l'accomplir , ou , si l'on veut , l'abolir-. en l'accomplissant, l'abolir en la perfectionnant. Toute loi extérieure a sa valeur; elle doit faire '■ l'éducation des hommes , les habituer à des pensées sérieuses , pour qu'ils s'élèvent peu à peu au culte en esprit et en vérité. Il est bien de jeûner, si l'abattement du corps éveille dans l'âme la tristesse qui provient du sentiment de nos péchés. Il est bien de célébrer le sabbat, si le repos matériel nous invite à rechercher le repos intérieur. Il est bien de payer la dîme , si, en donnant cette faible partie de notre fortune, nous nous rappelons que le tout est un dépôt de l'Éternel. La loi entière a une valeur, mais une valeur secondaire , elle doit travailler à se rendre inutile, — comme un père a achevé l'éducation de sa famille , dès qu'il l'a mise en état de se passer de lui. Mais quand la loi prétend se perpétuer, quand l'ordonnance usurpe la place de la conscience, quand les hommes attachent une importance propre au jeûne , au sabbat , à la dlrae, et négligent les choses essentielles représentées par ces symboles , la repentance , la foi, la charité, oh! alors mes Frères, la loi est corrompue par le levain du formalisme, elle devient le plus grand obstacle à l'Évangile, et c'est
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pourquoi le Seigneur met toute son énergie à écraser le pharisaïsme.
La lutte entre le Seigneur et les pharisiens eut pour terme la croix dressée sur le Calvaire. Qui a triomphé ? En apparence, ce sont les pharisiens, puisque la vérité faite homme fut égorgée par les défenseurs officiels de la vérité. Toutefois, en se sacrifiant, Christ a fondé le véritable royaume de Dieu , le royaume invisible, qui 3 pour charte non plus une loi extérieure, mais la loi intérieure, la conscience. Ce royaume spirituel a repris la grande lutte de son maître, et désormais tout dans la vie morale et religieuse du genre humain se groupe autour des deux drapeaux: l'Evangile, ou le formalisme.
Si vous voulez mesurer la puissance corruptrice que possède encore le levain pharisaïque, ouvrez, mes Frères', les annales des peuples modernes. Lorsqu'au seizième siècle, l'Église romaine, pour conserver certaines pratiques, refusa de suivre Luther dans la voie évangélique du protestantisme, elle résolut du moins de se réformer, et plusieurs papes y travaillèrent avec zèle et austérité. Ils appelèrent à leur aide quelques jeunes gens d'une piété ardente qui venaient de se réunir en une petite corporation.
On utilisa chacun d'après ses goûts, ses talents, faisant tie l'un un savant, d'un autre un missionnaire, d'un troisième un homme politique. On leur laissa une grande liberté ; on ne leur imposa ni un costume, ni la solitude, ni les mortifications , ni les longues prières du cloître ; on les assujettit à une seule et unique règle, l'obéissance, l'obéissance absolue à leur chef, entre les mains duquel ils devaient être « comme un bâton entre les mains d'un vieillard. » Eh bien! ces jeunes gens si nobles, si dévoués, si sérieux, ces jeunes gens, parmi lesquels il y avait un saint admirable , François-Xavier, l'apôtre de l'Inde, ce furent les Jésuites. Vous connaissez leur morale , et vous savez qu'elle a fait reculer d'horreur des gens qui certes ne les valaient pas. Croyez-vous que les Jésuites aient entrevu immédiatement toutes les conséquences de leur principe? — Mais leur principe a été plus fort qu'eux et les a entraînés où ils ne pensaient point aller.
Toutefois le pbarisaïsme moderne est ailleurs encorff que dans cette compagnie fameuse. La société tout entière en est comme imprégnée.
Ne serait-ce même pas faire injure aux pharisiens que de donner leur nom à l'esprit de fausseté , d'affectation , d'étroitesse qui caractérise le monde? Il est impossible de toucher à n'im- ^■
porte quelle relation sociale sans y rencontrer un formalisme intolérable. J'en choisis un seul exemple.
Avez-vous jamais réfléchi au levain de pharisaïsme qui pénètre la plupart de nos jugements sur les défauts et les vices des pauvres pai'mi nous? Quand on a le superflu, il est facile de ne point commettre de délit pour se procurer le nécessaire; quand on a joui depuis son enfance d'une éducation régulière et douce , il est aisé d'avoir des goûts un peu relevés et de ne point trouver son plaisir dans les plus gi'ossières satisfactions des sens ; quand on occupe une position E^éable et solide , il est fort simple de ne pas se laisser aller à des écarts publics et scandaleux. Du haut de cette vertu commode, nous jugeons avec sévérité le misérable qui se conduit moins moralement que nous! Pharisiens que nous sommes ! Combien y en a-t-ii parmi nous qui seraient encore honorables, s'ils n'avaient jamais éprouvé l'affection d'une mère; s'ils avaient eu constamment sous les yeux le vice dans toute sa naïveté et, je dirais presque, dans toute son innocence; s'ils n'avaient connu d'autre préoccupation que les soucis matériels les plus pressants ; s'ils n'avaient pour abriter leur vie de famille qu'une demeure infecte où les attend une compagne aigrie par le malheur
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et des enfants pervertis par la faim? Oserionsnous bien dire en voyant l'avilissement d'un pauvre : a Je rends grâce à Dieu de n'être point comme cet homme ? >
Et pourtant nous le disons.
Ah! mes Frères, que Jésus revînt de nos jours , que le fils du charpentier descendit des montagnes voisines dans cette ville , quelles seraient ses pensées? Il arrive; il fréquente d'abord les pauvres, non-seulement parce qu'il est pauvre lui-même, mais parce que son cœur est ému de compassion pour toutes les souffrances et que la misère est un affreux assemblage de malheurs. Jésus regarde si un bon Samaritain ne viendra point panser les plaies du mendiant. Il aperçoit beaucoup d'œuvres charitables , il voit l'aumône couler largement dans cette ville, dont la réputation de bienfaisance est ancienne et méritée. Mais les pharisiens aussi soutenaient leurs pauvres et n'en étaient pas moins des pharisiens. Jésus, d'ailleurs, ne s'arrête pas aux effets du mal; il remonte jusqu'à la source; il se demande d'où vient cette puissance mystérieuse de la misère qui d'année en année élargit son gouffre , engloutit une victime après l'autre et n'en rend aucune. Il reconnaît bientôt qu'à peu d'exceptions près , une soif immodérée de jouissances donne seule à la misère une exten-
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1Î0 LES tHABISIENS.
sion aussi Formidable. Mais il faut que cette passion ait été surexcitée artificiellement, car elle dépasse les bornes naturelles. 11 faut qu'un exemple pernicieux soit venu la remuer. Qui a donné cet exemple? N'est-ce pas nous , nous tous qui avons un moins riche ou un plus pauvre que nous à nos côtés? Lorsque son avidité devient gênante ou dangereuse , nous lui prêchons bien vite l'abnégation ; nous lui rappelons que l'homme n'est pas ici-bas pour jouir; nous lui disons que , d'après l'ordre voulu de Dieu , les biens de la fortune constituent moins un privilège qu'une charge , une fonction , une responsabilité. Et puis, en présence de ce pauvre, nous nous livrons nous-mêmes à une recherche effrénée du plaisir ! Mes Frères , si cette chaire n'était pas occupée par un homme pécheur, le monde entendrait de nouveau ces accents ter- , ribles : «Malheur à vous, riches, malheur à i vous, pharisiens; car vous chaînez les autres , de lourds fardeaux , mais vous-mêmes vous n'y touchez point du doigt. » 11 se tournerait ensuite vers le peuple : « Toutes les choses qu'ils vous disent d'observer , observez-les et les faites , mais non point leurs œuvres ; car ils disent et ne font pas. » — Et après que Jésus aurait ainsi parlé, qu'arriverait-il? que ferait le monde? N'agirait-il pas exactement comme les pharisiens
d'il y a dis-huit siècles? Jésus monterait de nouveau sur la croix, — ou peut-être, vu ie progrès des mœurs (qui lui est dû), on le mettrait sous les verrous.
Laissons le monde ; laissons aussi ces chrétiens de nom qui portent dans les choses religieuses leurs vieilles habitudes de mondanité, leur esprit profane, leur genre ou frivole ou solennel, en un mot une absence complète de sérieux. Jetons un regard scrutateur sur ceux d'entre nous qui ont la réputation de représenter spécialement le christianisme et qui le représentent en effet, ceux que la fouie insultait naguère et qu'elle suit maintenant, ceux que l'Esprit saint a touchés de son aile lorsqu'il planait sur la terre pour y produire ce grand et beau mouvement du Réveil, Frères, n'y a-t-il pas dans votre christianisme un ver rongeur ? Ne retrouve-t-on pas chez vous, qui êtes véritablement le sel de la terre, quelques-uns des traits qu'offrent les pharisiens, l'espril de parti, le formalisme moral et religieux ?
El d'abord, l'esprit de parti se montre incontestablement, chez les chrétiens de nos jours, d'autant plus dangereux qu'il ressemble à une noble et douce vertu, la fraternité. La fraternité cesse et l'esprit de parti commence lors-
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m LES PHtHisiens.
qu'on tienl à l'unité extérieure plus qu'à la communion des âmes, au costume plus qu'aux convictions, au langage plus qu'aux sentiments. Or, il s'est formé parmi les chrétiens une sorte de dialecte sacré, composé d'un certain nombre de locutions bibliques ou mystiques, qu'on prononce mente avec un accent particulier, et beau" coup d'entre eux veulent qu'on les reconnaisse, non à leurs œuvres , mais à leurs manières pieuses. Ce n'est point là confesser le Seigneur ; c'est oublier la pudeur religieuse que Jésus recommande aux disciples , c'est faire comme les pharisiens, «qui aimaient à prier en se tenant debout dans les synagogues et qui prenaient un air triste, afin qu'il apparût qu'ils jeûnaient. » Une fois qu'un semblable dialecte est adopté, on le regarde nécessairement comme le signe distinctif du vrai christianisme; on juge avec hauteur ceux qui parlent une autre langue ; on voit des fétus dans l'œil du prochain , négligeant la parole du Maître ; «Ote premièrement la poutre qui est dans ton œil. b Et tandis que l'on condamne ceux qui, par indépendance évangélique , s'abstiennent de porter toute cette livrée, on se croit tenu de faire cause commune avec quiconque la revêt, même pour des motifs irapurSj par entraînement, par respect humain, par amour de la nouveauté, par empire de la
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mode, ou peut-être par intérêt. On se lie avec des gens indignes du nom de chrétiens , et on les entraîne involontairemenl dans l'hypocrisie, puisqu'on leur offre une facilité excessive d'emprunter le manteau de la piété. Que de conversions où le converti s'est perverti et oii le chrétien qui l'a gagné n'obéissait qu'à la plus triste des vanités ! Vous savez ce que dit Jésus des pharisiens qui courent la mer et la terre pour faire un prosélyte-....
Si les chrétiens se distinguent trop souvent par des dehors affectés, par -un orgueil spirituel, par un zèle mesquin, ils tombent aussi à chaque instant dans le formahsme. Ce n'est pas qu'ils attachent une grande importance à certaines cérémonies ou bien à la pratique du culte public ; cette espèce de formalisme a généralement disparu, pour faire place à une autre qui n'est nullement meilleure. La conscience est quelque chose de vague, vous le savez, mes Frères, parce qu'à mesure que nous avançons, elle recule le but à atteindre; malgré tous les progrès, nous restons inférieurs à ce qu'elle exige, nous ne saisissons jamais l'idéal. Eh bien ! le formalisme dont je parle ne veut pas d'un idéal si élevé; il le rabaisse; ii lui donne des traits précis et par conséquent faux; il érige en loi universelle un état d'âme particulier; il
crée des devoirs factices; il remplace la conscience , avec son aspiration infinie, par un petit recueil de commandements el de dogmes.
Dès les premiers temps du Réveil , ce formalieme s'est infiltré chez les chrétiens. Je n'en veux d'autre preuve que l'idée peu évangélique qu'on se fait de la conversion. Sans doute il faut que l'homme se convertisse, il faut que notre volonté renonce à elle-même et que, gagnée par l'amour de Christ, elle se place sous l'influence du Saint-Esprit. Mais bien h tort on fait d'une conversion instantanée le tout, l'alpha et l'oméga du christianisme. La conversion n'est qu'un point, le point de départ, qui, du reste , dans une éducation vraiment pieuse , ne se laisse pas même distinguer ; et puis vient la sanctification qui dure d'éternité en éternité et qui consiste précisément à avancer, malgré toutes les rechutes, vers le but infini présenté par la conscience , vers la perfection divine. Car il est dit : Soyez parfaits comme votre Père est parfait. Pour mutiler ainsi l'Évangile, il faut que les
"Tchrétiens de nos jours aient singulièrement ré- . ' tréci les besoins de leur coeur. A les entendre ,
': ils n'aspirent en efl'et qu'à être «justifiés. > Certes , la justification par la foi est une grande et excellente doctrine; elle signifie que tant que nous nous sentons en inimitié avec le Père cc-
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leste, la vertu est impossible, et elie proclame que le premier pas à faire c'est de nous défier de nous-mêmes et de nous confier à lui. Mais comme on a falsifié cette doctrine ! Ne va-t-on pas jusqu'à dire que Dieu, ne pouvant obtenir les œuvres , met le salut au rabais et se contente de notre foi , de notre croyance en échange , de même que, ne voulant pas nous jeter dans l'enfer, il a accepté , à la place de nos souffrances , celtes de son fils! Quand un homme parle ainsi de son Dieu et de son Sauveur, quand il ramène les rapports vivants de l'âme avec l'Éternel à je ne sais quelle transaction juridique , comme elles ont lieu dans les contestations humaines, en vérité il est autant pharisien que chrétien.
Ah ! mes Frères , je me le demande souvent avec tristesse : Jésus serait-il mieux reçu de vous qu'il ne fut reçu des pharisiens sincères ?
Sans doute, s'il venait dans sa gloire, ou du moins s'il venait tel qu'on le peint traditionnellement, vous iriez avec joie au devant de lui. Mais qu'il apparaisse comme dans les évangiles, jdépourvu d'auréole, vêtu ainsi qu'un de nous, n'ayant aucun signe dîstinctif de son autorité , . vous lui demanderez , je pense , de faire quelque miracle pour se légitimer. Rien de plus naturel que vos scrupules , n'est-ce pas? Comment va-t-il
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les lever? — «Cette race idolâtre demande un « miracle? Il ne lui en sera point accordé. » — N'y aura-t-il pas du refroidissement dans votre accueil ? Peut-être non ; votre vie spirituelle est assez développée pour que vous reconnaissiez le Fils de Dieu sous cette forme de serviteur, et vous vous hâtez de lui proposer mainte difficulté dont vous avez cherché en vain la solution. Vous lui soumettez, par exemple, le problème épineux de l'accord du citoyen et du chrétien, des relations entre la société civile et la société religieuse. Il va trancher enfin cette question ardue de leur union ou de leur séparation. Écoutez. — «Rendez à César ce qui ap- « partient à César, et à Dieu ce qui appartient à « Dieu. B — Quoi! voilà tout? Mais, Seigneur, notre conscience nous le dit depuis longtemps; ' seulement elle hésite dans les cas particuliers ; ''. et , afin d'échapper à la responsabilité de cette hésitation , nous aurions désiré une règle fixe , précise, pour distinguer ce qui appartient à I Dieu et ce qui appartient à César. — S'il ne ' répondait pas?... Et si, loin d'exposer tous \ les jours la justification par la foi, son ensei- \ gnement consistait principalement en morale religieuse? Et si jamais il ne professait expli- \ citement un dogme quelconque , celui de la ■trinité, de la chute, de la rédemption? Et si
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parfois même il sortait de sa bouche une parole choquante pour vos convictions dogmatiques, comme lorsqu'il repousse l'épithète de bon , disant: cDieu seul est bon,» ou lorsqu'il déclare formellement que son Père est « plus grand que lui , > ou lorsqu'il annonce que ses disciples seront un avec lui, «comme il est un avec son Père , > ne trouveriez-vous pas que ces paroles sont dures et qu'on ne les peut ouïr ? Enfin, si cet inconnu (car les contemporains ne voyaient en Christ qu'un inconnu) était légalement jugé et condamné par les plus sages de la nation et les plus pieux de l'Église ; si , malgré sa promesse d'établir le royaume de Dieu , i laissait son œuvre inachevée, étant attaché à la croix ; si vous assistiez à ce supplice , très-différent de ce qu'en font vos peintres , à ce supplice vil et ignoble; dites-le, mes Frères, la main sur la conscience, vous prosterneriezvous devant cet homme qui aurait heurté de froni toutes vos croyances et qui, dans ce moment, pendrait au gibet?
Il faut choisir ; il faut se prononcer pour le condamné ou pour ses juges, pour Christ ou pour les pharisiens.
Vous qui choisissez le formalisme , bien entendu un formalisme pieux, vous traverserez la vie sans encombre ; peut-être aurez-vous d'abord
quelque mépris à essuyer de la part du monde ; mais il finira par reconnaître que vous êtes inoffensifs, car la règle sous laquelle vous vous êtes courbés, lui est garant que vous ne renverserez jamais les idées reçues, que vous n'exigerez point de lui la chose essentielle. Il sait exactementjusqu'oii vous pouvez aller, et c'est pourquoi il ne vous craint ni ne vous hait.
Vous, au contraire, qui choisissez Christ, le véritable Christ et non le Messie de vos préjugés; vous qui êtes envers vous-mêmes d'une sincérité entière , faisant chaque jour le sacrifice de vos opinions , de vos goûts, de vos passions, pour laisser parler la conscience et la vérité; vous qui suivez Christ, vous partagerez le sort de Christ. Votre nom sera en scandale ; on vous reprochera d'avoir l'esprit qui toujours doute et toujours nie; vous serez suspects aus partis les plus opposés, qui vous décrieront comme des hommes dangereux; vos amis euxmêmes vous blâmeront d'apporter dans la société, non la paix dont elle a tant besoin, mais le glaive. En un mot , comme on a persécuté le Maître , on vous haïra parce qu'on vous redoutera. Vous sentirez aussi les angoisses du cœur; n'étant pas soutenus par la lisière de l'autorité, vous vous écrierez plus d'une fois: «Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?» Mais ayez bon
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coiirage , votre Maître vous donnera le Consolateur, l'esprit de vérité, que le inonde ne peut point recevoir parce qu'il ne le coonatt point; mais vous le connaîtrez, il demeurera auprès de vous, il sera en vous. Amen.
riNDIVlDUALISME CHRÉTIEN.