SI CE QD ON TKOEVK DANS LA BIBLE
pas d'une critique savante, érudile ; il ne s'agissait pas davantage de prendre ce qui plaisait et de laisser ce qui déplaisait ; il fallait se placer en face de l'Écriture, comme un enfant le regard fixé sur les yeux de son père, avec l'ardent désir de comprendre Dieu, et on l'aurait compris. Y a-t-il au monde quelqu'un qui puisse refuser son assentiment à cette parole: «Je « prends plaisir à la miséricorde et non aux sait crifîces ? B Par cela même que vous êtes homme, n'êtes-vous pas également forcé de donner raison au psalmiste quand il dit : a Le sacrifice de « Dieu c'est l'esprit froissé. Dieu ! tu ne mé- « prises point le cœur froissé et brisé »? Ce sont là des idées qui, une fois énoncées, nous subjuguent, quoi que nous fassions. A quiconque prétendrait n'êti-e pas convaincu de leur vérité parfaite, je répondrais sans hésitation par un démenti, non moins qu'à celui qui viendrait douter si deux fois deux font bien quatre. On est homme ou on ne l'est pas ; or, tout homme est moralement constitué de telle sorte qu'il ne saurait en conscience mettre la matière au-dessus de l'esprit, ni s'imaginer que Dieu préfère du sang versé, fût-ce par torrents, au moindre mouvement de charité et d'humilité. Dans ces deux seuls passages , pour ne point parler des autres, les juifs avaient la clef de toutes leurs
Écritures, car ces deux passages renferment une vérité incontestable , et rien de ce qui y contredit ne saurait être vrai. S'ils avaient voulu , ils auraient donc compris qu'il est plus beau de bénir ses persécuteurs que de les maudire , et qu'il est par conséquent plus digne du Messie de venir sans forme ni apparence , accablé de pauvreté et de mépris , que de descendre sur les nuées des cieux, entouré d'anges et de flammes dévorantes. S'ils avaient voulu, ils auraient entendu le témoignage confus que l'Ancien Testament rend à Jésus de Nazareth , et ils auraient saisi avec foi et amour sa main secourabte , au lieu de la clouer contre la croix.
Notre position à nous , mes Frères , est bien plus avantî^euse encore que celle des juifs. Ils avaient à deviner en quelque sorte l'Homme- Dieu , et leur esprit ne le reconnaissait dans les prophéties que si leur cœur battait déjà pour lui. Nous , au contraire, nous voyons l'Homme- Dieu à découvert. Son auguste figure occupe le centre des Écritures , si bien qu'infailliblement nos yeux se reportent sur lui. Grâce à cette clarté, nous ne saurions plus nous égarer, dans la lecture de la Bible , au même degré que les pharisiens , et dans cette assemblée , j'en suis
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