A. AGGLUTINATION, PAR UN SÉRUM, D'UNE CULTURE DÉJA DÉVELOPPÉE
a) Obtention des cultures les plus propices à l’agglutination.
Nous empruntons à MM. Arloing et P. Courmont la description du procédé d'obtention des cultures nécessaires au séro-diagnostic tuberculeux (2).
(4) Vipaz. « Séro-diagnostic de la fièvre typhoïde. » C. À. à la Soc. Méd. des Hôp., 26 juin 1886. Ann. de l’Instit. Pasteur, mai AS
(2) S. ARLOING et P. CourMontT. Province médicale, n° 35. Août 1901.
S. ARLOING et P. CourmonT. Académie des Sciences. C. R. des séances des 8 août et 19 septembre 1898. « De l'obtention des cultures du B. de Koch les plus propices à l'étude de l'agglutination par le sérum sanguin des tuberculeux.» « Sur la recherche et la valeur clinique de l’agglutination du bacille de Koch par le sérum sanguin de l'homme ».
Ferru. Thèse de Lyon, 1900.
Eine « Le point capital qui rend le séro-diagnostic plus difficile dans la tuberculose que dans les autres maladies est celui-ci : les cultures homogènes de bacilles de Koch présentent une variabilité constdérable dans leur aptitude à se laisser agglutiner. Cette variabilité dépend surtout d’un facteur : leur richesse en bacilles et en matière agglutinable. Pour un même sérum, l’agglutination de deux cultures de richesse inégale, sera souvent très différente. Cette aptitude à se laisser agglutiner dépendra donc des conditions suivantes :
« 1° Le milieu. Le milieu le plus convenable est le bouillon de bœuf ou de veau peptoné à 1 ou2?2°/ et glycériné à 6 °/, (peptone Whitte ou Chapoteaux et glycérine neutre). La quantité et la qualité de la glycérine et de la peptone, la réaction du milieu (les milieux acides sont le plus souvent dysgénésiques), la concentration du bouillon ont leur importance, exagérée peut-être par M. Ficker (1). Un même observateur peut bien se mettre dans des conditions toujours favorables et toujours identiques.
« 2° Température de l'étuve. Il est indiqué de cultiver le bacille toujours à la même température : 98° ou 39°, € 3 Agitation des cultures. I faut agiter régulièrement les ballons au moins une fois par jour : c'est là un point capital.
(1) Ficker. (Über die serum reaction bei Tuberkulose. » Zeitschuft
Jur Tuberkulose. B. 1. Heît, 4.
Por
(C4 Forme des ballons. 1 est bon d'employer toujours le même modèle de ballons, de préférence à fond plat avec une couche de bouillon de peu d'épaisseur.
«€ 9° Quantité de culture ensemencée. Une culture larcement ensemencée sera plus rapidement riche en bacilles. Il faut donc ensemencer toujours à peu près la même quantité pour un volume donné.
« 6° Age de la culture mère. Cette condition a de l'importance, surtout parce que la culture sera plus ou moins riche en bacilles selon son âge. En empruntant la semence tantôt à une culture vieille, tantôt à une Jeune on aurait des cultures filles de richesse très variable et de vitalité très inégale. Nous avons coutume d’ensemencer nos ballons avec une culture âgée d’un mois environ.
« 7% Age auquel on emploie la culture pour l’'agglutination. En règle générale il vaut mieux se servir de cultures qui, moyennement ensemencées avec une culture riche âgée de 4 à 8 semaines, ont poussé assez rapidement. Celles dont la végétation a été lente et pénible sont souvent remplies d’amas ou « dures » à l’agglutination. Les cultures riches âgées de 8 à 12 jours nous ont paru les plus favorables à la réaction agglutinante. Lorsqu'elles datent de plus de quinze jours la clarification est difficile à obtenir d’une façon complète avec la même dose de sérum, à moins qu'il ne s'agisse d’un sérum particulièrement agglutinant. Un caractère d’une certaine valeur est tiré de la viscosité ; il faut que celle-ci soit assez grande pour
« que la culture mousse bien par le mélange à CAT (io)
b) Technique de la séro-réaction tuberculeuse par agglutination d'une culture liquide homogène de bacilles de Koch.
La marche à suivre est la même que pour le sérodiagnostic typhique, et il suffit d’un apprentissage assez rapide pour arriver à être sûr de ses résultats etéviter les erreurs. Toutefois il est bon d'observer certaines précautions que l’on néglige d'habitude pour la fièvre typhoïde. I] faut se servir de sérum frais et rejeter celui qui à pu être contaminé par d’autres germes ; de même 1l vaut mieux employer un sérum limpide qu'un sérum coloré par l’hémoglobine, car la teinte rouge du liquide masquerait le début de l’agglutination et ne permettrait pas d'apprécier exactement le taux de la séro-réaction. Pour obtenir ce sérum il suffit, au moment où l’on veut s’en servir, de piquer à la lancette l'extrémité d’un doigt rendu préalablement aseptique et de recueillir le sang qui s'écoule dans un petit tube de verre spécial, quand on veut agir avec le sérum sanguin.
Pour facilité le titrage du mélange de sérum et de culture et pour rendre plus visible l’agglutination on emploiera des tubes de petit diamètre, placés dans un porte-tubes incliné à 45° pour que les flocons se déposent plus facilement et sur une plus grande étendue. A Lyon, MM. Arloing et P.Courmont se servent
(1) Actuellement M. P. CourMonr emploie des cultures âgées et diluées dans une solution de NaCI à 7 ou 8 pour 1000. Cette manière d'opérer permet d'obtenir des cultures à un taux plus fixe.
9e de tudes mesurant en moyenne ? centimètres de longueur et d’un calibre de 6 à 8 millimètres.
Une fois en possession du sérum on prépare quatre tubes de titres différents. On compte dans le premier tube 5 gouttes de culture, dans le deuxième 10, puis 15 et 20 dans les deux autres ; à chacun de ces tubes on ajoute ensuite une seule goutte de sérum, et on obtient ainsi la séro-réaction à 1/5, 1/10, 1/15 et 1/20 suivant les cas. Il faut bien savoir que la séroréaction tuberculeuse d'un titre supérieur à 1/5 et inférieur à 1/20 n'a plus de signification pratique, comme l’ont bien établi MM. Arloing et P.Courmont. En effet tandis que chez certains animaux le pouvoir agolutinant du sérum sanguin peut atteindre 1/60, chez la chèvre par exemple, même 1/600 chez le chien, il ne dépasse pas 1/20 chez l'homme.
A ces quatre tubes on en ajoute un cinquième, dit tube-témoin dans lequel on ne mettra que de la culture pure, sans addition de sérum. Ce tube sera très utile, au moment d'apprécier la réaction par comparaison avec les autres.
Il faut bien entendu dans ces différentes manipulations éviter d'introduire dans le sérum des germes étrangers, surtout des germes tuberculeux, et, en un mot, observer une asepsie aussi parfaite que possible. On fermera donc soigneusement ses tubes de sérum avec un tampon d’ouate flambé à la flamme d’un brûleur, et on se servira pour compter les gouttes de sérum et de culture d’une pipette à pointe longue et très fine stérilisée à la flamme chaque fois qu'on en aura fait usage,