Roux et Vaillard. Annales de l’Institut Pasteur
fois plus grande, s’il est injecté dans les veines que s’il est introduit sous la peau ».
Nocard est arrivé à des résultats identiques avec le sérum antitétanique employé préventivement chez le cheval.
Nous pensons donc que la même analogie pourra se retrouver dans le tétanos.
Lemonnier (1), dans le travail qu'il a consacré à l’étude du traitement du tétanos, a réuni 32 cas traités par l’injection intra-veineuse.
Voici les résultats de sa statistique :
Tétanos aigu (incubation de moins de dix jours): 19 cas, morts 11,'soit 58 0/0.
Tétanos chronique (incubation de plus dédix jours) : 8 cas, mort 1, soit 12,5 0/0.
. Nous avons donc une moyenne de 2 0/0 de mortalité.
Au premier abord il semble donc que cette voie: donne des résultats inférieurs à la voie sous-cutanée où nous ne constatons qu'une mortalité de 390/0. Mais en lisant avec attention la statistique de Lemonnier on remarque que la voie veineuse a surtout été réservée aux cas graves, aux cas où médecins el chirurgiens traitantsse sentaient pressés par la nécessité de gagner de vitesse sur un poison tétanique violent et déjà installé dans l'organisme. Rien donc d'étonnant à ce que nous ayions une mortalité plus
I. Lemonnier. Contribution à l'étude du traitement du tétanos. Paris, 1901.
élevée, et la statistique, qui semblait se retourner contre cette méthode, est,au contraire, en sa faveur.
Nous pensons que l'injection intra-veineuse, faisant pénétrer directement l’antitoxine dans le sang, est par cela même une voie plus rapide que l’injection sous-cutanée.
Cette méthode, qui semble avoir donné des résultats encourageants, ne nous paraît pas complète-
ment inoffensive, car on n’ignore pas combien peuvent être graves et dangereuses les interventions sur les veines.
Ajoutons aussi qu’elle n’a presque jamais été employée seule ; on a utilisé concurremment les injections sous-cutanées.
Il ne faut pas injecter le sérum antitétanique à l'état pur, mais dilué dans 500 grammes de sérum
. artificiel.
Injections intra-cérébrales
Li]
Nous connaissons l’affinité de la toxine tétanique pour la substance cérébrale, grâce à l’expérience in oitro de Wassermann (1). Cet auteur introduit une faible quantité d’émulsion cérébrale dans une solution de tétanine ; au bout d’un certain temps, la totalité du poison est fixée, et le liquide surnageant devient inoffensif.
Or, cette affinité de la toxine pour la substance cérébrale existe également in vivo ; ce qui se passe dans le tube à réaction se fait aussi dans l’organisme.
Si nous introduisons sous la peau ou dans le sang notre sérum antitétanique, le sang des sujets traités deviendra bien antitoxique et immunisant à un haut degré, et cependant la maladie poursuit son cours.
La raison en est Simple. Au moment où apparaissent les premiers symptômes, la toxine a déjà agi sur les éléments cellulaires et ceux-ci peuvent être assez atteints pour que la mort survienne fatale-