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VACCINATION AU MOYEN DES CULTURES MICROBIENNES

A. Par des cultures atténuces. — C’est la méthode classique instituée par Pasteur dès.ses premières expériences. L’atténuation peut être durable ou passagère, et les moyens employés pour l'obtenir sont très variables : action de l’air et de la lumière (choléra des poules) ; dela chaleur ou des antiseptiques (charbon bactéridien); dessiccation (rage) ; ete. En un mot, tout agent physique ou chimique capable de modifier la vitalité d’un microbe pathogène et virulent peut servir à le transformer en vaccin.

B. Par des cultures virulentes diluées. — Ce procédé, plus intéressant au point de vue théorique qu’au point de vue pratique, consiste à inoculer des quantités très faibles d’un microbe virulent, en augmentant graduellement la dose. Chauveau (17) réussit par ce moyen à vacciner des moutons contre le charbon bactéridien et le charbon symptomatique, et Vaillard, des lapins contre le tétanos. |

C. Par un mode particulier d'inoculation. — Tel microbe, très actif quand on l’inocule dans le sang, ne donne qu’une maladie passagère, si on l’introduit sous la peau. Tel autre au contraire, comme le charbon symptomatique, est moins nocif dans les veines que dans le tissu cellulaire (Chauveau). On pourra donc, en choisissant la voie d’inoculation, atténuer les effets d’une inoculation virulente et conférer ainsi l’immunité à un animal.

Théorie de l'épuisement.

Dans tout ce qui précède, c’est à la bactérie elle-même qu’on s'adresse, et pour expliquer son action vaccinante, on supposa

d’abord qu’en vivant dans l'organisme, elle lui enlevait certaines substances nécessaires à son entretient qu'ainsi un virus nouveau ne pouvait y végéter, faute de matériaux indispensables à sa nutrition. Cette idée très simple avait été émise par Pasteur à propos de la vaccination contre le choléra des poules. Elle était inspirée par ce qui se passe dans la fermentation d’un liquide sucré; dès que le sucre est consommé, une nouvelle quantité de levure ne peut plus produire d'action.

Cette théorie de l’épuisement a été démentie par l’expé-. rience.

Si elle était-exacte, un animal qui a résisté à un virus, qui est par conséquent vacciné contre ses atteintes, devrait, à plus forte raison, résister à l’inoculation de doses massives du même virus qui ne pourraient trouver de quoi vivre dans l'organisme déjà épuisé. Il n’en est rien, comme l’ont montré les expériences de Chauveau (juin 1880).

Comment admettre aussi que l’organisme momentanément épuisé mette si longtemps (tout le temps que dure l’état réfractaire, c’est-à-dire des semaines ou des mois) à réparer ses pertes ?

Théorie de la substance ajoutée.

Aussi, à la théorie de l’épuisement, Chauveau substitua-t-il celle de la substance ajoutée. Â

« Un microbe infectieux, dit-il, s'étant une première fois multiplié dans son milieu naturel de culture et l'ayant ainsi rendu rebelle à une culture ultérieure, exerce cette action, non pas en épuisant le terrain, en le privant de toutes les substances nécessaires au développement du microbe, mais en y laissant des substances nuisibles, qui imprègnent ce milieu de culture et lui font subir certaines modifications inconnues, d’où

résulte sa stérilisation plus ou moins complète ‘. »

- Chauveau s’appuyait sur ce fait que des brebis en gestation, inoculées du charbon, donnaient naissance à des agneaux réfractaires, alors qu’il était reconnu que le placenta, agissant comme

. un véritable filtre, ne laissait passer aucune bactérie.

1 Annales de l'Institut Pasteur, 1888, p. 67.

12 IMMUNITÉ ET IMMUNISATION

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