PROPRIÉTÉS DU SÉRUM DES ANIMAUX VACCINÉS
Son activité doit être telle que 2/10 de centimètre cube en injection intra-veineuse tuent un lapin de 2 kilos en vingt minutes. C'est l'unité toxique.
Cette solution de venin est chauffée au bain-marie à 72“ en ^ase scellé pendant une demi-heure pour ■ la débarrasser des matières albuminoïdes phlogogènes dont nous avons parlé et des microbes de septicémie salivaire toujours nombreux dans la salive des serpents.
C'est ce liquide filtré et qui a conservé toute sa toxicité qu’on inocule.
« On commence par Injecter, sous la peau de l’encolure d’un cheval, en arrière de l’épaule, des doses graduellement croissantes de venin, mélangées à une quantité très petite et graduellement décroissante d’une solution d’hypochlorite de chaux
Les injections sont répétées tous les qnatre à cinq jours, au début, ou espacées davantage si les phénomènes locaux sont tcop accentués.
« fin général, au bout de deux mois, les chevaux, dont il faut suivre attentivement les variations de poids, peuvent supporter Une dose de venin pur, capable de tuer 100 kilogrammes de iapin. A partir de ce moment, le pouvoir antitoxique de leur sérum est déjà très manifeste et les phénomènes locaux deviennent moins graves après chaque injection.
" Un délai d’au moins six mois est nécessaire avant qu’un sérum soit suffisamment actif pour être employé en thérapeu- Uque. »
propriétés du sérum des animaux vaccinés
Le sérum des animaux immunisés contre le venin est antiloxique. Il détruit les effets du venin in vitro, et, chose très colportante, ainsi que nous l’avons déjà dit, il agit de même sur toutes les espèces de venins, quelle que soit leur origine. Il est préventif, et cette propriété est acquise pour ainsi dire immédiatement, mais elle n’est pas de longue durée.
SÉRUMS ANTITOXIQUES
Il est thérapeutique. Des lapins inoculés avec une dose de venin qui tue un témoin en deux heures reçoivent 3“" de* sérum antivenimeux dans la veine marginale de l’oreille, les uns une demi-heure, d’autres une heure et un troisième lot une heure et demie après l’inoculation du venin. Les animaux des deux premières séries résistent. Dans la troisième, un lapin meurt, et un autre guérit après avoir présenté les premiers symptômes de l’envenimation.
Il est donc possible d’intervenir efficacement dans le cas de morsures par des serpents venimeux, à la condition d’agir vite.
Nous ne pouvons rapporter ici les observations faites dans l’Inde sur le traitement antivenimeux appliqué à l’homme. Elles sont nombreuses et ne comportent pas d’insuccès. Si on réfléchit que les morsures des serpents de cette région sont le plus souvent mortelles en deux heures, et qu’elles causent par an plus de 2.000 victimes, on comprend tout l’intérêt qui s’attache à la préparation du sérum antivenimeux.
Mesure du pouvoir antitoxique du sérum antivenlmeux.
On ne peut songer à employer ici la méthode de Behring ni celle de Roux, parce que : I“.la sensibilité des divers, animaux est variable à l’égard d’un même venin ; 2° la toxicité du venin change avec l’espèce de serpent qui l’a fourni, et pour un même serpent avec le moment où il a été recueilli ; 3° la quantité de sérum à injecter aux animaux est en raison inverse de leur résistance.
Vôici comment Calmette procède à l’Institut Pasteur de Lille :
Il mesure l’activité d’un sérum par la quantité qui, injectée dans les Veines d’un lapin, l’immunise en cinq minutes contre la dose de 2'' de la solution de venin d’épreuve au centième, dont nous avons parlé plus haut, c’est-à-dire contre une dose toxique normale.-
Un sérum de cette activité possède un pouvoir thérapeutique tel que, si on expérimente sur un chien avec des doses tuant celui-ci en six heures, 10“' de sérum injecté deux heures après le venin préservent sûrement l’animal ; 20“’ de sérum injecté trois heures après le venin empêchent également la mort.