PROPRIÉTÉS DO SÉRUM DES ANIMAUX VACCINÉS
Si suffit pour préserver un lapin de 2 kilogrammes contre 1 unüé toxique de venin, nous dirons que le séritm expérimenté renferme 2000 unités antivenimeuses par centimètre cube, soit 20,000 par dose de 10"“.
Le sérum, préparé à l’Institut Pasteur de Lille, possède une valeur antitoxique de 40,000 unités antivenimeuses par dose delO"^.
Ûurée de l’immunité produite par les Venins et par le Sérum.
Nous retombons encore ici sur la question de l’immunité active et de l’immunité passive.
La première, conférée par des inoculations répétées de doses ^on mortelles de venin, est solide; sa durée dépend de la quantité de venin inoculé ; des lapins se sont montrés réfractaires 8 mois encore après la dernière inoculation.
L’immunité conférée par le sérum est très fugace. Elle dure seulement de 2 à 4 jours suivant la dose de sérum injectée.
Même en répétant les injections de sérum à un lapin, tous les jours pendant deux semaines, on arrive tout au plus à prolonger chez lui l’état réfractaire pendant 20 à 2S jours, mais Jamais à lui donner une immunité durable comme celle qui est produite par l’accoutumance à des doses progressivement croissantes de venin.
« L’immunité que confère le sérum est extrêmement énergique, mais elle disparaît en un très court espace de temps. »
Nous avons déjà cité (page 4S) l’expérience de Calmette qui ilémontre que, dans la neutralisation du venin par le sérum antitoxique, in vitro, l’antitoxine et le venin existent dans le iQélange en conservant tous deux leurs propriétés. Si l’on chauffe semblable mélange à 70®, l’antitoxine est détruite, de sorte que le liquide recouvre ses propriétés toxiques qui avaient été Neutralisées par l’antitoxine (17).
L'autre part, l’hypochlorite de soude, qui a une action si énergique sur le venin, ne modifie pas l’antitoxine.
98 SÉRUMS ANTITOXIOUES 'A
Si on ajoute 5'' de sérum antivenimeux à 4 milligrammes de } venin et si on injecte le tout à un lapin par la voie intravei- ^ neuse, l’animal restera bien portant. Mais si, une heure après, j on lui inocule 1 milligramme de venin pur, il mourra, car la ; quantité d’antitoxine suffisante pour neutraliser les 4 milli- ; grammes de poison ne l’était pas pour protéger le lapin contre ^ une dose plus forte. ?
Si l’on répète l’expérience en ajoutant à S'"’ de sérum 4 milligrammes de venin et 1“ de solution d’hypochlorite de chaux à ; 10 %, on pourra, après avoir injecté le liquide à un lapin, lui ' faire supporter une nouvelle dose de venin de 1 milligramme , sans danger, car, dans ce cas, l’hypochlorite aura détruit la subs tance toxique en respectant l’antitoxine. Et, Calmette conclut (18) :
« Dans un in vitro de toxine et de sérum antitoxique,
la toxine ne semble pas altérée ni modifiée par l’antitoxine, il faut par suite admettre :
« Ou bien que ces deux substances restent intactes à côté l’une de l’autre ;
« Ou bien qu’elles contractent une combinaison très instable l que la chaleur et diverses substances chimiques dissocient % facilement en restituant à l’une ou à l’autre les propriétés | qu’elle possédait avant le mélange. »
Dans un mémoire publié en 1895 (17), Calmette, en essayant l’action de divers sérums antitoxiques ou normaux sur le venin, 1 avait remarqué que le sérum antitétanique agissait sur le venin j in vitro, mais qu’il n’était nullement préventif; injecté à un i lapin, il ne le préservait pas de l’envenimation ; il en était de ^ même du sérum des animaux vaccinés contre l’abrine, et du ) sérum antistreptococcique. Le sérum antidiphtérique n’avait aucune action, tandis que le sérum des animaux immunisés contre la rage manifestait nettement des propriétés anti- ,J toxiques et préventives vis-à-vis des venins, pourvu qu'on ne 'î dépassât pas de beaucoup la dose mortelle. 1
Mais en 1898, revenant sur ces faits, Calmette (19) montre j qu’il ne s’agit pas d’une action antitoxique vraie, c’est-à-dire spécifique à l’égard du venin. On a tout simplement affaire ici ‘ à des effets de stimulation cellulaire, effets très passagers et )