‹ Sérums thérapeutiques. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 21 sur 35 · PROPRIÉTÉS DU SÉRUM DES ANIMAUX VACCINÉS · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS DU SÉRUM DES ANIMAUX VACCINÉS

qui peuvent être produits par des substances très différentes, pur exemple par du bouillon simple.

C’est dans ce sens qu’il interprète les expériences de Fraser d Edimbourg et de Phisalix (20) sur le pouvoir préventif de la de la cholestérine, des sels biliaires, de la tyrosine et du suc de certains champignons.

INSTRUCTION

Sur le traitement des morsures venimeuses par le Sérum antivenimeux.

« Ce traitement comporte, en premier lieu, l’injection à 1 homme ou à Tanimal mordu, d’une ou de plusieurs doses de sérum antivenimeux. Une dose de 10“, représentant au moins 20.000 unités antivenimeuses, suffit dans la plupart des cas. Néanmoins, lorsque le serpent mordeur sera supposé appartenir ^ l’une des espèces réputées les plus dangereuses dans les pays chauds, ou lorsque l’intervention sera très tardive, on devra, par prudence, en injecter deux ou même trois doses simultanément.

« L’injection, dans les cas ordinaires, sera faite sous la peau de l’abdomen, dans le flanc droit ou gauche, avec les précautions antiseptiques d’usage.

« Lorsque les phénomènes d’intoxication se seront déjà, manifestés et qu’il conviendra d’agir promptement pour éviter la niort, on pratiquera l’injection par voie intra-veineuse, dans la '’eine du pli du coude ou dans toute autre veine superficielle.

« Le sérum est efficace pour prévenir l’intoxication par tous les venins, quelle que soit l’espèce de serpent-mordeur.

" Il est également efficace à l’égard du venin des scorpions.

« Lorsqu’un animal domestique (cheval, bœuf, mouton, chien, etc.) aura été mordu par un serpent ou mordu par un scorpion, même si des symptômes d’intoxication grave se sont déjà manifestés, on pourra presque toujours empêcher la mort en pratiquant à cet animal, sous la peau du ventre ou de l’encolure, l’injection d’une dose de sérum antivenimeux.

« Le traitement par le sérum ne comporte aucune contre- ‘ndication à l’emploi des moyens capables de détruire le venin ‘■estant dans les plaies ou de limiter son absorption. Il sera

toujours utile de pratiquer la ligature du membre mordu, audessus des plaies, pour gêner la circulation veineuse superficielle, et on devra, dans tous les cas, laver très soigneusement les morsures soit avec une solution d’acide chromique à 1 %, soit, ce qui est préférable, avec une solution récente d’hypochlorite de chaux à 1 gramme pour 60 d’eau ])ouillie, ou avec une solution de chlorure d’or à 1 %. Ces deux dernières substances sont les plus efficaces pour détruire sur place le venin qui n’aurait pas encore été absorbé.

« Il est inutile de pratiquer des cautérisations aivec un fer rouge ou avec un agent chimique quelconque, ün se bornera à effectuer un bon pansement antiseptique et à réveiller la sensibilité du malade, si elle est déjà atteinte, par quelques frictions modérées. Les excitants du système nerveux, café, alcool, etc., sont plus nuisibles qu’utiles.

« A la suite de l’injection du sérum, l’état des malades s’améliore très rapidement en quelques heurefe, sans qu’on ail à redouter aucun accident consécutif. »

BIBLIOGRAPHIE

(1) L. Bonapahtk. — Gaizetta toscam delle science medicofisice, 1843, p. 169.

(2) Weir Mitchel. — Researches upon venon of the rattlesnakeb. Smithsonian contribution, 1800, p. 97 et 1886, p. 136, et Experimental rohtrtbu~ lion to the toxicology of rattlesnakes venon, New-York, 1868.

(3) A. Gadtier. — Académie de médecine, 12 et 19 janvier 1886.

(4) Norris Wolfenden. — Journal of Physiology, 1886, p. 327.

(b) Kanthaok — Journal of Physiology, 1892, p. 172.

(6j Sewall. — Journal of Physiology, t. VIII, p. 203, cité par A. Gautier dans « les Toxines microbiennes » .

(7) Kauffmann. — Sur le venin de vipère. Société de biologie, 1894, p. 113.

(8) Calmette. — Etude expérimentale du venin de naja tripudians ou cobra capel. Xnnales de l’Institut Pasteur, t. VI, p. 160,1892.

(9) Phisalix et Bertrand. — Atténuation du venin de vipère par la chaleur et vaccination du cobaye contre le venin. C. R. de l’Académie des sciences, t. CXVIII, p. 288, b février 1894.

(10) Phisaux et Bertrand. — Sur la propriété anliloxique du sang des animaux vaccinés contre le venin de vipère. C. R. de l’Académie des sciences, t. CXVIII, p. 3b6, 2février 1894, et Société de biologie, 10 février 1894. i

(11) Calmette. — Propriété du sérum des animaux immunisés contre le venin de serpent. Thérapeutique de l’envenimation. C. R. de l’Académie

BIBLIOGRAPHIE

loi

des sciences, t. GXVIII, p. 720, 27 mars 1894, et Sociétéde biologie, 10 février

(12) Fraser. — Revue scientifique, 189p, p. 43.

(13) Calmette. — Contribution à l’étude du venin des serpents. Annales de l'Institut Pasteur, t. VIII, p. 275, 1894.

(14) Wehrmann. — Contribution à l’étude du venin des serpents. Annales de l’Institut Pasteur, t. XII, p. 510,1898.

(15) Phisalix. — Action du filtre de porcelaine sur le venin de vipère. Sociétéde biologie, 1896, p, 656.

(16) Calmette. — Sur le venin des serpents. Annales de l’Institut Pasteur, 1- XI, p. 251, 1897.

(17) Calmette. — Contribution à l’étude des venins, des toxines et des sérums anti-toxiques. Ann. de l’inst. Pasteur, t. IX, p. 225, 1895.

(18) Calmette ET Deléahde. — Sur les toxines non microbiennes. Ann. de l’inst. Pasteur, t. X,p, 675, 1896.

(19) Calmette. — Sur le mécanisme de l’Immunité contre les venins. Annales de l’inst. Pasteur, t. XII, p. 343; 1898.

,(20) PHIS.AL1X. — La cholestérine et les sels biliaires, vaccins chimiques du venin de vipère. Société de biologie, 1897, p. 1057.

La tyrosine, vaccin chimique du venin de vipère. Société de biologie, 1898, p.i53.

Les sucs de champignons vaccinent contre le venin de vipère. Société de biologie, 1898, p. 1151.

Page 1