TROUPES DE FLANC
Si la troupe éclairée sur son front, comme nous l'avons indiqué dans l'article précédent, a sur ses flancs d'autres corps éclairés de la même manière, il n'y a pas lieu d'éclairer ces flancs par des troupes spécialement chargées de ce service. Il sufiira de relier entre elles les diverses avant-gardes, de souder un peu fortement les extrémités des diverses chaînes d'éclaireurs, et les flancs seront ainsi suffisamment protégés.
Mais si la troupe est isolée ou si l'un de ses flancs est découvert, il est clair que la sûreté, garantie de front, ne l'est plus sur les flancs ou sur le flanc découvert, et qu'elle exige de nouveaux détachements chargés spécialement de ce service. Ces détachements formeront les troupes de flanc.
Les troupes de flanc seront plus ou moins nombreuses suivant la longueur de la colonne. Théoriquement, elles affecteront des dis-
SEQVICB DE LA CAVALERIE EN CAMPAGNE. &d
positifs analogues à ceux que nous avons indiqués pour les détachements éclairant le front, avec celte différence que les diverses parties du système, au lieu de marcher dans des directions se prolongeant d'arrière en avant, marcheront dans des directions sensiblement parallèles.
Ainsi un escadron, par exemple, chargé d'éclairer le flanc d'une colonne, se portera d'abord dans une direction perpendiculaire à celle suivie par celte colonne, et, en principe, à la même distance que l'escadron chargé d'éclairer en avant. De là, laissant un peloton en réserve, il poussera ses trois autres pelotons plus en avant, et ces trois pelotons disperseront leurs éclaireurs, absolument comme nous l'avons indiqué pour la marche en avant. Après quoi, depuis les éclaireurs jusqu'au peloton de réserve, toutes ces fractions feront un à-droite ou un à-gauche, et marcheront dans des directions parallèles à celle de la colonne. Les flanqueurs se relieront aux éclaireurs qui marchent en avant du front. On se conformera, pour la liaison des diverses fractions entre elles, les rapports, la correspondance, etc., aux mêmes principes que les troupes chargées d'éclairer le front.
Quelle que soit la force d'une troupe de flanc, elle agira d'une manière analogue.
Malheureusement, le terrain se prête rarement à l'application complète de ces principes. Cependant, on trouve assez fréquemment des chemins sensiblement parallèles à la direction suivie par la colonne; il ne faut pas manquer de les utiliser. Si la chose est impossible, comme nous Tavons indiqué déjà dans les notions préliminaires, il faudra au moins faire marcher, après la réserve de la troupe éclairant le front, une autre troupe chargée de veiller à la sécurité des flancs. Toutes les fois qu'on rencontrera un accident de terrain masquant, à distance dangereuse, la vue sur Tun de ses^ flancs, cette troupe le fera reconnaître; s'il se présente une route latérale, elle y poussera des détachements assez au loin pour mettre la colonne à l'abri d'une surprise. Ces détachements procéderont suivant leur force, comme il a été dit pour les troupes éclairant le front, et ne se replieront que lorsque l'arrière-garde de la colonneairivera à leur hauteur. Ces détachements successifs pouvant mettre cette troupe dans l'impossibilité de continuer à remplir sa mission, son chef devra toujours faire prévenir le chef de la colonne, qui les fera remplacer. Dans les halles, les dctachemeii.ts passés à la queue de la colonne chercheront à reprendre leur place, saris précipiter leur allure.
Enfin, à la guerre, il se présentera des cas où, ce que l'on ne peut pas faire habituellement dans les exercices de la paix, il faudra, bon gré malgré, passer à travers champs. On pourra alors se rapprocher très-sensibl^menl du dispositif que nous avons indiqué.
De plus, il est un cas où il faut absolument constituer des troupes de flanc, c'est lorsqu'on exécute une marche de flanc par rapport h la position de Tennemi. Dans ce cas, les troupes de flanc prennent des dispositions analogues à celles que nous avons indiquées pour les troupes d'avant-garde, et se comportent de la même manière, sans qu'il soit toutefois nécessaire de les pousser aussi loin, car la position de l'ennemi est connue, et, pour ne pas faire de chemin inutile, la colonne ne s'en éloigne que le moins possible; en outre, tous les impedimenta ont dû être placés du côté opposé, et la colonne prendra bien plus facilement ses dispositions de combat.