E SOLI
Je ne connaîtrai pas la maison de repos. Le désirable exil dans l'amour d'une seule, Ni le baiser du soir après les jours égaux ;
Ni les petits enfants qui, tendant leur bras veule Vers les yeux que leur main caresse et rajeunit, Font trembler une larme au rire de l'aïeule.
Oh, l'épouse qui calme et l'enfant qui bénit ! Mon cœur aura pitié de mon cœur, chaque année, Quand les oiseaux de Dieu chanteront dans leur nid.
.le n'aurai point, dans ma méchante destinée, Le bonheur de veiller sur le bonheur d'autrui Et d'entourer d'amour la sœur qui s'est donnée.
Aujourd'hui comme hier,demain comme aujourd'hui. Je traînerai mon pas sur le bord des grand'routes, Mendiant du liasard, |)èkMin de l'ennui.
Toujours seul, j'entendrai tomber, gouttes par gouttes. La pluie intarissable et froide des jours lents. Seul avec mes dégoûts, mes regrets et mes doutes.
Puis, quand refîort de vivre aura lassé mes flancs. Quand Tàpre bise aura déchiré ma paupière. Alors, lo cœur tari. Tœil sec. les pieds sanglants.
J'irai m'endormir seul, le front sur une pierre.
l'adoration. 1î)I
Si l'aile de Ion àme est puissante, ouvre-hi ! Lance vers l'idéal Tessor de ton génie ! Monte, espère, et plus haut! L'œuvre est-elle finie? Plus haut! La brute est là qui te guette, elle est là, Celle qui ne veut pas qu'on rêve, et qui t'envie, La brute aux poings de fer, au col de bœuf, lu Vie !