‹ SeulChapitre 41 sur 145 · LE MONSTRE · texte numérisé non relu

LE MONSTRE

Monstre divin, splendeur du vice, idole sombre, Beau sphinx hiératique aux froideurs de statue ! Ton appel nous fascine et ton baiser nous tue, Et tes larges yeux clairs nous versent des lacs d'ombre.

Toi, Moloch et Circé ! Toi, la Goule éternelle, La brute qui s'assied sur le trône des rêves ! Gouffre d'amour, ta soif se gorge de nos sèves. Et nos plus fiers espoirs se résorbent en elle !

On t'aime! — C'est nos cœurs qu'il faut à son envie: Elle est la fleur de mort éclose sur la vie. Le triomphe sanglant de la Chair sur l'Idée...

On t'aime ! — Car elle est superbe autant qu'infâme. Et laisse à tout jamais, en qui l'a possédée. Le désir de son corps et l'effroi de son âme.

l'attente. 23-

lY

Page 1