L'INVINCIBLE
Femme, à qui ton destin donna tant et si peu! Laisse notre défaite insulter ta victoire, Et trône, en écoutant monter contre ta gloire L'impuissante clameur de notre désaveu !
Règne! C'est toi l'asile unique, et le seul vœu : C'est toi le Léthé pâle où nos douleurs vont boire, C'est loi le but, c'est toi l'aube après la nuit noire, Et c'est pour toi que l'homme a rêvé d'être un dieu î
Nous pouvons blasphémer, railler, et te maudire, Renier, tout sanglants encor, notre martyre, Et devant ton néant raidir nos deux genoux :
Tu n'as qu'à soulever un pan des toiles blanches Pour que notre raison s'échappe hors de nous Comme un vol effrayé d'oiseauxparmi les branches!
L ATTENTE